SUBMERMAN (Lob / Pichard)

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Alors, puisqu’on en parle…

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Submerman est apparu en 1967 dans Pilote. La série développe une tonalité rêveuse et poétique. Les commentateurs ont relevé le fait qu’il s’agit là d’une parodie de super-héros, et la sonorité le rapproche souvent de Superman, mais Aquaman n’est pas cité souvent (et pas du tout dans ce que j’ai pu lire).

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Le personnage, blond joufflu à l’allure bonhomme, est le souverain de la “cité des fonds-jolis”, un royaume sous-marin découvert par le Commandant Goujon et exploré par la suite par le Docteur Lob et le Professeur Pichard, qui apparaissent souvent vêtus en plongeurs (de sorte qu’on ne voit que leurs regards).

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Pour ma part, j’ai le recueil de petits histoires paru dans la collection 16/22 de Dargaud, et imprimé avec une légère trame qui évoque les comics de notre enfance : c’est du meilleur effet. Le recueil s’intitule “Les Mémoires de Submerman”, et porte bien son titre : on y découvre les origines du personnage, mais on y explore aussi le royaume, la faune, les relations commerciales que ce monde entretient avec “ceux de l’au-delà de l’eau”, à savoir les gens de la surface. C’est le seul volume que j’ai, mais je trouve qu’il constitue une chouette introduction à cet univers féerique et poétique.

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Les situations sont décalées, symboliques, traitent de sujets graves sur un ton rigolard, adoptent une approche farfelue et un peu surréaliste. Lob s’amuse à bâtir un monde de fiction qui cumule les jeunes de mots légers (les bergers aquatiques élèvent des “nigauds”, des poissons inoffensifs dont la chair est convoitée par des prédateurs qui les attrapent… et qu’on appelle des “attrape-nigauds”) et les belles images fortement connotées (les éponges, ou encore les parapluies, qui servent à dénoncer la pollution ou le mercantilisme…). Les métaphores sont à la fois saugrenues et pertinentes. Ma petite préférence revient sans doute à l’histoire du serpent de mer, très jolie variation sur le mythe de Noé.

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Apparemment, il existe aussi deux albums grand format, sorti chez Glénat en 1976 (“Submerman”) et 1978 (“Le Peuple de la mer”), rassemblant selon toute vraisemblance des pages en noir et blanc.
Plus récemment, une intégrale est sortie en début d’année 2018, dans la collection “1000 feuilles” de Glénat. Et apparemment en noir et blanc également, puisqu’elle assemble le matériel des deux albums précédents.

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C’est une jolie série, Submerman, rigolote, charmante, dénonciatrice, poétique, rêveuse (dans la société des “Aquatiques”, rêveur est un métier). Dont je ne connais pas tout, mais ma foi, cette intégrale est peut-être l’occasion de rattraper mon retard.

Jim

Oui, j’ai vu ça ! Faut que je surveille !
Mais tu sais si ça contient les pages du 16/22 ?

Je soupçonne que non.
BDGest, qui est en général assez fiable sur la question, ne cite que les deux albums Glénat. Qui plus est, le 16/22 est sorti chez Dargaud, donc peut-être qu’il y a des soucis de droits qui font que ces récits ne passeront pas d’un éditeur à l’autre.
Là encore, j’en sais rien, je n’ai pas l’intégrale. Mais le faisceau de présomptions s’épaissit.

Jim

Tu me donnes envie de chasser …

Pour le petit Dargaud ? Les 16/22, ça tourne encore un peu, on en trouve encore, mais ça commence à se faire rare…

Jim

Oui, oui … pour ça !
ça va m’amuser de chercher …

Héhé…
L’instinct du chasseur-cueilleur.

Jim

La petite structure éditoriale Le Carnoplaste édite des fascicules comprenant une nouvelle à chaque fois, de trente pages, sous un titre inventé par Robert Darvel et une couverture dessinée par Fred Grivaud.
Le dix-neuvième livraison s’intitule Sous les Sargasses, et propose une nouvelle de François Corteggiani (hélas maculée de coquilles), dans laquelle l’auteur livre un véritable hommage à Submerman. Le héros des océans est nommé, et une partie de l’action se déroule dans la fosse Lobépichard. C’est très amusant, écrit dans une verve rabelaisienne, mais ça aurait été vraiment épatant avec une relecture digne de ce nom.

Jim

Tiens, Dilicom ne répertorie aucune de leurs sorties après 2011, bizarre…
Je me laisserais bien tenter par certains de leurs titres : Jeanne d’Arc au pôle Nord me semble prometteur !

Tori.

J’en ai une petite quinzaine, mais pas encore tout lu…

Jim