POSSESSION TRACER (Kôichirô Yonemura)

Discutez de Possession Tracer

Dans ma bibliothèque, Possession Tracer tient une place à part… Je pense avoir acheté ce tome assez tôt, sans doute en solde, au début des années 2000, en étant persuadé que c’était le début d’une série plus longue, au point de le noter sur ma liste de recherche… Et il m’a fallu du temps avant de comprendre que le récit n’avait qu’un seul tome.

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Le récit nous propose d’explorer les coulisses d’une section à part dans la police, dédiée aux phénomènes paranormaux. On y suit le parcours de Mademoiselle Kuon, une flic aux pouvoirs mentaux : elle fait partie des « Possession Tracer », des gens capables de posséder d’autres personnes et de contrôler leurs gestes. Le premier épisode nous donne à suivre une intervention autour d’une ambassade, ce qui permet de mettre en scène les pouvoirs (avec un jeu visuel assez impressionnant, notamment par l’usage de trames qui proposent des variations de transparence aussi complexes que jolies).

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De caractère colérique, Kuon est considérée comme un cas un peu à part par ses propres collègues, qui se moquent de ses explosions sonores ou de sa tenue sombre qui l’apparente à une gothique ou un vampire (l’un des récits jouera notamment sur la perception que les autres protagonistes ont de l’héroïne).

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Le reste de l’intrigue tourne autour des réductions budgétaires qui empêchent la section de recruter, de l’idée tordue de Kuon d’engager deux femmes (dont une dotée de pouvoir) fichées comme délinquantes (et autour des tracas qui s’ensuivent).

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Le dernier chapitre correspond à ce qu’on appellerait dans le monde des comic books une « origin issue », à savoir une histoire située dans le passé et qui couvre les péripéties ayant mené au recrutement de l’héroïne, mais aussi à son look tout de noir vêtue.

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Sachant que le chapitre précédent racontait l’arrestation d’un tueur en série et les tentatives répétées pour faire témoigner la dernière victime, qui prend Kuon pour une vampire, on voit bien que le sommaire est composé de récits servant à boucler le sommaire. Je ne sais pas si c’est un choix de l’éditeur français, je soupçonne plutôt que la série japonaise s’est vite arrêtée, bouclant les intrigues et la description de l’univers.

Si c’est bien le cas, je trouve ça dommage parce que Yonemura maîtrisait bien son sujet, avec une certaine cohérence dans la manifestation des pouvoirs, une vision terre-à-terre du commissariat et des personnages plutôt attachants. Le mélange d’enquête et de comédie ne fonctionne pas toujours, mais dans l’ensemble, c’est un petit tome sympathique.

Jim

Il n’y a qu’un seul tome en japonais également.
C’est vrai que ça aurait pu donner une série, mais ce tome est vraiment inégal (et pas toujours facile à suivre, dans mon souvenir).

Tori.

Il y a des séquences entre les grands récits consacrées aux rapports entre Kuon et d’autres personnages (sa mère, et donc sa famille, notamment). En filigrane, il y a le thème de la lignée féminine de personnages à pouvoir, un truc dont Yonemura ne fait rien, faute de place, sans doute. Mais ça perturbe le premier contact, peut-être.

Jim