PSYCHOGÉOGRAPHIE ! (Merlin Coverley)

[quote]Psychogéographie ! Poétique de l’exploration urbaine, « la bibliothèque des miroirs », volume 10
*Auteur : Merlin Coverley
ISBN 978-2-36186-060-1 | broché, 17 x 21 cm, 196 pages, paru le 16 juin 2011 | prix 21.30 €

Depuis le flâneur des villes jusqu’à l’explorateur de salon, de la dérive au détournement, la psychogéographie nous procure de nouvelles manières d’appréhender notre environnement, des méthodes pour transformer les rues familières de notre expérience quotidienne en quelque chose de nouveau et d’inattendu. Depuis Guy Debord et les situationnistes jusqu’à Jacques Réda, Iain Sinclair ou Will Self, en passant par Stevenson, Baudelaire, Léon-Paul Fargue ou Jacques Yonnet, nombreux sont les adeptes de la psychogéographie qui ont couché par écrit leurs errances et leurs explorations urbaines. Londres et Paris sont les territoires privilégiés de la psychogéographie, mais celle-ci peut se pratiquer tout aussi bien à New York ou à San Francisco, à Lisbonne ou à Bruxelles.
Cet ouvrage conduit le lecteur à travers l’histoire et les processus de la psychogéographie, en offrant à la fois une explication et une définition des termes concernés, et une analyse des figures et œuvres clefs de ce mouvement.

« Nous allons parler des origines et du soubassement théorique du terme mais, à notre avis, bien plus intéressant qu’un débat trop souvent stérile, nous semble être l’examen de la tradition littéraire que les idées psychogéographiques ont depuis engendrées, et à laquelle elles peuvent clairement être rattachées. Au-delà de tout ceci, nous avons élargi l’horizon de ce volume afin d’inclure quelques autres idées, distinctes mais proches de la psychogéographie. Il sera donc question ici non seulement de la déambulation urbaine, mais aussi des figures du voyageur mental, du flâneur et du vagabond. »
Merlin Coverley est un libraire et écrivain anglais, auteur de plusieurs ouvrages sur les écrits de Londres.
Traduction et adaptation par André-François Ruaud. Avec la collaboration d’Olivier Bailly, Julien Bétan, David Calvo, Raphaël Colson, Guy Darol, Damien Dion, Sara Doke, Patrick Marcel. Et des photos d’Isabelle Ballester, Daylon, Patrick Imbert, Jean Ruaud.*[/quote]

Liens :
Le site de l’éditeur : www.moutons-electriques.fr
Le blog de l’éditeur : blog.moutons-electriques.fr

C’est un sacré pari que de sortir un livre sur la psychogéographie, et un pari réussi. On y parle bien sûr d’Alfred Watkins, ceux qui on aimé From Hell [size=85](probablement le travail de Moore que je préfère)[/size] ne peuvent me semble-t-il que s’intéresser à la psychogéographie. Tout comme ceux qui kiffent Warren Ellis et Jack Hawksmoor.
D’autres comprendrons mieux qui est M. Norton dans le 2ième tome de la **Ligue **(Century - 1969).

Bref un sujet très intéressant et dépaysant.

J’attaque ça ce week-end, par l’odeur du billet d’Artemus alléché…

Je l’ai acheté ce week-end, sur la Lyon Geek Convention.
J’aurais imaginé un bouquin plus épais.
En tout cas, ça m’intéresse : le premier feuilletage est assez grisant.

Jim

C’est assez énorme, je trouve. Et pour moi, un peu intimidant au regard du travail effectué et des références convoquées. Brillant.

Je suis dans le bouquin, là, à hauteur de soixante pages, et je trouve que ça commence à devenir intéressant.
Parce que pour l’instant, c’est beaucoup d’idées balancées à la volée, et souvent répétitives. Notamment, pour ne donner qu’un seul exemple, l’affirmation, balancée comme ça, que la figure de Robinson Crusoë est fondamentale pour la psychogéographie. Fort bien, mais en quoi ? pour quelle raison ? selon quel schéma ? Il faut dépasser la cinquantaine de pages pour qu’on commence à avoir un début d’explication (Robinson = voyageur mental). Il y a, dans le style et la construction du bouquin, une manière d’asséner des vérités à plusieurs reprises sans les étayer qui est assez frustrante. C’est un peu comme si l’auteur, en voulant expliquer ce qu’est une voiture bleue, répète plusieurs fois que c’est une voiture et qu’elle est bleue, sans prendre la précaution de définir ce qu’est une voiture et à quoi correspond la couleur bleue. Heureusement, le fil du bouquin dévoile peu à peu les arguments, mais il faut avancer profondément dans les pages pour y arriver, et ça laisse quand même un sentiment étrange de flou et d’imprécision.
De même, j’attends toujours une mise à plat des situationnistes et de leur pensée : ils sont abondamment cités, mais pour l’instant, à part une mise en contexte de l’époque (notamment avec les lettristes), on n’a pas d’explication claire (qui devrait venir dans la partie parisienne). C’est un exercice difficile que d’expliquer les théories des gens qu’on cite, mais Tristan Lapoussière s’en est bien sorti en expliquant la pensée d’Ayn Rand dans son Steve Ditko. Donc c’est difficile, mais pas impossible. Et là, le livre donne l’impression que ça arrive très tard. On alors que le début, notamment l’introduction, est trop long.
Bref, pour l’heure, je suis très intéressé, mais pas emballé pour autant par la forme.
Je continue ma lecture.

Jim

Tes remarques ne sont pas sans fondements, loin de là, et notamment cet interminable introduction très très (trop ?) dense. Mais le sujet est tellement passionnant qu’à la fin, l’enthousiasme l’a emporté en ce qui me concerne…

Moi, je lis par petits morceaux, parce que beaucoup de boulot en ce moment, et ça accroît encore ce sentiment de répétition.
Ceci dit, je pense que je vais le prendre avec moi dans le train pour Saint-Malo, donc on va voir comment ça s’articule sur la longueur.
Le sujet est bien, les arguments aussi, mais y a des lenteurs et des redites, pour l’instant…

Jim

Ceci dit, il est peut-être possible de voir dans les hésitations et les faux départs du début du bouquin une volonté de perdre le lecteur comme s’il était un flâneur qui passe et repasse sans cesse devant les mêmes décors, les mêmes immeubles, les mêmes lieux, sans réellement les identifier mais en développant une certaine familiarité. Je n’ai pas l’impression que ce soit volontaire, mais on peut peut-être voir, quand même, un écho de la forme au fond.
Auquel cas ce serait très astucieusement joué, parce qu’effectivement, le bouquin donne l’impression qu’on y tourne en rond et qu’on s’y perd, avant de donner des directions plus précises.

Jim

Fini le bouquin.
Je reste mitigé.
De très bons passages, d’excellents concepts, de très efficaces clés de lecture (“robinsonner” en fait partie), mais j’ai quand même eu la sensation que le sujet, parce que foisonnant, était brouillon et disparate, et partait dans tous les sens. J’ai une vague sensation de n’avoir que des pistes, au final, et pas de réelle réponse à la question de savoir ce qu’est la psychogéographie.
C’est définitivement un bouquin qui appelle une nouvelle visite. Sans doute comme une ville pour laquelle un seul passage ne suffit pas…

Jim

Très belle analogie…

Je fais remonter le thread pour y inclure un lien vers un texte que ma pomme a écrit pour le compte de la revue souletine Hau.
J’y dresse une sorte de compte-rendu de lecture qui inclut aussi en creux (modestement) une critique de la structure globale du livre de Coverley, en détricotant l’approche strictement chronologique, qui ne me semble pas si bien adaptée au sujet que ça, et j’insiste sur le rôle des lettristes/situationnistes, à mon avis sous-estimé par le livre.
Le sujet reste passionnant et le livre plus qu’intéressant…

ekladata.com/wdn1Ecjs5ITIFJ2S1uUMKmp2qTI.pdf

tiens c’est marrant, je commence tout juste à lire le bouquin (enfin plutôt il est acheté et déjà feuilleté).
Ayant lu le 3eme tome de Metropolis (et ses concept semble-t-il proche de la psychogéographie), je me suis dirigé vers ce titre, mais je vais peut-être lire ton compte rendu avant de m’y attaquer histoire de me mettre dans le bain.

Merci pour le lien en tout cas !