STAR TREK : LA SAGA EN COMICS

Super-Team Family : Star Trek & Batman & Les Outsiders

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La couverture du #33 par Jerry Bingham :

La couverture du #64 (vol.2) par Bill Sienkiewicz :

Dan Curry :

STAR TREK vol.2 #1 à 3 :

En 1988, le studio Paramount est entré dans une phase de renégociation avec les partenaires de la licence Star Trek. Ce qui a conduit DC Comics a annulé la bande dessinée en cours, après 56 numéros, 2 annuals et deux adaptations de longs métrages. Les discussions se sont tout de même bien passées pour l’éditeur puisque le contrat a été reconduit, prolongeant la collaboration sur sept ans, une deuxième série de 80 épisodes accompagnée de numéros spéciaux, annuals et one-shots. Le nouveau contrat fut plus restrictif, empêchant les auteurs d’utiliser certains personnages comme ceux du dessin animé (alors que Arex et M’Ress avaient fait quelques apparitions dans le volume 1).

Le volume 2 de Star Trek version DC a en grande partie été écrit par le regretté Peter David et Howard Weinstein, deux trekkies de la première heure à qui l’on doit aussi de nombreux romans sur cet univers (parmi les autres scénaristes, on remarque aussi la présence d’un certain J.M. Straczynski, alors peu connu, au #16). L’essentiel de leurs histoires se déroule entre le cinquième et le sixième long métrage, étoffant certains éléments comme la prise de commande de l’Excelsior par Hikaru Sulu. Il y aussi des épisodes qui remontent un peu plus loin dans le passé, avec des aventures inédites se déroulant pendant la première mission de cinq ans de Kirk & Cie.

Avant cela, les premiers épisodes du comic-book signés par Peter David prennent place directement après la fin de l’un des opus cinématographiques les plus faibles de la saga (même si je l’aime bien quand même…et que je le trouve moins ennuyeux que le premier), Star Trek V : L’Ultime Frontière. S’il y a toujours des soucis techniques à régler, le nouvel Enterprise est enfin opérationnel et son équipage peut remplir les missions qui lui sont confiées. La narration en BD permet de développer un peu plus les protagonistes trop souvent réduits à leur fonction à l’écran, permettant ainsi à Uhura, Scotty, Sulu et Chekov d’avoir plus de scènes.

Peter David met dans un premier temps en avant les interactions souvent savoureuses entre Chekov et Sulu, insistant également sur le succès de ce dernier auprès de la gente féminine à travers les accrochages de deux nouvelles membres d’équipage pas insensibles à son charme. Son talent pour les dialogues s’exprime également à travers le ping-pong verbal de la trinité du Trek classique, Kirk/Spock/McCoy, et c’est souvent jubilatoire. Il y a de bons gags (ce sens de l’humour propre au scénariste), beaucoup de rythme et de fluidité dans cette lecture très agréable, aussi bien dans les discussions que dans l’action physique et spatiale (Peter David s’amuse à faire revenir Klaa, le jeune capitaine klingon de Star Trek V).

Les comics Star Trek de DC fonctionnent sur une structure feuilletonnante (alors que ce n’était pas vraiment le cas du titre Marvel de 1980), avec des arcs de plusieurs chapitres et des fils rouges qui nourrissent les intrigues de mois en mois, tel l’insistance de l’ambassadeur klingon (joué par John Schuck au cinéma) pour amener Kirk devant la justice de son peuple. Peter David créé également un nouvel ennemi, un fanatique appelé le Salla, bien décidé à se débarrasser de Kirk qui a remis son pouvoir en question. Les rebondissements efficacement illustrés par James Fry (malgré quelques petites faiblesses, la partie graphique est pas mal du tout, expressive…on reconnaît bien les différents acteurs…et énergique) ne manquent pas et la manière toute particulière qu’a Kirk de régler une affaire diplomatique m’a bien fait sourire…même si cela risque de se retourner contre lui car des alliances se nouent pour planifier sa chute…

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STAR TREK vol.2 #4 à 6 :

Suite à ses actions de l’épisode précédent, le capitaine Kirk se voit désigner un officier protocolaire, chargé de le surveiller pour qu’il respecte à la lettre les règles de la Fédération. Alors qu’il s’attendait à un vétéran inflexible, c’est une belle jeune femme qui débarque sur l’Enterprise. Kirk étant Kirk, il essaye d’abord de l’impressionner mais ses tentatives ne fonctionnent pas, notamment à cause de la franchise du docteur McCoy. Peter David joue principalement sur l’humour, ce qui était l’une de ses forces, en tournant un peu en ridicule le côté charmeur du capitaine Kirk.

Parallèlement, le scénariste mène toujours aussi bien ses petites sous-intrigues, le triangle entre Sulu, l’enseigne Myra et le lieutenant Li; un tendre échange entre Scotty et Uhura qui règle une question réglée en suspens depuis Star Trek V : L’Ultime Frontière (Peter David a certainement pensé qu’une possible relation entre les deux était un peu trop forcée…j’avais aussi trouvé que c’était sorti de nulle part); et ce pauvre président de la Fédération qui doit superviser avec peine les échanges (assez amusants grâce à la plume de David) entre le Salla et l’ambassadeur Klingon concernant le sort du capitaine Kirk.

Il se passe donc pas mal de choses dans ces numéros de Star Trek et l’Enterprise trouve aussi le temps d’accomplir une mission délicate sur une planète qui doit faire à une épidémie touchant des classes jugées « inférieures » par un préfet qui a décrété que seuls les riches sont dignes d’être sauvés. Une situation tendue…et une solution pas vraiment orthodoxe va être trouvée par un nouveau membre de l’équipe de sécurité qui était jusque là utilisé comme élément comique. Son comportement devient alors très intrigant, ajoutant plus de nuances à sa caractérisation…

Le suspense vient aussi de l’incertitude planant sur le futur de Kirk. Le Salla et le Klingon veulent la tête de Kirk et ils reçoivent l’aide inattendue d’un vice-amiral qui ne cache pas vraiment son dédain pour les méthodes non-conformistes du capitaine Kirk, selon lui très dangereuses pour la Fédération. Et au grand dam du président, le vice-amiral Tomlinson propose son plan pour régler la question une bonne fois pour toutes…

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STAR TREK vol.2 #7 à 9 :

Depuis le début du volume 2 de la série Star Trek de DC Comics, l’ambassadeur klingon et le fanatique Salla se livrent à une petite guéguerre pour savoir qui mettra la main sur le capitaine Kirk. Le président de la Fédération tente de régler la situation de manière diplomatique mais il n’est pas aidé par un vice-amiral pour qui Kirk est un élément rebelle dont Starfleet devrait se débarrasser. Pendant ce temps, la prime placée sur la tête du capitaine de l’Enterprise complique les missions du vaisseau, à un tel point que les habitants d’une planète instable préféreraient être sauvés par un autre équipage plutôt que d’embarquer sur un engin devenu une cible ambulante…

Peter David continue son intrigue principale avec un arc narratif en 3 chapitres (qui s’étend donc du #7 au #9) faisant intervenir un nouveau personnage, le chasseur de primes appelé Sweeney (au centre d’un chouette running-gag). Le scénariste prépare soigneusement ses apparitions en insistant sur son caractère impitoyable, avant de le dévoiler totalement à la fin du septième épisode, amenant un croustillant décalage avec ce qui s’est déroulé précédemment. Peter David joue très bien sur cette surprise qui déstabilise nos héros au point qu’ils se font capturer par Sweeney…mais Kirk et Spock ont toujours un plan en réserve…

Le rythme ne faiblit pas tout au long des deux chapitres suivants, avec cet équilibre entre action, suspense et humour que savait très bien manier le regretté Peter David. Les interactions et dialogues sont jubilatoires et le récit passe avec fluidité d’une unité de lieu à l’autre (la planète en danger, le vaisseau de Sweeney, l’Enterprise, le bureau du président de la Fédération où le klingon et le Salla ne cessent de se ridiculiser). Graphiquement, cela reste assez bon même si je trouve que James Fry était plus régulier sur les six premiers numéros…et détail gênant, le coloriste a du s’emmêler les pinceaux en donnant à la peau de Sulu le même jaune éclatant que celle du Salla.

Après cette rencontre mouvementée qui a bien failli saboter leur mission de sauvetage, le capitaine Kirk prend la seule décision possible à ses yeux pour éviter que ce genre de chose recommence : se rendre aux autorités de la Fédération et défendre son cas face à ses accusateurs dans un procès en bonne et due forme…

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STAR TREK vol.2 #10 à 12 :

Peter David a terminé sa première année sur le volume 2 du comic-book Star Trek de DC Comics avec un arc en trois parties au titre qui veut tout dire : Le Procès de James T. Kirk ! Afin d’en finir une bonne fois pour toutes avec l’épineuse situation déclenchée par l’ambassadeur Klingon (pour des faits qui lui sont reprochés depuis le troisième long métrage, À la recherche de Spock) et le Salla, Kirk accepte de s’expliquer devant un jury…et bien entendu ses adversaires ne vont pas lui faciliter la tâche…

Pendant trois numéros, Peter David délaisse l’action pour se concentrer sur les différents protagonistes et leurs développements. Parallèlement au procès, le scénariste aménage des petits moments pour chacun d’entre eux, entre Scotty qui vient rendre hommage à son neveu mort en service, une discussion entre Uhura et R.J. Blaise, Sulu qui règle la question entre les lieutenants Lin et Myra et le sort de l’enseigne Fouton après sa décision prise contre le détestable Préfet de l’épisode 6.

Le fameux procès permet aussi à David de ramener plusieurs noms bien connus de la série classique, comme l’avocat Sam Cogsley, le gangster Bela Okmyx ou encore Leonard James Akaar, tous apparus dans des épisodes des deux premières saisons. Les dialogues parfaitement ciselés de Peter David font de ces trois chapitres bien bavards (normal pour un procès) un véritable plaisir de lecture qui puise toujours efficacement dans la continuité du petit et du grand écran pour nourrir les aventures papier de la patrouille du cosmos.

La conclusion est aussi concise qu’explosive…et heureuse pour Kirk…tout en gardant quelques éléments en suspens pour la suite, notamment la révélation de la véritable identité du vice-amiral Tomlinson (et vu sa nature belliqueuse, ce n’était pas si étonnant). Aux dessins, James W. Fry passe les crayons à partir du #11 au bon Gordon Purcell, déjà très à l’aise sur cet univers (il est resté jusqu’au #44…avec des petites pauses…avant de dessiner des épisodes du comic-book de The Next Generation).

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Et avant mes deux derniers billets sur cette série DC (il ne me reste que 4 épisodes), un petit point sur le reste de la production trekkienne de l’éditeur.

Parallèlement aux deux volumes de Star Trek TOS (The Original Series), DC a également publié deux titres consacrés à l’équipe de The Next Generation.

Une mini-série en 6 épisodes en 1988

Et une longue série de 1989 à 1996, 80 numéros, 6 annuals et 4 numéros spéciaux.

Et pour être bien complet, il faut aussi ajouter les deux mini-séries Modala Imperative, dont l’intrigue s’étend sur les époques de TOS et Next Generation.
(couvertures par un Adam Hughes qui ne signait pas encore AH!).

STAR TREK vol.2 #13 à 15 :

Après avoir capté des signatures d’énergie sur une planète qui n’abrite pourtant pas de signes de vie, le capitaine Kirk part enquêter sur place avec une petite équipe. À peine arrivés, ils sont rapidement attaqués par un robot qui défend un vaisseau abandonné là depuis des centaines d’années. Grâce au Dr McCoy, la machine est immobilisée et à l’intérieur de l’engin, les explorateurs découvrent plusieurs tubes cryogéniques. Leurs cinq occupants sont réveillés et c’est à ce moment que nos héros apprennent qu’il s’agit de l’équipage connue sous le nom des Dignes, des voyageurs spatiaux dont la réputation est devenue légendaire au fil des siècles.

L’essentiel de cet arc narratif en trois parties tourne alors autour du rapport entre la réalité et la déformation de celle-ci tout au long de récits transmis depuis de nombreuses années sous différentes formes, une expression de la tradition orale. Le leader des Dignes sait aussi raconter des histoires qui passionnent les membres d’équipage venus l’écouter…mais au fur et à mesure, les Dignes vont exprimer leurs fêlures et ainsi effriter ce trop beau portrait. Beau travail de caractérisation de la part de Peter David qui a collaboré avec un co-scénariste, Bill Mumy, aux nombreuses activités puisqu’il est acteur, producteur, écrivain, musicien…

Enfant star des années 60, Bill Mumy a joué pendant trois ans le rôle du petit génie Will Robinson dans la série des sixties Perdus dans l’espace. Sa participation à ces trois numéros de Star Trek n’est donc pas étonnante puisque les Dignes sont clairement un hommage direct à la famille Robinson…il y a aussi un enfant génie (bien tête à claques avant d’en savoir un peu plus sur lui) et le robot est très protecteur. Indice supplémentaire, le « Danger ! Danger ! » en accroche de la couverture du #13, clin d’oeil à la phrase la plus célèbre de Perdus dans L’Espace.

Le parcours des Dignes au sein de ce futur lointain dans lequel ils se sont réveillés ne sera pas de tout repos mais les officiers de l’Enterprise sauront leur prodiguer aide et conseils nécessaires…ainsi que de l’espoir et un nouveau but dans la vie, beau cadeau entre deux générations d’explorateurs de l’espace…

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STAR TREK vol.2 #19 :

« Le Retour des Dignes » fut le dernier arc écrit par Peter David pour le volume 2 de la série Star Trek de DC avant de laisser la place à l’autre scénariste régulier du titre, Howard Weinstein (qui avait débuté sur la franchise avec un épisode de la série animée des années 70). PAD n’en avait pas fini pour autant avec cet univers puisqu’il a écrit plusieurs romans couvrant les différentes séries télévisées, ainsi que quelques numéros spéciaux pour les comics. C’est le cas de ce #19, centré sur un jeune dont on apprend la mort dès la première page.

Once a Hero parle en effet de ces hommes chargés de la sécurité que l’on voit généralement en arrière-plan des personnages principaux et dont la « fonction » principale est hélas de mourir pour appuyer sur le danger d’une scène. C’est l’archétype du Red Shirt, d’après la chemise rouge portée par ces agents dans la série classique…et remplacée par la combinaison vue à partir du premier long métrage Star Trek.

L’enseigne Lee était un jeune homme enthousiaste qui n’a pas pu exprimer tout son potentiel car il a donné sa vie en protégeant son capitaine lors d’une mission qui a mal tourné. Lee est d’abord vu à travers les regards de ceux qui l’ont à peine connu (tout comme Kirk lui-même ne le connaissait pas…avec un équipage aussi important, ce n’est pas si étonnant) avant de revenir sur l’événement tragique qui a constitué son unique mission sur le terrain. Même si on en connait l’issue depuis le début, Peter David a su rendre le moment palpitant dans l’action et touchant dans sa conclusion.

Cette histoire brillamment construite se referme sur un éloge funèbre qui s’éloigne du texte officiel recommandé par Starfleet pour personnaliser cette perte, pour que l’enseigne Lee soit plus qu’un simple autre homme dans les rangs, qu’un garde facilement remplaçable. L’humanité du discours final de Kirk touche juste…du Peter David à son meilleur…

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CINQUIEME PARTIE : MALIBU COMICS (1993-1996)

De 1984 à 1996, DC Comics a donc publié des comic-books sur Star Trek : The Original Series et Star Trek : The Next Generation. Dans la première moitié des années 90, ce n’était pas la seule maison qui produisait des BD Trek puisque le petit éditeur Malibu, fondé en 1986, avait réussi à obtenir les droits de la série TV Star Trek : Deep Space Nine.

De août 1993 à décembre 1995, Malibu a prolongé les aventures de Sisko & cie tout au long d’une série de 32 épisodes, des annuals, des one-shots et même un crossover avec The Next Generation co-publié avec DC.

Malibu avait l’intention de poursuivre avec Star Trek : Voyager, il y a même eu des illustrations promotionnelles parues dans les revues de l’époque, mais ces plans ont été abandonnés suite au rachat de l’éditeur, qui connaissait de nombreux problèmes, par Marvel. Ce qui a permis à la Maison des Idées de récupérer la licence, quatorze ans après la fin de leur premier comic-book Star Trek. Une deuxième ère marvellienne qui sera racontée dans les prochaines parties…

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SIXIEME PARTIE : MARVEL (II) (1996-1998)

Suite à l’acquisition de Malibu Comics par Marvel, Paramount a procédé à une nouvelle renégociation de sa licence Star Trek. Marvel Comics a donc pu récupérer les droits et proposer un programme de publication plus intéressant que celui de 1980, avec plusieurs séries régulières (réunies par un crossover pour fêter la fin de la première année), one-shots et mini-séries, en ouvrant les festivités avec une rencontre qui a du étonner les trekkies, Star Trek/X-Men (qui a été suivie par une deuxième histoire avec l’équipage de The Next Generation ainsi que par un roman).

Pour les séries régulières, Marvel a privilégié les séries du moment avec des titres Deep Space Nine et Voyager. La série classique et La Nouvelle Génération se sont partagés les pages du trimestriel Star Trek Unlimited. Il y a eu aussi des nouveautés comme Star Trek Early Voyages sur les aventures du Capitaine Pike, qui commanda l’Enterprise avant Kirk (un Strange New Worlds avant l’heure), et Star Trek : Starfleet Academy sur un groupe de jeunes cadets.

Parmi les derniers titres avant l’inévitable changement de maison (Paramount a arrêté les frais après un peu moins de deux ans pour raisons économiques), il y a eu un one-shot sur l’univers Miroir par Tom DeFalco et Mark Bagley et la mini-série Untold Voyages, qui a fait le lien entre les deux premiers longs métrages.

Sur tout cela, je n’ai que l’intégrale de la très bonne série Early Voyages. Je la détaillerai donc dans les semaines à venir…dès que j’aurais commencé la relecture…







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Marc Silvestri :

Cary Nord :

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