PAX ROMANA (Jonathan Hickman)

[quote]PAX ROMANA
*Scénario: Hickman Jonathan – Dessin: Hickman Jonathan
Public: Ado-adulte – à partir de 12 ans
Genre: Historique,Science-fiction
Collection: Urban Indies
Date de sortie: 21 février 2014
Pagination: 128 pages
ISBN: 9782365773720
Prix: 14.00 €

  1. Alors que l’Islam est devenu la religion dominante en Europe et que l’Ouest rejette le monothéisme, les laboratoires du CERN découvrent la possibilité du voyage dans le temps. Le Pape ordonne alors la création d’une armée privée qu’il envoie en 312 après J.-C., au temps du règne du premier empereur chrétien, Constantin. Arrivés à destination, les paradoxes temporels, idéologiques et personnels des mercenaires du Vatican entrent alors en collision, menaçant leur mission : changer le passé pour sauver le futur.
    Contenu : Pax Romana #1-4*[/quote]

Liens:
Le site de l’éditeur : www.urban-comics.com
La page facebook de l’éditeur : www.facebook.com/UrbanComics

Ca commence à dater, ça. Ma petite chro de l’époque dispo ici.

Ok, Franck. Je comprends que ça vaut le coup de réserver quelques euros.

D’autres tomes suivront ou est-ce une mini en 4 épisodes?

Non, il n’y a pas de suite. A mon avis, ça aurait pu être beaucoup plus long, mais on dirait qu’Hickman a cherché à abréger la fin. Ca reste une très bonne lecture malgré ça.

Très agréable histoire, bien pensée et bien fichue. Mieux que l’histoire sur les médias que Hickman a fait dans le même style graphique.

Moi ça m’a laissé un goût d’inachevé. Je me doute que raconter mille ans, grosso modo, d’histoire revue et corrigée dans une mini de quatre numéros est un exercice compliqué, mais il y a des moments clés présentés dans la frise en fin d’ouvrage, que j’aurais aimé voir mis en images et en paroles. Le rythme est étrange, en fait. Certaines scènes auraient sans doute pu être écourtées tandis que d’autres sont passées à la trappe sans plus de cérémonie.
Visuellement, c’est plutôt original et accrocheur. Quelques dessins bâclés (sur une case, Chase a une espèce de menton en galoche assez impressionnant, par exemple) et une absence quasi-totale de décors, mais j’ai trouvé ça assez esthétique malgré tout. J’ignorais du reste que Hickman dessinait, tout comme j’avais découvert que Bendis dessinait à la lecture de Torso.

Il a dessiné un épisode chez Marvel (paru aussi chez panini), mais je ne sais plus quoi !

La Momie Vivante, dans La Légion des Monstres.

Oui, voilà. mais tu n’auras pas de point en plus, Doc !

Spéciale et pour tout dire un peu frustrante, comme lecture, mais très intéressante malgré tout. Paradoxale comme du Hickman, en somme. Un auteur intelligent et bourré de bonnes idées mais qui peine à rendre son travail attachant ou excitant (encore que pour mon goût il y parvienne assez bien sur quelques-uns de ses épisodes des “Avengers”).

Sans même prendre en compte les quelques avis élogieux glanés de là de ci, le pitch me bottait beaucoup à la lecture, le côté Maurice G. Dantec (dont je suis fan) m’interpelait. De ce point de vue-là, la note d’intention est tenue.
“Pax Romana” est une BD qui déborde d’érudition et d’intelligence (les dialogues sont formidables, vraiment), qui dévoile une facette politique du travail de Hickman, certes présente en filigrane dans ses travaux mainstream actuels, mais beaucoup plus appuyée ici. Il y a un côté gonflé à lier religion et politique comme le fait ici l’auteur : ça peut paraître très “américain” (et à certains égards ça l’est) comme conception de la politique mais c’est aussi plutôt subversif avec ce traitement.

Je vois tout à fait ce qu’Antekrist veut dire avec cette histoire de rythme bizarroïde : la structure est vraiment étrange. On prend un temps infini pour la mise en place, on passe assez vite sur les principaux rebondissements porteurs du “sens” de l’histoire (si j’ose dire), et on raconte carrément par larges ellipses ce dont nous étions censés être les témoins…
Je dois dire que ce choix assez radical m’a plutôt emballé : c’est original pour le coup, pas forcément “généreux” mais ça a du chien, au moins.

Si Hickman nous régale avec sa prose, les choses se corsent au niveau du dessin. J’ai pas vraiment aimé, pour dire le moins. S’il y a du boulot incontestablement au niveau de la conception des planches comme un tout (c’est assez beau), le trait d’Hickman en lui-même est assez quelconque, malgré quelques poses iconiques (un chouette Constantin en fin de chapitre). Et surtout, avec cette conception ultra-statique du découpage, c’est à peine de la BD. Je dis ça mais je ne déteste pas le résultat, hein, ça peut même rappeler certains Gaiman / McKean de la belle époque. Mais j’ai la bizarre impression que Hickman opte pour cette méthode faute de pouvoir faire mieux en terme de dynamisme. Je ne parle pas des arrière-plans, puisqu’il n’y en a pas.
A l’extrême rigueur, je me demande même si Hickman n’aurait pas carrément mieux fait d’opter pour l’écriture d’un roman. Les larges extraits uniquement composés de prose ne sont pas les moins passionnants, loin de là…

Vraiment une oeuvre singulière, donc : très impressionnante dans la tenue du concept SF uchronique (qu’est-ce que ça balance comme idées à la page…), surprenante dans sa facture, déceptive dans sa narration, statique et froide dans sa mise en images. Hickman est vraiment un auteur bizarre.

Frustrant mais passionnant.

Oui, et j’ai l’impression de pouvoir dire ça de tout ce que j’ai pu lire du bonhomme, à l’exception de quelques trucs que j’ai vraiment détesté (“Secret Warriors”) ou au contraire aimé sans réserves (“Projets Manhattan”, une tuerie). Pour le reste, c’est ce feeling qui domine.

Secret Warriors est, pour moi, un pur travail de commande. Un test de Marvel pour jauger ce scénariste à la réputation flatteuse, mais qui aurait pu ne pas cadrer avec le Marvel Universe, ses codes, ses personnages. Le lancer sur une série finalement très secondaire, remplie de personnages “jettables” (les fameux Secret Warriors) et menés par un personnage qui a, récemment, connu son heure de gloire en étant invisible (Nick Fury n’a jamais été autant charismatique que dans les Captain America de Brubaker, où son ombre rôdait sur tous les personnages sans jamais apparaître), et qui ne tient plus le haut du panier de Marvel (voir son triste destin dans Original Sin).
Marvel a pu voir ici que Hickman savait se plier aux codes locaux, et livrer malgré tout des intrigues-concepts un peu “divergents” du classicisme Marvel. Au fond, Secret Warriors prépare la série SHIELD, avec le grand complot mondial millénaire et les manipulations dans l’ombre ; Secret Warriors est juste moins bien dessiné, moins intelligent, moins intéressant.

Hé bé purée. Vivement que les épisodes de Nick Fury par Steranko paraissent en France

Attention : je parlais de ces dernières années.
Sa meilleure période depuis 15/20 ans était dans ces épisodes où il n’apparaissait que comme une ombre manipulatrice.