Marvel stars hors série #1-2

Hier soir, j’ai lu une saga qui traînait dans la pile depuis six mois, celle du “Goulag” dans Marvel Star Hors Série #2.
Ce matin, je cherche une discussion sur le mag, et comme je n’en trouve pas (mais je me trompe peut-être), je me permets d’en ouvrir une.

Pour une raison inconnue (sans doute, ceci dit, que les histoires de prison, je suis pas particulièrement fan…), j’ai laissé ce numéro traîner sur la pile des trucs à lire depuis des mois. Pourtant, c’est assez sympa, comme lecture.
Déjà, le recueil contient l’épisode #615.1, qui est une bonne entrée en matière pour les néophytes : Captain America rencontre un jeune homme à qui l’on a donné des super-pouvoirs et qui endosse le costume de Captain America. Cela débouche sur une engueulade avec le vrai héros patriote, et ouvre sur un subplot simple et évident, mais efficace, proposé par Brubaker : Rogers doit revenir dans le costume. La révélation de l’éminence grise derrière les pouvoirs du prétendant au titre est intéressante, également.

Ensuite, on rentre dans le vif du sujet, avec les aventures de James “Bucky” Barnes dans le goulag, succession de combats illicites dans la boue et concentrés de poncifs sur le milieu carcéral. Ambiance gladiateurs de fin du monde, en quelque sorte. C’est sympa, un peu convenu, mais ça a quelques avantages :

  • faire le point sur la situation de quelques vieux vilains nés notamment dans le serial “Iron-Man” de Tales of Suspense, issus de la Guerre Froide, et qui doivent trouver une place dans le Marvel moderne. Intéressant.
  • s’attarder sur les trois autres personnages, Rogers, Carter et Romanov, qui sont à l’extérieur de la prison et travaillent pour libérer Bucky. Là, pour le coup, l’écriture des deux personnages féminins est pas mal. Espionnes, rivales, elles demeurent féminines. Bel équilibre dans la caractérisation.
  • réfléchir sur le rôle du super-soldat dans la société américaine. Rogers face à ses vieux films d’époque, c’est un peu un lien avec le film de Joe Johnson, une énième réflexion sur le rôle de la propagande et sur la construction (artificielle, par la force des choses) des symboles. On est dans le droit fil du #615.1, et ça tape bien.

Là-dessus, Brubaker fait intervenir en filigrane Nick Fury, et il lui compose un portrait assez formidable. Manipulateur, le maître espion est également très attentif à l’affect de ses amis, même s’il tire leurs ficelles. Du coup, c’est un personnage à plusieurs détentes, qui bat le froid et le chaud, qui ne perd jamais de vue la fameuse “raison d’État” mais essaie de composer avec les sensibilités des gens qui l’entourent. Il apparaît comme plus retors et plus fragile en même temps. Là aussi, très bonne caractérisation. Brubaker livre sans doute le meilleur Fury depuis longtemps.
Reste quelques subplots pas résolus, notamment sur les personnages qui en veulent à Barnes. Sans doute qu’ils constitueront le menu de la série Winter Soldier, que je n’ai pas suivie en VO. L’arc “Goulag” apparaît en somme comme un tremplin de lancement pour cette nouvelle série.

Bref, un chouette volume, avec une bonne traduction de Jérôme Wicky, et d’excellents dessins, malgré les contrastes visuels entre les styles des uns et des autres.
C’est tardif, je sais, mais je conseille avec véhémence.

Jim

Je renchérit c’est un excellente histoire. J’avais pris beaucoup de plaisir à la lecture et pourtant je connaissais que vaguement le contexte vu que j’ai lu Cap que jusqu’a sa mort. Le contexte m’avait bien plus, ainsi que le dessin. Ca m’a donné bien envie pour Winter Soldier.

Ca c’est parce que t’a pas tenté le genre Femme en prison. C’est tout de suite plus sympathique :mrgreen: