THE BLACK KNIGHT #1-5 (Terry Kavanagh / Sergio Ariño)

(Ben Wawe) #41

Clap de fin pour cette mini-série Black Knight de Zenescope - fort classique, très prévisible, mais qui a mieux traité le principe du Black Knight de Marvel que Marvel eux-mêmes, ces dernières années.
Terry Kavanagh embraye sur un final basique, mais efficace. Peyton pleure un criminel mort en héros, fait le point, va stopper l’ennemie, découvre qui est le vrai monstre, résiste à la tentation de ramener son père mort, puis règle les affaires courantes après un combat fort à propos. Kavanagh se permet même deux ouvertures, un personnel pour Peyton, un autre pour permettre un retour du vilain qui s’avère être le célèbre Raspoutine ! Pas la pire des idées, après une saga mystique dans la mafia russe.
Je le répète : quiconque cherche de l’originalité dans le fond et la forme, ou qui cherche même un récit surprenant, n’est pas la cible de cette mini-série. Celle-ci vise “juste” à raconter une histoire classique, en suivant lentement mais sûrement les étapes, la procédure ; et ça fonctionne. Ce goût de comics à l’ancienne est plutôt agréable, comme un rendez-vous régulier, simple mais sympathique.
Sergio Arino participe à ce sentiment général, avec un style sans brillance, souvent un peu figé… mais propre, dynamique par moments, clair. Correct et professionnel - ni plus, ni moins. Cela s’adapte complètement à l’intrigue, et permet même de ne pas faire trop “putassier”, avec le costume improbable de l’héroïne.

Je ressors satisfait de cette mini-série.
Ho, elle a plusieurs défauts, et ça manque d’origine claire (même la première apparition de Black Knight de Zenescope n’en a pas vraiment ; elle récupère les pouvoirs des Books of Fables, elle est la nouvelle Black Knight, voilà). Ce n’est pas franchement exaltant, ce n’est pas très beau.
Mais… c’est efficace. Propre. Correct. Sérieux. A l’ancienne, surtout.
Et, aussi, cela demeure vraiment une reprise cohérente du principe de Black Knight de Marvel : le personnage extérieur à la magie qui en devient un héros (le scientifique Dane Whitman/l’avocate Peyton), l’incompatibilité de l’humeur du personnage avec une telle mission (Dane est direct dans sa prise de décision, Peyton se définit comme une “bitch” dans ses relations de travail), un rejet fondamental du coeur de ses pouvoirs (ni l’un, ni l’autre ne s’y intéressent à la base), et un côté “brut de décoffrage” dans la gestion des crises.
Cette mini-série aurait fait une très bonne version Ultimate. A l’heure des remplacements de Marvel, ça aurait pu faire une très bonne Black Knight chez Marvel (on a d’ailleurs eu une Black Knight par Joe Casey, sans suite) ; mais non.
C’est triste, en un sens, que l’éditeur Zenescope, si décrié pour ses couvertures et ses designs de filles légères, reprenne si sérieusement et correctement un principe si ancien de Marvel ; mais bon, ça fait une belle surprise !