SHOP TALK (Will Eisner)

Parce que ce n’est pas moi qui l’ai traduite. Sans doute Alain Delaplace.

Moi, j’aime bien « bédéaste » parce que je le calque sur « cinéaste ».

Jim

Diable. J’ai découvert le pot-aux-roses.
Quand je vais dire ça à ma femme …

Et tu suis l’exemple de « vidéaste », également.

Tori.

Hop, bien entamé. J’ai lu la partie de Neal Adams et c’est dingue comment il était sûr de lui. A la limite de la prétention mais comme il a été réellement bon très, très jeune, c’est difficile de lui en vouloir (mais bon, quand même. … face à Eisner … bref). En tout cas, je ne sais pas si ces comic books produits par sa maison d’edition ont fonctionné, et s’il avait des idées à la Millar sur la rentabilité de son travail (même plus grandiose que Millar), force est de constater que ça n’a pas marché (sauf erreur de ma part). Lire ca avec le recul est hyper intéressant. Il y a des choses qu’on peut juger (ce que je viens d’évoquer) et surtout des choses qui n’ont pas changé, mais des vhoses qui sont arrivées. C’est très marrant à lire de ce côté là. Ce qui m’épate c’est la non connaissance d’Eisner sur ce qui s’est produit en comic book.

J’aime bien les encarts et l’icono. C’est très sympa.

Allez, je continue.

J’ai oublié de préciser qu’Adams n’a pas dû partir en vacances avec certains de ses congénères après cette interview.

Bon, sinon, je suis content de lire des mots de C.C. Beck, n’ayant évidemment pas lu grand chose à son propos. Très humble et il est intéressant de voir comment il travaillait à l’époque de la grande gloire de Captain Marvel (avant qu’il ne soit nommé Shazam). Interview très intéressante entre deux personnes de la même génération.

Le gros passage avec Milton Caniff est très technique. Et encore une fois, j’apprends plein de trucs sur l’organisation de la réalisation des planches. C’est différent de celle de Beck, c’est assez épatant.
Et puis il y a une grande partie de l’interview qui est oriente sur les comic strips, et ça aussi, c’est bigrement intéressant. Rien à voir avec le comic book.

Je suis fan du travail de Jack Davis.
Je suis d’autant plus content de lire cet échange. Il estvd’une grande humilité et l’échange à 3 avec Kurtzman qui intervenait de temps en temps apportait du cachet. On sent le gars bosseur qui la ramène pas.
Ce sont des mecs qui int connu une drôle de vie quand même.

Lou Fine. Entretien différent puisqu’il est mort dans les années 70. C’est donc avec Gill Fox, un ami très proche de Fine, que s’entretient Eisner.
Et l’ambiance est particulière, on est pas loin de l’hommage avec une rétrospective de sa carrière. Visiblement, je le connais mal puisqu’il semble très bon et son style très jolî. Encore un spécialiste des strips.

Gil Kane. C’est le 1er entretien, on sent que ça tatonne et qu’Einser n’a pas autant d’affinités qu’avec les entretenus précédents. Et qu’Eisner connait peu les comic books.
Ca reste toujours aussi technique. Et Kane me semble avoir été un « laborieux » par rapport aux autres.

Fine est rapidement parti vers l’illustration et la publicité, donc on connaît mal ses travaux d’autant qu’ils n’ont pas souvent été réédités. Il doit exister un recueil ou deux chez Pure Imagination.

Chaykin, qui était un grand ami de Kane, en veut un peu à Eisner parce qu’il a fait parler le dessinateur comme si c’était un idiot : Chaykin estime que Kane avait des tas de choses à dire, et qu’il s’exprimait de manière très construite, et trouve que l’entretien ne lui rend pas justice.

Jim

Ah ?! Ca ne me semblaitvpas si rapide dans l’entretien. Peut être parce qu’il a fait beaucoup de choses en peu de temps.

Possible. Mais je pense que Eisner n’était pas à l’aise. Et Kane n’étant pas Adams, il n’a pas dû savoir bien alimenter correctement l’échange.

Oui, après quelques années, mais c’est court, d’autant qu’il n’a pas vécu vieux. S’il avait vécu plus longtemps, soit il serait resté dans les milieux de l’illustration et la bande dessinée serait devenue une parenthèse oubliée de sa carrière, soit il aurait fait comme John Buscema et serait revenu plus tard. Enfin, c’est ainsi que je le vois.

Jim

Tu penses qu’il aurait eu le temps de revenir aux comic books ?

Jack Kirby, j’ai lu, comme beaucoup, pas mal de choses sur lui.
Mais je ne crois pas avoir eu l’occasion d’avoir une itw où il semblait si souriant. C’est très agréable à lire et sur le contenu, toujours intéressant. Il y a des éléments qui concordent avec sa dernière itw qu’il a dû donner presque 10 ans plus tard. Ca donne du crédit sur sa manière de voir sa relation avec Stan Lee, même si je continue de rester circonspect sur l’apport de Lee.
Mais êtout cas, ça parle essentiellement de ses débuts chez Iger & Eisner et sa collaboration avec Simon. La partie Marvel ne prenant quasiment qu’assez peu de place. DC n’est même pas évoqué.

Il est né en 1914, ce qui fait certes de lui l’aîné d’un John Buscema ou d’un Al Williamson. Voire d’un Jack Kirby. Mais quand bien même. Il avait entre 45 et 50 ans au moment du renouveau de Marvel. Je n’y vois rien d’impossible. Sauf que visiblement, ça ne l’a pas intéressé, puisqu’il a quitté les comic books à l’immédiat après-guerre, pour aller vers les comic strips plus lucratifs et vers la publicité.
Si tu regardes sa carrière, tu vois qu’il a fait des comic books de 1938 à 1944, et qu’il a bossé ailleurs de 1944 à 1971, année de son décès, à 56 ans ce qui reste prématuré. Donc ouais, je trouve qu’il a abandonné les comic books assez tôt et assez vite dans sa carrière, et le fait qu’il n’y soit pas revenu (contrairement à Buscema qui certes était plus jeune mais visiblement semblait s’enquiquiner dans la pub) semble indiquer qu’il y trouvait son compte.
Donc pour résumer, je dirais qu’il aurait pu revenir (Stan Lee lui aurait ouvert les portes, c’est clair), mais qu’il n’en a pas eu le besoin ni l’envie. Regarde Williamson : il est allé bosser chez Stan Lee à la fin des années 1950, après la chute des EC Comics, mais quand il a commencé à percer dans les strips, il a laissé de côté les comic books (pour n’y revenir qu’à la fin de sa carrière, en tant qu’encreur). Je pense que Fine aurait suivi un parcours comparable s’il avait vécu.

Jim

Ah je comprends mieux ce que tu voulais dire.
Alors oui en effet. Mais d’après ce qu’ils disent, il ne semblait effectivement pas en avoir envie.

L’échange avec Joe Kubert est excellent. Vraiment.
C’est de haute volée, entre profs. Moult sujets, notamment sur le travail à la page. On sent bien que les deux se connaissent, s’apprécient et parlent le même langage.

Encore du haut niveau avec Harvey Kurtzman. Rien que la description de la gestion de la couleur vaut son pesant de cacahuète. Et l’echange concernant les differences entre la BD française et l’américaine est très intéressant.

Phil Seuling … je ne le connaissais pas et ce qu’il avait à dire était très intéressant. Les thématiques sont différentes des autres échanges, ça porte évidemment plus sur la distribution et les conventions. Et c’était très fluide.

C’est le chapitre qui donne envie de lire d’autres trucs du genre, et c’est bien dommage qu’Eisner n’ait pas continué l’exercice en rencontrant des gens faisant d’autres métiers.

Jim