THE LONG AND WINDING ROAD (Christopher / Pellejero)

Discutez de The long and winding road

Relecture discrète (parce que les effets ne sont pas trop appuyés, à part peut-être le passage chez Cécile, près de la Rochelle) de l’Odyssée, The Long et Winding Road marque la rencontre entre le scénariste Christopher et le dessinateur Rubén Pellejero. Le premier, je le connais pour la série Les Filles chez Carabas, tranches de vie qui ne me touchent pas. Le second, j’admire son dessin, sorte de réalisme épuré aussi gracieux qu’efficace.


L’album, sorti en grand format en 2016 chez Kennes, sera réédité en plus petit, sous une autre couverture et un autre titre, Le Commodore, l’année suivante, chez le même éditeur. La couverture de la première version, en plus d’évoquer l’esthétique psychédélique propre au sujet, me semble nettement plus belle. Mais j’ai quand même pris la seconde version, plus petite et plus facile à ranger (on en est réduit à des raisonnements tortueux, quand on collectionne).

Donc, Ulysse vient de perdre son père, dont les dernières volontés stipulent qu’il doit répandre ses cendres sur l’île de Wight, en hommage au festival auquel il a assisté il y a des années. Pour bien faire les choses, il doit effectuer le pélerinage au volant du van Volkswagen de son père. Le voyage, il le fera d’abord avec sa tante lesbienne puis aux côtés des trois complices rebelles et vieillissants de son géniteur. C’est donc l’occasion pour lui de découvrir ce père qu’il n’a pas réellement connu, et de mettre un peu d’ordre dans sa vie.


Alors c’est très sympathique. Je partais un peu méfiant, parce que les quêtes initiatiques tardives, les tranches de vie et les drames du quotidien, c’est pas réellement ma came. Mais l’astuce du scénario, la caractérisation (parfois alourdie par de gros pavés de dialogues), la construction et le rythme des séquences, chacun annoncée par un morceau d’une playlist laissée par le père défunt, donnent à l’ensemble un allant évident.


L’album s’ouvre sur une citation de Borges qui constitue la clé du récit et amène la chute de l’histoire, très jolie (et j’aime beaucoup la dernière séquence, pour ma part). C’est plutôt bien réalisé, même si j’aurais apprécié des choix plus affirmés au niveau du lettrage (par exemple, éviter de réduire le corps quand le texte est trop gros, ou mettre des guillemets pour les citations du journal du père : une fois de plus, le lettrage se résume à du remplissage de bulle, c’est l’enfant pauvre du franco-belge) et ça se lit très bien.

Jim

Ah, mais ça ne me disait rien quand tu l’as cité dans le coin des bonnes affaires, mais je me souviens l’avoir lu, en fait… Sauf que je n’en ai pas beaucoup de souvenirs.

Tori.

J’ai moi-même été surpris de bien apprécier.

Jim