Je comprends bien ton approche maintenant ^^ Pour l’érotisme doux, Kare first love ou Peach girl pourquoi pas, mais j’insiste, pour moi Elle et lui n’a rien à faire là (je sais, je suis chieuse
). Ca ne correspond ni à ta définition
ni à celle d’un dictionnaire
La vraie sexualité n’est jamais abordée dans Elle et lui (ni même montrée), seuls les sentiments amoureux le sont. Pour être sûre, j’ai re-feuilleté les tomes. Ils ne font l’amour que deux fois (tomes 6 et 15) : la première symbolisée par un champ de fleur, la deuxième par un champ de ronces (on voit aussi des visages tout rouges, mais c’est tout), représentation des tourments d’Arima ou du simple bonheur. Tout est tellement dans le symbole, que c’en est presque de l’anti-érotisme.
Après c’est sûr, il y a toujours moyen de raccorder la série avec ton article (même si on ne le voit pas, ils ont des relations sexuelles), mais à ce rythme là énormément de shojos pourraient entrer dans cette catégorie et à trop parler de choses différentes, ton article perdrait peut-être en intérêt. Ton idée est très bonne, mais je pense que si tu veux parler de vrai érotisme, tu ne devrais peut-être pas évoquer Elle et lui.
Mais bon, ce n’est que mon avis
et tu as sûrement prévu un développement intéressant autour de la série, mais je te conseille tout de même de revoir les tomes en question si tu ne l’as pas fait, pour être sûre de ton choix 
Bon, j’en ai fini avec ce blabla d’enquiquineuse
je vais maintenant te répondre sur le sujet.
Comme mon ressenti vis à vis de ce marché est un peu compliqué, je préfère d’abord faire un long speech avant de répondre aux questions. En espérant ne pas être trop barbante 
Dans l’absolu, l’érotisme ne me gène pas, même pas du tout. Tant que c’est bien amené dans l’histoire, je ne vois pas le problème. Le sexe un peu gratuit, ça me gonfle, mais si c’est bien fait, ça ne me gênera pas plus que ça. Et puis ça peut apporter plein d’avantages à l’histoire, de la profondeur aux personnages et à leur relation amoureuse, de la chaleur, de la sensualité… un plus qui peut rendre l’amour plus vrai et plus palpable (pas de jeux de mots svp).
Mais ça, c’est dans l’absolu, dans mes rêves, et dans le monde des bisounours
dans la réalité, j’éprouve surtout pour le marché français des machins dits « shôjos matures », un profond mépris. Je m’explique quand même 
Franchement, qu’a apporté pour le marché manga la collection « Lolita » d’Asuka ? Toutes les bouses d’Akiko (L’amour à tout prix en tête) ? A part une vision de la femme complètement soumise, des relations presque, voire carrément, forcées, des phrases débilissimement cultes « ta tête dit non mais ton corps dit oui »… De ce que j’ai pu voir en tout cas, la majorité des trucs estampillés « matures », « érotiques », pour les « ados/adultes », étaient avilissants et dégradants, et je n’y voyais aucun intérêt.
Tous ne sont pas comme ça je pense, mais j’en ai tellement eu ma dose que je les évite un peu, je préfère aller vers ce que tu appelles l’érotisme doux (moins malsain, et souvent plus naturel) ou les joseis qui montrent plus souvent des femmes assumées dans leur sexualité, sans pour autant être des carpettes. Ou alors ce sont des carpettes, mais il y a une remise en question derrière, et une volonté de dénoncer cet état de carpette (excusez l’expression carpette
)
D’ailleurs, petite parenthèse sur le terme « mature » des shôjos matures : je le trouve vraiment mal choisi. On peut dire mature juste parce qu’il y a du sexe ? Même si tous les persos ont une psychologie d’huitre et un charisme de poulpe ? Et même si le scénario tient sur un post-it ? Parce qu’un ou une ado qui gagne en maturité, c’est aussi qu’il gagne en sagesse/intelligence, et pas seulement en sexualité (heureusement). Le qualificatif « shôjo érotique » aurait été plus assumé et moins trompeur. Mais je suis tatillonne 
Bref, de mon point de vue, je ne comprends vraiment pas le succès de ce genre de shôjos, dans notre culture occidentale, qui reste bien différente de la culture japonaise, au moins sur le plan de la sexualité. Ca m’inquiète de me dire que de jeunes ados lisent, et apprécient ces trucs, qui sont presque une apologie de la sexualité à sens unique, des femmes objets à l’écoute des désirs des hommes… Je ne comprends pas du tout du tout !
A ce stade là, je me dis que je dois passer pour la grosse féministe intégriste de service
je vous arrête tout de suite, ce n’est pas du tout mon cas (enfin…), mais les femmes soumises, la sexualité malsaine, je ne pardonne pas. Le sexe à plaisir partagé c’est quand même bien mieux 
Mais bon, tout ce que je dis plus haut est valable surtout pour ce que tu appelles l’érotisme cru, les oeuvres à but clairement érotique. L’érotisme doux n’est pas malsain du tout, puisque souvent le sexe sert à l’histoire (et non l’inverse), et tant que l’héroïne n’est pas cruche, c’est tout bon. Quant à l’érotisme violent de Life ou Vitamine, bah le but est d’être violent pour mieux choquer, donc rien à redire.
Dernier dernier truc, je viens de penser à Yuki Yoshihara (Ai suru hito, Darling la recette de l’amour…), qui traite souvent très bien l’érotisme dans ses oeuvres : décomplexé, partagé, presque mignon (et drôle bien sûr, mais c’est pas le sujet
)
Les questions maintenant, même s’il y aura beaucoup de redites :
- Trouvez-vous normal de trouver des scènes érotiques dans un shojo?
Quand l’histoire parle d’amour, et que les héros n’ont pas 12 ans, oui c’est normal (érotique peut-être pas, mais au moins en parler est normal). Après est-il nécessaire de faire des scènes qui durent des chapitres dans lesquels on les voit prendre leur pied, je dirais… ça dépend
ça dépend du talent de l’auteur, et de sa capacité à rendre une scène sensuelle ou pas. Mais en règle générale, l’érotisme gratuit m’ennuie très vite.
- Cela vous dérange t-il?
Comme dit plus haut, ça dépend. Si c’est gratuit et mal fait, ça me dérange. Si c’est malsain et dégradant, ça me dérange encore plus. Si c’est bien fait, bien dessiné, crédible, alors pourquoi pas.
Je tiens aussi à préciser, que ça ne me dérange pas le moins du monde quand il n’y en a pas. Je préfère qu’on mette en avant la psychologie que l’érotisme par exemple (dans le cadre d’une histoire d’amour).
- la présence de scènes érotiques est-il un moteur important dans votre choix de titre?
Clairement : pas du tout, ce n’est pas un de mes critères (ni en bien, ni en mal d’ailleurs).
- Qu’attendez-vous de ces shojo?
Des shôjos érotiques ? Tout sauf être érotique. Je veux une histoire, des personnages, de la profondeur, de la légèreté, de l’humour, une belle narration, un beau graphisme (mais peut-être pas tout ça à la fois). En fait, je crois que je ne m’intéresserais jamais à un titre dont le but est uniquement de montrer du sexe. Et si un jour j’en ai l’envie, plutôt que dépenser mes sous, j’irai voir dans les ecchis d’Arkio
(non je déconne là
)
Ah si, il y a une chose que j’attends d’eux : ne pas dégrader l’image de la femme sans s’en rendre compte.
- Pensez-vous qu’il y en a trop ou pas assez? Et pourquoi?
Trop de shôjos érotiques bouseux, et pas assez de shôjos érotiques intéressants qui ne font pas passer les femmes pour des cruches soumises et les hommes pour des violeurs éjaculateurs précoces. Bref, si les éditeurs devaient continuer à inonder le marché avec ce genre de titres, qu’ils les choisissent mieux et ils pourraient trouver en moi une cliente potentielle. (mais en ce moment, ils en sont plus à inonder le marché avec les yaois : même public, même combat)
- Quel âge avez-vous? Êtes vous une fille ou un garçon?(pas de mensonges hein, c’est pour appuyer mon sondage!)
Une femme de 24 ans (dans un mois).