THE TOMORROW WAR (Chris McKay)

Bon ça y est, le doc va le voir, déjà, puis le reste du forum et deux fois, je pense, pour être sur d avoir bien repéré tous les pillages.

Pour ce film, sa place est dans un musée !

Oh, pas pour le moment…je n’ai pas Amazon Prime (ni Netflix…Canal Sat et Disney + me suffisent)…mais je pense que je finirai bien par le voir un jour…^^

Oui, là si on le voit passer ce sera difficile de resister à la curiosité.

Prends ton temps.

Pour moi la scène de bascule reste tout simplement celle d’introduction : Chris Pratt qui fait des grimaces (est-ce de l’incompréhension ? de la peur ? une gueule de bois qui ne passe pas ? le débat reste entier) en tournoyant dans de la bouillie multicolore en images de synthèse, ça pose le film tout de suite !

Bon, j’ai vu le bestiau. Est-ce que c’est un bon film ? Pas vraiment. Est-ce que c’est l’un des plus mauvais films (récents) que j’ai vu ces derniers temps ? Non plus. Je me suis beaucoup plus ennuyé avec un truc comme Bloodshot par exemple. Car dans ce spectacle boursouflé, trop long, mal écrit et qui recycle sans vergogne tout ce qu’il peut, il y a tout de même des petites choses qui m’ont plu. Le design des aliens, deux morceaux d’action bien tendus (la mission pour retrouver les fioles…même si je ne me rappelle plus à quoi elles servent (^^)…et l’attaque de la mère des extraterrestres), quelques bons seconds rôles. C’est souvent très con, mais ça reste regardable…jusqu’au dernier acte qui touche complètement le fond par contre (arrivé là, il n’y a plus rien à sauver)…

C est peu dire.

J’ai l’impression de voir un film de Peter Hyams. Genre, Un coup de tonnerre. C’est très con, mais y a plein de bonnes scènes. Genre plein. Mais qu’est-ce que c’est con.
J’ai tout de même l’impression que Peter Hyams a posé la barre très haut dans la catégorie des films cons, et je trouve que cette Tomorrow War ne détrône pas l’autre film cité plus haut, variation sur le voyage temporel.
Et pourtant, y a de l’effort.
Bon, le postulat est stupide : aller dans le passé pour recruter des soldats, alors qu’il conviendrait plutôt de filer des informations. OK, ça, on l’a dit dès la bande-annonce. Non, dès le pitch. Dès lors, tout est stupide : les infos sur le devenir des citoyens alors qu’on pourrait s’en servir pour préparer quelque chose. Le ramassage de la reine pondeuse et son acheminement dans la base secrète. Qui elle-même est située près du pont temporel. Au milieu de l’eau donc sans moyen de sortie. Et qu’on a eu le temps de construire (avec 500 000 survivants) alors qu’on n’a pas eu le temps de faire les recherches sur l’enzyme. La sédation toutes les heures que personne n’assure. Etc etc.
J’ai vraiment l’impression que les scénaristes ont copié tout ce qu’ils ont pu trouver (Aliens, The Thing, Starship Troopers, Terminator, Predator, Platoon, Apocalypse Now, Massacre à la tronçonneuse… et j’en oublie dans ce tourbillon de citations passées au mixer), y compris les versions refusées des scripts dans lesquelles ils ont pioché toutes les erreurs possibles. Ils ont récupéré toutes les erreurs, toutes les incohérences, toutes les impasses, toutes les suspensions de crédibilité qu’ils ont pu compiler.
C’en est presque réjouissant.
Parce qu’il y a de bons plans (le tunnel ajouré…), de bonnes scènes (l’escalier, plutôt prenant…), des acteurs qui cabotinent mais pas au détriment de leur personnage (J. K. Simmons, Mary Lynn Rajskub…).
Bizarrement, ce n’est pas tellement la partie dans le futur qui m’a le moins navré. Parce que c’est complètement con de bout en bout (même si Yvonne Strahovski fait plutôt bien son boulot en baroudeuse sur la retenue). Bizarrement encore, même si le principe est encore plus inepte (une mission suicide en terrain miné qui pourrait être le vrai déclencheur de la guerre, inquiétude qui n’effleure personne), j’ai bien aimé le troisième acte. Le tourbillon de citation tourne à plus grande vitesse encore, mais il y a une sorte de gourmandise malsaine, de confiserie trop sucrée, qui se ressent dans la manière de filmer, dans l’accumulation de clichés et de poncifs qui s’enfilent comme des perles, et dans les excès des acteurs qui savent pouvoir se lâcher complètement. La baston sur l’éperon neigeux est rigolote, et la bestiole pleine de ressources pour surprendre ses adversaires (la tronche de Chris Pratt quand elle s’arrache l’appendice).
Bref, c’est complètement con (je ne sais pas trop quel est le point de bascule évoqué plus haut : la passerelle qui s’écroule et les choix qui en découlent ? Sérieux, le point de bascule, c’est l’apparition sur le terrain de sport… Et le recrutement… et les explications de pseudo-science… et le décollage… et le « problème avec les coordonnées d’atterrissage »… et la révélation de l’identité… et… et… et…), pas du tout recommandable aux amateurs de bonnes choses, mais j’ai fini par me marrer. C’est déjà pas si mal.

Jim

1 « J'aime »

Coïncidence, je l’ai regardé aussi hier soir :joy:, à peu près le même ressenti de stupidité globale des personnages et des scénaristes. Trop long trop con même si évidemment qu’en pillant un peu de tout on se retrouve avec quelques bonnes idées…

Je crois qu’en fait, ce qui m’a gêné, c’est que la première partie (la révélation et le recrutement) et la deuxième partie (la mission) se prennent vachement au sérieux, en essayant de rajouter des justifications scientifiques capillotractées (les recruteurs sont plus jeunes que les recrues, la création de l’anti-enzyme…) sur lesquelles la mise en scène appuie lourdement… alors que la troisième partie est complètement décomplexée, avec un côté plus souriant, des répliques qui tombent mieux, un j’m’enfoutisme général (la réplique sur la ponte des œufs est bien l’indice du mode « on s’en fout, on fonce » sur lequel est branché le film), bref une ambiance qui fait passer la pilule.
En fait, le film a peut-être raté son occasion d’être un nouveau Starship Troopers. Cela dit, je me rappelle que Starship Troopers n’a pas rencontré son public, pour dire les choses pudiquement. Donc peut-être que The Tomorrow War se serait également planté s’il avait joué la carte de l’ironie sans prendre ses grands airs de drame poignant sur fond de secret militaire.

Jim

Oui, c’est comme si en cours de route quelqu’un s’était rendu compte que de toute façon il n’arriverait pas à tenir quelque chose de cohérent et avait lâché l’affaire. Y a la durée du film qui pose question aussi, 2h30 pour ce genre de film, je me demande si il a toujours été prévu que ce ne soit qu’en un seul volet.

Et donc, ils auraient dû lâcher l’affaire plus tôt, dans le film.

Je me suis posé la question, ouais.

Jim

On se pose beaucoup de questions sur un film aussi médiocre quand même xD.

Ils ont juste eut la flemme de revenir dessus, ça parait difficile à croire vu les sommes en jeu mais je me demande si c’est vraiment impossible x)

Les bons films apportent des réponses.
Les mauvais génèrent des questions.

Jim

Joli.

Même si…

Mais joli.

C’est aussi le moment où le film ne touche plus aux imbroglios temporels et propose en prime une explication intéressante (et étonnement métaphorique). Après 2h de bêtises (amusantes certes, mais toujours stupides), la zone du cerveau responsable du soulagement est stimulée par surprise.