SPIDER-MAN : LA DERNIÈRE CHASSE DE KRAVEN (DeMatteis / Zeck)

[quote]MARVEL GOLD : SPIDER-MAN - LA DERNIÈRE CHASSE DE KRAVEN
Auteurs : J.M. DeMatteis, Mike Zeck
144 pages, 16,30 EUR, en librairie seulement
La collection MARVEL GOLD continue de vous proposer les sagas les plus inoubliables de la gamme BEST OF MARVEL à des prix mini ! Dans le genre inratable, on ne peut trouver mieux que La dernière chasse de Kraven, l’une des sagas les plus importantes de l’histoire de Spider-Man. Dans ce chef-d’œuvre haletant, Kraven veut éliminer le Tisseur une bonne fois pour toutes et il a mis au point un plan diabolique qui ne peut échouer…
(Contient les épisodes US Web of Spider-Man 31-32 ; Amazing Spider-Man (V1) 293-294 ; Spectacular Spider-Man (V1) 131-132)
SORTIE LE 16 MAI ![/quote]

Liens :
Le site de l’éditeur: www.paninicomics.fr
La page facebook de l’éditeur: www.facebook.com/PaniniComicsFrance

c’est un réassort ou une nouvelle édition ?

Nouvelle édition…comme c’est indiqué, MARVEL GOLD réédite les BEST OF MARVEL, mais moins cher…

merci de la précision.

Quelles couleurs de merde, sur la couv…

La critique par Jeje-99 est disponible sur le site!

Lire la critique sur Superpouvoir

Même sentiment…
Encore un exemple de comment la couleur informatique mal employée peut massacrer ce qui est, à la base, un très beau dessin, et une très belle couverture.
[size=85]Nan, mais, ils savent qu’ils ont le droit de faire du bel aplat respectueux du dessin aussi avec l’outil informatique ??? Où, ils veulent à tout prix montrer leur “savoir-faire” en détruisant une bonne partie du dessin avec des couleurs et des effets de très bon goût… :frowning:[/size]

Bon sinon, foncez quand même pour ceux qui ne l’ont jamais lu ! :wink:

pareil.

Je comprend vraiment pas leur délire.

Ah fichtre, ce matin, j’ai commencé à répondre à ce post, et paf, coupure d’internet. Avec l’ordi qui s’éteint et tout. J’ai absolument pas compris ce qui s’est passé, j’ai fait trois fois toutes les vérifs et j’ai absolument pas compris comment j’ai récupéré la connexion, mais voilà, c’est revenu.
Donc je re-réponds.
Je vais le poster tout de suite comme ça, et je vais l’éditer ensuite, des fois que ça recommence…

Voilà un argument que je ne comprendrais jamais. Celui de l’actualité.
Ne le prends pas mal, ce n’est pas une critique, mais plutôt une constatation sous forme interrogative (prends-le plutôt comme un grommellement d’un vieux ronchon). Mais je pense que l’argument du “c’est ancien, donc faut avancer avec prudence” n’est pas un bon argument (pas plus que “c*'est ancien, donc c’est mieux*”). Aborder un truc avec l’idée que ça ne date pas d’hier consiste à sortir le truc en question de tout contexte et de toute histoire, à nier toute possibilité de comparaison, voire de lecture et d’analyse. Et à oublier que la création est une suite d’influences qui s’étale dans le temps (et dans l’espace…). Un a priori, qu’il soit négatif (“ouhlà, 1987, le dessin va être mou”) ou positif (“ouhlà, 1987, du temps où l’on faisait de bons comics”), est toujours néfaste à la lecture et au commentaire, je crois.
D’autant que 1987, sérieux, c’est pas loin.
Selon moi, un bon récit, que ce soit un bon film, un bon roman, une bonne série ou une bonne BD, est atemporel. Ça reste un bon récit. Ce qui vieillit, c’est peut-être la manière de faire, et encore. Je crois sincèrement que “Master Race” de Bernie Krigstein ou “Raving Maniac” de Stan Lee et Joe Maneely, qui datent tous deux de la première moitié des années 1950, ont nettement moins vieilli que WildC.A.T.s #1 ou Youngblood #1, qui doivent à peine avoir vingt ans. Parce que les récits de Krigstein et Maneely ne correspondent pas à des effets de mode, mais se penchent surtout sur la manière de raconter. La narration est toujours d’actualité, et le sujet est toujours d’actualité.

J’ai revu récemment Planète Interdite, qui date de 1957. Ça faisait genre bien vingt ans que je ne l’avais pas vu. Je me souvenais de l’histoire, assez brillante, ingénieuse et roublarde, mais on peut imaginer que mon esprit l’avait sublimée, rendue meilleure qu’elle n’est. J’ai donc revu le film, et, sérieux, il n’a pas vieilli. Ce qui a vieilli, c’est les costumes (et encore), quelques décors (mais la plupart ont laissé une trace indélébile : le puits central, on le trouve dans Nova chez Marvel, dans Star Wars…), et peut-être une vision positiviste du voyage spatial, mais autrement, c’est bourré d’idées (le vaisseau représenté dans un pendule situé au centre du cockpit, pour restituer sa position dans l’espace, c’est astucieux en diable), les effets spéciaux sont de premier ordre (l’être d’énergie, les traces de pas de la créature invisible, les rayons, les volets qui se ferment…), le filmage est calme mais sait jouer sur la tension et sur la suggestion… Bref, c’est une merveille. Et l’écriture est également épatante : on navigue entre mystère, drame, tension familiale, comédie et romance, tout en faisant monter le suspense. Les deux scènes du tigre sont là pour montrer que l’équipage est de moins en moins à l’aise, qu’il y a une angoisse qui s’installe. Rien n’est dit explicitement, c’est sous-entendu, et les personnages se définissent par leurs actions. C’est particulièrement bien écrit, et c’est une leçon que devraient réviser bien des dialoguistes.
Alors oui, c’est pas d’actualité, et oui, on a fait plus fort en termes d’image depuis. Mais sans Planète Interdite, par exemple, on a tout un pan du space opéra cinéma qui ne serait pas là : 2001 pour la vision calme et posée de la conquête spatiale, Star Wars pour le rapport à la vie robotique, Silent Running pour le rapport à la vie et aux civilisations perdues…

Voilà, j’ai fini mon grommellement de vieux ronchon.
Tout ça pour dire que l’argument de la date de sortie ne devrait jamais être utilisé, sauf pour signifier une importance historique, une filiation, une parenté. Mais jamais dans une perspective de prévention ou de louange.
Je sais que ce n’était pas le cas, mais j’ai profité de l’occasion pour revenir sur le sujet.
Et bien au contraire, j’incite tout le monde à découvrir les vieilles œuvres (même si 1987, c’est pas “vieux”), que ce soit en comics, en manga, en cinéma, en littérature… Regardez et lisez des trucs qui datent d’avant 1970. C’est toujours très éclairant, et souvent bien savoureux.

[quote=“Jeje-99”] Il réussit dans ce volume à rendre Kraven humain au travers des différents tourments de sa personnalité et son
obsession pour Spiderman. Le personnage est rendu plus adulte et évolue dans un environnement sombre et dramatique, ce qui nous permet de découvrir un tout autre aspect du personnage.[/quote]

C’est l’un des trucs qui me fascinent à chaque fois que je le relis (j’ai une édition italienne, une édition française, va falloir que je me décide à avoir une édition américaine, quand même, pour avoir le texte d’origine). C’est cette plongée dans l’esprit des personnages. La gestion des voix off est formidable. J’ai lu l’histoire en VO avant la sortie chez Comics USA, et cette réplique, “they said my mother was insane” est restée gravée.
Ce qui est impressionnant dans Kraven’s Last Hunt, c’est que tout est à sa place. Chaque case est pertinente, et sert le propos, y a pas une case en trop ni une case qui manque. Chaque cadrage est judicieux, chaque texte est pesé. La voix off, avec sa déconstruction, restitue le flot de pensée, un peu comme chez Miller. D’ailleurs, j’aurais tendance à penser que Kraven’s Last Hunt est un des moments où DeMatteis fait plus fort que Miller. Peut-être le seul moment.
DeMatteis avait commencé à travailler là-dessus notamment sur Captain America, mais il passait encore par des bulles. Là, il passe par des récitatifs, procédé qu’il retrouvera notamment sur Spectacular Spider-Man, mais pas avec le même bonheur (mais ses épisodes sont trèèèèès bons aussi).
Là, DeMatteis, comme Miller à la même époque, trouvent un équivalent BD au flot de pensée, ce fameux “courant de conscience” qu’on trouve chez James Joyce, voire chez Virginia Woolf. À savoir des pensées décousues, des phrases pas finies, des collages qui font sens ensemble en s’émancipant de la construction classique des phrases. Le lettreur (comme j’ai pas la VO sous la main, je sais toujours pas qui c’est, le lettreur US, mais ça tabasse) restitue ça de manière formidable, notamment en plaçant des récitatifs de biais, comme pour montrer que la pensée, la conscience, s’effondre, tombe en morceaux. Un procédé qu’il a repris dans Spectacular Spider-Man et Daredevil, mais que Miller et Sienkiewicz avaient exploré aussi dans Elektra Assassin.
Rien que ça, ça donne à l’ensemble une qualité d’écriture purement BD qui est extrêmement rare.

Oui, un choc à l’époque.
Et vraiment, du coup, une vraie plongée dans l’esprit des deux personnages principaux.

Zeck, j’ai du mal à le trouver “old school”. Son dessin est puissant et évocateur, ses décors sont travaillés, ses personnages très expressifs. Les cadrages sont soignés.
Et Zeck, il a grosso modo le même style depuis 1980 : bien la preuve qu’il n’est pas daté !
:wink:

Alors justement, je me méfie.
Entre la colo de l’époque (celle de 1987, donc) et la colo de certains TPB (en gros, ça ressemble à la colo de la couverture qui a été postée ici), ce n’est pas la même chose. Par exemple, l’édition italienne que j’ai, c’est de la colo refaite, avec son cortège d’effets un peu tape-à-l’œil. C’est pour cela que je voudrais prendre un TPB américain : pour avoir le texte de DeMatteis, mais aussi, pourquoi pas, pour avoir une colo plus sobre. Mais je sens que pour avoir cette colo, va falloir que je retrouve l’édition Comics USA, qui reprend la colo sobre (mais tramée) de 1987.
Ceci dit, je n’ai pas vu cette édition Panini : si ça se trouve, elle a une colo sobre. Mais je ne crois, sérieux.
C’est toujours ce qui m’a refroidi de prendre le TBP, ces couleurs refaites. Que, pour le coup, je trouve plus datées que le dessin de Zeck lui-même.

Je crois qu’il n’y a pas de “style visuel de l’époque”. Surtout chez Zeck, qui n’avait quand même pas le look des dessins populaires de l’époque. C’était pas John Byrne quand Byrne était au sommet, et c’était pas Silvestri quand Silvestri était une vedette. Même s’il a des qualités de chacun.
Qui plus est, je ne crois pas à un “style d’époque”. Ça voudrait dire qu’à un moment M (ou un temps T ou une époque É, comme vous voulez), tout le monde dessine pareil. Et il y a tellement de disparité entre un Zeck, un Buscema, un Golden, un Adams, qu’il reste quand même difficile de les dates.
Ce qui se date, c’est les effets de mode. C’est Marvel demandant à ses dessinateurs de dessiner comme Neal Adams, comme Jack Kirby ou comme Rob Liefeld quand ces derniers étaient des stars. Rich Buckler imitant Kirby sur Fantastic Four, c’est effectivement plus daté que sur Deathlok.

[quote=“Jeje-99”] risquent de passer à côté d’une
histoire que tout fan de l’araignée se doit d’avoir lu. Pour les autres, si
vous ne possédez pas déjà cet arc, sautez sur cette réédition![/quote]

C’est à mon sens l’un des sommets de toute l’histoire éditoriale de Spider-Man. Et DeMatteis et Zeck n’ont jamais été aussi bons. Ensemble ou séparément. Il y a un équilibre, une finesse dans l’analyse et dans le cadrage, qui en fait un truc presque parfait.
J’ai pour ma part longtemps pensé que Vermin était de trop, mais en fait, non : d’une part, il sert de déclencheur à plein de choses, d’autres part il permet à DeMatteis de travailler en profondeur sur la dimension totémique animale de la série. Des années avant JMS. Et en beaucoup mieux.
Non vraiment, c’est un chef-d’œuvre.

Jim

Sans autres indications, ça sent l’alim qui déconne et une des causes principales en plus de l’usure, c’est l’encrassement par la poussière, je te conseille donc d’ouvrir ta tour et de la dépoussiérer, c’est un truc que tout le monde oublie de faire et même si ce n’est pas la cause de ton ennui, ça ne lui fera pas de mal et pourra prévenir d’éventuels futurs problèmes.

Pas certain, mais je crois que Jim tourne sur Mac, donc pas de tour ! :confused:
[size=85]Mais oui, l’encrassage, c’est mortel.[/size]

Ça s’ouvre pas, un Mac ?

pas un gros connaisseur en mac, plus facile si on a un ([size=85]ancien[/size]) mac pro avec une simili-tour([size=85]mais je parle d’un temps…[/size]), pour les plus récents ([size=85]incorporés avec l’écran[/size]), ça me semble plus compliqué ([size=85]mais je le répète je m’y connais pas plus que ça, j’ai du en utiliser lointainement pour un boulot venant d’un temps révolu pour moi, et je m’en passe très bien depuis sinon, mais j’ai jamais aimé les mac aussi, je suis vraiment pas la bonne personne pour en parler là[/size])

[quote=“Guy Gardner”]

Sans autres indications, ça sent l’alim qui déconne et une des causes principales en plus de l’usure, c’est l’encrassement par la poussière, je te conseille donc d’ouvrir ta tour et de la dépoussiérer, c’est un truc que tout le monde oublie de faire et même si ce n’est pas la cause de ton ennui, ça ne lui fera pas de mal et pourra prévenir d’éventuels futurs problèmes.[/quote]

En fait, hier soir, j’ai remarqué que mon radio-réveil n’affichait plus l’heure, donc il y a eu une coupure d’électricité. Momentanée, mais suffisante pour éteindre certains trucs. L’astuce, sans doute, c’est que j’étais en train d’écrire sur le forum, donc le système a interprété ça d’une manière bizarre, et ne voulait pas me restituer ma connexion. Du moins, c’est ce que j’interprète.
Après, ce que je ne comprends pas bien, c’est que j’ai fait les mêmes manipulations trois fois (que ce soit des trucs externes genre débrancher-rebrancher, ou des trucs internes…). Et à un moment, c’est reparti. J’ai même rebranché la livebox sur un autre ordi, pour voir, et comme ça ne fonctionnait pas plus, ça ne vient donc pas de l’ordi récent.
Bref, j’ai pas bien compris ce que j’ai fait pour remettre tout en ordre.

Jim

J’ai quelques soucis technique aussi, mais ça concerne essentiellement l’accès au site…
Donc je vais faire assez court malheureusement pour eviter que ça plante entre temps^^

[quote=“Jim Lainé”]

Voilà un argument que je ne comprendrais jamais. Celui de l’actualité.
Ne le prends pas mal, ce n’est pas une critique, mais plutôt une constatation sous forme interrogative (prends-le plutôt comme un grommellement d’un vieux ronchon). Mais je pense que l’argument du “c’est ancien, donc faut avancer avec prudence” n’est pas un bon argument (pas plus que “c*'est ancien, donc c’est mieux*”). Aborder un truc avec l’idée que ça ne date pas d’hier consiste à sortir le truc en question de tout contexte et de toute histoire, à nier toute possibilité de comparaison, voire de lecture et d’analyse. Et à oublier que la création est une suite d’influences qui s’étale dans le temps (et dans l’espace…). Un a priori, qu’il soit négatif (“ouhlà, 1987, le dessin va être mou”) ou positif (“ouhlà, 1987, du temps où l’on faisait de bons comics”), est toujours néfaste à la lecture et au commentaire, je crois.
D’autant que 1987, sérieux, c’est pas loin.
Selon moi, un bon récit, que ce soit un bon film, un bon roman, une bonne série ou une bonne BD, est atemporel. Ça reste un bon récit. Ce qui vieillit, c’est peut-être la manière de faire, et encore. Je crois sincèrement que “Master Race” de Bernie Krigstein ou “Raving Maniac” de Stan Lee et Joe Maneely, qui datent tous deux de la première moitié des années 1950, ont nettement moins vieilli que WildC.A.T.s #1 ou Youngblood #1, qui doivent à peine avoir vingt ans. Parce que les récits de Krigstein et Maneely ne correspondent pas à des effets de mode, mais se penchent surtout sur la manière de raconter. La narration est toujours d’actualité, et le sujet est toujours d’actualité.

J’ai revu récemment Planète Interdite, qui date de 1957. Ça faisait genre bien vingt ans que je ne l’avais pas vu. Je me souvenais de l’histoire, assez brillante, ingénieuse et roublarde, mais on peut imaginer que mon esprit l’avait sublimée, rendue meilleure qu’elle n’est. J’ai donc revu le film, et, sérieux, il n’a pas vieilli. Ce qui a vieilli, c’est les costumes (et encore), quelques décors (mais la plupart ont laissé une trace indélébile : le puits central, on le trouve dans Nova chez Marvel, dans Star Wars…), et peut-être une vision positiviste du voyage spatial, mais autrement, c’est bourré d’idées (le vaisseau représenté dans un pendule situé au centre du cockpit, pour restituer sa position dans l’espace, c’est astucieux en diable), les effets spéciaux sont de premier ordre (l’être d’énergie, les traces de pas de la créature invisible, les rayons, les volets qui se ferment…), le filmage est calme mais sait jouer sur la tension et sur la suggestion… Bref, c’est une merveille. Et l’écriture est également épatante : on navigue entre mystère, drame, tension familiale, comédie et romance, tout en faisant monter le suspense. Les deux scènes du tigre sont là pour montrer que l’équipage est de moins en moins à l’aise, qu’il y a une angoisse qui s’installe. Rien n’est dit explicitement, c’est sous-entendu, et les personnages se définissent par leurs actions. C’est particulièrement bien écrit, et c’est une leçon que devraient réviser bien des dialoguistes.
Alors oui, c’est pas d’actualité, et oui, on a fait plus fort en termes d’image depuis. Mais sans Planète Interdite, par exemple, on a tout un pan du space opéra cinéma qui ne serait pas là : 2001 pour la vision calme et posée de la conquête spatiale, Star Wars pour le rapport à la vie robotique, Silent Running pour le rapport à la vie et aux civilisations perdues…

Voilà, j’ai fini mon grommellement de vieux ronchon.
Tout ça pour dire que l’argument de la date de sortie ne devrait jamais être utilisé, sauf pour signifier une importance historique, une filiation, une parenté. Mais jamais dans une perspective de prévention ou de louange.
Je sais que ce n’était pas le cas, mais j’ai profité de l’occasion pour revenir sur le sujet.
Et bien au contraire, j’incite tout le monde à découvrir les vieilles œuvres (même si 1987, c’est pas “vieux”), que ce soit en comics, en manga, en cinéma, en littérature… Regardez et lisez des trucs qui datent d’avant 1970. C’est toujours très éclairant, et souvent bien savoureux.[/quote]

Je le prend pas mal du tout, c’est intéréssant et ça montre qu’en voulant synthétiser, j’ai été maladroit dans ma phrase. Car sur ce que tu as dis précédemment je te rejoins et j’ai toujours été touche à tout, que ce soit en genre, provenance ou age... (pas de mauvaise interprétation^^).
La phrase visait surtout à mettre en avant le fait que malgré l’évolution du contexte durant ces vingts dernières années et les nombreux comics qui avaient vu le jour entre temps, celui ci aurait encore sa place aujourd’hui.


Au passage, j’ai jamais dit que c’était vieux 1987^^ Et je compte plus les oeuvres que j’aime qui sont plus anciennes^^

[quote=“Jim Lainé”]

[quote=“Jeje-99”] Il réussit dans ce volume à rendre Kraven humain au travers des différents tourments de sa personnalité et son
obsession pour Spiderman. Le personnage est rendu plus adulte et évolue dans un environnement sombre et dramatique, ce qui nous permet de découvrir un tout autre aspect du personnage.[/quote]

C’est l’un des trucs qui me fascinent à chaque fois que je le relis (j’ai une édition italienne, une édition française, va falloir que je me décide à avoir une édition américaine, quand même, pour avoir le texte d’origine). C’est cette plongée dans l’esprit des personnages. La gestion des voix off est formidable. J’ai lu l’histoire en VO avant la sortie chez Comics USA, et cette réplique, “they said my mother was insane” est restée gravée.
Ce qui est impressionnant dans Kraven’s Last Hunt, c’est que tout est à sa place. Chaque case est pertinente, et sert le propos, y a pas une case en trop ni une case qui manque. Chaque cadrage est judicieux, chaque texte est pesé. La voix off, avec sa déconstruction, restitue le flot de pensée, un peu comme chez Miller. D’ailleurs, j’aurais tendance à penser que Kraven’s Last Hunt est un des moments où DeMatteis fait plus fort que Miller. Peut-être le seul moment.
DeMatteis avait commencé à travailler là-dessus notamment sur Captain America, mais il passait encore par des bulles. Là, il passe par des récitatifs, procédé qu’il retrouvera notamment sur Spectacular Spider-Man, mais pas avec le même bonheur (mais ses épisodes sont trèèèèès bons aussi).
Là, DeMatteis, comme Miller à la même époque, trouvent un équivalent BD au flot de pensée, ce fameux “courant de conscience” qu’on trouve chez James Joyce, voire chez Virginia Woolf. À savoir des pensées décousues, des phrases pas finies, des collages qui font sens ensemble en s’émancipant de la construction classique des phrases. Le lettreur (comme j’ai pas la VO sous la main, je sais toujours pas qui c’est, le lettreur US, mais ça tabasse) restitue ça de manière formidable, notamment en plaçant des récitatifs de biais, comme pour montrer que la pensée, la conscience, s’effondre, tombe en morceaux. Un procédé qu’il a repris dans Spectacular Spider-Man et Daredevil, mais que Miller et Sienkiewicz avaient exploré aussi dans Elektra Assassin.
Rien que ça, ça donne à l’ensemble une qualité d’écriture purement BD qui est extrêmement rare.[/quote]

Je suis d’accord également là dessus, enfin globalement car j’ai pas lu tout ce que tu cite :s

[quote=“Jim Lainé”]

Oui, un choc à l’époque.
Et vraiment, du coup, une vraie plongée dans l’esprit des deux personnages principaux.[/quote]

Même maintenant, ca reste surprenant je trouve.

[quote=“Jim Lainé”]

Zeck, j’ai du mal à le trouver “old school”. Son dessin est puissant et évocateur, ses décors sont travaillés, ses personnages très expressifs. Les cadrages sont soignés.
Et Zeck, il a grosso modo le même style depuis 1980 : bien la preuve qu’il n’est pas daté !
:wink:[/quote]

Même réponse que plus haut, les outils diffèrent, le dessin garde un “cachet” plus ancien que les oeuvres récentes je trouve. Je voulais nullement être péjoratif sur ce coup.

[quote=“Jim Lainé”]

Alors justement, je me méfie.
Entre la colo de l’époque (celle de 1987, donc) et la colo de certains TPB (en gros, ça ressemble à la colo de la couverture qui a été postée ici), ce n’est pas la même chose. Par exemple, l’édition italienne que j’ai, c’est de la colo refaite, avec son cortège d’effets un peu tape-à-l’œil. C’est pour cela que je voudrais prendre un TPB américain : pour avoir le texte de DeMatteis, mais aussi, pourquoi pas, pour avoir une colo plus sobre. Mais je sens que pour avoir cette colo, va falloir que je retrouve l’édition Comics USA, qui reprend la colo sobre (mais tramée) de 1987.
Ceci dit, je n’ai pas vu cette édition Panini : si ça se trouve, elle a une colo sobre. Mais je ne crois, sérieux.
C’est toujours ce qui m’a refroidi de prendre le TBP, ces couleurs refaites. Que, pour le coup, je trouve plus datées que le dessin de Zeck lui-même.[/quote]

Effectivement, la recolorisation de la couverture est particulièrement affreuse et est heureusement différente de celle que l’on trouve à l’intérieur, je ne sais pas si c’est l’originale par contre.
La seule explication plausible pour le changement au niveau de la lecture est qu’ils ont tenté de lui donner une colo plus récente^^’ (Enfin je vois rien d’autres...)

[quote=“Jim Lainé”]

Je crois qu’il n’y a pas de “style visuel de l’époque”. Surtout chez Zeck, qui n’avait quand même pas le look des dessins populaires de l’époque. C’était pas John Byrne quand Byrne était au sommet, et c’était pas Silvestri quand Silvestri était une vedette. Même s’il a des qualités de chacun.
Qui plus est, je ne crois pas à un “style d’époque”. Ça voudrait dire qu’à un moment M (ou un temps T ou une époque É, comme vous voulez), tout le monde dessine pareil. Et il y a tellement de disparité entre un Zeck, un Buscema, un Golden, un Adams, qu’il reste quand même difficile de les dates.
Ce qui se date, c’est les effets de mode. C’est Marvel demandant à ses dessinateurs de dessiner comme Neal Adams, comme Jack Kirby ou comme Rob Liefeld quand ces derniers étaient des stars. Rich Buckler imitant Kirby sur Fantastic Four, c’est effectivement plus daté que sur Deathlok.[/quote]

Là aussi c’est maladroit, je ferais attention par la suite, c’est surtout destiné aux lecteurs qui ont découvert les comics à l’air du numérique et que j’entends régulièrement dire qu’ils n’aiment pas ce qui se faisait “avant”. Cela englobe aussi les effets de modes que tu cite si bien qui touchent presque tout le monde.
En gros, quand je parle de style de l’époque, cela inclu cet effet de mode et la methode de travail qui influe quand même.

[quote=“Jim Lainé”]

[quote=“Jeje-99”] risquent de passer à côté d’une
histoire que tout fan de l’araignée se doit d’avoir lu. Pour les autres, si
vous ne possédez pas déjà cet arc, sautez sur cette réédition![/quote]

C’est à mon sens l’un des sommets de toute l’histoire éditoriale de Spider-Man. Et DeMatteis et Zeck n’ont jamais été aussi bons. Ensemble ou séparément. Il y a un équilibre, une finesse dans l’analyse et dans le cadrage, qui en fait un truc presque parfait.
J’ai pour ma part longtemps pensé que Vermin était de trop, mais en fait, non : d’une part, il sert de déclencheur à plein de choses, d’autres part il permet à DeMatteis de travailler en profondeur sur la dimension totémique animale de la série. Des années avant JMS. Et en beaucoup mieux.
Non vraiment, c’est un chef-d’œuvre.[/quote]

Ah là, je te fais entièrement confiance, tu as surement plus de matière que moi pour comparer.

Ah c’est passé normalement! (Faut vraiment que je trouve la source de ce problème…)

Y a beaucoup de “jeunes” lecteurs qui me font des remarques en ce sens. Mais bon, ça, c’est juste une affaire de familiarisation, sans doute parce que justement les choses ne circulent pas assez (et on est tous tellement sollicités par une offre de plus en plus large).
Mais je crois que plein de “vieilleries” sont à leur place aujourd’hui. Que ce soit du Kirby, du Ditko, de l’Adams… C’est comme tout, y a des choses qui vieillissent peu, des choses qui vieillissent bien, mais y a aussi des choses qui vieillissent tout court, et c’est souvent les trucs “à la mode” quand ça sortait.

Ce qui me fait penser (c’est presque hors-sujet, et surtout, ce n’est pas une critique, hein…) que beaucoup de “jeunes” lecteurs (ou spectateurs) que je croise sont souvent dans une consommation de l’instant, du présent. Avec une mise en contexte historique assez absente. C’est quelque chose contre quoi je me bats tout le temps, parce que je pense que comprendre les œuvres d’hier nous permet de mieux savourer les œuvres d’aujourd’hui.

J’ai rencontré beaucoup de “jeunes”, des gens de vingt ans, pour qui des choses qui ont précédé leur date de naissance, c’est vieux. C’est souvent un réflexe d’approche, pas une critique de leur part, mais c’est souvent.

Alors te voilà avec une belle liste de trucs à découvrir !

Bah, je sais pas.
Pérez, il a un cachet 70’s ou 80’s, et pourtant, il a toujours du boulot. Et sur de gros projets, ces dernières années.
Et un mec comme Deodato, il ne fait rien de plus que ce que faisait Neal Adams il y a quarante ans.
Le “cachet”, s’il y en a un (et encore, j’en suis pas convaincu…) tiens aussi à la production, au nombre de cases par page, donc au scénario, aux lettrages, aux couleurs. C’est pour cela que les gens font refaire des couleurs, comme tu dis face à un public qui évolue (ou que les éditeurs croient qu"il évolue).

[quote=“Jeje-99”]Effectivement, la recolorisation de la couverture est particulièrement affreuse et est heureusement différente de celle que l’on trouve à l’intérieur, je ne sais pas si c’est l’originale par contre.
La seule explication plausible pour le changement au niveau de la lecture est qu’ils ont tenté de lui donner une colo plus récente^^’ (Enfin je vois rien d’autres…)[/quote]

L’autre raison serait peut-être qu’ils ont paumé les films couleurs, et qu’ils ont saisi l’occasion de les refaire.
Ou que c’était un TPB à une époque où il y en avait peu, et que cette réédition a été soignée, parce que produit cher, produit relié, tout ça.

[quote=“Jeje-99”]Là aussi c’est maladroit, je ferais attention par la suite, c’est surtout destiné aux lecteurs qui ont découvert les comics à l’air du numérique et que j’entends régulièrement dire qu’ils n’aiment pas ce qui se faisait “avant”. Cela englobe aussi les effets de modes que tu cite si bien qui touchent presque tout le monde.
En gros, quand je parle de style de l’époque, cela inclu cet effet de mode et la methode de travail qui influe quand même.[/quote]

Ça reste quand même l’aspect superficiel du truc.
Après, c’est toujours un truc qui m’épate, mais ça m’épatait déjà quand les gens faisaient coloriser des films noir & blanc. Je veux dire, ne peut-on pas savourer un film, ou une BD, dans les conditions de production de l’époque ? Parce que, dans ce cas-là, pourquoi ne pas doubler les films muets ?
Bon, j’exagère, tu t’en doutes, mais c’est l’idée, quoi : au-delà du style, c’est aussi, comme tu dis, les méthodes de production qui changent.
Je crois que les lucasseries aberrantes qui consistent à “mettre à jour” les effets spéciaux, outre que c’est une ânerie sans nom, ont aussi perturbé la perception que les gens ont du caractère historique des choses. Vouloir à tout prix sortir Star Wars de son contexte de production me semble idiot. Ce qui fait la valeur des vieilles versions de Star Wars, c’est aussi qu’elles transcendent les moyens de l’époque pour raconter une histoire.
Refaire les couleurs d’un comic book ne change rien, ni en plus ni en moins, aux histoires publiées. C’est pour cela que je préfère des recolorisations qui respectent les palettes et les effets de l’époque, comme dans certaines rééditions type Masterworks. Souvent, ça ressemble à un changement de trame : au lieu d’avoir une trame 75 (les gros points des années 70-80), on a une trame 150 (ou plus…) et on a donc une vraie qualité, sans trahir les colos d’époque. Ça, c’est une approche que j’aime, parce que ça s’apparente à de la restauration, pas à de la réfection.

Jim

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