MORTES SAISONS (Andreas / Philippe Berthet)

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Ça fait un bout de temps que j’attendais de trouver ce tome, et je viens de le dénicher dans un vide-grenier : un peu fatigué, mais encore solide et parfaitement lisible.

L’album contient deux histoires intitulées « Hiver 51 » et « Été 60 », dont les protagonistes principaux sont représentés sur la couverture dans la même image, alors qu’ils ne se croisent pas dans les récits.

La première histoire décrit une « panique » dans la ville, avec des gens qui courent, affolés, la nuit, puis se rassemblent, hagards, le jour, immobiles, sans se nourrir, finissant par mourir de faim et de froid. Quelques survivants commencent à grappiller des indices expliquant le phénomène, dans une ambiance bien parano qui renvoie un peu à L’Invasion des profanateurs de sépulture (version Kaufman).

C’est bien tendu, avec un dessin semi-réaliste pour les personnages et des ambiances bien sombres, des éclairages oppressants. La fin est cruelle, d’autant plus cruelle qu’il ne se passe en fait… rien.

Le second récit voit un petit comptable d’un gros consortium demander un rendez-vous avec le patron. Il avoue avoir manqué à ses devoirs et avoir… tué un homme. Un homme qu’il était persuadé qu’il attirait le malheur. Il y a un côté méta (le porte-poisse en question est un scénariste de télévision), et le scénario joue davantage sur l’architecture et là, on sent vraiment la patte d’Andreas, dans cette intrigue qui lie le destin humain au devenir urbain.

J’espérais trouver l’album pour les scénarios d’Andreas, et je ne suis pas déçu. Il parvient sans aucun mal à retrouver la force d’évocation d’une série comme La Quatrième Dimension, avec de belles montées de suspense et des chutes qui tapent bien, dans deux tonalités différentes.

Jim