SHERLOCK HOLMES SOCIETY t.1-6 (Cordurié / collectif)

1800
(とり) #32

Moi, le problème c’est que je suis curieux de nature, et que j’aime les mangas, les comics, la franco-belge et autres… La BD dans son ensemble, quoi. Et dans un peu tous les genres : aventure, policier, fantastique, romance, horreur, humour, mythologique, etc. (et on peut mélanger les catégories).
Du coup, il y a trop de trucs qui m’intéressent, et j’ai trop peu de temps (et pas le budget non plus) pour tout ça.

Tori.

(Jean-Marc Lainé) #33

Je suis un peu comme toi, mais je finis aussi par regarder ma bibliothèque et par me dire qu’il y a des trucs que je ne relirai jamais. Ça me fait ça un peu sur tous les rayons, mais en particulier sur la BD. Du coup, je fais de temps en temps des cadeaux, ça allège les rayons, et ça libère de la place pour des trucs que je vais sans doute garder et apprécier davantage. Quand j’étais lycéen (puis chômeur, d’ailleurs), j’ai beaucoup fréquenté les bibliothèques (et durant les périodes de chômage, je ne pouvais même pas payer l’abonnement, alors je l’installais deux ou trois heures de temps en temps (les jours où je faisais le tour des bureaux où je devais remplir de la paperasse) et je lisais un max de trucs. C’est durant une de ces périodes, dans la deuxième moitié des années 1990, que j’ai découvert Lanfeust ou Vortex, et pas mal d’autres trucs. Et ça m’a permis de repérer les machins que je ne relirai jamais, et que je n’aurai pas à acheter. C’est pratique pour ça, les bibliothèques, on peut lire plein de choses et faire un tri.

Jim

(とり) #34

Tout dépend des bibliothécaires, aussi… Et il faut que la bibliothèque soit suffisamment fournie.
Mais c’est vrai que la bibliothèque, c’est un outil formidable, que beaucoup de parents oublient de présenter à leurs enfants.
Quand j’étais en primaire (ça date un peu), l’école municipale (d’un petit village) avait inscrit tous ses élèves à la bibliothèque municipale, et l’on pouvait y emprunter un roman et deux BD par semaine (et les instituteurs y amenaient leurs élèves une fois par semaine)… La bibliothèque était, du coup, très bien fournie en BD jeunesse (principalement les classiques de Dupuis)… J’y ai découvert énormément de séries. C’était vraiment une bonne initiative pour donner le goût de la lecture aux élèves (Quand j’y repense, le directeur de l’école devait être fan de BD : à la fin de l’année, chaque élève avait eu une BD (sauf ceux de CM2, qui avaient un Dictionnaire ou un atlas)).

Tori.

(FC powaaaa) #35

Mais c’est aussi dangereux, les biblio, pour les mecs comme nous. J’ai découvert Bone dans une bibliothèque, en 2001 … et il arriva ce qui arriva.

(sylvain cordurié) #36

Bon, ben, je ne sais pas quoi dire. :slight_smile:
À part que l’influence des comics sur mon travail devrait effectivement crever les yeux pour les amateurs éclairés que vous êtes.
Ajoutez à ça une grosse pincée de littérature de genre, et un goût plus que prononcé pour le cinoche et les séries télé ambitieuses.
Bref, rien de surprenant. :slight_smile:

(Jean-Marc Lainé) #37

Y a d’ailleurs une montée en puissance de cette influence. Quand Sherlock Holmes et les Vampires de Londres est sorti, on était dans la logique “wold newtonienne” de la collection, donc paf, un détective bien connu et des vampires, ok, on voit le topo. Après, avec Sherlock Holmes et le Necronomicon, on savourait aussi le fait de retrouver l’équipe du Céleste Noir, et de les voir explorer un domaine qu’ils n’avaient pas eu le temps de faire chez Delcourt. Je crois que le tournant comics se fait avec La Mandragore et le troisième volet des aventures de Sherlock. Ou disons que ce sont les récits qui confirment les soupçons, et qu’à partir de maintenant, il n’y a plus de doute. Et tout le cycle Society est carrément une envolée dans ce genre. Même graphiquement : tes illustrateurs se jettent dans le défi à fond.

Jim

(FC powaaaa) #38

Bon, va falloir sérieusement que je m’attèle à ces lectures !
(c’est quoi l’équipe du Céleste Noir ?)

(Jean-Marc Lainé) #39

Plutôt : c’est qui ?

Jim

(FC powaaaa) #40

Merci.

(sylvain cordurié) #41

Oui, c’est un gros regret de n’avoir pas pu continuer le Céleste Noir.

Ce n’était pas ma volonté, mais celle de Fred Blanchard.
Cela dit, je ne lui jette pas la pierre. C’était une décision tout à fait légitime. Quand un éditeur a signé un tome qui n’avance pas, ou si peu, et qu’il constate que le scénariste et le dessinateur travaillent ailleurs sur autre chose, il est normal qu’il marque sa différence. À sa place, j’aurais eu la même réaction.
En fait, pour des raisons que je n’exposerai pas ici, Laci voulait passer à autre chose. Parce que j’insistais, il a malgré tout fourni des pages du Céleste Noir, mais à un rythme très lent. Il préférait se consacrer à Sherlock Holmes.
Le paradoxe de cette histoire, c’est que l’on a dû passer pour des mercenaires prêts à se vendre au plus offrant, alors que l’explication est à des années-lumière de ça.

Aujourd’hui, le Céleste Noir est bien loin…
Le tome 2 est écrit depuis plus de dix ans, mais Laci et moi avons d’autres priorités.
Un jour peut-être…

LE CÉLESTE NOIR (Cordurié / Laci)
(Jean-Marc Lainé) #42

Oh oui, fais-moi rêver !
:wink:

Jim

(sylvain cordurié) #43

Vas-y, rêve.
Mais pas trop. :slight_smile:

LE CÉLESTE NOIR (Cordurié / Laci)
(sylvain cordurié) #44

Elle a 11 ans, cette planche.
Sigh…

(Jean-Marc Lainé) #45

Petite note rapide sur le dernier en date de Sherlock Holmes Society.

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Il s’agit là de la conclusion du diptyque temporel, dont on a souligné les paradoxes précédemment. Ici, Holmes noue des alliances afin de vaincre son ennemi (qui n’est peut-être pas celui qu’on croit), et tente de tout planifier. Mais il est devancé par quelqu’un d’autre, et comprend qu’à planificateur, planificateur et demi.
On notera également la présence d’un personnage qui, sans être nommé, est bel et bien identifié, et qui fera plaisir aux amateurs du genre, même s’il apparaît ici sous une forme un peu diminuée. En tout cas, sa présence nourrit encore le côté “vaste cross-over” du “Sherlockverse”.

La narration du récit, ayant posé les enjeux dans le tome précédent, autorise les auteurs à dégager de l’espace pour de grandes scènes spectaculaires, ce qui vaut au lecteur une belle double page particulièrement impressionnante et une pleine page qui ne l’est pas moins. Les personnages sont très vivants, servis par le trait d’Andrea Fattori, que je ne connais pas et qui, comme Nespolino, semble aussi apprécier le travail d’un Eduardo Barreto. Décidément, cette série est globalement très réjouissante d’un point de vue visuel.

Belle conclusion pour ce diptyque, ce sixième tome nourrit à son tour un paradoxe, présent en filigrane : l’Angleterre de 1935, même si on croise son architecte, Sherlock semble avoir une part de responsabilité dans son existence. Or, à la fin de ce tome, on le quitte plus déterminé que jamais à construire un monde différent. Ce qui laisse songeur sur les déclinaisons à venir.

(FC powaaaa) #46

Sylvain … la série va durer ad vitam ?
(c’est juste pour prévoir la place)

(sylvain cordurié) #47

Ad vitam eternam, non. En tout cas, pas avec moi au scénario.

Depuis le début, je vois ce sherlockverse comme un univers à la sauce comics. Dans l’hypothèse où mon éditeur voudrait poursuivre l’aventure, ça ne me dérangerait pas qu’un autre auteur prenne les rênes de la série.*

Dans l’absolu, j’ai juste un dernier diptyque en tête. Ce serait la conclusion idéale à mon joli voyage au sein de la collection 1800.

Mais pour l’heure, je suis sur d’autres titres qui me plaisent et m’occupent à temps complet. Donner une suite à SHS n’est absolument pas à l’ordre du jour.

  • Depuis des années, je bosse sur des projets de commande et sur des univers partagés dont je suis parfois le co-créateur (comme ce sherlockverse), parfois juste un contributeur. Et pour moi qui suis venu à la BD par les comics, je me sens très à l’aise dans cet exercice. Donc, que d’autres auteurs prennent la suite de notre Sherlock Holmes, ça peut paraître étrange dans le contexte du franco-belge. Mais pour ma part, je l’envisage assez naturellement.
(FC powaaaa) #48

Merci pour ta réponse.

(nikohell) #49

Bon faut que je retrouve mes tomes dans mes cartons, parce que j’ai un peu de retard et certains tomes n’étaient plus disponibles chez mon libraire …

(FC powaaaa) #50

Arf, j’ai beaucoup aimé le dessin, moi, par contre !

Je continue donc mon cycle Sherlock par Cordurié avec la suite de la trilogie précédente. Sherlock est retourné à Baker Street avec Watson et son frangin vient le happer pour une excursion secrète en Irlande du Nord. Alors, même si l’album est plus gras que d’habitude (plus de 50 pages), l’auteur ne perd pas de temps pour rentrer dans le vif du sujet, donc je ne vais pas dévoiler grand chose si je parle d’un Sherlock Dead … C’est plutôt bien fichu, y a un côté Sherlock originel + Sherlock de la série télé, très intrigant de bout en bout, et dans un rythme assez différent de ce que j’ai pu lire jusqu’à présent depuis 15 jours. La narration est très linéaire, et vu le scénario, ça paraissait difficile de faire autrement. Passé la moitié du truc, je n’ai pas réussi à lâcher le bouquin (alors que la tondeuse n’attendait que moi), il y a une petite tension qui ressort du truc. Les personnages sont très bien caractérisés, même ceux qu’on connait bien, parce que l’auteur appuie bien sur ce qu’ils ont récemment vécu.
Bref, je vais enchaîné avec la suite.

(ah, et le dessinateur, Stéphane Bervas, que je ne connaissais pas, est très bon. Là aussi, c’est bourrés de détails, avec un splash page magnifique ! Le trait me parait plus nerveux que ses prédécesseurs, mais c’est très bon aussi.)

(FC powaaaa) #51

Malgré l’avertissement de son frangin, Sherlock continue d’enquêter sur les évènements qui se sont passés dans le 1er tome en Irlande du Nord. Et donc, le deuxième opus permet de faire la rencontre avec une autre étrange figure londonienne bien connue (et vachement bien travaillé, plus ambigu, pas manichéen). Et cela amène une autre dynamique au récit, et s’inscrit dans la même logique sherlockienne que celle de la fin du 2ème tome des Vampires de Londres. En tout cas, ça apporte une certaine forme d’humour qui n’était pas forcément la marque de fabrique jusqu’ici de la collection (pour tout un tas de raisons légitimes : les enquêtes, les évènements tragiques, Sherlock lui-même, …). Même Sherlock s’y met avec un savoureux “moi, personnellement, je”.
Le récit alterne bien les moments calmes (ou d’enquête dirons-nous) et les scènes d’action. Ce qui est rigolo, c’est que rien n’est laissé au hasard, même la scène d’introduction du premier tome.
Le principe de cette série étant que chaque tome est réalisé par un dessinateur différent (mais visuellement, on n’en souffre pas, ce n’est pas du tout dérangeant, il n’y a pas de sentiment de manque d’uniformité), cette fois-ci, c’est Eduard Torrents, et c’est plutôt pas mal également. Très dynamique.