TALES OF EARTH-6 : A CELEBRATION OF STAN LEE (collectif)

Il y a un peu plus de 20 ans (cette initiative avait débuté à l’automne 2001), Stan Lee a réinventé l’univers DC tout au long d’une série de one-shots regroupés sous la bannière Just Imagine Stan Lee….

Le mois de décembre 2022 marquera le 100ème anniversaire de la naissance de Stan Lee. À cette occasion, DC rendra hommage aux héros de la « Terre-6 » avec un numéro spécial composé de 10 histoires courtes inédites.

Ci-dessous deux couvertures et un aperçu du segment signé Jerry Ordway :

Written by MICHAEL USLAN, MARK WAID, JERRY ORDWAY, KENNY PORTER, STEPHANIE WILLIAMS, MICHAEL W. CONRAD, BECKY CLOONAN, COLLIN KELLY, JACKSON LANZING, STEVE ORLANDO, ZAC THOMPSON, and MEGHAN FITZMARTIN
Art by LEE WEEKS, KEVIN MAGUIRE, JERRY ORDWAY, KARL MOSTERT, JUAN FERREYRA, ANTHONY MARQUES, PABLO M COLLAR, MAX DUNBAR, and HAYDEN SHERMAN
Cover by JIM CHEUNG
Batman variant cover by STEVE BEACH
Justice League variant cover by RILEY ROSSMO
Green Lantern variant cover by JASON HOWARD
Sandman variant cover by KELLEY JONES
Superman variant cover by ARIEL COLON
Shazam variant cover by KYLE HOTZ
Flash variant cover by CHRISTIAN WARD
Wonder Woman variant cover by CLAYTON HENRY
Aquaman variant cover by JORGE CORONA
Catwoman variant cover by DAN PANOSIAN
1:25 variant cover by CULLY HAMNER
$9.99 US | 96 pages | Prestige | One-shot (all covers are card stock)
ON SALE 12/27/22
Over 20 years ago, Stan Lee reimagined the entire DC Universe. A criminal turned nocturnal warrior for justice, a champion from the Brazilian Amazon, an intergalactic lawman, and more sprang to existence from Stan’s mind with the help of Michael Uslan. To celebrate the legendary comic book icon’s 100th birthday, dive into 10 new adventures featuring his version of the DC Universe! Batman faces down a villainous new threat, the Choker! Green Lantern digs deep when Nekron arrives to consume the World Tree! The Justice League teams up with a familiar face in order to save the day! Shazam ventures into a top-secret facility to face off against a mind-blowing (and brain-burgling) enemy! The Flash uses her time-bending speed abilities to attempt to reverse the tragedies of her past, but may rob herself of her powers in the process! Chaos ensues when Wonder Woman becomes the editor of the National Exposer!

Sacré souvenir.

Très bizarre, comme souvenir, d’ailleurs : dans l’ensemble, la collection était assez décevante, et pourtant ça faisait assez rêver. Sans doute le nom de Stan lui-même, aussi la présence de bons dessinateurs, et puis les looks des persos. Et les back-ups, qui étaient parfois l’élément le plus intéressant des numéros.

Jim

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Oui.
En fait, chaque concept était bon en soi, mais l’exécution était faiblarde.

Un aperçu de l’histoire de Batman par Michael Uslan et Lee Weeks :

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Lee Weeks… purée. Perso, je kiffe.

Il est quand même étrange que seul DC « fête » le 100e anniversaire de la naissance de Stan Lee, figure incontournable de Marvel. Ce bon Stan n’a réalisé que la série des Just Imagine chez DC, la réimagination des grands personnages sous sa vision.
Et pourtant, c’est bien DC qui « fête » l’événement, avec un très gros one-shot où plusieurs auteurs reprennent ces personnages, pour de courtes aventures.
Surprenant, donc, mais la plongée dans cet ensemble est agréable, même si l’exercice a une ambition limitée… et des segments bien faibles.

L’ensemble commence par Choked par Michael Uslan et Lee Weeks. Ils montrent cet étonnant Batman (afro-américain, ancien prisonnier qui collabore avec l’équivalent d’Alfred dans une relation publique inversée [le héros majordome, l’assistant riche]) qui enquête sur un serial-killer qui étrange (choke) ses victimes, surnommé le Choker (oui, oui).
Bon, c’est très faible scénaristiquement. Michael Uslan est le producteur historique des adaptations Batman, il gère bien sa franchise mais écrit platement. Le name-dropping d’Hal Jordan n’a aucun sens (en commissaire, sans valeur ajoutée), et le Choker est bien piteux.
Bon, Lee Weeks assure : c’est magnifique, avec une super ambiance ; mais c’est lourd à lire.

On continue avec Make War No More par Mark Waid et Kevin Maguire. L’un des meilleurs segments, où ce Superman étonnant (belliciste, agressif mais gentil, un peu bourrin, qui protège la Terre pour que l’Humanité construise enfin des vaisseaux pour rentrer chez lui) en a assez d’attendre. Suite à des échange avec Jimmy Olsen, il décide d’arrêter les guerres, et donc de pousser ceux qui profitent des guerres à arrêter ; une never ending battle délirante.
C’est top, oui. Waid et Maguire s’amusent avec ce bourrin neuneu mais bien intentionné, qui impose la paix par la force. C’est fun, délirant, très bien dessiné et cool.
Très agréable.

On avance avec To New Beginnings par Stephanie Williams et Belen Ortega. La Wonder Woman sud-américaine dédiée à la Paix subit quelques remarques misogynes, cherche à avoir une vie sentimentale et accepte finalement sa double vie.
Simple mais efficace. Williams ne s’embête pas et livre un récit basique mais réussi, avec surtout un graphisme très réussi et agréable à l’oeil.
Rien de marquant, mais un bel ouvrage bien réalisé.

Palindrome enchaîne, avec Becky Cloonan & Michael W. Conrad et Pablo M. Collar. On voit la Flash (super-rapide grâce à l’injection d’ADN de colibri par son père, juste avant son meurtre) qui cherche à revenir en arrière pour sauver son père. Elle comprendra cependant que l’Univers a un plan, et qu’elle doit l’accepter pour en faire une force.
Pas mal, pas mal. Les auteurs gèrent bien ce récit temporel, avec un beau focus sur l’émotion via une voix-off réussie. Le graphisme est un peu simple, mais l’ensemble est plaisant et sympathique.
Bien mené, bien fichu.

On poursuit avec Behold Nekron par Kenny Porter et Karl Mostert. Le Green Lantern (choisi par Yggdrasil pour protéger la Vie sur Terre) est confronté à Nekron, un Galactus (du pauvre) qui dévore les Arbres de Vie et tue les planètes. Le GL ne réussit qu’en unissant les volontés des Humains pour survivre.
Bof-bof. Porter ne réussit pas grand-chose ici, dans ce récit un peu lourd et neuneu. Mostert livre une prestation simple, pas moche mais pas belle non plus. Ca a été vu vingt fois, et ça n’apporte rien.
Dispensable et lourd.

On a ensuite Contingency par Collin Kelly & Jackson Lanzing et Juan Ferreyra. Un agent secret s’enfonce dans une base ennemie et est pris par le psy-terroriste Mr Mind, mais libère Shazam, un démon terrible et violent qui anéantit tout.
Violent, brutal mais très efficace. Les auteurs gèrent bien la micro-tension générale, Ferreyra assure aux dessins et l’ensemble est classique mais très réussi. C’est bête et méchant, mais très agréable.
Régressif mais très bien.

On avance encore avec Toiling in the Titan’s Tempest par Zac Thompson et Hayden Sherman. Un récit anodin sur Aquaman, un type qui se transforme et manipule l’eau, qui affronte ici une mystérieuse tempête.
Dispensable, oubliable. Une intrigue basique, sans intérêt, avec un ton léger qui devient lourd tellement ça veut surfer sur le style bondissant de Stan Lee sur Amazing Spider-Man ; sans réussir. Graphiquement, c’est plutôt sympathique mais sans marquer vraiment.
Vite lu, vite oublié.

Vient ensuite The Cat and the Canary par Meghan Fitzmartin et Anthony Marques. La Catwoman (une top-model qui se transforme en mi-femme, mi-chatte) est gênée par sa concurrente, Dinah Lance, qui a ses meilleurs contrats. Elles sont toutes deux enlevées par un richard déviant, et Catwoman agit et se fait une nouvelle amie.
Moyen-moyen. L’idée de base du richard pervers est bonne, mais l’exécution est très faible, avec quasi aucun élément intéressant. C’est basique, et le graphisme est bien trop conventionnel.
Bonne idée, mise en pratique trop faible.

On approche de la fin avec Not Only In Dreams par Steve Orlando et Max Dunbar. On y voit un agent de Kobra qui attaque des proches du Sandman, cet astronaute qui a accès au monde des rêves. L’agent Kobra va revivre une expérience traumatisante, mais ira mieux ensuite.
Simple, sobre ; réussi sans être emballant. Orlando présente en creux le Sandman, livre un récit qui se veut émouvant mais n’y arrive pas. Ca se lit, hein, mais ça ne s’élève jamais ; comme tout ce que fait Orlando, au fond.
Graphiquement, c’est pas mal, mais sans plus. Un bon résumé de l’ensemble.

Enfin, on finit avec Trust par Jerry Ordway. Ce dernier écrit et dessine ce segment sur la JLA, équipe dysfonctionnelle qui doit gérer autant ses contrats publicitaires que le rejet du public après leur immobilisme suite à leur réunion (pour gérer la menace et Robin devenu Hawkman devenu le cosmique Atom). Ils embauchent Snapper Carr pour améliorer leur image, alors que Lois Lane tente de les aider en engageant un super-vilain pour les faire bien voir.
Bon, ça se lit mais j’ai du mal avec le principe du groupe qui ne s’entend pas, ne veut pas vraiment bien agir et se laisse vivre. Ordway gère bien l’ensemble, hein, et le graphisme est bon, mais c’est les bases de l’équipe qui ne me plaisent pas.

En conclusion, un gros one-shot, avec des segments hétérogènes, rarement loupés, parfois bons voire très bons.
Une bonne lecture entre les fêtes, pour ce retour un peu surprenant sur cette Terre-6 oubliée.

Chez Marvel, Stan Lee est fêté toute l’année.

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