RÉÉDITIONS IMAGE : TPBs, Compendium, Deluxe Edition

Lien:
Le site de l’éditeur : www.imagecomics.com

Une bonne histoire dont on a jamais eu la fin. Bien dommage c’était du lourd.

Ah, c"est pour ça que je ne l’ai jamais lue. Même en VO y a pas eu de fin ?

De mémoire, chez Semic, on avait fait la première mini. Avec une fin ouverte.
Et ensuite, il y a eu une série régulière. Mais elle n’a pas duré longtemps. Hélas.
C’était pourtant de premier ordre.

Jim

nop. La première mini à cette fin ouverte ? Je me disais qu’il manquait des épisodes moi :confused:

Vu que les deux éditeurs mainstream y ont déjà eu droit, je me suis dit qu’il était temps de créer ce topic afin d’évoquer les nombreuses séries de cette maison d’édition qui a bien changé depuis ses débuts.

img11.hostingpics.net/pics/744060deadlyclass.jpg

Après la lecture des deux tpb, un premier constat s’impose, je dirais que c’est ce que le scénariste a fait de mieux en indé depuis Fear Agent.
L’intrigue très prometteuse est focalisée sur le portrait de la jeunesse punk des années 80 au beau milieu d’une école d’assassins (plus proche de Battle Royale et de The Doom Generation que de la chronique adolescente à la manière de Breakfast Club).
L’Amérique reaganienne en prend pour son grade, celle qui a mis de côté tous ces marginaux parmi lesquels se trouve Marcus le personnage principal, un orphelin qui va essayer de s’intégrer dans cet établissement dont l’environnement est pour le moins hostile et imprévisible.

img11.hostingpics.net/pics/883537DC91Pnl22.png

Wes Craig confirme l’étendue de son talent, j’étais déjà fan de son style depuis son fill-in sur les Gardiens de la Galaxie de DnA, mais là il se lâche encore plus avec son trait fin et détaillé, qui fait preuve d’une grande fluidité de mouvement, d’un fort dynamisme au niveau du story-telling, et d’un découpage très précis, avec également une capacité à représenter de manière très adéquate la subjectivité du personnage, qui traduit du coup une certaine malléabilité visuelle (le trip d’acide avec ses scène oniriques façon Sienkiewicz) bien mis en valeur qui plus est par la colorisation particulièrement soignée de Lee Loughridge, dont les aplats de couleurs apportent un force visuelle supplémentaire aux différentes atmosphères.

img11.hostingpics.net/pics/264520deadlyclass8grey109199.png

Malgré le côté insouciant de ces adolescents déchaînés et l’aspect épuré (ce qui ne l’empêche pas d’avoir une dimension assez dure et dérangeante dans sa représentation, un peu comme le style de Blevins, qui sous le vernis du côté cartoony a clairement une dimension horrifique qui ressort par moments) la violence n’est pas gratuite et a une importante valeur dramatique, elle marque par sa soudaineté et sa brutalité, son impact étant ainsi décuplé, montrant bien que c’est un loin d’être un acte sans conséquences et facile à commettre, même pour les élèves de cet établissement si spécial.
Remender semble être très inspiré avec cette oeuvre plus personnelle qui lui permet d’évoquer la jeunesse de son époque, et de détourner les passages obligés des teen movies, le « fuck John Hughes » est plus qu’équivoque de cette volonté de représenter une période sans l’idéaliser et de choisir une voie complètement différente, avec cette école qui n’est pas sans rappeler celle du Hellfire club d’Aaron.
La caractérisation est vraiment réussie et les intrigues laissent place à des moments assez inattendus, aucun personnage n’est à l’abri et tout peut arriver.
Enfin bref, vivement la suite.

Les deux topics existent chez Marvel et DC Comics pour discuter principalement des anciennes séries. Je conseille quand même, pour les séries actuelles, d’aller en parler sur les sujets créés à cet effet (Deadly Class, par exemple).

Hé bien profitons-en pour parler de vieilleries, héhé.

Image, c’est une compagnie qui a environ vingt-deux ans, mais qui n’hésite pas à rééditer des choses qui ont précédé l’existence de l’éditeur. Le principe, en général, consiste à proposer aux auteurs qui disposent des droits de vieilles séries, de rééditer leur production sous une forme luxueuse. En tout cas, plus classe que les fascicules de l’époque.

C’est le cas de Coyote, une série créée par Steve Englehart, et qui s’est développée au fil d’un graphic novel et d’une parution régulière dans les années 1980. Image rééditera l’ensemble de la production en cinq volumes, qui valent assez le déplacement.
Coyote, c’est Englehart en roue libre, l’histoire d’un personnage super-héroïque inspiré du « trickster » des Indiens d’Amérique, et qui se construira en tant que héros et en tant qu’homme.
La série parle de magie, de zodiaque (deux des fixettes d’Englehart), de sexe, de contrôle mental… Le roman graphique est dessiné par son complice Marshall Rogers (alors très en forme en termes de narration), et la série régulière proposera des épisodes dessinés par Jackson Guice ou Chas Truog. Donc c’est assez inégal.
La rééditions proposera également de retrouver Scorpio Rose, une autre invention d’Englehart (avec encore Rogers dans les parages), qui ressemble un peu à la Madame Xanadu de DC : Englehart tenait à cette occasion sa magicienne. Notons que dans Scorpio Rose apparaît un personnage de femme verte qui est, clairement, une déclinaison de la Mantis qu’il a inventée dans Avengers.

La réédition passera assez inaperçue, et ne donnera pas d’occasion de suites éventuelles. Comme souvent, hélas, avec l’exploitation du patrimoine. Gageons que ça a fait quelques picaillons pour Englehart, mais ce n’est pas allé plus loin.
Les tomes sont encore trouvables. Voilà une série pleine d’invention, assez audacieuse et « adulte » pour l’époque, qui mériterait plus de visibilité.

Jim

Index :
AMERICAN FLAGG!
BODY BAGS
COYOTE
DEADLY CLASS
GATECRASHER
(THE) GHOST FLEET
SAVAGE DRAGON
SHINKU

Y a eu combien d’épisodes de cette série, si avec 5 volumes, Image n’a pas tout republié ?
Et c’était chez qui à l’origine ?

Si si, à ma connaissance, tout a été republié (quoique, tu me files un doute, là). Mais y a pas eu de suite type « relance », quoi. Alors que chez IDW, les rééditions (incomplètes) de Grimjack ou Maze Agency ont été accompagnées de relances.

De mémoire, je dirais Eclipse au départ. Et Epic à un certain moment (donc Marvel, mais en creator owned).

Jim

Par « relance », tu entends par là une nouvelle mise en avant ?

Une nouvelle série, carrément, de nouvelles histoires.
Remarque, les nouvelles productions sur Grimjack ou Maze Agency (il y a eu d’autres séries concernées, je crois) n’ont pas été pérennes non plus. Relancer une machine, si elle n’est pas soutenue par Marvel ou DC, c’est rude.

Jim

Ah oui, j’en étais loin. Je n’avais pas du tout compris en fait ! :mrgreen:

J’m’avions point exprimé clarement, p’tèt bin.

Jim

http://ts1.mm.bing.net/th?&id=JN.s5BkhuQWBTf2d5dKz3mA4Q&w=300&h=300&c=0&pid=1.9&rs=0&p=0http://ts1.mm.bing.net/th?&id=JN.SOA/z9epg4xGcMeWEc%2BuKA&w=300&h=300&c=0&pid=1.9&rs=0&p=0

Je découvre seulement cette série. Faut dire que je connaissais pas beaucoup erik larsen ( je dois avoir juste son arc sur les sinister six sur amazing ). Quel plaisir de découvrir cet univers fourmillant de personnages haut en couleurs ( même si pour le coup ces volumes sont en noir et blanc ). Ca va à 100 à l’heure, pas de temps morts que de l’action.
Larsen développe très bien son casting que ce soit dragon et ses potes de freak force, les vilains du circle vicious ou les flics collègues de dragon. Ca à un petit goût d’invincible avant l’heure qui est pas désagréable.
C’est marrant de chercher les inspirations de larsen sur ses persos, beaucoup sont des copies remixés de héros/vilains marvéllien ou DCiens. Le tout est fait avec humour; par exemple il y a R.Richard.Richards éditorialiste du chicago voice qui voue une haine contre le dragon et va jusqu’à créer un dragon slayer

[spoiler]Sa version d’octopus
https://scontent-fra3-1.xx.fbcdn.net/hphotos-xat1/v/t1.0-9/11403434_10206859190215427_1069945967562474241_n.jpg?oh=2cc19beb50bb8708d63de32b4c48fa92&oe=5626F0BE

Une scène qui rapppelera des souvenirs aux fans des x-men
https://scontent-fra3-1.xx.fbcdn.net/hphotos-xft1/v/t1.0-9/11427194_10206859190615437_5606981389813825618_n.jpg?oh=b4c6bcdf95dd038a08ae0f877458b297&oe=56350B37[/spoiler]

Larsen niveau dessin livre un taf régulier et plaisant à l’oeil.

A noter que chaque volumes contient 25 épisodes pour 20 dollars et que le volume 4 ( savage dragon 76-100 ) sort le mois prochain. Pour ceux qui hésiteraient à franchir le pas car en vo, le vocabulaire est assez simple, c’est accessible.

Par contre c’est dommage que les tpb couleurs ne débute qu’au n°143.

C’est pas à cause du fait que les planches originales ont brulé dans un entrepôt?

Je suis sûr que Jim avait raconté cette histoire à propos de la numérisation de certains catalogues (et en l’espèce, dans le cas de Savage Dragon, de l’impossibilité de le faire à cause de cet incendie).

Oui, c’est l’histoire que j’avais entendue, je crois à San Diego en 2005. Dans ces eaux-là.
Grosso modo, les films d’impression ont brûlé avec l’entrepôt. La solution qui reste, c’est de retrouver les fichiers informatiques. Sauf qu’à l’époque (on parle du début des années 1990), les pages ont été faites avec d’autres logiciels (ou des logiciels trop anciens) et stockées sur des supports obsolètes (genre, des Syquest). Résultat, il faut retrouver les Syquest, retrouver un ordi qui peut encore les ouvrir, retrouver un logiciel qui peut ouvrir les fichiers, afin de procéder à des enregistrer sous qui permettent de les récupérer avec des logiciels plus récents.
Grosso modo, ça peut prendre des heures pour une seule planche. Si on n’est pas pressé, ça peut se faire, hein. Mais « pas pressé », dans le monde de l’édition, ça n’existe pas.

Jim

Résultat, le mieux, ce serait peut être de re-coloriser les premiers numéros en essayant d’être le plus fidèle possible (ou pas) ?

Sauf que Larsen fait tout et jusqu’à il y a peu il avait des fonctions dans Image non ?

Ouais, ou d’entreprendre une campagne de scann. On obtient des résultats pas mal, désormais, meilleurs qu’il y a dix ans.
Dans un cas comme dans l’autre, c’est du temps et de l’argent. J’imagine qu’il y a des gens qui calculent tout cela.

Ouais, enfin il a cédé son poste à Stephenson en 2008, je crois. Donc depuis, il aurait pu lancer quelque chose. Mais effectivement, il est tout seul.

Jim