SINGERIES (Denis Petit / Humphrey Vidal)

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Un savant érudit, las de la vie, décide d’en finir en ingurgitant lecture sur lecture. Mais cette boulimie ne parvient pas à son but, et l’intellectuel est transformé en singe parlant, unique représentant d’une nouvelle espèce, bonobo raffiné qui attire l’attention de la sphère scientifique, mais aussi, bien entendu, des instances religieuses.

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Sur ce postulat farfelu, les deux auteurs construisent un thriller bien mené, parfois amusant parfois inquiétant, qui a le mérite de poser des questions intéressantes tournant toutes autour du rapport à soi et à son image.

On reprochera peut-être une certaine caricature dans la peinture des méchants. Non que le lieu établi par les auteurs entre les fondamentalistes, le “dessein intelligent” et les fascistes soit faux, mais il manque peut-être le portrait de groupes positifs, de forces de progrès, afin de varier le son de cloche. Face à ses poursuivants, le héros simiesque ne trouve de l’aide qu’auprès de sympathiques “frères”, souvent de couleurs, qui s’entourent de singes dans des bars marginaux. C’est bien mignon, mais ça dresse la carte d’un monde dominé par l’argent et le fanatisme, et on sait bien que ce n’est pas aussi simple, et il manque sans doute au récit une certaine subtilité dans la peinture des forces en présence.

Restent quelques blagues bien senties (je conseille de guetter des acronymes au détour d’une page), une ambiance un peu métaphysique pleine de références littéraires, et une vraie interrogation sur la nature humaine, hélas un peu superficielle.

Jim