SPIDER-MAN / SUPERMAN (Brad Meltzer, Pepe Larraz, collectif)

Au tour de Marvel de lancer son one-shot entre Spider-Man et Superman, et j’avoue avoir préféré le récit principal au précédent.

Brad Meltzer et Pepe Larraz livrent une belle et tendre rencontre entre Superman et Spider-Man, mais aussi entre Clark Kent et Peter Parker. Le récit commence avec tous deux bloqués dans les décombres après une attaque de Lex Luthor et Green Goblin, avec Superman empoisonné à la Kryptonite. Superman rit aux blagues de nervosité de Spider-Man, voit une montre cassée cachée à sa ceinture. Peter tient les gravats au-dessus d’eux et demande que Clark le questionne pour l’occuper, et Supes lui demande pourquoi il fait ça, avec Spidey qui dit par culpabilité. Le piège réel est cependant révélé quand une explosion lie leurs pensées et Superman est possédé par Venom, mais Spider-Man le perturbe dehors et Clark s’en libère en claquant des doigts. Ils confrontent leurs ennemis (en leur « demandant » de résister, en souriant). Trois semaines après, Clark surprend Peter devant la tombe de Ben, car le partage mental lui a donné quelques souvenirs et il sait que Peter ne fait pas ça par culpabilité, mais parce qu’il a été élevé par des gens biens qui lui ont appris à bien faire. La montre est celle de Ben, et Clark a de vieilles lunettes de son père sur lui aussi. Clark invite Peter et May chez ses parents à Smallville, pour une belle et tendre soirée.
C’est beau et bien. C’est juste beau et bien. Le scénario est juste, fluide, plus naturel que le précédent one-shot, avec de bonnes interactions, de bons dialogues, la bonne idée de Super-Venom. Surtout, c’est top de voir une rencontre entre Peter et Clark, et leurs échanges sont l’intérêt tendre de tout ceci, avec notamment les moments entre May et les Kent (« il avait l’air bien, on aurait été amis » dit Pa Kent de Ben Parker en photo). Avec de très beaux dessins et dynamiques de Pepe Larraz, très réussis.

On enchaîne avec les back-ups, donc.

La première montre la rencontre entre Spider-Man Noir et le Superman de 1938, par Dan Slott et Marcos Martin. The Spider s’en prend au Kingpin, alias Lex Luthor, qui fait croire que c’est J. Jonah Jameson le chef du crime. The Spider tire pour tuer mais Superman sauve Lex, pour le livrer vivant aux autorités, même si un vice de procédure le libère. Jonah est blanchi mais enrage que le récit soit dans le Daily Planet, alors que Peter et Clark partagent un petit-déjeuner.
C’est cool. L’exercice de style est réussi, fun, entraînant et inspiré. Le dessin est top et les interactions sont simples mais efficaces. Top, oui.

On a ensuite la rencontre par Joe Kelly et Humberto Ramos entre Gwen Stacy et Lana Lang au début de l’université, où elles se rencontrent et papotent en critiquant les hommes relou puis en évoquant Peter et Clark, leurs secrets frustrants mais aussi ce qu’ils inspirent en elles, avec l’envie de les épouser. Et elles rient de leurs excuses nulles quand ils arrivent en retard.
C’est mignon. Les dialogues sont bons et les deux jeunes filles sont bien croquées, avec un peu d’amertume pour leurs rêves. Le dessin est correct mais surtout bon sur les dialogues entre elles.

Geoff Johns et Gary Frank enchaînent avec Ben Grimm qui narre une attaque de Mysterio sur le monde, avec une batterie Red Lantern donnée par Saturn Queen. Le monde devient enragé, sauf quelques-uns trop droits (Superman, Stargirl, Captain America), She-Hulk revenue de la rage, Hal Jordan qui a maîtrisé l’anneau Red Lantern et Ben, habitué à enrager contre lui-même en secret. Les confrontations sont intenses mais Superman parvient à apaiser Hulk en lui parlant, avec émotion, et Mysterio est vaincu. Clark conseille Ben pour dire que l’heure n’est pas toujours à la castagne, et Grimm va finalement parler posément avec Bruce Banner.
C’est bien. Un peu grandiloquent mais ça fonctionne parce que le scénario évoque des moments que l’on peut imaginer plutôt que d’avoir le rendu clair (les mots de Superman à Hulk ne sont pas écrits mais on sent l’émotion). C’est simple et juste et touchant, avec de beaux dessins généreux et réussis.

Louise Simonson et Todd Nauck montrent Hobgoblin voler une invention de Steel, qui se retourne contre lui et Thor qui l’intercepte, avec dialogue sympathique en claquant les marteaux.
Bof. C’est pas mauvais mais c’est pas intéressant, c’est commun et les dessins sont eux-mêmes limités.

Spider-Gwen rencontre Supergirl par Stephanie Phillips et Phil Noto, avec des piques entre elles car la première voulait un autographe de Superman et la seconde se moque des nombreux Spiders. Elles s’aident à contrecœur contre Livewire, Kara laisse un autographe et Gwen l’aime bien finalement.
Bon, c’est piquant et rigolo. C’est mineur mais assez fun car dans un mini mauvais esprit agréable. Les dessins sont corrects mais toujours figés.

Brian Michael Bendis et Sara Pichelli font chuter Superman près de Miles Morales, car Brainiac s’est allié à Dormammu. Miles aide Clark, et lui demande un conseil à un jeune super-héros. Superman conseille juste de bien faire sans rien craindre, et ils vont ensuite affronter les ennemis.
Bon, le résumé est sobre mais le résultat est bon. Un segment évidemment basé sur le dialogue, avec un Miles pas relou et un Clark très juste et pertinent. Les dessins sont corrects mais ne sont pas flamboyants.

Jason Aaron et Russell Dauterman se retrouvent pour narrer une autre War of the Realms, où Darkseid a conquis Asgard avec ses Paravenoms et a convaincu Thor de son indignité. Ses armées attaquent la Terre et Jane Foster vient d’avoir le marteau, en faisant au mieux en étant perdue. Elle croise Wonder Woman à qui elle veut lui donner le maillet, mais Diana l’identifie après avoir listé les candidates évoquées par d’autres pour son identité, puis elle évoque sa force dans sa maladie. Et toutes deux mènent les héros contre Darkseid.
C’est top. J’aime bien quand le crossover réécrit la continuité pour inclure les deux mondes, c’est fort bien fait et pertinent ici, avec de beaux dialogues et des dessins réussis. C’est inspirant.

Enfin, Jeph Loeb et Jim Cheung montrent comment Superman réconforte Spider-Man quand celui-ci évoque la mort de Gwen et sa culpabilité.
Bon, c’est faible. Le dialogue est convenu et même trop facile pour Superman, et les dessins sont corrects mais basiques.

En bref, hormis deux segments faibles, le reste est bon voire même très bon. DC m’avait plus plu sur Batman/Deadpool, mais c’est Marvel qui me convainc avec Spider-Man/Superman, et pas qu’un peu ! Gros kiff ici !

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Faut dire que contrairement à son doubler épisode de Absolute Batman, Marcos Martin s’est vraiment sortis les doigts pour ses quelques pages (et qu’elles pages !)

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Oui, qui ferait ça ?

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RB Silva

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