C’est aussi un film qui a permis à la critique snob, celle qui affectionne un art noble et pas un art populaire, d’affecter de découvrir enfin un grand réalisateur : parce que bon, saluer sa maestria sur Terminator, Aliens ou autre, c’est un peu dégradant.
D’un coup, tout un pan de la critique comprend des trucs qui étaient pourtant évidents pour qui avait suivi la carrière de Cameron.
Et ceux qui ont suivi la carrière de Cameron, justement, ont compris comment il pouvait en arriver là. Parce qu’ils ont suivi Abyss et la passion du réalisateur pour tout ce qui est sous la surface. Aussi parce qu’ils ont saisi des thèmes récurrents, genre le couple impossible (Connor / Reese, Ripley / Hicks) ou en reconstruction (Virgil et Lindsey Brigman), et que Rose et Jack, c’était le réalisateur qui prenait sa propre fixette et la retournait comme un gant.
Et puis bon, c’est la culmination d’un propos social qui traverse toute sa filmo jusque-là. Le film s’appelle « Titanic », il parle du bateau et de tout ce qu’il y a derrière : un monde de castes qui mise sur un positivisme aveugle (ça ne nous rappelle rien ?), destiné à s’effondrer. Tout ça, on l’a précédemment, mais avec bien souvent seulement le côté prolo : Sarah Connor ou Virgil Brigman, ce sont des petites mains d’un système qui les exploite. Avec Titanic, il met Rose en avant, comme représentante du système (comme il est dit par quelqu’un ici, elle s’en fout, elle s’envoie en l’air… mais elle finira par y retourner, à sa caste, car elle ne vit aucune prise de conscience sociale).
Tout est déjà là, dans sa filmo : le feu, l’acier, l’eau, le couple, la lutte des classes. Mais là, d’un coup, il fait un « film en costumes », alors la critique le redécouvre.
Le film est très bien jusqu’à la bataille en Germanie.
Après, c’est nul.

Jim