MISSION:IMPOSSIBLE 5 - ROGUE NATION (Christopher McQuarrie)

En espérant quand même que le rush de la post-production ne nuise pas au film. M:I 5 devait d’abord sortir en décembre puis a été avancé à l’été pour ne pas se retrouver devant le nouveau Star Wars (alors que les producteurs de Warcraft avaient quant à eux préféré repousser le long métrage de Duncan Jones à 2016).

Outch, ça va faire mal, il est vraiment increvable ce Tom, physiquement il bouge pas d’un poil, toujours la trentaine (bien tassée) !

AH AH AH

La nouvelle bande-annonce :

Ça risque de tabasser.

Jim

ça envoie du gros c’est clair.

Je crois que je suis amoureux de la " Ethan Hunt Girl" de cet épisode…

Etant (Ethan…) un grand fan de la série télé et de ses adaptations ciné (dont je n’ai manqué aucun volet), je ne me suis pas fait prier pour aller voir aujourd’hui même le 5ème “Mission : Impossible - Rogue Nation” (un coup de bol que le film soit dispo le jour même de sa sortie nationale dans mon patelin).

Autant y aller franco, c’est un des meilleurs, si ce n’est le meilleur numéro (je conserve une affection particulière pour le 1 par De Palma, et le 4 grâce à Léa Seydoux). Non, en fait, c’est le meilleur de la série ciné.

Aux commandes, on trouve l’excellent Christopher McQuarrie, scénariste et réalisateur, qui a déjà dirigé Tom Cruise dans le formidable “Jack Reacher”. Il pilote une intrigue très dense, sur un rythme infernal, riche en morceaux de bravoure (la scène avec l’avion est démente, une autre en apnée dans un réservoir d’eau, et surtout une ahurissante poursuite en moto au Maroc - sans doute un des moments de cinéma les plus impressionnants que j’ai vu, réalisé sans doublure par Tom Cruise et Rebecca Ferguson !).

La réalisation est très puissante, le budget est sur l’écran, la direction artistique est impeccable (décors, photo, musique - la bande originale est un retour aux basiques de Schiffrin très appréciable). C’est toujours épatant de voir un film américain aussi bien produit : c’est une machine fabuleusement huilée, vrombissante, irrésistible, on regarde ça comme un gosse joue avec un train électrique (ou un truc plus moderne si vous avez moins de 40 ans). C’est jubilatoire : les 2h 10 du film passent vite et en même temps il y a de quoi faire, ce n’est pas juste du grand spectacle, c’est fourni, intelligent, malin. J’adore cette impression d’assister à un grand numéro tout en ayant de quoi cogiter pendant que ça se déroule, avec ce délicieux frisson quand le héros a un adversaire vraiment retors.

Le casting est également imparable : dans leurs seconds rôles, Jeremy Renner, Ving Rhames, Alec Baldwin sont parfaits. Tom Cruise est tout bonnement incroyable : à 53 ans, il reste le boss, mâchoire serrée, regard perçant, il a conservé son charisme naturel mais avec une épaisseur que lui donne l’âge, son Ethan Hunt possède une expérience évidente, une maturité assumée, et l’histoire ne manque pas d’adresser des clins d’oeil aux connaisseurs des précédents épisodes.
La révélation du film est la superbe Rebecca Ferguson, qui est, de très loin, la meilleure “Hunt’s girl” de la franchise : enfin une femme qui est l’égale du super espion, sans sacrifier sa féminité (les yeux revolver de cette fille sont fascinants). L’intrigue joue avec brio sur le double (et même triple) jeu auquel elle se livre et qu’elle interprète de façon troublante. Elle mériterait d’intégrer l’équipe pour le M : I 6 (déjà annoncé, et que le triomphe de ce n°5 confirme).

Alors, oui, soyez-en sûr : ça tabasse ! Et l’origine de l’ennemi est savoureuse alors que dans quelques moins l’espion favori des rosbifs revient lui aussi - mais ça va être dur pour James Bond de rivaliser avec la nouvelle aventure d’Ethan Hunt.

Bon ça y est c’est vu.

Est-ce un bon film non. Un bon blockbuster, je suis pas sur non plus.

Tout d’abord j’y ai trouvé des problèmes de rythme. La grosse cascade de l’avion se situe dans les 2 premières minutes du film et le reste parait du coup bien fade à côté. (La scène dans l’eau bof bof et les motos c’est sympa mais bon déjà vu). Du coup rien de bien pour bluffer le spectateur ou le réveillé en milieu de film là ou le 4 avait sa cascade sur la tour à Dubaï, enchainé avec une grosse course-poursuite dans une tempête de sable.

Le second gros point noir, c’est l’intrigue. J’ai eu l’impression de revoir la même histoire que dans le 4, et d’avoir le même méchant que dans le 1 et le 2. Du coup c’est sympa, mais bof.

Troisième point négatif même s’il y a du bon dedans. MI commence à poursuivre James bond. Là ou les JB avec Craig montre un James vieillissant et borderline et pas suivit par sa hiérarchie qui doute de lui, Ethan Hunt est un agent de légende estimé par ses pairs comme étant le meilleur sans question, même si ça serait bien qu’il arrête de tout faire pêter.
Dans ce dernier MI, Ethan est au contraire un agent qui commence à vieillir qui à une idée et va jusqu’au bout, sa hiérarchie doute de lui même ses amis il devient plus borderline devant toujours aller de l’avant pour y arrive,r bref Ethan devient James (version Craig). En soit c’est bien parce que ça permet de montrer que Tom n’est plus tout jeune (53 ans) et que ça commence à être dur et que seul le côté teigneux lui permet d’avancer, cependant la ressemblance avec James devient trop marqué ou avant il s’en sortait en étant similaire, mais tout de même différends (j’espère que vous me suivez).

enfin dernier point, mais là c’est MI qui à grillé le nouveau James bond. L’intrigue devrait être similaire puisqu’Ethan poursuit le Syndicat une organisation ultra secrète et que James poursuit Spectre.

Ajouté un méchant assez peu charismatique et on sera loin du 4 ou encore du 3 avec l’excellent Philip Seymour Hoffman.

Au final un blockbuster, qui fonctionne mais on est loin de celui de JJ vraiment sous estimé, ou encore celui de Brad Bird qui était très bon.

C’est un film sympa, sans doute l’un des meilleurs de la saga (je continue à adorer le troisième, l’Abrams, pour des raisons que je vais expliquer un peu plus loin), mais celui-ci se place assez haut. Faudra le revoir afin de s’assurer qu’il confirme ce joli score dans mon petit cœur tout vibrant, mais j’en suis sorti ravi.

Cela dit, il y a deux points noirs.
D’une part, quelques séquences de blabla qui traînouillent, et qui sentent fort le scénariste qui n’a pas envie de couper ses magnifiques lignes de dialogues. Heureusement, il y a de l’humour (et un cassage en règle du mythe du héros, ça fait du bien) qui fait passer les gros morceaux un peu longs.
D’autre part, on a un méchant impressionnant à la tête d’une organisation passionnante, qu’on nous promet comme “l’anti Mission Impossible”. Sauf que tout cela reste sur la carte heuristique qui, comme dans toute fiction à mystère anglosaxone, trône au centre de l’intrigue. On ne voit pas réellement le fonctionnement interne de cette “rogue nation”, les membres qui en sont identifiés apparaissent et sont vaguement nommés au début, avant qu’on se concentre sur le boss de fin de niveau. Par conséquent, cela n’a pas d’impact. Les rouages de l’entreprise et ses actions sont à peine esquissées, et au final, malgré les récriminations du méchant, cette “nation voyou” ne fait qu’entériner l’ordre mondial. “Avant, je tuais pour le système, maintenant, je tue contre le système”, c’est bien joli, mais on ne voit pas la différence. Quand est-il passé dans la dissidence ? La voiture piégée qui a entraîné une guerre civile, était-ce du temps où il était le bras armé des grandes puissances, ou après sa rupture de ban ? C’est pas clair. De là, le méchant apparaît comme un fanatique au service du gouvernement, pas comme un justicier frondeur. Ce qui évite tout questionnement moral, là où justement le film aurait pu prendre une réelle dimension. Pas un membre de l’équipe ne s’interroge sur la nécessité d’aller contrer le méchant. Alors que leur section est sur la sellette, et que c’est justement le moment de se poser des questions. Pas un ne se demande si le mec en face n’aurait pas raison, d’une manière ou d’une autre. Et au final, le film se résume à une lutte de bons petits soldats contre un autre petit soldat qui aurait mal tourné.

Après, l’intrigue est très sympa, il y a de chouettes moments (le bluff à la terrasse du café est très bien), de grosses références (l’une d’elle vers Le Silence des Agneaux, et une autre que je n’ai pas identifiée, mais qui est là : il s’agit de la poursuite à pied dans les petites rues de Londres, qui se conclut avec le duel au couteau au milieu des colonnes : j’ai vu ça quelque part, c’est une référence, mais à quoi ? À un Hitchcock ? À un film d’espions des années 1970 ? Quelqu’un a une idée ???), des acteurs convaincants, de belles bastons, beaucoup d’humour (j’insiste, mais vraiment, ça fait partie des ingrédients les plus goûteux du cocktail).
Le braquage du coffre numérique me semble un peu bizarre. La motivation des différentes parties (le méchant, l’espionne infiltrée, l’équipe…) m’a semblé capillotractée : ne pouvait-il pas lui-même accéder à un document qui, logistiquement, est pour lui de la première importance ? M’ouais, fumeux. Et puis tiens, rien n’est piratable, sauf l’arrivée d’eau. Qui n’est d’ailleurs pas tant nécessaire que ça. Comme c’est pratique. Cette infiltration est moins spectaculaire / suspense que celle du premier film.

En revanche, il y a dans le film une volonté de déconstruction intéressante. Tous les ingrédients classiques (le message qui va s’autodétruire, le masque…) sont là, mais à chaque fois, ils sont décalés, détournés, contredits. Ce n’est pas le bon expéditeur du message, les masques sont invalidés parce qu’inutiles, l’agence est dissoute, bref la recette est “abandonnée”… Cela permet d’une part de préparer quelques surprises, et d’autre part d’opérer une sortie de route par rapport à la formule de base.
Et je suis très client aussi de la sortie de route. Le troisième film, celui d’Abrams, était aussi une sortie de route, se donnant pour objectif de dévoiler l’homme derrière l’espion, et de montrer ce qu’il arrive au particulier quand il décide de s’écarter du professionnel. Ce qui permettait également de creuser, par contraste, l’ensemble du fonctionnement de l’agence Mission Impossible. Ça plus des idées fortes, des scènes d’action incroyables (l’exfiltration, qui cite John Woo tout en rajoutant de la cascade spectaculaire), un grand méchant, ça en fait un de mes préférés.
Ce Rogue Nation est aussi une sortie de route. En déviant des règles de base, le film ne fait que les entériner. Ça confine au test des limites, comme le faisait la version Abrams. Là où celle-ci s’intéressait à l’individu Ethan Hunt, la version McQuarrie s’intéresse aux fondements légaux et administratifs (à quelle autorité l’agence répond…) de cette section.
Il reste tout de même dommage que le film n’ait pas creusé dans cette direction, en questionnant la légitimité de l’agence et de ses actions (comme le premier Brosnan, voire les trois autres, l’aura fait dans la saga de Bond…). Un peu plus de conscience politique et on touchait l’inoubliable.

Jim

Je trouve que comme le 3 ça questionne quand même pas mal le héros. Ethan à la tête dans le guidon et ne se remet pas en question ce que font par contre plusieurs fois ses amis même les plus proches (Luther présent depuis le premier) ce qui permet de montrer un autre aspect de Hunt.

Pour ce qui est du petit soldat contre le petit soldat d’en face il me semble que le film en parle. L’anglaise dit bien qu’il y aura toujours un gus comme le vilain et un mec comme Ethan face à face, peu importe qui c’est. Ethan même dit un truc similaire dans la scène de bluff.

Je suis plus enthousiaste que vous avec ce 5ème épisode, même si je reconnais que certaines de vos réflexions font tilt.

C’est vrai qu’avec le recul je me rends compte que le méchant manque peut-être un peu de présence, et effectivement, de ce point de vue, après avoir récemment revu le n° 3 par Abrams, on ne peut que regretter que la production n’ait pas engagé un comédien plus charismatique. Bon, cela dit, on ne trouve pas un cador comme le regretté Philip Seymour Hoffman facilement : il foutait vraiment les jetons, on sentait qu’il représentait un adversaire que Hunt/Cruise craignait (comme il s’en prenait à son épouse, évidemment, le danger était encore plus sensible).

Par contre, je trouve que ce “Nation Rogue” a un atout que n’avait plus la franchise depuis le personnage de Claire Phelps dans le n°1, c’est-à-dire une héroïne qui tienne le coup face à Hunt, qui a une vraie ambiguïté, et le potentiel pour exister au-delà d’une histoire - même s’il reste très improbable que Rebecca Ferguson revienne. Thandie Newton dans le 2 (qui est, à mes yeux, le plus faible de la série), Maggie Q dans le 3, Paula Patton dans le 4 n’avaient pas l’épaisseur qu’a le personnage d’Ilsa Faust dans celui-ci, où on passe un moment à se demander si elle est digne de confiance et qui vole souvent la vedette à Hunt.

Côté cascades, McQuarrie a pris un gros risque en ouvrant avec la fameuse scène de l’avion, mais la poursuite à moto est au moins aussi spectaculaire. C’est une séquence époustouflante, on a cette sensation de vitesse, c’est filmé de manière incroyable. J’aime quand dans un film d’action il y a comme ça un morceau de bravoure, bien intégré à l’histoire, où on ressent ce frisson.

Après, tout le côté “questionnement sur le héros, l’IMF”, ce que j’apprécie, c’est le fait d’observer de film en film le personnage de Hunt vieillir, s’épaissir, s’endurcir, se radicaliser en effet, on voit un héros qui, depuis le début, a une sorte de rage (le fameux “vous ne m’avez jamais vu en colère” prononcé dans le film de De Palma qui est resté la signature de Hunt) et que joue à la perfection Cruise. Le mec bout intérieurement, au point qu’on peut se demander si Hunt ne se bat d’abord contre lui-même, comme s’il voulait en permanence prouver qu’il est toujours bon pour le service. C’est comme une métaphore de la carrière de Cruise qui a survécu à son éclosion dans les 80’s, a traversé les 90’s et les années 2000, contre vents et marées, les reproches sur la scientologie (je ne soutiens pas cette secte, soyons clairs, mais ça m’énerve quand je lis un papier où on résume Cruise à ça) : dans les deux cas, il y a une endurance assez phénoménale d’un type qui dit “je ne suis pas fini, je sauve le monde/cartonne au box office”.

Ce qui est juste un peu regrettable, c’est que Cruise n’emploie plus cette énergie, cette volonté de fer (de faire) que pour le cinéma d’action à grand spectacle, alors qu’il est capable de composer pour des grands cinéastes (la dernière fois, c’était quand ? “Collateral” de Mann, grand film, grande “performance”).

Et je trouve que ça fonctionne bien dans les deux cas, dramatique chez Abrams, plus humoristique chez McQuarrie. Je crois cependant que ce dernier aurait pu aller plus loin.

Oui, voilà, mais c’est pas des remises en cause. On présente le méchant comme quelqu’un qui se retourne contre le système, mais au final, il ne fait qu’entériner le système, et même ça, même cette approche “cynique” n’est pas abordée. Ça reste quand même très superficiel (alors que le premier film, qui est loin d’être exempt de défauts, posait, via la question des agents à la retraite, celle de la machine à broyer les hommes et à créer des ennemis).

Jim

Plus loin oui, surement pourtant là déjà je trouve que ça ressemble trop à James Bond de Craig. Et plus loin le rapprochement aurait été trop présent à mon avis.

C’est vrai et c’est un vrai plus. Mais ce n’est pas rare pour Cruise. De mémoire récente il y avait Emilie Blunt dans Edge of Tomorrow.

Si j’aime beaucoup celui de Brad Bird, mon favori en fait, celui-là vient juste derrière.
Déjà depuis qu’il ont embauché Simon Pegg et avec lui amené un peu d’humour ça va mieux, mais ce n’était pas tout à fait ça.

Ensuite former une équipe est aussi une très bonne idée, et accessoirement celle qui était derrière la série télé ; oui M:I est une équipe, et moi qui suis un *fan * d’icelle (essentiellement la première saison avec Briggs) je ne peux qu’applaudir à ce retour.

Bref ce Rogue Nation est très divertissant, les cascades époustouflantes et l’histoire plutôt bien troussée.

Bien sympa !

C’est pas mal (même si ça a des défauts de facilité quand même), ça, je trouve qu’il y a du contenu et de la densité ! Les scènes d’action sont assez spectaculaires. Bon, après, l’histoire me parait être plus James Bond que Mission Impossible, mais c’est peut être dû au format. Et puis y a des touches qui font très MI …