SNOWPIERCER - LE TRANSPERCENEIGE (Bong Joon-ho)

L’adaptation de Transperceneige, la bande-dessinée de Jacques Lob, Jean-Marc Rochette et Benjamin Legrand.

[quote]DATE DE SORTIE FRANCAISE

30 octobre 2013

REALISATEUR

Bong Joon-ho (The Host)

SCENARISTES

Bong Joon-ho et Kelly Masterson, d’après la bande-dessinée Transperceneige

DISTRIBUTION

Chris Evans, Jamie Bell, John Hurt, Alison Pill, Tilda Swinton, Ed Harris, Octavia Spencer, Ewen Bremner, Song Kang-ho…

INFOS

Long métrage américain/coréen/français
Titre original : Snowpiercer
Genre : Thriller/Science-Fiction
Année de production : 2012

SYNOPSIS

  1. Une nouvelle ère glaciaire. Les derniers survivants ont pris place à bord du Snowpiercer, un train gigantesque condamné à tourner autour de la Terre sans jamais s’arrêter. Dans ce microcosme futuriste de métal fendant la glace, s’est recréée une hiérarchie des classes contre laquelle une poignée d’hommes entraînés par l’un d’eux tente de lutter. Car l’être humain ne changera jamais…[/quote]

L’affiche-teaser et deux concept-arts :

Hummmmmm…
Ca j’ai hâte de voir.
Bong Joon-Ho est un putain de metteur en scène : au moins deux bombes à son actif (“The Host” et surtout “Memories of Murder”), voire deux et demi (“Mother” est un chouïa moins fort, mais quelle réalisation…).
Je ne connais pas l’oeuvre d’origine, mais le pitch est alléchant (le coup de l’immeuble “dystopique” hiérarchisé représentant les diverses classes sociales, mais ici c’est à l’horizontale en somme) et le casting assez énorme, quand même.
Allez, mec, une autre bombe, s’te-plaît !

Quatre concept-arts :

La BD de Lob et Rochette était un grand classique de la SF du début des années 80. Fut un temps où toutes les bibliothèques de France et de Navarre disposaient d’un exemplaire.

[quote=“Photonik”]Hummmmmm…
Ca j’ai hâte de voir.
Bong Joon-Ho est un putain de metteur en scène : au moins deux bombes à son actif (“The Host” et surtout “Memories of Murder”), voire deux et demi (“Mother” est un chouïa moins fort, mais quelle réalisation…).[/quote]

Tout pareil, j’ai adoré Memories of Murder, beaucoup aimé The Host, et appécié Mother (mais effectivement malgré sa très bonne qualité, il ne marque pas autant que les deux précédents).
Rien que pour Bong Joon-Ho, je vais surveiller ça de près ([size=85]et je ne connais pas non plus la BD d’origine[/size]) !

J’espère aussi qu’il ne va pas trop se perdre dans cette production américano-franco-coréenne et qu’il retournera par la suite à faire des films en Corée du Sud et pas au USA ([size=85]au risque de se faire broyer par la machine hollywoodienne[/size]).

La première image officielle :

http://i1242.photobucket.com/albums/gg523/chti1/album%202/snow_piercer-620x412.jpg

Passeports, SVP !

Hâte de retrouver Song Kang-ho sur un écran de cinéma ! Et en plus dans une réalisation de Bong Joon-ho. Hâte !

La première bande-annonce:

Le court-métrage d’animation qui sert d’introduction au film :

http://img809.imageshack.us/img809/7320/l18v.jpg

Je signale la ressortie d’une intégrale, chez Casterman. Intégrale dont je me suis emparé lors de mon dernier passage chez mon libraire.

Bon, moi, mes souvenirs du Transperceneige sont super flous et très lointains. Et pour dire, je ne me souvenais plus qu’il y avait trois histoires. Je n’ai dû en lire qu’une seule. Et pour l’heure, ma relecture / redécouverte du truc n’est pas emballée. Je crois que mes souvenirs sont plus grands que ce que c’est en réalité. Et, petit détail qu’il faudra que je vérifie un jour, j’ai l’impression qu’ils ont refait le lettrage. Et si c’est bien le cas, l’entreprise est assez calamiteuse.

Jim

[size=200]INTERVIEW DE JEAN-MARC ROCHETTE ET BENJAMIN LEGRAND[/size]

ca fait envie, c’est vrai. SUrtout que chris evans depuis sunshine je suis fan

Je l’ai vu cet après-midi. Je n’ai pas lu la BD, donc je ne vais pas juger le côté adaptation, mais quand même j’ai trouvé ce film bizarre.

Au départ ça fait film de SF assez classique, dépeignant une micro-société dictatoriale assez typique du genre, une révolte qui éclate vite, dont on se doute qu’elle terminera pas bien, et puis les révoltés se font les wagons un par un. Là on passe plusieurs fois du coq à l’âne, c’est pas mal fait et en fait à mon sens c’est le principal intérêt du film.
Parce que je trouve quand même que c’est assez prévisible et truffés d’invraisemblances .

Je me suis demandé pendant la séance à quoi ça rimait, finalement à pas grand chose, juste une micro-société qui s’autodétruit, pourtant ce n’est pas ennuyeux et les acteurs sont quand même plutôt bons.
Mais me concernant je ressors du cinoche pas enthousiaste, ni satisfait, en me disant que ce film sera très vite oublié…

Alors, je me suis éclaté.

C’est un film de cinglé. On navigue constamment entre l’ultra violence et le burlesque. Il y a des scènes fantastiques (le nouvel an et la salle de classe, en tête), des acteurs bien cool et une ambiance sacrément tendue.

Le film est en effet bourré d’incohérences, mais le traitement global est assez incohérent donc ça ne m’a pas choqué plus que ça. (si on accepte le postulat de base, qui présente un train lancé à toute vitesse et sans fin sur un rail parcourant la terre entière, sans dérailler malgré des bloques de glace géants, les avalanches et tout ce qui peut foutre un train en l’air, on peut accepter le reste)
Les scènes d’action sont fabuleuses, et plus généralement le réal s’est fait plaisir sur les effets de mise en scène. Bref! Je me suis vraiment régalé.

Mon ressenti est beaucoup plus mitigé, quelque part entre celui de Sandoval et celui de Raël. Par contre j’y étais pas tout seul, et tous les autres ont unanimement détesté, à ma grande surprise.

Au rayon des boulets du film :

  • il y a un paquet d’incohérences, c’est vrai. Le postulat de base lui-même ne tient pas la route (si j’ose dire…) deux secondes. C’est quand même un gros problème. Je veux bien suspendre mon incrédulité devant l’invraisemblable, pas devant l’incohérent.
    Et cette explication finale entre Harris et Evans

me semble copieusement pompé sur l’échange entre l’Architecte et Neo dans “Matrix Reloaded” où les révoltes sont fomentées par le pouvoir pour purger le système.

  • certains acteurs (au premier rang desquels Tilda Swinton, nullissime, mais aussi un Ed Harris bien décevant, même s’il n’est pas aidé par le script) plombent littéralement le film. La barrière de la langue ? Peut-être (Song Kang-Ho est aussi impérial qu’à l’accoutumée, cf. le long plan magnifique où il réfléchit à la proposition de Curtis en tirant sur sa clope, l’avant-dernière de l’Humanité), peut-être pas (j’ai beaucoup aimé Chris Evans, que de chemin parcouru depuis ses débuts).
  • le principal reproche que je ferais au film, c’est pourtant ce que Bong Joon-Ho réussit précisément le mieux d’habitude, à savoir le mélange des genres et les ruptures de ton, qui atteignaient des sommets sur “Memories of Murder” (un mélange improbable et pourtant abouti entre comédie bouffonne et thriller glaçant), mais aussi sur “The Host” (à la fois drôle, tendu et hyper-émouvant). Ici c’est simple, c’est complètement foiré. Je vois que c’est à ça notamment qu’est censé servir le personnage de Swinton, ça ne marche pas, c’est tout. Et c’est une grosse déception de ce point de vue.

Au rayon des réussites :

  • la métaphore générale du film (les classes sociales représentées par les populations des différents wagons) est très belle, vraiment : c’est le côté “Metropolis” mais à l’horizontale, ce qui mine de rien affine considérablement la métaphore, car si le côté “lutte des classes” n’est pas nié, la disposition horizontale tend à montrer que malgré les différences, les gens sont égaux par nature. Mais ce bon point est à relativiser car il vient direct du matériau d’origine.
  • il y a une façon dans ce film de tirer les péripéties vers une espèce d’abstraction qui me plaît beaucoup : par exemple, on ne dit pas “un ballon” mais “LE ballon” (car il n’y en a qu’un à disposition), on ne fume pas sa dernière clope mais la dernière clope de l’humanité… Cette option me plaît beaucoup, une façon de ramener les objets à leur essence et de sensibiliser le spectateur à la raréfaction des biens.
  • il y a de chouettes idées, en effet, dans les différents secteurs visités, du wagon école, à celui qui fait office de serre, etc… Très réussi, ça.
  • last but not least, la mise en scène, proprement ahurrissante. Bong Joon-Ho a un projet et s’y tient avec une rigueur qui force le respect : les persos se déplacent de gauche à droite, et pis voilà. Une force, une volonté qui se heurte à des écueils mais continue d’avancer, reproduisant d’une certaine manière le mouvement général du train. Des tas et des tas et des tas et des tas (un paquet, donc) de petites ou de grandes idées dans tous les coins, c’est un festival (avec le côté “virtuosité gratuite de certains plans de Mother” en moins).

Une semi-réussite ou un semi-échec (qui bascule malheureusement un peu du côté de la deuxième option à l’occasion de la séquence finale

et son ours polaire numérique qui fait vraiment pub pour Pepsi au rabais…), donc.
Tout ça m’inquiète un peu quand même car je me rends compte que depuis “Memories of Murder” chaque film de Bong Joon-Ho me plaît moins que le précédent (mais étant donné le niveau stratosphérique de ce film, il y a de la marge avant que ce réal devienne nul…).

C’est dingue parce que le grotesque du perso de Swinton et la rupture de ton ont vraiment bien marché sur nous (on était un groupe de 4 et les réactions globales autour de nous était positive). Par contre, c’est clair et net que le film est assez particulier et je comprend que ça ne plaise pas.