SHIBUMI (Trevanian alias Rodney William Whitaker)

D’abord traduit & publié en 1981 chez Robert Laffont, Shibumi traîne la réputation d’un roman censuré.
Il l’est en effet mais pas comme on le croit et pas par qui on pourrait le penser.

La « censure » est le fait de l’auteur en ce sens qu’il s’est abstint de décrire des techniques de combat et des pratiques sexuelles :

Dés lors on comprend qu’il n’existe pas de roman Shibumi « non-censuré », ce que d’aucuns cherchent pourtant avec ténacité.

Don Winslow a écrit une « préssuite » (ou antépisode) au roman de Trevanian intitulée Satory (disponible en poche).

Je veux bien le croire, mais le film est l’antithèse du roman si je puis dire.
Là où **Trevanian ** s’attarde sur la psychologie, met en place des protagonistes ayant une personnalité, s’attache à décrire les mœurs des uns et des autres, utilise la métaphore du jeu de Go, etc. En le lisant j’ai d’ailleurs pensé à toi, si tu connais le roman tu sais pourquoi :wink:

Ah tiens !? Et qu’en dit-on ?

Et toi qu’en dis-tu ?

j’ai quelques Trevanian dans ma PAL en plus de Shibumi (L’expert et La Sanction notamment)

“La Sanction” qui fut d’ailleurs adapté au cinéma par Clint Eastwood…

J’aurais dû le préciser : moi je ne l’ai pas lu, mais je le connais pour en avoir parlé avec des lecteurs bien rencardés. :wink:
Une lacune qu’il me faudra bien combler un de ces quatre…

Alors la raison pour laquelle on en parle chez moi (dans la province de Soule, au Pays Basque), c’est qu’une partie de l’intrigue, vers la fin du livre je crois, se déroule en Soule, dans le petit village (le plus petit de Soule) d’Etchebar, où le perso principal s’installe.
J’ai parlé du livre avec un mec qui connaissait le roman avant de s’installer dans ce même village. C’est lui qui m’en a parlé…

Deux anecdotes à ce sujet :

  • il est déjà arrivé que des fans du livre (venant parfois de très loin, j’ai le souvenir d’australiens qui ont fait le voyage par exemple) viennent, par amour du livre, visiter le village, dont les 65 habitants se demandent toujours ce qui peut bien les attirer là…! Ceci dit, la plupart d’entre eux connaissent maintenant l’existence du livre.
  • il y a un malentendu fréquent qui frappe ceux qui font le voyage ; ils viennent voir le château du village, mentionné dans le livre. Hors il n’y a pas de château ou de forteresse à Etchebar.
    La confusion est née d’une erreur de traduction : en Soule, on appelle certains sites proto-historiques des « gaztelu » (sortes d’abris naturels à peine travaillés utilisés il y a des milliers d’années). Il y en a un magnifique à Etchebar. Or, il s’avère que « gaztelu » peut également se traduire par « château ». D’où la confusion…

J’ignore si Trevanian avait mis les pieds à Etchebar ou même en Soule avant d’écrire le livre, mais il s’y est en tout cas installé vers la fin de sa vie, plus précisément au village de Garindein (il y avait une résidence secondaire jusqu’à son décès en 2006), tout près de Mauléon, la « capitale ».
La confusion « gaztelu / château » était peut-être volontaire, je ne saurais dire…

En fait dès le début (ou presque) le nom d’Etchebar est mentionné, et l’on a droit à un portrait de plusieurs Basques, en outre l’auteur s’attarde sur la langue basque (le personnage l’apprend dans des circonstances « rocambolesques ») et différentes choses liées à la culture basque.

C’est amusant parce que le personnage principal parle justement des Australiens, ceci dit je suis un peu ce genre de personne ; me déplacer pour voir un endroit lié à un roman que j’ai aimé. :wink:

Intéressant, parce que les chapitre du roman en V.O sont intitulés « Château d’Etchebar ». Et c’est le mot « château » qui est utilisé dans le roman (V.O).
Encore plus amusant puisqu’on trouve au moins une photo légendée « vue du château de Nicolai Hel (le héros) ». On y précise même vue Sud-Est. :smiley:

Je ne sais pas non plus, mais peut-être que l’on aura un jour de fin mot de l’histoire.

que mystérieusement et étonnamment je n’ai jamais vu

Moi non plus, mais vu ce qu’en dit **Trevanian ** je ne vais pas y couper longtemps. :slight_smile:

Et je lirai son roman. :wink:

Dès le début, d’accord. Il faut vraiment que je lise le roman pour voir de quelles figures locales il parle…
Le détail sur l’apprentissage du basque est amusant, car la langue basque est précisément réputée très dure à apprendre ; une légende locale veut que le Diable ait mis sept ans pour apprendre à dire “bai” (oui) et “ez” (non)… :wink:

Des australiens dans le roman ? Ah, j’espère que je ne confonds pas avec un élément de l’intrigue dont on m’aurait parlé. Ce qui est sûr, c’est que les visiteurs en question (il y en a eu plusieurs, sans que ce ne soit une vague non plus, hein) venaient de très loin, Australie ou Etats-Unis.

C’est bien ça !! C’est le site du gaztelu en question. Marrant, j’ai un copain qui habite dans la version actuelle de la maison qu’on voit en bas à gauche…
Le site du gaztelu est magnifique ; il présente un point de vue à 360 degrés sur une bonne partie de la vallée alentour. Un point stratégique, on l’imagine, du point de vue militaire.
Aujourd’hui, ce site est utilisé à des fins nettement plus pacifiques ; j’ai participé en 2007 à une manifestation faisant du village le temps d’un week-end le lieu de différents spectacles : théâtre, musique, pyrotechnie, installations, etc… on a bien sûr utilisé ce site si particulier.
Un lien :
hebentik.blogspot.fr/p/blog-page_3.html

C’est à peu près la vue que l’on a du gaztelu à partir du village lui-même, à quelques centaines de mètres. La forteresse du héros est donc censée se situer au coeur du village ; il n’y a pas de telles constructions, de nos jours, et je crois qu’il n’y en a jamais eu…

Alors il semblerait, renseignements pris, que Trevanian avait bel et bien visité la Soule AVANT d’écrire « Shibumi » (dixit le médecin qu’il consultait par chez nous, qui est aussi un grand amateur de ses romans ; ça c’est de l’enquête !!! :wink: ).
Le choix de transformer le « gaztelu » en véritable château / forteresse est donc sûrement une sorte de licence poétique, pourrait-on dire. Pas incohérente d’un point de vue linguistique, qui plus est…

Je crois que « Shibumi » va vite fait progresser dans ma propre pile de lectures à venir, puisque je le possède mais ne l’ai pas lu, encore.
J’en dirai alors un mot plus complet, si je peux éclairer quelques références « locales » présentant de l’intérêt.

J’ai hâte de t’entendre en parler dans ton émission par exemple avec des intervenants du coin ou des témoignages.
Voire avec un peu de basque à la clés. (irribarre) :wink:

Ah ça c’est une idée : c’est clair que “Shibumi”, tant par son contenu (les genres abordés, “l’excentricité” manifeste de l’oeuvre, le côté foisonnant, etc…) que par l’angle “ancrage local”, aurait toute sa place dans Tumatxa!.
Allez, vendu : je le mets au programme de cette saison naissante.

En tout cas merci beaucoup, je suis assez friand de ces petits détails, le *background * en quelque sorte des romans que je lis.

Bingo ! :wink:

si c’est du fromage et du gâteau j’en suis :wink:

Ha ha !!
Surtout le fromage : le gâteau basque est un peu surestimé à mon goût, ça reste très “simple” (quoiqu’on en trouve du très bon à l’occasion; si ça se trouve, c’est à cause de ça que Trevanian s’est installé ici. :wink: ).

Irribarre, sinon, c’est un sourire entendu, comestible aussi à sa façon. :wink: