RED SKIN t.1-2 (Xavier Dorison / Terry Dodson)

[quote]Red Skin t.1 : Welcome to America

64 pages, 14,95 EUR, en librairie seulement

Le plus grand super-héros américain… est une espionne russe. Vera Yelnikov est une bombe atomique ! De ces femmes qui réveilleraient un mort ou auraient rendu lesbienne Margaret Thatcher. Mais si le sexe est son grand plaisir dans la vie, elle doit consacrer la plupart de son temps à son métier : agent d’élite au service de l’URSS. En pleine guerre froide, Vera est envoyée à Los Angeles par les bureaucrates du Kremlin. Sa mission ? Devenir une véritable “super-héroïne américaine” pour être le fer de lance d’une opération de propagande des valeurs communistes au pays de l’Oncle Sam et lutter contre le “Charpentier”, un serial killer fasciste qui s’en prend à tout ce qui ressemble de près ou de loin à un gauchiste. À peine arrivée, et aussi maladroite qu’ignorante des coutumes “l’american way of life”, elle doit trouver une couverture pour son identité secrète… Un job lui paraît alors tout indiqué pour se fondre dans la masse et répondre à ses aspirations profondes : actrice porno ! Xavier Dorison s’associe à Terry Dodson, dessinateur phare de la scène comics connu pour son talent à reproduire les courbes féminines (et qui a contribué à des séries comme – excusez du peu – Spider-Man, Wonder Woman, Avengers, X-Men, Songes…), pour lancer une nouvelle super-héroïne sexy et funky à souhait, sortie tout droit d’un film de Tarantino !

SORTIE LE 24 SEPTEMBRE ![/quote]

Le site de l’éditeur : glenat.com/

Lu et approuvé, c’est frais, drôle et sexy (et très bien écrit)
Vivement la suite.

La critique par Blackiruah est disponible sur le site!

Lire la critique sur Comics Sanctuary

En quoi le format est une énigme ? Pour la pagination ?

Et après, c’est moi l’emmerdeur …

Oué je ne comprends pas pourquoi il ne fait pas 112 pages la fin du premier volume se coupe sans cliff, comme ça qui tombe de nulle part, heureusement que j’avais le second tome…

L’ensemble fait à peine 110 pages, donc un premier de 110.

Pourquoi ? Parceque c’est pourri et que Dorison avait rien à dire ?

Oh et ça devrait être rangé dans du FB, car c’est pas un comics. C’est fait spécialement pour le marché européen ,)

C’est sorti aux Etats-Unis aussi je crois, sous un nom un peu différent.

Oui Red One, mais c’est sorti après l’édition française

La critique par vedge est disponible sur le site!

Lire la critique sur Comics Sanctuary

Je viens de lire les deux premiers tomes. Je pensais que le diptyque était lisible comme ça, mais en fait la dernière case propose un “à suivre” et, effectivement, l’intrigue ne se conclut pas et appelle de nombreuses déclinaisons.

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Sachant que presque deux ans ont séparé le premier du second, je trouve qu’on est en retard, et j’espère que la série aura une suite voire une conclusion, et de préférence avec Dodson au dessin (sinon, on y perdrait beaucoup).

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Bref.
Étonnamment, c’est beaucoup plus riche, beaucoup plus drôle et beaucoup moins concon que ce à quoi je m’attendais. Le régime parodique sous lequel Dorison a décidé de présenter son personnage, qui permet de caricaturer capitalistes et communistes, Américains et Russes, est plutôt bien amené, avec un comique de situation qui renforce le tout.
Ça se marie pas mal avec l’univers du genre super-héros et ses codes bien éprouvés : les rencontres entre Red Skin et le Charpentier synthétisent les poncifs du genre, mais ça marche. On est dans le registre du trait forcé, autant en profiter.

Question dessin, c’est plutôt sympa : les décors ne sont pas trop éclipsés, les personnages sont assez bien traités en général, la narration est fluide. Quant au discours, il est bien entendu sympa, fustigeant les extrémismes et le puritanisme. C’est un brin facile, mais ça fait écho à la caricature générale.

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Après, il reste quelques failles, essentiellement formelles : les bulles sont moches et mal tracées, visiblement à la main ce qui oblige parfois à réduire le texte, donnant l’impression qu’ils murmurent (alors que quelques retouches sur le contenu auraient permis d’éviter l’écueil), à quelques rares occasions elles sont mal placées ce qui induit des erreurs de lecture, je n’apprécie pas non plus l’usage que Dorison fait des interjections, notamment quand les gens parlent en mangeant…

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Au-delà des ces péchés véniels, il y a de très bonnes touches dans les dialogues, renvoyant notamment à l’image de la femme (et pas seulement dans l’industrie du porno, finalement peu présente dans le récit) ou encore du laxisme généralisé de la société de consommation.

Bref, dans l’ensemble, une lecture agréable qui, je l’espère, aura une suite.

Jim

Dans sa dix-septième livraison, la newsletter de Glénat, « spécial confinement », donne la parole à un Américain, le dessinateur Terry Dodson :

- Terry, quelle est votre actualité ?
Matt Fraction travaillait avec moi sur une histoire des X-Men dont l’action se situait à New York, et quand il a vu que j’adorais dessiner cette ville, il m’a tout de suite proposé un nouveau projet : Adventureman.
Pitch : nous sommes en 1941 et les aventures du héros le plus populaire des pulps se terminent sur un cliffhanger alors qu’il allait être exécuté par son plus redoutable ennemi, le Baron Bizarre. Quatre-vingts ans plus tard, Claire, une mère célibataire et Tommy, son fils qui est un grand fan des récits d’aventure, semblent être les deux seules personnes au monde qui se rappellent les palpitantes sagas d’Adventureman. Ces deux personnages vont maintenant vivre une aventure qui commence là où celle d’Adventureman s’est terminée…
Nous collaborons avec Philippe HAURI et Olivier JALABERT pour publier cette histoire sur le marché francophone.

- Comment se passe votre confinement en Oregon (USA) ?
Rachel et moi travaillons tous les deux à la maison et comme nous habitons à la campagne, notre vie n’est pas trop perturbée, surtout qu’avec notre planning surchargé nous ne sortons pas beaucoup de toutes façons, et les activités sont ici aussi très restreintes : plus de cinéma, de cours de sport, de bars ou de restaurants. En revanche, il y a une plage à 5km de chez nous et la côte est accessible au public sur plus de 300 km, et comme nous vivons au bord d’un lac nous pouvons faire du kayak, du paddle et bientôt nager. Nous avons la chance d’avoir un potager dans notre jardin que j’essaie d’entretenir au mieux et aussi des arbres fruitiers.
L’État dans lequel je vis, l’Oregon (la maison de Nike et d’Intel, et où nous fabriquons un Pinot Noir assez décent), a une population d’environ 3,8 millions de personnes dont la majorité vit dans la région métropolitaine de Portland. Cela signifie qu’il y a environ 1 million de personnes réparties dans le reste de l’État, soit à peu près la moitié de la superficie de la France. Il y a donc beaucoup d’espace entre les gens ce qui fait que le risque de contagion est très faible ici. Le gouverneur de l’État de l’Oregon a commencé à promulguer des règles strictes en matière de distanciation sociale il y a déjà plusieurs semaines. Du coup la majorité de la population a vécu dans des conditions de quarantaine relativement sûres à l’échelle de l’État. Mais nous avons aussi besoin du gouvernement fédéral pour obtenir plus de tests, de masques et de respirateurs, ce qu’ils commencent tout juste à faire. À l’heure actuelle, ces choses sont très rares. Et encore une fois, c’est au niveau local et étatique qu’il faut improviser pour compenser cette pénurie. SI l’épidémie frappe durement cette zone, ce sera une mauvaise nouvelle !

- Dans quelles mesures cela vous affecte-t-il ?
Je me demande comment cela affectera ma façon de voyager et de travailler à l’avenir. Pour le moment, le distributeur principal des comics a arrêté tout approvisionnement dans les librairies spécialisées et du coup je ne sais pas quand Adventureman, prévu initialement fin avril, pourra sortir aux États-Unis. La campagne promotionnelle et la tournée de dédicaces ont forcément dû être annulées. À long terme, je me dis que tout va s’arranger et finir par revenir à la normale, et j’espère bien que les lecteurs continueront de s’intéresser au genre d’histoires que nous racontons. Mes projets Marvel et DC vont normalement se poursuivre car ces éditeurs appartiennent à des sociétés géantes (Disney et Comcast NBCUniversal), et devraient être en mesure de résister à ce ralentissement économique même si c’est parti pour durer encore pas mal de temps. Mais, pour le moment, rien n’est certain, je vais donc revenir à ce que je fais le mieux : créer !