L'OCÉAN AU BOUT DU CHEMIN - Neil Gaiman (Au diable vauvert)

[quote]L’océan au bout du chemin

Auteur : Neil Gaiman
Traducteur : Patrick Marcel
Broché: 320 pages
Editeur : Au Diable Vauvert (23 octobre 2014)
Collection : LITT GENERALE
Langue : Français
ISBN-10: 2846268037
ISBN-13: 978-2846268035
Dimensions du produit: 19,6 x 13 x 2,6 cm

Extrait du prologue

Je portais un costume noir, une chemise blanche, une cravate noire et des chaussures noires, bien cirées et brillantes : des vêtements dans lesquels j’aurais été mal à l’aise, en temps ordinaire, comme si j’avais endossé un uniforme volé ou si je voulais passer pour un adulte. Aujourd’hui, ils m’apportaient une sorte de réconfort. Je portais les vêtements appropriés à une rude journée.
J’avais accompli mon devoir, le matin, prononcé les paroles que je devais prononcer, et j’étais sincère en les disant; et puis, une fois le service terminé, je suis monté en voiture et je suis parti au hasard, sans plan défini, avec environ une heure à tuer avant de rencontrer d’autres gens que je n’avais plus vus depuis des années, serrer d’autres mains et boire trop de tasses de thé dans le beau service en porcelaine. J’ai suivi des routes de campagne sinueuses du Sussex dont je ne me souvenais qu’à demi, jusqu’à ce que je me retrouve dans la direction du centre-ville, aussi ai-je obliqué, au hasard, sur une autre route, et tourné à gauche, puis à droite. C’est seulement alors que j’ai compris où j’allais vraiment, où j’allais depuis le début, et ma sottise m’a fait grimacer.
Je roulais vers une maison qui n’existait plus depuis des décennies.
J’ai à ce moment-là songé à faire demi-tour, alors que je suivais une rue large qui était autrefois un chemin empierré de silex au long d’un champ d’orge; à faire demi-tour et à laisser le passé en paix. Mais je ressentais de la curiosité.
L’ancienne maison, celle où j’avais vécu sept ans, de l’âge de cinq ans jusqu’à celui de douze, avait été démolie et elle était perdue pour de bon. La nouvelle, celle que mes parents avaient construite au bas du jardin, entre les bosquets d’azalées et le rond vert dans l’herbe que nous appelions le cercle des fées, celle-là avait été vendue trente ans plus tôt.
En vue de la nouvelle maison, j’ai ralenti la voiture. Ça resterait toujours la nouvelle maison, dans ma tête. Je me suis engagé dans l’allée, pour observer de quelle façon ils avaient développé son architecture du milieu des années 70. J’avais oublié que ses briques étaient brun chocolat. Les nouveaux habitants avaient transformé le tout petit balcon de ma mère en un jardin d’hiver sur deux niveaux. J’ai contemplé la maison, me rappelant moins que je m’y attendais mes années d’adolescence : ni bons moments, ni mauvais. Adolescent, j’avais habité ici quelque temps. Ça ne semblait pas être une composante de ce que j’étais à présent.
J’ai reculé avec la voiture pour sortir de leur allée.

Présentation de l’éditeur

De retour dans le village de sa jeunesse, un homme se remémore les événements survenus l’année de ses sept ans. Un suicide dans une voiture volée. L’obscurité qui monte. Et Lettie, la jeune voisine, qui soutient que la mare au bout du chemin est un océan…
Fidèle à son imaginaire merveilleux, Neil Gaiman explore le monde de l’enfance et des contes anglo-saxons pour nous procurer une émotion toute nouvelle, dans ce roman élu par les lecteurs Book of the Year 2013.

Né en 1960 en Angleterre, qualifié par Stephen King de «trésor d’histoires», Neil Gaiman est auteur de célèbres comtes, scénariste et romancier. Lauréat de nombreux prix, il est lu dans le monde entier.[/quote]

Patrick accompagnait Neil Gaiman pour son périple parisien le week-end dernier.

Je viens de finir de le lire, j’en parlerai plus en détail dans le prochain épisode de Tumatxa!, pour ceux qui connaissent…
A cette fin, j’ai écouté l’interview de Neil Gaiman accordée à Mauvais Genres au moment de la sortie du livre. Diantre ! L’auteur ne tarit pas d’éloges sur Patrick Marcel, son traducteur attitré (que beaucoup connaissent ici). Il le décrit comme un “personnage mystérieux, dont on ne sait jamais vraiment trop où il se trouve”, et en profite pour saluer chaleureusement son travail : “toujours le mot juste”.

C’est simple : derrière sa boite aux lettres à attendre son facteur ! :mrgreen:

L’entretien en question est à écouter ici sur france culture.

Un entretien de Patrick Marcel mené peut de temps après la sortie du roman, qui porte sur la traduction/adaptation de l’oeuvre de l’écrivain anglais Neil Gaiman en français.