Masqué : le retour du concours

Souvenez-vous, avant la mort et la résurrection de Superpouvoir.com, nous avions lancé un concours autour de la BD "Masqué". Ce concours non plus, il n'est pas mort. Il continue ici et vous pouvez gagnez 8 exemplaires de l'album dont 3 dédicacés !

[Lire l'article sur Superpouvoir](http://www.superpouvoir.com/news/1324/masque-le-retour-du-concours.html)

Ouais, mais tu devrais peut être précisé la thématique (je préfère te laisser faire, vu qu’on avait dévier quelque peu, j’ai peur ne pas être exhaustif et précis !)

Tiens, je participe à la discussion.

L’air de rien.

[size=85]Fiufiu (s’en va en sifflant)[/size]

En tout cas superbe bd au niveau des graphismes, coté scénario on va attendre le prochain tome pour se faire une idée.

Bon, on va reparler de la définition du super-héros alors ?

Pour ceux que cela intéresse j’ai synthétisé mes propos ici sur le sujet.

L’article est très intéressant, mon cher Artie.
Cependant, il faudrait rajouter que le super-héros affronte une Némésis, le super-vilain, qui est son reflet inversé.
En effet, cet argument qui sous-tend l’intrigue d’Incassable, se vérifie même pour les œuvres réalistes : l’apparition des super-héros dans Watchmen provoque une floraison de modèles négatifs qui se définissent par rapport à l’original.
Il y a donc une interférence provoqué par l’apparition du super-héros qui modèle son environnement, lequel ressemble alors à notre monde mais sans l’être (cf. les univers DC et Marvel qui calquent notre réalité mais l’altèrent). Le super-héros évolue donc dans un univers super-héroïque où ses facultés, quoique surprenantes, sont admises (cf. Marvelman) et cette appartenance à cet univers fait partie du genre. (Punisher devient alors un super-héros négatif). On rejoint ainsi ton idée de créateurs de topos.

Le héros doit toujours avoir une Némésis de type "reflet-inversé ? (voir une propositions des types de vilains dans l’excellent Mythe et Super-héros du grand Nikolavitch !)

Le Bouffon vert ne me semble pas être un reflet-inversé de l’Araignée !

Il l’est dans la mesure où c’est un surhomme négatif.
Il a aussi une double identité dont il se sert pour commettre ses crimes.
Tous les super-vilains sont des surhommes qui ont mal tourné.
Ensuite, tout dépend du degré d’affinage.
Reflet ou double négatif ne signifie pas obligatoirement jumeau.
Par contre, Némésis signifie bien ennemi intime.

Bon puisqu’on en parle, mes chers amis déjà la définition du super-héros en prend un coup dans les gencives puisque vous utilisez deux termes différents pour parler de ce sujet : le “héros” et le “surhomme” qui sont deux choses différentes, et qui ne sont pas des super-héros.

Pour schématiser, dans mon idée (qui ne semble pas être la votre) le “héros” et le “surhomme” précédent le “super-héros” en tant que type. Toutefois, ils peuvent cohabiter dans le genre super-héros.

Sinon, ce premier tome de **Masqué **est excellent.

Si j’ai employé le terme de “surhomme”, c’était pour éviter de réutiliser le terme de “super-héros”.
Alors disons que le super-vilain est un super-héros négatif, complémentaire du super-héros, mais pas forcément son jumeau.
Par double ou reflet, j’entends que le super-héros a besoin de lui pour se définir par opposition.
Le super-vilain a des points communs avec le super-héros mais ses idéaux et ses buts sont diamétralement opposés : moralité/perversité, altruisme/égoïsme etc.
A noter que pratiquement tous les super-héros en viennent à affronter des copies ou doubles maléfiques (Spiderman/Vénom puis Carnage, Superman/Bizarro,Batman/the Wraith, Iron Man/Iron Monger etc.) ou des copies ou doubles maléfiques de super-héros, mais que ceux-ci ne constituent pas leurs meilleurs adversaires ou Némésis. Il faut un décalage plus prononcé entre super-héros et super-vilain pour que ce dernier ne sois pas une simple copie carbone du premier - meilleur est le méchant, meilleure est l’histoire, expliquait Hitchcock.
Mais le super-vilain permet surtout d’ancrer le super-héros dans un contexte particulier qui n’est pas celui des histoires de SF ou de fantastiques traditionnelles peuplées de robots, extra-terrestres, savants fous ou autres zombies… A personnages spécifiques, adversaires spécifiques et univers spécifiques.

J’ai depuis revu ma copie[size=85] (notamment pour un projet que j’ai en cours)[/size], et la création du *topos *ne me semble pas obligatoire, mais plutôt inévitable.

En outre le terme “surhomme”, tel qu’envisager dans le corpus qui nous occupe, doit impérativement s’échapper de la conception que lui donne Nietzsche ; avec laquelle il n’ a que peu à voir…

Pour en revenir au super-héros français, plusieurs voies s’ouvrent au créateur :

  • la parodie ex. Super-Dupont, Coq-Man et Poussin

  • le pastiche ex. Mikros et Photonik

  • le super-héros français original ex. La Brigade chimérique, le Garçon-Renard.

  • La parodie : l’auteur ne croit pas sérieusement que la greffe du super-héros dans un contexte français prendrait et n’envisage pas de raconter l’histoire au premier degré. Super-Dupont présente un héros franchouillard et grotesque. Gotlib brocarde l’esprit cocardier en amplifiant le caractère outrancier du super-héros américain tel qu’il le perçoit. Or, son personnage se réduit à quelques clichés qui sont de grosses ficelles du genre (tenue excentrique, pouvoirs surhumains, talon d’Achille, rectitude morale et esprit borné.) Ce n’est donc pas une bonne parodie du genre. A l’inverse, Coq Man et Poussin, tout en se moquant des travers du genre, présente une vraie aventure de super-héros. On retrouve les règles du genre même si c’est pour de rire.

  • Le pastiche : au départ pensés comme des parodies, Mikros et Photonik sont des pastiches. On retrouve des personnages remplissant les conditions du genre et évoluant dans un contexte plus américain que nature. De bonnes bandes d’action au premier degré. Mitton rendra même hommage au roman feuilleton, donnant des racines au genre.

  • Même démarche chez Serge Lehman qui, avec la Brigade Chimérique, invente une génération perdue de super-héros qui se rattache au roman feuilleton tout comme les super-héros américains puisent leurs racines dans le pulp. (Ce n’est pas pour rien que la figure de Fantômas apparaît dans Masqués.) Les personnages évoluent dans un contexte français alternatif.Enfin, le Garçon-Renard vit de nos jours à Rennes. C’est un genre de Peter Parker à la française qui vit des aventures au premier degré.

Donc, oui, on peut créer des super-héros français dans un contexte français sans être ridicule. Le tout est de pouvoir toucher le public.

[quote=“Zaïtchick”]Il l’est dans la mesure où c’est un surhomme négatif.
Il a aussi une double identité dont il se sert pour commettre ses crimes.
Tous les super-vilains sont des surhommes qui ont mal tourné.
Ensuite, tout dépend du degré d’affinage.
Reflet ou double négatif ne signifie pas obligatoirement jumeau.
Par contre, Némésis signifie bien ennemi intime.[/quote]

Alors pour la Némésis, je n’ai pas dit le contraire. Je suis même entièrement d’accord avec toi. Mais tu sembles (sauf si j’ai mal compris) avoir la même définition dans le cas présent pour “double négatif” ou “reflet inversé”, ce en quoi je ne suis pas tout à fait d’accord ! (sauf si tu utilise négatif dans le sens photographique du terme !)

Le super-vilain est un super-héros négatif.
C’est un critère moral.
Il a choisi la mauvaise voie.
Certains super-vilains deviennent la Némésis du héros.
L’ennemi intime au sens où, il lui est familier, et c’est son contraire sur le plan moral : il fait le mal quand l’autre s’efforce de faire le bien (mais sans remettre en cause fondamentalement l’ordre social).
Ils sont complémentaires sur le plan thématique (cf. Incassable) mais aussi sur le plan narratif (Red Richards sans Fatalis ? Spiderman sans le Bouffon vert ? Batman sans le Joker ? Superman sans Luthor ?) On a besoin d’eux pour rendre l’histoire intéressante !
Ensuite, sur le plan esthétique, il est très différent du super-héros. On ne doit pas les confondre.
Parfois, des scénaristes ont voulu créer des anti-super-héros, doubles négatifs du héros, ou version dévoyée.
Souvent des copies carbones trop peu développées (ou trop limitées) pour devenir des Némésis intéressantes : le Docteur Frankenstein crée un double du Surfeur d’argent ? Il dure un épisode. Le pr. Miles Warren fabrique un clone de Spidey ? Il n’a vocation que de durer un épisode et demi. Captain America affronte son double maccarthyste ? Il est vaincu au terme du récit mais reviendra. Il y aura aussi un Ameridroïde. Iron Man a affronté aussi des copies de lui-même à foison…
Les doubles plus élaborés reviennent plus souvent ou marquent plus : Bizarro (Superman), Iron Monger (Iron Man), Venom (Spidey), The Wraith (Batman), Inverso Flash…
Mais ils ne sont pas suffisamment développés pour devenir des Némésis attitrées. Trop limités dans leur définition, il semble que les scénaristes peinent à les faire évoluer.

Tout ceci pour dire qu’un super-héros se définit aussi par la nature des menaces qu’il affronte. Sa présence génère un univers propre à ses aventures, peuplé de super-héros négatifs, les super-vilains.

[quote=“Zaïtchick”]Le super-vilain est un super-héros négatif.
C’est un critère moral.
Il a choisi la mauvaise voie.
Certains super-vilains deviennent la Némésis du héros.
L’ennemi intime au sens où, il lui est familier, et c’est son contraire sur le plan moral : il fait le mal quand l’autre s’efforce de faire le bien (mais sans remettre en cause fondamentalement l’ordre social).
Ils sont complémentaires sur le plan thématique (cf. Incassable) mais aussi sur le plan narratif (Red Richards sans Fatalis ? Spiderman sans le Bouffon vert ? Batman sans le Joker ? Superman sans Luthor ?) On a besoin d’eux pour rendre l’histoire intéressante !
Ensuite, sur le plan esthétique, il est très différent du super-héros. On ne doit pas les confondre.
Parfois, des scénaristes ont voulu créer des anti-super-héros, doubles négatifs du héros, ou version dévoyée.
Souvent des copies carbones trop peu développées (ou trop limitées) pour devenir des Némésis intéressantes : le Docteur Frankenstein crée un double du Surfeur d’argent ? Il dure un épisode. Le pr. Miles Warren fabrique un clone de Spidey ? Il n’a vocation que de durer un épisode et demi. Captain America affronte son double maccarthyste ? Il est vaincu au terme du récit mais reviendra. Il y aura aussi un Ameridroïde. Iron Man a affronté aussi des copies de lui-même à foison…
Les doubles plus élaborés reviennent plus souvent ou marquent plus : Bizarro (Superman), Iron Monger (Iron Man), Venom (Spidey), The Wraith (Batman), Inverso Flash…
Mais ils ne sont pas suffisamment développés pour devenir des Némésis attitrées. Trop limités dans leur définition, il semble que les scénaristes peinent à les faire évoluer.

Tout ceci pour dire qu’un super-héros se définit aussi par la nature des menaces qu’il affronte. Sa présence génère un univers propre à ses aventures, peuplé de super-héros négatifs, les super-vilains.[/quote]

Oui oui, je suis d’accord, mais je parlais d’une phrase dans l’un de tes premiers posts :

Je trouve ça réducteur de systématiser les Némésis comme des reflets inversés. Un double négatif, je suis d’accord, mais pas un reflet inversé obligatoirement, comme le définit Niko par exemple (si j’ai bonne mémoire)

Au départ, j’ai dit “reflet” pour l’idée de complémentarité.
Ce n’était pas le terme le mieux adapté.

Ah ok. Un débat pour rien donc ! :laughing:

[quote=“soyouz”]Le héros doit toujours avoir une Némésis de type "reflet-inversé ? (voir une propositions des types de vilains dans l’excellent Mythe et Super-héros du grand Nikolavitch !)

Le Bouffon vert ne me semble pas être un reflet-inversé de l’Araignée ![/quote]

Ah si! Spider-Man est un ado, sans lien social, Osborn un homme de 40 ans, avec de nombreuses relations. Parker est un génie, Osborn aussi mais il vole leurs découvertes aux autres, Parker a un sens aigu de la responsabilité, Osborn est fou et amnésique.