SPIROU & FANTASIO t.1-55 (collectif)

L’Ankou se passe essentiellement au « Guelhoat », anagramme du véritable Huelgoat, où se trouve vraiment la grotte d’Artus et ces grosses roches représentées dans l’album, qui forment des Chaos.
Il y a de chouettes petites boucles de randonnées à faire par là, allez-y vite !

Pour les albums de Nic et Cauvin, il faut passer. Je viens de les relire, c’est insipide, pas marrant, ça ne tient pas debout, les caractérisations sont farfelues, et après trois albums pourtant à suivre, l’histoire n’est pas achevée : on ne sait toujours pas qui est le boss des méchants, resté dans l’ombre.
Peut-être dû à un départ précipité de l’équipe créatrice ?
En tout cas, la tâche n’était pas aisée pour eux, avec l’interdiction de réutiliser les personnages secondaires, si je me souviens bien.
Mais ce n’est pas une raison pour ne pas clore une intrigue après trois albums, ce n’est pas un comics marvel !
(même si la politique récente de Dupuis tend - malheureusement - à s’en rapprocher)

Ah c’est vrai, trois albums. Bizarrement, ça me semblait plus long.

C’est sans doute lié au fait que j’en garde un souvenir peu convaincu.

Outre que Tome & Janry ont su réinventer le petit monde de Spirou dès leur reprise (à commencer par Champignac, puis Zorglub, puis Zantafio…), ils ont aussi profité du fait que la série était dans le creux de la vague juste avant eux.

Tu n’en sais pas plus ?

Jim

Ce sont mes souvenirs d’époque, dans des réponses du courrier des lecteurs du magazine Spirou lui-même, il me semble bien. Ou dans des articles d’alors, présentant cette nouvelle direction.

Il doit aussi exister une interview de Cauvin après son retrait de Spirou, où il compare les facilités accordées à Tome et Janry par rapport à la contrainte de repartir de zéro avec laquelle il avait dû composer, et la pression pour pondre du scénario en continu alors qu’il avait déjà plusieurs séries.

Je n’ai pas trouvé de traces très officielles en googlant rapidement.
un article ici, mais je ne sais pas qui se cache derrière le pseudo.

C’est globalement admis sur les forums sur Spirou, que ce choix a été imposé aux auteurs. Il ne semble pas y avoir débat, mais il n’y a pas de sources non plus :-/

Une version de l’histoire ici :
Il ne faut pas perdre de vue que l’arrivée de Nic Broca sur Spirou est le résultat d’une guerre entre le Rédacteur en Chef de l’époque Alain de Kuysshe, qui n’était pas pour retirer Spirou à Fournier, et José Dutillieu qui avait trouvé une oreille attentive auprès de Charles Dupuis en disant que par sa rapidité de travail, Broca saurai remettre du Spirou chaque semaine dans le journal. Or c’est ça qui ennuyait beaucoup Dupuis, qu’il n’y ait plus, comme du temps de Monsieur Franquin, du Spirou chaque semaine…
C’est d’ailleurs De Kuyssche qui s’est arrangé pour mettre Chaland et Tome et Janry dans les pattes de Nic Broca afin de mettre la pagaille dans le beau plan bien huilé de Dutillieu qui, ne l’oublions pas, était copain avec Broca puisqu’il travaillaient ensemble à Belvision. Sinon comment expliquer qu’on ait retiré Spirou à Fournier, un auteur de talent et aguerri, pour le refiler à Broca, qui n’avait jamais dessiné de BD à cette époque.

Ma chasse est un peu maigre, hein ?

Au contraire, je trouve ça intéressant. Parce que tu mets des liens qui nous replongent dans la soupe éditoriale autour de ce qui était déjà devenu une licence. Tu faisais un peu plus haut la comparaison avec Marvel, et même si le parallèle est évident depuis la période Morvan, je trouve qu’il fait également sens ici : des décisions arbitraires qui ne tiennent compte ni du talent des auteurs ni du goût des lecteurs, des exigences de productivité, des consignes aberrantes et contre-productives…

En tout cas, merci pour tout ça.

Jim

Je relève ce passage de la présentation de ce livre, dans lequel nous aurons je l’espère quelques éléments plus solides :

"Pendant dix années passées à Bruxelles, le jeune François Walthéry réalise bien entendu des albums qui marqueront plusieurs générations ( Natacha , Les Schtroumpfs , Benoît Brisefer , Johan et Pirlouit , etc.), mais il vit surtout avec quelques-uns des plus grands auteurs de l’époque. Non seulement, il travaille avec Peyo ( Les Schtroumpfs ), Derib ( Yakari ), Gos ( Le Scrameustache ), Roger Leloup ( Yoko Tsuno ) et Marc Wasterlain ( Docteur Poche ), mais toutes ses sorties se déroulent auprès des figures marquantes des Éditions Dupuis: Franquin ( Gaston et Spirou ), Will ( Tif et Tondu ), Roba ( Boule et Bill ), Tillieux ( Gil Jourdan ), Yvan Delporte et les autres.
Témoin privilégié de leurs soirées délurées, Walthéry revient en détails sur des moments importants, comme la création de Natacha ou le choix du repreneur de Spirou , ainsi les tours pendables que ces grands enfants se sont joués les uns aux autres.

Et avec les années, l’esprit facétieux de Walthéry ne l’a jamais quitté. Il a par la suite réalisé les 400 coups dans les festivals de bande dessinée, aux côtés de Cauvin et Lambil ( Les Tuniques bleues ), lorsqu’il ne réunissait pas tous ses confères à la Police de Liège pour apprendre à tirer avec de vrais revolvers sur des cibles qu’ils avaient peintes. Sans oublier ses aventures avec le chanteur Renaud, ainsi que d’autres hauts faits (et méfaits) haut en couleur!"

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Merci pour l’info.
Je vais en profiter pour créer un sujet dans la section correspondante.

Jim

Il y a quelques semaines, j’ai relu le très chouette diptyque de Fournier constitué de « Kodo le tyran » et « Des haricots partout ». Et vraiment, quel plaisir.

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Donc, Spirou et Fantasio décident d’aller découvrir le Çatung, un pays fermé, visiblement dominé par une dictature, et auquel les étrangers n’ont pas accès. La seule tâche de se rendre là-bas est déjà prétexte à de nombreuses aventures, à la description de personnages intéressants et amusants, et à une avalanche de péripéties qui n’empêchent pas l’auteur de glisser quelques allusions à la politique.

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Mais c’est une fois qu’ils sont à l’intérieur que les choses deviennent frénétiques. En effet, Fournier recourt aux mécaniques du quiproquo et du vaudeville, avec confusion d’identités, parcours qui se croisent, trajectoires contradictoires et tout ça. C’est parfaitement huilé, bien rythmé, jusqu’au télescopage final (et explosif) qui permet de créer un cliffhanger et d’annoncer le deuxième volet de l’aventure. Mention spéciale à la petite tortue amoureuse de Spip, qui est toujours au bon endroit au bon moment.

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Le deuxième volet, donc, continue sur le même rythme, mais les héros commencent à prendre en main l’intrigue, plutôt que la subir. Fournier donne notamment beaucoup d’importance à Fantasio, qui est rusé, plein d’initiative, très courageux, sans perdre son sens de la dérision. Puis le tandem est réuni, Spirou trouve des alliés et passe à l’action. Côté humour, Fournier nous fait rencontrer des personnages dont les noms sont des jeux de mots qui font mouche.

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Je me rends compte que ce diptyque marque la fin de la période Fournier. À la lumière de ce que nous disait @gb666, c’est d’autant plus dommage qu’il ait perdu la série, car il y faisait un chouette boulot, construisant des intrigues solides et distrayantes et tenant bien ses personnages.

Jim

Tiens, j’ai envie de les relire, maintenant.

Tori.

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Le Spirou et Fantasio le plus adulte de la série, et assurément un de mes préférés. Tome et Janry signent là leur petit chef-d’œuvre, et on sent que tous leurs albums précédents ont mené à celui-ci. Dommage que les auteurs qui ont suivi n’aient pas gardé cette nouvelle ambiance pour la suite.

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Sans doute parce que je crois que cet album a été mal perçu par une partie des fans.

Et c’est bien dommage.
Pour ma part, j’ai adoré aussi. Autour de moi, il a fait un franc succès aussi.
Peut-être est-ce l’éditeur qui a pensé que ça serait mal perçu par une partie des fans.

Jim

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Au-delà de la réception de cette histoire (en magazine puis en album), ça m’a l’air de correspondre aussi à la période où le Spirou enfant (du même duo) s’avère plus populaire que la version adulte (du coup moins prioritaire, avec écart conséquent de 6 ans entre les tomes 46 & 47, sans oublier le tome avorté de Tome/Janry, dans la même veine graphique que Machine qui Rêve tout en renouant avec une tonalité plus proche des précédents volumes).

Machine qui Rêve (entre autres) est évoqué dans ce documentaire :

Tu peux nous en dire plus ?

Et merci pour le lien.

Jim

Là :

Merci.

Jim

Les planches ont également été publiées par la suite dans la dernière intégrale consacrée aux travaux du duo sur Spirou.

Oh bah zut, pour une fois que je ne prends pas une intégrale parce que, justement, j’ai quasiment tout en album…

Jim

Avec une astuce narrative en rappelant une autre rétrospectivement (dix ans plus tard), assez similaire dans sa finalité (le héros, son double & la blonde).

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Cest6 vrai qu’il y a un p’tit quelque chose.