L'INDIEN FRANÇAIS (René Durand / Georges Ramaïoli)

Discutez de L’indien français

J’ai le premier tome depuis quelques mois dans ma bibliothèque (enfin, au pied de ma bibliothèque, preuve que l’achat est récent et qu’il s’est empilé avec plein d’autres choses sans avoir trouvé le temps d’être rangé… et encore moins lu). N’ayant aucun souvenir précis de cette série, au point que je pense ne l’avoir jamais vraiment lue (en prépublication ou ailleurs), j’ai ouvert ce volume.

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Quel étrange premier tome, tout de même.
Tout commence avec l’écrasement de la Commune de Perpignan en 1871. Sauveur Pagès, insurgés mais également biologiste, parvient à sortir de la ville et s’embarque pour le nouveau monde. Il découvre l’Amérique de l’ouest, d’abord les ville puis le train et enfin les plaines, où il installe un petit laboratoire en pleine forêt.
Mais également en pleine guerres indiennes, et s’il se lie d’amitié avec les Indiens (au point d’épouser l’une d’eux qui portera son enfant), il se retrouve à nouveau du mauvais côté du fusil quand les habits bleus de l’armée américaine arrivent.

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Le récit fait preuve d’une tonalité pacifiste, mais également écologique, puisque le personnage principal cherche à comprendre et à défendre les animaux et la forêt, et que l’incendie prend dans le récit une importance symbolique impossible à ignorer.
Plus étonnant, l’indien français du titre vit dans de constantes hallucinations, que le scénario de René Durand ne cherche pas à expliquer ni à invalider. La palette de couleurs utilisée a une force onirique indiscutable, même si cela tient peut-être à une certaine maladresse chromatique.
En parlant de maladresse, Georges Ramaioli n’a pas encore le trait assuré qu’on lui connaîtra par la suite. Certaines planches du début sont même malhabiles. Ça s’arrange au fil de l’album, mais on sent encore un dessin un peu vert (nous sommes en 1978).

Vraiment, drôle de bouquin, drôle de début de série, drôle de sensation de lecture quelque quarante ans plus tard.

Jim