MASTERPIECE COMICS (Vertige Graphics)

[quote]MASTERPIECE COMICS
Vertige Graphic

nov. 2011
- 64 pages
- 22 x 30
- ISBN: 978-2-84999-100-8
- 24.00€

Thèmes : bandes dessinées
NOUVEAUTÉS

Le modus operandi de Robert Sikoryak consiste à faire interpréter des classiques de la littérature par des classiques de la bande dessinée américaine. Ainsi, Beavis et Butthead attendent Godot ; un certain Superman apprend qu’aujourd’hui, Maman est morte, et, du coup, va tuer un Arabe sur la plage ; les Hauts de Hurlevent ont d’inquiétantes allures de Conte de la Crypte ; ou encore, l’anti-héros de Crime et Châtiment, Raskolnikov, ressemble étrangement à une chauve-souris aux super-pouvoirs.

Avec Masterpiece Comics, Robert Sikoryak a réalisé une oeuvre unique et formidablement aboutie. Non que la parodie d’oeuvres classiques en bande dessinée soit une idée neuve ; mais personne n’avait réalisé une telle interpénétration de l’oeuvre-source et de sa variation BD. Non seulement Sykoriak réussit à établir d’étonnants parallèles entre les personnages de la « grande littérature » et ceux de la culture populaire BD, mais il réalise ces étonnants hybrides avec une performance virtuose, chaque parodie s’appuyant sur la re-création parfaite du style graphique original, nous ramenant à l’époque bénie des beaux aplats en couleur directe de l’ère pré-Photoshop. Un album somptueux donc, et plein d’humour, qui ravira aussi bien les lecteurs à la culture éclectique qui sauront reconnaître chacune des citations que les autres.

Et un petit bijou qui nous fait attendre le deuxième opus avec impatience[/quote]

Ce volume reprend le one-shot paru chez Drawn & Quarterly, qui regroupait lui-même des épisodes parus dans Reveal, Hotwire, Drawn & Quarterly ou Monkeysuit Anthology.
Le principe est assez génial et la mise en oeuvre brillante. Raskol en Batman, Garfield en Mephisto ou Superman en Etranger, c’est quelque chose d’assez bluffant, surtout que Sikoryak reprend les styles graphiques propres à chaque série.
Malgré tout je n’ai pas été pleinement convaincu. Il ne s’agit pas de parodies, plus de résumés racontés par les personnages transposés. Ceux qui s’attendent à quelque chose d’humoristique (c’était mon cas) en seront donc pour leurs frais, et ceux qui apprécient les classiques de la littérature d’origine n’y verront pas grand intérêt. En fait je ne comprends pas trop à qui s’adresse ce bouquin.
Un truc que j’ai trouvé chouette par contre, c’est le petit explicatif sous forme de courrier des lecteurs. En effet, s’il est aisé de reconnaître Mac Beth, la Génèse ou les Hauts de Hurlevent, il est moins aisé de trouver la référence à Blondie, Mary Worth ou Ziggy.