PANOPTICON - Nicolas Bouchard (Mnémos)

SY445

[quote=« Amazon »]Broché: 315 pages
Editeur : Editions Mnémos (18 avril 2013)
Collection : Dédales
Langue : Français
ISBN-10: 2354081545
ISBN-13: 978-2354081546

Empruntant tout autant à la créature de Frankenstein, aux récits des enfants-loups, aux théories utopistes chères aux esprits du siècle de la Révolution industrielle comme aux feuilletons populaires, Nicolas Bouchard tisse avec une grande maîtrise une enquête vertigineuse qui mènera le lecteur loin de ses certitudes, au-delà des frontières de la science et du fantastique.[/quote]

[quote=« Mnemos »]ET SI LE XIXe SIÈCLE AVAIT ENGENDRÉ DES SUPER-HÉROS, QUELS MONSTRES AURAIENT-ILS FAITS ?
Au crépuscule de ma vie, je croyais être en mesure d’expliquer la plupart des comportements humains les plus violents, et d’apporter des éléments de réponse concrets pour les circonscrire.
Comme je me trompais.
Je me rappelle lorsque tout a commencé, en 1820, à Londres, après cet étrange attentat de nature… surnaturelle, pour ne pas dire magique ; comment la Couronne m’a chargé d’enquêter sur cette affaire littéralement extraordinaire.
Depuis, j’ai affronté mille dangers et parcouru les routes d’Europe, et surtout, surtout, j’ai rencontré les êtres les plus fabuleux et les plus tragiques qui soient, bien plus fascinants que tous les individus que j’ai pu croiser au cours de mes nombreuses recherches. Ces jeunes gens tenaient un univers dans le creux de leurs mains.
Il est des zones d’ombre de la conscience humaine dans lesquelles nous risquons tous de nous perdre un jour.
Certains y sont nés.
Extrait de la dernière lettre de Jeremy Bentham, homme de sciences et d’idées, inventeur de la prison idéale, le Panopticon.

Empruntant tout autant à la créature de Frankenstein, aux récits des enfants- loups, aux théories utopistes chères aux esprits du siècle de la Révolution industrielle comme aux feuilletons populaires, Nicolas Bouchard tisse avec une grande maîtrise une enquête vertigineuse qui mènera le lecteur loin de ses certitudes, au-delà des frontières de la science et du fantastique.

Né en 1962, Nicolas Bouchard, avec plus de vingt romans à son actif, est un écrivain reconnu des littératures de l’imaginaire et du genre historique. Il signe avec ce septième roman publié chez Mnémos un texte à la fois ambitieux et magique, point d’orgue de son œuvre.[/quote]

La page chez Mnemos.

J’ai dépassé la moitié de ce roman, et je suis assez emballé.
Je conseille vivement à ceux qui aiment les uchronies, à ceux qui aiment les thrillers, et à ceux qui aiment les super-héros.

Le récit met en scène Jeremy Bentham, philosophe anglais du début du XIXe siècle, qui a réfléchi à plein de choses, à la prison (le concept du Panopticon, qui donne son titre au bouquin) ou à la vie animale (pour résumer, il a défini les prémisses de la pensée anti-spéciste, ceux qui ont suivi les X-Men de Chuck Austen se souviennent des citations et des références du scénariste). Là, dans ce roman, on le suit à la fin de sa vie (soixante-quatorze ans, précise le texte), quittant un peu à reculon sa retraite taciturne de Londres, attiré par un mystère à résoudre. On suit donc le vieillard dans son observation de la condition humaine, basculant entre un désespoir foncier et un optimisme actif (Bentham, tel que mis en scène par Bouchard, semblant prôner une action en amont pour contrecarrer les malheurs de la vie et les mauvais côtés inhérents à la nature humaine).
Le roman, récit d’un voyage, prend des allures de récit initiatique. Mais cette structure est rapidement neutralisé par plein de choses : l’âge du personnage central, bien trop vieux pour être le héros à la Campbell qu’on pourrait imaginer, les rencontres avec d’autres voyageurs mais également des enfants à pouvoirs qui vont constituer l’enjeu du récit, et enfin la transformation du voyage en enquête, puis en course-poursuite (renforçant le côté thriller).
Dans le même temps, ce voyage est l’occasion d’une cartographie de l’Europe, de capitales en universités : Londres, Lemberg, Dresde… Ce faisant, c’est également un état des lieux de l’Europe du XIXe, pétrie d’utopie scientifique, où l’ensemble des citoyens sont, en quelque sorte, les sujets (à tous les sens du terme) et donc les cobayes des têtes couronnées. En filigrane se pose la question de la constitution politique et idéologique de l’Europe, Bouchard laissant entendre, entre les lignes, que la construction européenne, l’idéal européen même, repose sur des choses pas saines. Assez intéressant, d’autant que le romancier n’en fait pas un discours prépondérant de son ouvrage.
Au final, si l’accroche suggère que l’on verra sans doute des super-héros du XIXe siècle, c’est sans doute plus du côté des X-Men qu’il faut chercher l’influence : Bentham y est comparable à un Professeur Xavier qui viendrait recueillir (et recruter) de jeunes surdoués dévoyés, manipulés par des instances mystérieuses qui chercheraient à fabriquer une sorte d’homme nouveau.
Il me reste une centaine de page à lire, mais avec Panopticon, je retrouve ce petit frisson que j’avais ressenti, chez Mnémos il y a des années, en découvrant La Lune seule le sait de Johan Héliot, ou La Ligue des Héros de Xavier Mauméjean. Jusque-là, belle réussite.

Jim

Hum … tu m’intrigues !
Hop, sur ma liste !

pareil

[quote=“soyouz”]Hum … tu m’intrigues !
Hop, sur ma liste ![/quote]

Je pense que tu vas aimer.

Et je n’ai pas parlé du style, très élégant, très agréable. Ni de la construction en chapitres, dont les premiers annoncent un démarrage assez lent, d’autant plus efficace qu’il précède une foule d’événements. Ni de la volonté de raconter le récit de manière linéaire, à l’exception d’interruptions sous forme de flash-back qui viennent éclairer le passé de certains personnages nouveaux.
Quant à la révélation du “méchant” (je n’ai pas fini le bouquin, si ça se trouve, c’est pas lui le boss de fin de niveau), tout en renvoyant à un personnage qui a réellement existé (comme Bentham), elle joue la carte de l’univers partagé à la Wold Newton, de l’intertextualité et, via le roman auquel il est fait référence, des fondations du genre super-héros.
Non, vraiment, c’est pas mal du tout !

Jim

Il ressort chez Helios Noir en juin 2015. C’est une filiale de Mnemos ?

C’est pas le label tripartite fondé en commun par Mnémos, les Moutons électriques et ActuSF ?

Jim

Possible, parce qu’ils sont tous dans le même catalogue !