THE GREEN LANTERN #1 (Grant Morrison / Liam Sharp)


(FC powaaaa) #41

Un nom que je connais, ça. Mais je ne sais plus d’où (mais c’est bon signe, déjà)


(Le Doc) #42

Il fut le principal lettreur des titres mutants de Chris Claremont…


(FC powaaaa) #43

Ah, d’accord … on va laisser Jim nous en dire plus, alors.


(Jim Lainé) #44

Encore mieux.
J’y avais pensé un instant, mais les lettres me semblaient un peu rigides.
Mais magnifique : un excellent lettreur, sur un titre prometteur.

C’est le lettreur associé à la première grande période de Claremont. Il arrive sur la série à la hauteur des épisodes de Byrne, et il continue jusqu’à la période Jim Lee. Il a mis en place un système de chaînage de bulles, qui se présentent sous la forme d’une enfilade, afin de caser les textes de Claremont tout en marquant les ruptures au sein d’un même flot de pensée. En plus, ça guide parfaitement le regard, même dans le cas d’une planches chargée en cases, en personnages et en dialogues.
Personnellement, je suis super fan.

Il vient de Detroit, où il a croisé d’autres futurs jeunes auteurs, comme Buckler, Milgrom ou Starlin (pour ma part, je crois qu’il y aurait un bouquin à faire sur ce que j’appelle “l’école de Detroit”, parce que c’était un véritable vivier de talents, Milgrom en parle dans une préface à un graphic novel de Starlin, je sais plus si c’est Death of Captain Marvel ou Dreadstar). Ce qui lui vaudra de lettrer des trucs comme Black Panther ou Captain Marvel.
S’il est resté célèbre pour ses Uncanny X-Men, il a aussi lettré les premiers Spawn, et il est très présent sur pas mal de titres Image des débuts. Par la suite, d’autres lettreurs reprendront son style, ce qui témoigne de son influence.
Je crois que c’est l’un des lettreurs qui ont réellement marqué une génération. L’autre, selon moi, c’est John Workman, dont Robert Kirkman s’inspire quand il fait ses lettrages au début de ses séries indés (et visiblement, il a passé la consigne à Russ Wooton).
Orzechowski, pour moi, c’est un gage de qualité en plus.

Jim


(とり) #45

Ah, tiens, c’est le lettreur qui s’occupe des bulles ?
Une fois qu’on le sait, ça semble logique, mais ce n’est pas évident d’emblée.

Tori.


(Jim Lainé) #46

Alors excellente remarque.
Et donc, pas toujours.

En général, le scénariste indique sur des fichiers l’emplacement de ses bulles (vu qu’il finalise ses dialogues souvent après le dessin, ça aide), et il envoie cela avec un fichier texte ne comportant que les textes numérotés.
Il y a une grosse quinzaine d’années, j’ai vu Todd Dezago indiquer les emplacements de bulles d’un épisode d’Impulse : il le faisait sur des tirages papiers des pages (c’était Carlo Barberi, je crois), et il les faxait, avec le textes des dialogues (qu’il doublait par mail).
Après, le lettreur récupère ces fichiers et pose les bulles en fonction des indications. Mais d’une part, ces indications sont plus ou moins précises et maîtrisées, d’autre part il a une marge de manœuvre. Il est d’ailleurs intéressant de voir que, quand Claremont n’est pas lettré par Orzechowski (ce qui n’arrive pas souvent, mais ça doit se trouver), les chaînages sont montés différemment, voire le procédé est différent (des ponts entre les bulles, par exemple).

Jim


(Ben Wawe) #47

Bon, ça démarre plutôt bien ; mais, comme souvent avec Morrison, il faudra voir sur la durée car, individuellement, le numéro n’est pas “exceptionnel”.
Après un prélude surprenant par sa sécheresse explicative mais intense dans sa SF, presque un long moment pré-générique en fait, on plonge dans le quotidien et l’intervention de Hal Jordan. Un Hal bien dans son principe et dans sa continuité, mais à nouveau avec un minimum d’explication, de justification sur sa situation ; c’est très froid, très sec une fois de plus. Pas forcément un mal, mais surprenant pour une relance.
Le coeur de l’intrigue n’est pas encore développé, mais ce qu’on voit ici est plaisant ; sans beaucoup plus, pour l’instant. C’est bien fait, bien écrit même si Morrison s’enferme dans cette rudesse narrative, et le final intrigue - il y a plus, il y aura plus évidemment, mais il va falloir attendre pour qu’on en apprenne plus.
En me lisant, on pourrait se dire que je n’ai pas aimé, ou que ce n’est pas bon ; ce n’est pas le cas. Mais je suis très surpris par cette sécheresse dans l’écriture, qui n’essaye en rien de faciliter l’approche du lecteur, réellement perdu dans tout ça. En outre, Morrison ne donne “rien” pour aimer Hal ou s’impliquer dans l’intrigue.
Bref, c’est déjà riche (beaucoup de très bons concepts SF) et ça donne envie de lire la suite… mais c’est très froid, aussi. Pas la faute d’un Liam Sharp, dont le style très détaillé a, en lui-même, cette froideur ; ses planches sont jolies et efficaces, mais c’est bien Morrison qui a fait ce choix.
Surprenant, mais intriguant. A voir la suite.


(Hush2 0) #48

Je suis pas loin de penser comme toi mais c’est le numéro auquel je m’attendais.

Il est vrai que la période Venditti semble être un lointain souvenir puisque Oa rééxiste, Hal se fait virer de job en job pour raison caractérielle, etc… Mais il fallait s’attendre à une rupture (le terme est mal choisi) et c’est le cas. Morrison élude pas mal de choses pour poser ses bases du “cop book” avec plein de SF (les arrières plans de Sharp sont hyper détaillés ou très stylés) et une colorisation un peu dégeu pour donner encore plus cette impression. J’avais l’impression de relire du Top10 dans l’esprit. C’est donc que c’est gagné en ce qui concerne la volonté de Morrison d’écrire une série policière.

Et si ce n’est pas exceptionnel, il engrange les cases à vitesse grand V comme si le format était trop coût. L’enchainement des scènes est d’ailleurs brutal par moment.

Mais je me méfie de Morrison comme de la peste. Je me souviens très bien de ses débuts sur l’excellent Batman inc. Ce book était cool, Morrison laissait Paquette dessiner Catwoman en vain. Et puis, il allume le pétard sans rien dire avec Spyral et paf, l’intrigue en était devenue prenante et géniale (j’ai de grands souvenirs de son batrun).

Finalement, c’est du Morrison pur jus qui veut présenter un style d’aventure avant son intrigue.


(Ben Wawe) #49

Oui, c’est pour ça que je suis sûr que l’ensemble du run rééquilibrera mon avis sur ce #1. :wink:

Idem !