NOTTINGHAM t.1 (Vincent Brugeas, Emmanuel Herzet / Benoît Dellac)

C’est loin d’être la première fois que je vois ça : les couvertures de XIII par Vance ou de Thorgal par Rosinski sont des toiles. Mais ouais, ça fait plaisir de voir que le tradi n’a pas dit son dernier mot !
:wink:

Jim

Je parlais surtout de l’aspect tableau, mais je trouve ça fou que les auteurs migrent de plus en plus sur du numérique, ils se coupent quand même de vendre leur planche à un certain prix…

Euh, oui… je ne suis pas sûr de bien comprendre ce que tu veux dire par là…

Là-dessus, je suis bien d’accord : certains d’ailleurs reviennent au tradi, ne serait-ce que pour l’encrage, afin de conserver cette source de revenus.

Jim

Bah… Il a fait un tableau xD
Après pour moi le tradi est de faire un dessin non numérique et ça c’est pas rare quand même… Du moins je parle avec ma vision comics !

Oui c’est pas bête, on m’a fait ça en com récemment, je trouve ça pas bête du tout

Voui voui.
Là, j’ai l’impression, au vu des photos, que c’est sur carton, là où Rosinski travaillait sur toile carrément. Personnellement, ça ne m’étonne guère, j’ai déjà vu ça (chez Lauffray, par exemple), mais c’est toujours chouette à découvrir.

Ah oui oui, encre sur papier, c’est pas rare. Et y a des gars qui maîtrisent suffisamment l’outil pour donner un rendu indiscernable. Un jour, j’ai proposé à Bojan Vukic de lui acheter une planche de Grands Anciens, et il m’a dit que c’était impossible. J’étais étonné : « ah bon ? tu vends pas tes planches ? » Et c’est là qu’il m’a répondu « C’est pas ça, c’est simplement que je bosse sur numérique et que je n’ai pas d’originaux ».

Bajram explique souvent que pour lui, une planche, c’est « le déchet de la BD », une matière première, alors que la BD, c’est le produit fini, l’album. C’est pour ça qu’il est passé au tout numérique, me semble-t-il. Mais Louis, au contraire, passe de l’un à l’autre, notamment sur Tessa. Chez lui, deux arguments : d’une part l’aspect sensuel du travail sur la planche, sur le papier, et d’autre part l’aspect financier que tu évoques.

Jim

Oh purée.
Deux lignes, quatre phrases pour une approche super simple, super fluide, super efficace.
Super concept. Je suis curieux.

Il y a aussi l’efficacité. Pour en avoir discuté avec certains, ils gagnent un temps fou avec la tablette, notamment pour retravailler les planches, les assembler,… (d’après ce qu’ils disent). Le papier et le crayon, c’est pour les dédicaces et les vacances.

C’est plus facile, aussi, de corriger un truc raté… On n’a pas besoin de tout recommencer !

Tori.

Non mais en principe les corrections ils les font en numérique.

Tout dépend à quelle étape tu en es…
Si tu travailles directement en numérique, tu peux corriger immédiatement.

Tu peux aussi facilement essayer plusieurs versions pour voir ce qui fonctionne le mieux.

Tori.

Je te parle de retouche une fois une planche faite. Pour en avoir discuter avec certains (qui font crayonné et encrage), ils font la planche, puis la scan et retouche l’image scanné. Beaucoup plus simple

Oui, je sais que beaucoup utilisent cette méthode hybride.
Mais il y en a aussi qui font du tout numérique.
Travailler avec plusieurs calques, c’est un gros confort (alors que sur une planche, ils n’ont souvent qu’un seul support, rarement plus de trois (crayonné, encrage, couleur)).

Tori.

Ouioui mais ça c’est un autre sujet, je sais très bien pourquoi les artistes passent en numérique, je dis juste que ça les coupe d’une certaine rentrée d’argent, il n’y avait pas un débat de qui est le plus pratique. Sachant qu’il y a une solution pour tout, aujourd’hui.

C’est sûr que c’est un peu plus compliqué de vendre un fichier numérique (et surtout de le vendre comme un exemplaire unique) ! ~___^

Tori.

Oui mais j’ai vu tout de même des artistes faire des tirages à édition limitée qu’ils signent et qu’ils vendent ça à un certain prix, mais ça vaudrait bien plus si c’était fait en tradi

Après, tu peux aussi comprendre que le but de ces personnes est de produire, d’avancer (tout en faisant du bon travail, bien évidemment), et qu’ils ne se considèrent pas comme artistes, mais comme artisans.

Ça arrondit les fins de mois, et c’est plus rapide que d’en dessiner autant… Ce qui leur permet de se consacrer à leurs œuvres. Parce que s’ils passent leur temps à dessiner des trucs pour les vendre, ils n’ont plus le temps de faire de la BD (et, du coup, ce n’est plus le même boulot…).

Tori.

Travis Charest est encore en train de signer son dernier contrat …

ahahahahahahahah