« Qui sait quel mal se cache dans le cœur des hommes ? The Shadow ! » Le héros des années 30 revient sous la plume experte de Garth Ennis, l’auteur de The Boys. Tout commence par un carnage sur les quais de New York, qui plonge le mystérieux justicier dans une conspiration aux ramifications mondiales. Direction Shanghai pour le héros masqué et la jolie Margo Lane.
Je crois que c’est la première fois que je lis une aventure du Shadow. Alors je me doute que ça ne doit pas avoir grand chose à voir avec ses péripéties originelles, mais cette histoire se lit bien. On ne s’y ennuie pas, et le dessin d’Aaron Campbell est pas mal du tout.
Second volet des aventures de The Shadow, le célèbre héros des années 30. Le justicier perd ses pouvoirs mystiques et décide d’y remédier. Pour cela, il va parcourir le monde aux côtés de son acolyte Miles Crofton. Un périple qui le mène au Népal, où il va affronter des trafiquants d’opium, ainsi qu’en Espagne, alors en proie à la guerre civile. Il sera opposé au terrible El Rey et à la redoutable Black Sparrow.
Rhah j’aime bien cette série ! Les auteurs s’appliquent à en faire quelque chose d’assez proche des pulp’s, et c’est plutôt réussi. Aventure et ambiance noire sont au rendez-vous, y’a que le dessin qui est parfois trop statique ou un peu plan-plan.
Je suis en train de lire le premier tome, que je trouve d’une grande fluidité, Ennis parvenant à se montrer très clair tout en jouant la carte de la surenchère, avec un héros qui ne cesse d’accumuler les adversaires (tout le monde lui en veut).
En revanche, je m’étonne d’un truc, qui dénote assurément mon inculture en la matière : le texte de présentation en C4 ainsi qu’une scène à la fin du premier chapitre insistent sur les potentielles perceptions extra-sensorielles du Shadow, visiblement en mesure de visualiser l’avenir de ses interlocuteurs (c’est d’ailleurs plutôt bien pensé et ingénieusement expliqué).
Or, moi qui n’ai pas tout lu (j’ai un souvenir lointain des O’Neil, un peu plus précis des Chaykin et des Helfer, je me rappelle un peu des Gerard Jones situés dans le passé, mais je n’ai pas tous les épisodes…), j’ai plutôt, comme vision du personnage, celle d’un planificateur qui sait décrypter ses interlocuteurs et trouver les bons ressorts soit pour l’embobiner soit pour lui faire peur. Mais je n’ai pas l’impression d’avoir déjà croisé une version spécifiant qu’il dispose d’une sorte de double-vue, sous une forme ou sous une autre.
Est-ce spécifique à la version Dynamite, ou bien est-ce moi qui n’ai pas repéré cet aspect du personnage et qui souffre de ma propre inculture ?
Bon, c’est plutôt sympa, cette mini. Lamont Cranston se met au service des Américains afin de poursuivre ceux qui ont tenté de dérober une cargaison apparemment sans valeur, et surtout leur chef de gang. Le périple mène en Chine et fait se croiser des nazis, des Japonais, des Chinois, des Anglais. Peu à peu, on commence à entrevoir la nature de l’arme que toutes ces nations convoitent. Les ellipses entre épisodes sont parfois un peu brutales et demandent de l’attention de la part des lecteurs ; et parfois même au sein d’un épisode, surtout quand les deux parties sont dans des lieux similaires (un fleuve, des montagnes…). Les scènes de dialogues sont pas mal (même si je ne suis pas toujours convaincu par la traduction, qui me semble parfois passer à côté d’outils de jonction qui rendraient les échanges plus fluides).
Graphiquement, Aaron Campbell semble s’inspirer de Mike Perkins (surtout au début) ou de Michael Lark (surtout vers la fin, sans doute pour encaisser les délais serrés). C’est pas mal, mais un peu froid. Il y a cependant de belles planches de fusillade.
L’astuce du récit, c’est d’opposer au Shadow un comploteur qui est, d’une certaine manière, son pendant : un planificateur doublé d’un manipulateur, qui fonctionne sur des mécanismes comparables.