RIP t.1-6 (Gaet's / Julien Monier)

3 ans et demi plus tard, j’ai remis le couvert, et j’ai bien fait, parce que je n’avais plus tout en tête. Notamment l’affaire assez glauque, qui est une conséquence de ce qui a lancé l’intrigue. Et visiblement, ça ne m’avait pas marqué, mais là, je pense que je ne vais pas l’oublier. Les auteurs ne font pas semblant quand il s’agit d’aller un peu gratter dans le fait divers et les sales recoins de l’âme humaine.
En tout cas, toujours pas déçu, même en deuxième lecture, et cette fois-ci, je vais enchainer avec la suite.

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Je me demandais comment les auteurs allaient construire leur histoire, et en lisant ce 2ème opus, je ne suis pas déçu des choix. Ici, on nous raconte l’histoire de Maurice, qui va nous amener à la dernière scène… et même un peu après, qui prépare, je suppose, une partie des tomes suivants. mais cet épilogue (ce « un peu après ») fait aussi écho à des réflexions de Maurice au mileu de l’histoire, et je trouve que c’est malin d’amener cela maintenant, ça évite le côté Deus Ex Machina qu’on pourrait ressentir.
J’aime bien également qu’on n’arrive pas vraiment à situer le lieu et la période de cette histoire, ça permet vraiment de s’intéresser au perso, et à se préoccuper plus des évènements, qui s’entremêlent avec une certaine maestria, je trouve (passé, présent, vision de Maurice de certains évènements contés dans le tome précédent).
Difficile d’en dire beaucoup s’en dévoiler l’histoire, mais je trouve que pour le moment, ça tient vraiment ses promesses.

Donc, cette fois-ci, on sort un peu du groupe de « travailleurs », et on suit le perso qui devient malgré lui un protagoniste principal à la fin du 1er album. Et donc là aussi, comme dans le 2ème, on voit ce qui se passe avant, mais d’une autre manière, plus chronologique. On découvre également d’autres perso, et la fin de cet album donne un tour complètement inattendu à la série, qui est beaucoup plus riche que je ne l’aurais espéré. Je comprends l’impression d’addiction que donnaient les fans dans les files d’attente de dédicace.
Et puis le scénar’ est vraiment construit pour qu’on aille faire un tour dans les albums précédents. Je trouve ça assez fort, puisque l’addiction ne concerne pas que le tome suivant, car je pense qu’une relecture de la série donne également autant de plaisir.
Y a plus qu’à espérer ne pas être déçu par les 3 tomes suivants, mais je ne pense pas l’être.

J’ai oublié de préciser qu’on apprend plein de choses sur les mouches dans cet album. Et sur l’ordre établi dans le cadre de la décomposition d’un corps. Très ludique comme BD ! :joy:

C’est confirmé : même quand tu démarres tard un tome de cette série, tu n’a qu’envie de le finir (mais tu me paies le lendemain … plus l’âge pour ces conneries, moi)
Les auteurs apporte une forme de récit avec ce tome dédié à Albert, mais c’était un peu attendu, vu le caractère du perso, et vu comment s’est terminé le tome suivant. D’ailleurs, les tomes sont dorénavant relié les uns autres, puisqu’on termine celui-ci avec Fanette (et on pouvait deviner ce qui pouvait potentiellement lui arriver au fil de l’histoire, de par sa construction narrative … en sachant ce que Fanette pouvait être, elle aussi (que des persos qui jouent un double jeu dans cette série).
Et donc, nous avons un cliffhanger comme on n’en avait pas encore eu dans cette série.

Addictive, y pas à dire.

Autre ambiance, et pas parce que c’est une femme, mais plus pour sa fonction dans la série. Autre aussi qu’Ahmed, notamment par son caractère qui est distinct. Une badass à la Rucka presque, mais une badass qui ne le montre pas. Et on ne peut pas dire que les auteurs ne la traite pas comme les autres persos, tout en l’inscrivant dans toutes les intrigues de la série. L’articulation de tout cela, toutes les scènes, toutes les histoires, tout en ajoutant à chaque fois un pan supplémentaire d’histoire dans cette histoire. Avec une fin assez touchante, à sa manière.

Ah, bravo. Quelle belle fin.
Avec le perso le plus antipathique, notamment pour son racisme primaire et ses attitudes impulsives, violentes et meurtrières, les auteurs arrivent à nous le rendre touchant, avec une fin larmoyante. Epatant. Et puis j’ai oublié de le dire, mais y a un langage, un phrasé, adapté à chaque perso, dans chaque album.
Et toujours en respectant leur crédo de départ sur la construction de l’histoire, du perso dans l’histoire. Et puis même si on sait dorénavant comment ça va finir, ils arrivent à varier et à surprendre. Et même l’épilogue est touchant.
Vraiment, une sacrée série, qui mérite bien toutes ses files d’attente en dédicace.
Epatant !

(et je me demande si le dessin n’est pas encore meilleur dans cet ultime album)

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