Mon Vieux - Manga

La critique par Den d Ice est disponible sur le site!

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j’ai adoré meme si la fin est drolement couper :neutral_face:

C’est ma première oeuvre de cet auteur, et je dois dire que c’est un très bon début.
Pour le graphique tous est dit dans la critique (j’aime bien par exemple: les flammes léchant le père après l’incendie) tous ses détails façonnent vraiment le charisme du père.
Nous avons plusieurs situations pour mettre en action le “vieux”, et c’est là où c’est un peu facile mais ce tome est très encourageant pour la suite, à suivre. Je lui met la note de 6.5 / 10

J’attends de voir la suite car ça peut tout bien comme tout mal. De plus, pour une série sur 3 tomes je trouve que c’est un peu lent et je pense que je vais rester sur ma faim.

J’avais eu un avis un peu mitigé sur Un bol plein de bonheur, mais l’auteur avait un bon potentiel, donc je me suis quand même tournée vers Mon vieux. Malgré quelques défauts, j’ai plutôt apprécié la lecture, et j’en retiendrai deux choses (sur la deuxième chose, je vais faire une belle digression, tout le monde va s’en foutre, mais bon j’ai envie d’en parler quand même).

Sur l’oeuvre en elle-même. Comme le dit Den d Ice, le plaisir de lecture est là, et on finit par s’attacher à ce père bourru, et charismatique à sa façon. Tout va un peu trop vite (il débarque de prison après des années, s’installe à table et “saké”), et le personnage, comme le reste, est très caricatural. Mais cet excès (on le ressent encore plus après avoir lu Un bol plein de bonheur) est voulu par l’auteur, il va volontairement dans la surenchère pour faire passer son histoire, ses émotions, son message. Et finalement, le tout passe très bien, et c’est une lecture plutôt sympathique (à voir par la suite, comment tout ça va évoluer).

Enfin, je vais parler des interventions d’Akata (au dos du tome, et dans la postface surtout). Mais ils ont fumés ou quoi ?! Je n’adhère pas du tout à ce qu’ils peuvent dire, et je trouve leur raisonnement vraiment simpliste. Je n’ai pas le tome sous la main, donc je ne vais pas pouvoir faire de citation, mais en gros, voilà le ton global que j’ai retenu :

  • “Ce livre est une vraie claque dans la gueule, on ne doit pas oublier ce qui fait de nous des vrais mâles”
  • “L’homme des années 2000 est devenu papa poule, mais des oeuvres comme ça nous rappelle qu’on a aussi une virilité au fond de nous”
    Faudrait que je ressorte les vraies phrases, mais en résumé les hommes actuels deviennent de plus en plus des gonzesses, et l’auteur de Mon vieux est là pour rappeler à chacun ce qu’est l’homme, le vrai, le viril !
    Déjà, j’ai toujours eu du mal avec les discours sur la “virilité” des hommes. Parce que pleurer ou pas savoir se battre fait de quelqu’un un sous-homme ? Et faut pas oublier que tout ça c’est culturel. L’exemple du “vrai homme viril” de Mon vieux est typique japonais. Du côté américain, on pencherait plutôt vers un modèle type Charles Ingalls, et en France, un mec bien viril des années 80 euh… Jean-Paul Belmondo ? Enfin, ce que je veux dire, c’est que la “virilité” est ce qu’une société en fait, et il vaut mieux éviter d’élever une oeuvre comme Mon vieux au rang de référence sur le sujet. Clairement, un homme comme ce héros, moi j’en voudrais pas hein :mrgreen: limite par moment, il m’a rappelé Kubiac de Parker Lewis “Kubiac faim”, “manger”, “clope” :laughing:

A un autre moment dans la postface, Akata parle d’un “couple qui se complète” entre le héros et sa femme. Là non plus, je ne vois pas les choses comme ça. Je ne sais même pas si l’auteur a cherché à développer la mère autrement que comme un personnage témoin. Quand on voit l’image de la maternité que l’auteur a construit dans Un bol plein de bonheur (vécu similaire, d’une femme élevant seule son enfant), c’est le jour et la nuit. D’un côté une mère qui est prête à braver des yakuza pour défendre son enfant, de l’autre une mère qui ne fait rien quand sa fille se fait traîner par les cheveux dans le couloir… Tout ça me fait dire que l’auteur n’a vraiment pas voulu développer le rôle de la mère, tout est fait pour que le père sauve tout le monde, le reste on s’en fout un peu. Donc le coup du “couple qui se complète”, je trouve ça un peu gros :mrgreen:

Et pour pousser la réflexion un peu plus loin, la morale dans Mon vieux est plutôt douteuse ! Ok, un héros de manga qui va trancher des yakuza à coup de pelle pour sauver sa famille, c’est classe, mais dans la réalité, j’espère que ça se passe autrement ! Si tout le monde faisait sa propre loi (et de façon aussi sanglante), je ne donne pas cher de l’avenir de la société. Ah mais suis-je bête, cette société fait déjà de nos hommes des lavettes, alors un peu de loi du talion ne pourra pas lui faire de mal :mrgreen: Au passage, je pense que tuer des gens comme ça, même Charles Ingalls ne l’aurait pas fait (comme quoi, la virilité…)
Dans le genre morale douteuse aussi, le père qui dit “vas-y fils, continue à le frapper” en parlant d’un homme déjà à terre, c’est pas trop l’esprit shônen ça ?
Bref, tous ces petits points que je viens de citer ne m’ont pas choquée au moment de la lecture, parce que j’ai pris ce manga pour du simple divertissement. Mais au vu de la postface, qui dresse ce titre comme une vraie leçon de vie, bah j’ai envie de sortir tous ces défauts du placard.

On aurait pu croire qu’Akata voulait juste faire de la belle promo sur ce titre (oeuvre coup de poing, toussa), mais ce n’est pas la première fois qu’ils nous font des discours sur la virilité (Dominique Véret sur Coq de combat notamment), donc je pense que c’est sincère.

Voilà, j’ai fini mais j’ai bien saoulé tout le monde :laughing: Sinon le titre en lui-même est plutôt pas mal ! :mrgreen:

Moi en voyant le titre, j’ai cru que c’était un manga sur Tec :neutral_face:

[size=50](c’était la remarque inutile du jour)[/size]

Bon je n’ai pas le volume sous la main non plus mais moi j’avais plutôt bien apprécié la postface, alors bien sur je ne vais pas revenir sur le rôle et l’évolution de l’homme dans la société, je suis pas Zemmour :mrgreen: et je m’en fo** complétement, mais sur l’évolution des rapports de l’homme au sein des entreprises m’avait parut pertinent et loin d’être simpliste pour le coup.

Alors c’est vrai que je travaille dans une fonderie et que je suis au contact de plein de gens du genre “mâle viril”. Et pour les négociations à cause de cette crise, ils ont mis direct la pression sur le patron, en gros le boss leur a dit :

  • "J’espère que vous ne me sequesteré pas. (c’était assez tendance pendant un moment)
  • Oh non, nous c’est direct la corde autour du cou si vous nous faites un plan social dans le dos."

Alors vu comme ça, on peu les prendre pour de gros tarés, mais au final y’a pas eu trop de licenciment et cela correspondait bien avec la version de la postface. Le rapport de force (employeur - employé) qui avait tendance à disparaitre au profit de négociations mené par des bureaucrates.
Voila c’était ma “digression” :wink:

Bon allez, j’ai ressorti mon tome pour l’occasion :mrgreen: :wink:

Dans l’idée, ce qui est dit sur la culture ouvrière qui disparait est une analyse plutôt juste. Mais ils vont trop loin dans leur propos, ce qui leur fait perdre de la crédibilité à mes yeux.
A propos des syndicalistes, voilà un extrait de la postface :
“(…) le syndicalisme, autrefois force physique et contestataire, aujourd’hui immobilisée par la rhétorique du “dialogue social” imposé par des technocrates plus à l’aise avec la manipulation des mots qu’avec le maniement de la pioche.”
Mouais. Il y a sûrement beaucoup de choses à reprocher au syndicalisme moderne, mais de là à regretter l’ancienne époque. Si on rapproche ça des évènements récents sur la retraite par exemple, c’est sûr que le mouvement n’a rien donné. Mais sincèrement, est-ce que ça aurait été plus viable des actions “viriles” à coup de pioche pour que le pays finisse en guerre civile ? :laughing: La société évolue, en bien et en mal, et le discours d’Akata aurait été plus percutant sur le sujet s’il ne sonnait pas comme un simple “c’était mieux avant”. Développer le pour et le contre aurait été un peu plus constructif.

Je continue dans les citations :
“Ce manga (…) agit comme une baffe en pleine gueule et vient ainsi nous rappeler combien le papa des années 2000 a pu oublier ce qui fait de lui un homme : sa virilité, l’essence de sa masculinité, inhérente à sa nature de mammifère mâle.”
Je ne vais pas redire ce que j’ai dit plus haut, mais en quoi être bourru, parler par interjection, boire du saké et taper sur tout ce qui bouge est propre à la nature d’un mammifère mâle ? On peut avoir sa vision de l’homme parfait, gentil ou brutal, doux ou bagarreur, intro ou extraverti, mais penser que tel ou tel trait de caractère est plus “viril” ou plus “naturel”, c’est faire preuve d’un manque de recul. C’est principalement la société et notre entourage qui nous construit, et je le répète, dans Mon vieux, le ton est très japonais.
Bientôt on va nous sortir un manga sur la femme parfaite japonaise, avec pour héroïne une fille timide, douce, toute menue, qui parle poliment sans aucune injure, ne dis pas trop ce qu’elle pense, fait parfaitement la cuisine et le ménage et on nous sortira “vous voyez les filles, faut pas oublier que tout ça est inscrit dans vos gènes”. C’est bien connu, dans la nature, les femelles sont discrètes et nettoient la savane tous les jours !
Enfin là, j’ai continué sur le sujet alors que tu t’en fous et que tu n’as même pas fait ton Zemmour :mrgreen:

Sinon je termine là dessus, voici une phrase que j’ai trouvé vraiment très simpliste pour le coup :
“L’auteur offre des repères traditionnels solides et inspirants alors que c’est précisément la dispersion des repères familiaux et la destruction des rituels au sein du foyer (…) qui laisse dériver enfants et adolescents vers le pire. (…) La recherche de repères n’est-elle pas cruciale à l’heure où la délinquance est devenue une angoisse collective.”
Mais bien sûr ! Alors là, faire le parallèle entre la délinquance et la vision de la famille exposée dans Mon vieux, c’est balèze !
J’ai même pas envie d’argumenter là dessus tellement ça me semble être une énormité. La perte de repères familiaux est bien sûr un problème, mais choisir comme repère un père qui ne parle pas, n’exprime pas ce qu’il ressent, et tue ou frappe à chaque problème, plutôt qu’un “papa poule” qui sera peut-être plus attentionné et ouvert avec ses enfants… c’est vraiment n’importe quoi !
Et je parle en toute connaissance de cause, j’ai un père très proche du héros de Mon vieux (les meurtres et la prison en moins), et penser que cette façon d’être est salvatrice pour les enfants, c’est très simpliste et un peu à côté de la plaque.

En plus de leur parti-pris très extrême, Akata ne fait que survoler son sujet tout au long de la postface. Ils ne prennent aucun recul, ne font qu’encenser le mode de vie de Mon vieux (si éloigné de notre culture pourtant), et sont limite méprisants à l’encontre de notre société actuelle. Que ce soit pour le syndicalisme, les repères familiaux, ou l’éducation des enfants, ils n’abordent jamais le sujet dans sa globalité et n’ont qu’une vision très réduite de la réalité. Et surtout, surtout, il est où le rapport avec Mon vieux, qui reste quand même une simple oeuvre de divertissement, où tout va très vite, et qui demande à laisser son cerveau de côté avant lecture. Je crois que les intentions de l’auteur sont bien loin de ce que peut en tirer Akata.

Voilà, moi aussi j’arrête ma digression ici :mrgreen:

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Excellente série (il faut cependant appréciée les ambiances très viriles!)

Les 3 tomes se dévorent d’une traite. M’a donné envie de lire les autres oeuvres de l’auteur.

D’accord avec CCeles sur la postface à mes yeux complètement déplacée d’Ataka : celui qui a rédigé le texte prend visiblement le message du manga au premier degré alors que celui-ci est délibérément outrancier et les évènements qu’il relate d’ordre fantasmatique! (un peu la définition du Gekika)