SILVER SURFER : L'INTÉGRALE 1966-1988

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*couverture à venir

SILVER SURFER, L’INTEGRALE 1966-1968
Auteurs : Lee, Kirby, Buscema
Marvel Classic, 320 pages, 35,00 €
Le Silver Surfer vole désormais dans sa propre intégrale ! Retrouvez la première apparition du héraut de Galactus dans les pages de Fantastic Four puis ses aventures en solo. Le Silver Surfer est l’un des personnages fétiches de Stan Lee. Après sa première apparition, réputée comme l’un des arcs fondateurs des comics modernes et signé par Jack Kirby, il vole en solo dans des épisodes illustrés par John Buscema.
(Contient les épisodes US Fantastic Four (1961) 48-50 et Annual 5 et Silver Surfer (1968) 1-6, publiés précédemment dans les albums MARVEL OMNIBUS : SILVER SURFER et MARVEL CLASSIC : LES QUATRES FANTASTIQUES L’INTEGRALE 1966)
SORTIE LE 28 NOVEMBRE

Ah, une intégrale que je n’attends pas forcément … j’ai toujours eu du mal à lire les histoires du Surfer de cet époque !

En raison de la caractérisation du chauve ?

Ouais, l’impression qu’il chouinait tout le temps … et puis j’avais du mal avec les histoires (bon, j’étais pas vieux non plus)

Ah c’est sûr que ça change de l’alien plus colérique de Kirby (loué soit le regretté Gotlib, pour son talent pour le pastiche et la parodie, entre autres).

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Eh eh eh …

Une solution moins coûteuse que le Cérébro : un pliage de carte routière suffit pour savoir si l’on est un mutant… :laughing:

Ah, je savais que c’était un pouvoir que je n’avais pas !

Je plussoie, c’est un personnage qui ne m’a jamais trop fasciné mais alors, du peu que j’ai lu des titres de cet époque, il y est carrément insupportable.

perso j’adore la dimension épique et surtout tragique du personnage. et c’est le Hérault de Galactus.
(l’un de mes perso favori). bon après tout je comprend que vous le considériez comme complice de [génocide] et que ses lamentations soient pesantes. J 'ai l’omnibus je passe donc cette intégrale. vivement la suite de Steve Englehart.

Ouais, je comprends aussi que la “pleureuse cosmique” puisse en ennuyer plus d’un…et Stan Lee n’y allait souvent pas de main morte sur cet aspect…:wink:
Mais bon, j’aime bien la série (que j’ai d’ailleurs en double, en V.O. en Essential et en V.F. dans l’Intégrale publiée il y a quelques années par Soleil), notamment pour les dessins de Big John Buscema (le #4, qui se déroule en Asgard, est un de mes préférés)…

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Ah, ça : j’ai particulièrement souvenir d’un numéro qui était ressorti dans la revue Marvel Classic il y a quelques temps, et qui montrait la première apparition de Mephisto. Autant le scénario de Lee n’était pas terrible terrible, avec un Surfeur complètement cyclothimique — il vient en aide à une inconnue, elle est effrayé par son aspect, du coup trente secondes plus tard il décide d’anéantir toute l’espèce humaine… —, autant à partir du moment où Mephisto entrait en scène, du point de vue graphique c’était le délire complet avec un Buscema en plein trip de démesure baroque.

Oui, les premiers numéros encrés par Sinnott ou Sal Buscema c’est un festin visuel (Thor, Méphisto, l’Étranger, etc…), après ça baisse très nettement.

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Superbe planche du surfer d’argent (page 21 issue 7) par john Buscema, encrée par le frangin Sal. franchement belle époque.

On a dit ça ?

Les planches de Buscema sont vraiment la vraie raison à mes yeux de cet achat éventuel !

c’était de l’humour.

Pareil que le Doc, j’adore : visuellement, ça tabasse à un point incroyable. Buscema enchaîne les tours de force, l’épisode avec Thor est magistral, proprement. J’aime beaucoup celui avec Mephisto, et celui avec le Stranger et Al Harper.
Alors ouais, c’est grandiloquent, ouais, c’est pétri de bons sentiments, mais déjà, c’est en accord avec le personnage (noble, chevaleresque et naïf) et ensuite, cela fait écho avec la note d’intention de la série, consistant à aborder des sujets différents, à évoquer une sorte de dimension philosophique du genre super-héros, en se penchant sur la condition humaine vu par un extraterrestre issu d’une société utopique (à ce sujet, il convient de rappeler que Mar-Vell tient des propos comparables dans le fond au sein de sa série, dont les premiers épisodes sont chapeautés par Lee, mais très différents dans la forme, l’une des raisons en étant qu’il est issu d’une société martiale assez opposée à celle des Zenn-laviens). Donc ouais, l’enjeu, ici, c’est de pousser le bouchon plus loin, mais en restant dans la lignée des “grands opprimés” ou “grands incompris” que sont Peter Parker ou Ben Grimm, qui servent de révélateurs aux travers de la société. Cela ne va pas sans maladresse : quand Lee parle du fait que les humains font la guerre au nom de leur drapeau, il ne montre pas Washington ou le Pentagone, il montre (de mémoire) la Chine communiste. Mais l’idée, c’est ça, c’est “pourquoi nous battons-nous, mes frères ?” Moi qui suis en train de (re-)lire des séries franco-belges des années 1970, ça ne me semble pas plus con que L’Indien français, par exemple (ou d’autres trucs).
Remettons aussi cela dans le contexte : nous sommes en 1968 (je crois), les comics n’ont pas encore assimilé les évolutions de la société (on a quelques manifs dans Amazing Spider-Man mais pas encore dans Iron-Man, je dirais). En revanche, le lectorat a un brin vieilli, Lee s’est rendu compte que les étudiants s’intéressent à ses personnages, et le héros argenté répond aussi aux préoccupations de la jeunesse, puisqu’il s’interroge sur le bien-fondé de la société et de ses choix : il y a une fibre un brin hippy, mais aussi écolo et pacifiste, qui fait écho aux inquiétudes (et propositions) de l’époque. D’une certaine manière, l’enquiquineur d’argent qui vient faire la morale en pleurnichant, se montre plus subversif que les autres héros, qui, de leur côté, demeurent des garants de l’ordre établi, même s’ils ruent parfois dans les brancards. Même Hulk, qui est le “ultimate hobo” de l’époque, n’occupe pas la même fonction de révélateur des choses qui clochent. En cela, le Surfer version Lee et Buscema occupe une place à part, qui me semble à la fois novatrice et visionnaire. Le style ampoulé fait que ça peut avoir mal vieilli (personnellement, j’y suis toujours autant sensible : j’aime ce côté théâtral), mais ma foi, quelques quatre cinq ans plus tard, quand O’Neil et Adams viendront parler de sujets tels que la drogue, le racisme, l’expropriation ou le féminisme, ils ne feront pas preuve d’une subtilité plus grande, et quand ils commettront des maladresses, ça sera encore plus frappant que chez Lee. Les deux prestations ont vieilli, c’est certain, mais il faut faire l’effort de les regarder avec leur contexte : tant sur la forme que sur le fond, ce sont deux percées vers un mode d’expression sinon plus adulte, du moins plus ambitieux que ce à quoi le genre habituait ses lecteurs à l’époque. Ce ne sont pas les seuls, loin de là, mais ce sont deux rendez-vous incontournables dans l’histoire.

Jim

La couverture :

Comment c’est classe.

Jim

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Ouaip. Je suis même pas fan du perso et “classe” est le premier adjectif qui m’est venu en tête aussi. Ils ne se sont pas loupés sur celle-là !