MAN AND SUPERMAN 100-PAGE SUPER SPECTACULAR (Marv Wolfman / Claudio Castellini)


(Le Doc) #1

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Man and Superman, c’est un peu le “comic-book de Superman perdu” de Marv Wolfman. Le scénariste en avait commencé l’écriture en 2006 et l’histoire devait être publiée en 2009 dans les pages de la revue anthologique Superman Confidential en tant qu’arc narratif en 4 épisodes. Mais le titre a été annulé et Man and Superman a pris la poussière dans les archives de DC pendant 10 ans.

Dessiné par l’italien Claudio Castellini (DC vs Marvel), Man and Superman, qui revisite les premiers jours de Clark Kent à Metropolis avant qu’il devienne Superman, est finalement disponible depuis le 6 février sous la forme d’un “100-Page Super Spectacular”.

(W) Marv Wolfman (A/CA) Claudio Castellini

“This is the best Superman story I’ve ever written.” So says living legend Marv Wolfman, and when you’ve written hundreds of Superman stories as he has, it means a great deal. This gem of a tale - written and drawn from 2006-2009 for the SUPERMAN CONFIDENTIAL series - explodes from the DC archives as a triumphant tale of Clark Kent’s fateful first days in Metropolis, which were far from easy. His early failures almost ensured there would never be a hero called Superman. Powerful writing and stunning art combine to conjure an inspiring story that needed to be published, one you will never forget, from a pair of master storytellers.

In Shops: Feb 06, 2019

SRP: $9.99

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Source : www.13thdimension.com


(Jim Lainé) #2

Tiens tiens.
Intéressant.

Jim


(FC powaaaa) #3

Castellini semble bien motivé !


(Ben Wawe) #4

Quelle magnifique surprise.
Je ne savais rien de ce one-shot, paru dix ans après la fin de sa réalisation, et treize ans après que Marv Wolfman ait commencé à l’écriture. Prévu, en effet, pour Superman Confidential, ce récit ne pouvait être édité durant la période New52… mais le voici, enfin ; et c’est vraiment très bien.
Marv Wolfman s’attache à montrer littéralement les premiers pas de Clark Kent à Metropolis : la recherche d’un appartement, le sentiment de perte et de solitude dans la grande ville, les premières actions, les peurs, les doutes, les incompréhensions… avec, évidemment, quelques rencontres avec les grandes figures de la franchise. Mais Wolfman ne se précipite pas, il fait lentement monter la pression jusqu’à la présentation de Lois, déjà vue dans l’ombre jusque-là, mais aussi de Luthor.
Tout fonctionne ici, en fait. Wolfman connaît très bien son personnage, gère son côté boyscout mais le rend… comment dire, il n’est pas neuneu, il est bon et doux, mais il a cette vulnérabilité et ces doutes qui fonctionnent si bien sur lui. Le scénariste prend son temps, les 100 pages sont adéquates pour raconter une intrigue finalement simple, voire même classique, mais qui prend son temps pour les détails, et l’intelligence de les traiter. Tout est pertinent, tout est simple et intelligent, avec des approches vraiment positives et cohérentes.
Ce comics me rappelle pourquoi j’aime Superman ; mais, surtout, pourquoi mon Superman est Clark Kent, et pas Kal-El.
En effet, à la différence d’un Zack Snyder sur Man of Steel, Marv Wolfman fait le choix de rappeler que si le destin lui a permis de bénéficier de pouvoirs divins, Clark Kent aurait été un combattant de la Vérité et de la Justice sans même être un super-héros. L’écriture et le journalisme auraient été ses armes, et ils tiennent un rôle fondamental dans ce récit ; c’est logique, cohérent, mais surtout fort agréable d’avoir un récit où Superman est bien avant tout Clark, et pas Kal. Evidemment, Wolfman gère aussi extrêmement bien son casting, avec une Lois vraiment dans le ton, un bon Perry, un Luthor classique mais pertinent… et surtout une Metropolis sur le point de s’effondrer, avant sa venue. On l’oublie, mais de nombreuses histoires ont montré que c’est Superman qui a aidé à faire de Metropolis une cité paradisiaque ; bonne idée de le rappeler, ici.
Evidemment, l’Italien Claudio Castellini est fondamental dans mon appréciation positive, ici. Même si son style peut surprendre au début, notamment par son classicisme voire quelques rigidités, je me suis très vite pris à aimer ses dessins, son dynamisme et sa narration. C’est joli, propre, très cohérent, mais surtout très en phase avec le propos. J’apprécie particulièrement qu’il donne des allures et des postures différentes à Clark ou au Flying Man, et je valide l’idée de ne jamais voir Superman en costume, hormis sur une photographie.
Je le répète, mais tout est bon, ici. Wolfman a très bien pensé son récit, Castellini l’a très bien illustré… et l’ensemble est vraiment pertinent, intelligent et dans le ton. Je le redis, mais c’est un comics comme ça qui me rappelle pourquoi j’aime Superman - et quel plaisir d’avoir 100 pages de cette qualité, pour cela !


(Oncle Hermes) #5

L’un des tout meilleurs titres de Wolfman, comme il le dit ? Je n’en serais pas si sûr. Mais effectivement je rejoins Ben (qui a lâchement, oui lâchement et en toute conscience il n’y a pas à en douter, profité que je m’étais endormi devant mon écran, terrassé par le rhume :face_with_thermometer:, pour poster en premier) : le résultat est fort bon.

Il faut reconnaître qu’en voulant donner un nouveau récit des débuts du Boy Scout à Metropolis, Wolman et Castellini se sont attaqués à un sujet indéniablement porteur mais, justement à cause de cela, ultra rebattu. Rien qu’au cours des vingt dernières années, on peut citer le Superman For All Seasons de Loeb et Sale, le Superman: Birthright (Les Origines en VF chez Urban) de Waid et Yu, le Superman: Secret Origins (Origines secrètes) de Johns et Frank, la trilogie Superman: Earth One (Terre 1) de Straczynski et Davis pour une version un peu “alternative” mais pas beaucoup plus que les autres, le run de Morrison sur Action Comics période New 52, le Superman: American Alien de Landis et compagnie, sans compter la série Smallville sur le petit écran et le Man of Steel de Snyder sur le grand, et je crains d’en oublier.

Sans doute cet effet de saturation aura-t-il au moins en partie joué dans la remise au placard, initialement en tout cas, du projet de Wolfman. Vu les dates dont on parle, je dirais que ce sont les Origines secrètes de Geoff Johns (et non les New 52, bien postérieurs :wink: ) qui ont pris la place, venant notamment réinstaurer, pour coller à la vague Smallville, la vieille idée de l’Âge d’Argent d’un Clark Kent et d’un Lex Luthor amis d’enfance à Smallville avant de se déchirer.

Donc, la concurrence ne manque pas, ni les points de comparaison d’une version à l’autre. Si ce Man and Superman se situe plutôt dans le (très) haut du panier — pour toutes les qualités énumérées par Ben ci-dessus, que je ne peux qu’approuver, et pour un tas d’autres bonnes idées en cours de route qu’il faudrait citer aussi —, je n’en ferais pas tout de même pas nécessairement LA plus grande réussite du lot. Sa principale limite est sans doute un côté un peu frustrant, une impression de “s’arrêter trop tôt” alors qu’on en aurait, spontanément, bien redemandé.

Mais cette limitation est la contrepartie de ce que j’appellerais l’humilité foncière du projet, qui fait aussi beaucoup de son charme. Wolfman s’attache à une période courte et particulière, une période “de transition” entre l’arrivée du jeune provincial dans la grande ville et ses débuts aussi bien en tant que super-héros qu’en tant que journaliste-vedette. Pas d’autre enjeu que cela ici. Pas, par exemple, de grands affrontements vraiment épiques venant cimenter le rôle du surhomme. Mais une période où le personnage doute, hésite, mais aussi fréquente les “hommes du commun” alignant les petits boulots. Plus (ou moins) qu’un “récit d’origine”, Man and Superman se veut en quelque sorte un prologue : à partir du moment où d’une part Superman, en costume, pardon, en uniforme, et Clark Kent, d’autre part, se retrouvent à la une du Daily Planet, le but est atteint et cette page se referme.

C’est logique…mais c’est un peu dommage, parce que du Superman de cette qualité-là, et de cette humanité-là, j’en aurais bien repris quelques dizaines de pages de plus… ou quelques centaines.


(Ben Wawe) #6

J’ignore la pitié.

Pas faux.
Mais je rebondissais surtout sur l’annulation de Superman Confidential, qui devait accueillir le projet. Celui-ci aurait gêné l’origine de Johns, mais je crois que c’est surtout l’incompatibilité de la période suivante qui va bloquer ça. Plus de série type Confidential pour accueillir un tel récit, et les New52 arrivent en 2011 ; plus aucune possibilité de sortir un récit dans cette continuité…
(le Superman : Secret Origin de Johns & Frank sort effectivement en 2009/2010, et Superman Confidential entre 2006 et 2008, tu as raison)

C’est vrai.
J’avoue même qu’une série avec des auteurs et personnages tournants, pour montrer des focus sur quelques périodes spécifiques, typiquement les débuts de X ou Y, ça serait une bonne idée.