THE PRESENCE (Tom Provost, 2012)

Tiens, je découvre un petit film de fantôme que je ne connaissais pas, The Presence, de Tom Provost.
Je dois avouer que c’est la présence de Mira Sorvino au générique qui m’a attiré.

La thématique me touche, personnellement : l’écrivaine isolée allant chercher l’inspiration dans la solitude et l’isolement, le thème du fantôme se greffant (au bout de plus d’une demi-heure) sur celui de l’inspiration et de la muse.
C’est classique (Shining, La Part des ténèbres), mais chez moi, ça marche toujours.
S’ajoute là-dessus une sorte de triangle amoureux pervers, éveillé avec l’arrivée du courtisan de l’écrivaine, et d’une couche de tentation faustienne.
C’est plutôt intéressant, quoique très classique là encore. Le mécanisme de dissolution des liens affectifs et sociaux est sans surprise, mais efficace.

L’intérêt du film me semble essentiellement formel. L’utilisation d’un décor de slasher classique (une cabane au fond des bois) pour y glisser un fantôme dans un filmage lent et contemplatif, tirant le meilleur des deux genres. C’est très calme, très immobile, avec un usage intéressant des lumières, les personnages sortant ou entrant dans l’ombre au gré de leurs propres révélations et de leur propre cheminement.
Attention, cette attention à la forme donne au film une épure qui confine au dénudement, une sobriété transformée en sécheresse, que rajoute l’absence de réels effets spéciaux tapageurs.
Tout le contraire d’une approche “décorative” que n’apprécie d’ordinaire pas Photonik, que je soupçonne d’être potentiellement client de ce film. Il y a, en tout cas dans les trente premières minutes, une approche minimaliste que ma maigre culture me porterait à comparer à un Ben Weathley par exemple, toute proportion gardée.
Je ne suis d’ordinaire pas très client d’autant de sécheresse (à peine deux lignes de dialogue en vingt minutes, j’ai un peu été décontenancé, au début), mais j’avoue que la gestion des apparitions du fantôme crée une atmosphère oppressante très efficace.

Assez étonnant, quoi.

Jim

Je vais tenter le coup, je ne connais pas encore mais les caractéristiques que tu évoques me parlent effectivement beaucoup. Et comme toi, je suis particulièrement sensible à la thématique de l’auteur confronté à l’isolement et donc à lui-même, ça amène des “effets d’extériorisation” du mental du personnage très porteurs sur le plan cinématographique (“Barton Fink” style, quoi).
Si tu as aimé l’expérience, peut-être devrais-tu te laisser tenter par les films de Kiyoshi Kurosawa, qui chasse avec beaucoup de brio sur ces terres-là. Benoît est en train de créer plein de threads sur sa filmo, c’est cool.

Le film n’est pas exempt de défauts, notamment la simplicité et la prévisibilité de son intrigue. Et la fin est un peu mollassonne. On peut aussi dire que certaines séquences de discussion au sein du couple sont bien moins originales en termes d’image.
Mais j’y trouve une sincérité assez intéressante, une honnêteté dans les moyens déployés.
Un petit film, mais qui a sa personnalité.

Qui plus est, les histoires de fantômes parlent certes toutes de rédemption et de pardon, mais reste à savoir qui est pardonné (voir le formidable épisode de Hellblazer par Gaiman et McKean…). Et là encore, je trouve que le film fait des choix intéressants.

Bref, je suis curieux d’avoir ton avis.

Oui, j’ai vu que ça se multipliait, je vais me renseigner.

Jim