RED PLANET MARS (Harry Horner)

REALISATEUR

Harry Horner

SCENARISTES

John L. Balderston et Anthony Veiller, d’après la pièce Red Planet de JOhn L. Balderston et John Hoare

DISTRIBUTION

Peter Graves, Andrea King, Herbert Berghof, Marvin Miller…

INFOS

Long métrage américain
Genre : drame/science-fiction
Année de production : 1952

Chris Cronyn, un scientifique, utilise un appareil de communication basé sur les travaux d’un ancien nazi pour envoyer des signaux vers la Planète Mars. Les avancées technologiques qui pourraient en découler intéressent fortement les communistes qui forcent Calder, l’ancien nazi en question, d’espionner Cronyn. Les messages commencent alors à arriver ; Chris Cronyn révèle au monde que cette race extraterrestre serait bien plus avancée que les humains, que l’énergie sur leur planète existerait en abondance et que l’espérance de vie y serait de 300 ans. Pensant que ces découvertes pourraient sonner la fin de leur mode de vie, les terriens paniquent…

À l’origine de Red Planet Mars, on trouve une pièce de théâtre co-écrite par John L. Balderston, scénariste dont on retrouve le nom (à divers postes d’écriture sans qu’il soit systématiquement crédité) au générique de quelques uns des plus grands classiques de l’horreur des années 30 : Dracula, Frankenstein, La Fiancée de Frankenstein, La Momie, Les Mains d’Orlac
Avec à sa tête un Peter Graves (Mission : Impossible) dans l’un des ses premiers rôles, la petite production dirigée par Harry Horner (un réalisateur qui se dinstinguera surtout à la télévision) n’arrive d’ailleurs pas à faire oublier ses origines théâtrales : ici pas de voyage sidéral, on reste désespérement sur le plancher des vaches en faisant des allers et retours entre trois ou quatre décors filmés de manière statique. Seuls une avalanche et un incendie agrémentés de nombreux stock-shots tirés d’images d’actualités seront employés pour aérer le métrage.

Contrairement à d’autres productions de science-fiction de la même période, Red Planet Mars ne cherche pas dans l’espace inter-sidéral une métaphore de la menace rouge. La menace est bien réelle, sur Terre, et est le principal moteur de l’intrigue. En employant les gros sabots, les scénaristes opposent la nature pacifique des messages des martiens (qui feront tout de même chavirer la société terrienne…enfin, l’american way of life et ça, il ne faut surtout pas y toucher) à la virulence de la propagande anti-coco. Mais ce n’est rien comparé au tour absurde que l’histoire prend quand le dernier message envoyé par les martiens apporte une encombrante touche théologique à l’ensemble. En effet, on comprend vite que Mars a été touchée par le grand barbu dans le ciel. Cette révélation provoque un raz-de-marée de foi et la paix dans le monde…et d’une manière extrêmement naïve, la fin du modèle communiste.

Une révélation survenant dans le dernier quart d’heure aurait pu donner une touche cruellement ironique à l’ensemble, mais un ultime rebondissement fiche en l’air ce twist prometteur et finit par plomber définitivement le film avec un sérieux confondant.

Car Red Planet Mars se prend constamment au sérieux, même lorsque les développements de l’histoire deviennent complètement incongrus.
Entre charge anti-communiste primaire et bondieuserie agaçante, le film de Harry Horner (le père du musicien James Horner) tourne rapidement à la leçon moralisatrice soporifique et énervante qui laisse un désagréable arrière-goût…