SILENT NIGHT (John Woo)

Un père est en mission pour venger son plus jeune fils, tragiquement abattu lors d’une guerre de gangs la veille de Noël…

Action/thriller
Long métrage américain
Réalisé par John Woo
Scénarisé par Robert Lynn
Avec Joel Kinnaman, Catalina Sandino Morino, Harold Torres…
Sortie prévue en 2023

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Croire à quoi ?

Au retour en forme de John Woo pour son premier film américain depuis presque 20 ans…
Au fait qu’il s’agisse d’un film d’action sans dialogues…

Au fait qu’il sorte en salle ?

On peut croire en plein de choses…

Pas de sortie ciné en France pour Silent Night. Le film sera dispo directement sur Amazon Prime le 29 décembre.

Je viens de voir la bande annonce, la subtilité s’est fait sérieusement emmanchée …

Je ne sais pas quoi en penser à chaud. Il y a une proposition assez ambitieuse de la part de John Woo. Du coup, je pense faire preuve de tolérance parce qu’il y a des intentions tout à fait louables. Comme toujours chez John Woo, il y a un côté décomplexé, avec une absence de cynisme, mais les moyens, et le casting étaient-ils à la hauteur de l’ambition ? Il faudrait que je revois Death Sentence, mais dans le genre, le James Wan m’avait fait une plus forte impression.

J’ai trouvé ça lénifiant, longuet et passablement ennuyeux, en plus d’être ringardisé dans son parti-pris par ce qu’a fait Rolf de Heer sur son dernier film The survival of kindness.

Vu. Le côté silencieux est du coup un exercice de style.
Sinon, c’est juste particulièrement chiant.
La montée de l’escalier à la fin retient l’attention.
Mais sinon, complètement anecdotique.

J’irais même un peu plus loin en affirmant que ce « Silent Night » est tout simplement indigne du talent, immense, de John Woo. Il est même un peu triste de le voir braconner sur les terres des instigateurs de films comme « The Raid » (voire la série des « John Wick », dans une certaine mesure), quand ceux-là (Gareth Evans en a même fait plusieurs fois l’aveu explicite) doivent tout à des films d’action révolutionnaires comme « A toute épreuve »/« Hard Boiled » du même Woo, première période hong-kongaise.

Alors certes, le film tient plutôt bien le pari du presque « 100 % muet », mais il faut tout de suite relativiser cette performance. Déjà, il faut dire que le récit et ses articulations sont d’une simplicité biblique, pour ne pas dire platement bourrins (en gros, c’est le Punisher en plus silencieux encore) : pas le plus difficile des défis à relever du coup (surtout en s’appuyant sur de gros clichetons un peu tout du long). D’autre part, le parti-pris occasionne beaucoup de simagrées et autres grimaces de la part d’un casting fort peu inspiré (Joel Kinnaman est très mauvais ; quant au flic qui vient lui prêter main-forte, il est manifeste qu’il joue avec le côté muet du film en tête… le rendu est catastrophique).

Par ailleurs, le film est durant sa première heure (à l’exclusion d’un intro explosive qui surprend pour du Woo, notamment par sa brutalité sans grâce mais plutôt percutante) chiant comme un jour de pluie. Certes, une petite bagarre pas piquée des hannetons vient nous rappeler que Woo découpe et shoote ses séquences comme personne, mais c’est bien peu à se mettre sous la dent avant le climax.
Un double climax pour le coup, d’abord motorisé, puis pédestre, avec une montée étage par étage vers le bad guy (plus caricatural que lui d’ailleurs, tu meurs), qui fait furieusement penser aux développements similaires du diptyque « The Raid » (encore). Mais perso j’ai plutôt kiffé ce petit exercice assez virtuose dans son genre, quand bien même il est méchamment plombé par son côté ultra-violent outrancier et ses enjeux d’une platitude effarante.

Passé ce petit plaisir coupable, il faut quand même se fader un épilogue incroyablement con (et cul-cul, mais dans le genre déplacé) et de manière générale un ton et un sous-texte qui tire vers le fantasme humide et enfiévré d’un chroniqueur de C-News en manque d’émeutes urbaines ; ça fait quand même mal au cul de voir un réal’ de la trempe de Woo rétrogradé au rang d’un David Ayer : j’ai en effet beaucoup pensé à l’un des derniers films en date d’Ayer en regardant ce « Silent Night », j’ai nommé l’inénarrable « The Tax Collector », navet intersidérak pour lequel je conserve une certaine affection (car je me suis marré comme un goret durant tout le film, tout simplement).
Woo est évidemment 1000 fois plus inspiré qu’Ayer sur le plan de la mise en scène, mais on a quand même hâte de le voir revenir vers des projets un peu plus consistants sur le plan thématique.

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J’ai été vérifié, John Woo a 77 ans.

Je suis d’accord avec ce qui a été évoqué, et je me demande si ce n’est pas le John Woo des 90’s dans l’état d’esprit. Parce qu’à part Volte-Face, depuis cette époque, le réalisateur ne m’a jamais convaincu. Pourquoi du coup ce dernier film aurait un aspect fin années 80/90? Le ton est très premier degré, et le cinéma asiatique dans son ensemble, repose pas mal sur l’excès, sur une approche outrancière, qui peut paraître naïve pour nous, mais qui fonctionne souvent parce que le casting est souvent extraordinaire quand il s’agit d’allier émotion et outrance.
Ici, c’est très limité.
Kinnaman avait un aspect prolo, mais au jeu tout de même limité. Le flic est pire, et on nage en pleine caricature. Mais, le tinny est dur, violent, et j’ai été surpris par cet aspect. J’ai moins apprécié la séquence de l’escalier, parce que les coupes sont très visibles, et ça fait scènes pour cascadeurs à la Tyler Rake.
Mais tout y est au 1er degré, et j’aurais aimé moins de retenue. Et ce manque d’outrance, qui passe par le jeu inadapté parfois des acteurs, ça montre aussi ses limites musicalement. Beltrami avait presque 2h pour s’éclater, et ça ne fonctionne pas beaucoup.

Je suis dans un état d’esprit à voir de bons nanars qui sentent la poudre (j’ai pris un pied monstrueux devant le Œil pour Œil avec Chuck Norris !), du coup, si John Woo est un fantome ici, il y a quelques moments qui interpellent: certaines scènes (automobiles, qui m’ a rappelé qu’il avait realisé une chouette pub pour BMW à une époque).

Maintenant, détestant copieusement David Ayer, je suis très très curieux de voir thé Tax Collector!!

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Vu aussi, c’est assez hallucinant que John Woo puisse être responsable d’une merde pareille. C’est mou, chiant, premier degré et chorégraphié avec le cul …
Edit: Et ça se confirme de plus en plus Kinnaman a le charisme d’une endive …