THE WALKING DEAD (Saisons 1-9)


(Jim Lainé) #121

Ça, c’est à cause de Kate Beckinsale.
:wink:
En fait, Underworld (surtout le premier) c’est à cause du pitch de base, “Roméo & Juliette chez les vampires et les loups-garous”. C’est lentement oublié au film des déclinaisons de la licence.

Oui, parce que le mythe du vampire (qu’on qualifiera de “moderne”, pour faire rapide et facile) se construit autour du thème de la séduction (c’est pour cela que des grandes figures de séducteur, du Ripley de Patricia Highsmith à l’Hannibal Lecter de Thomas Harris sont des déclinaisons de vampires, ils prennent aux autres, à ceux qu’ils séduisent). Mais ce thème est un avatar romantique, ou romanesque, ou les deux, de celui de la succube (sans doute par un passage “amour courtois” ou quelque autre procédé de gestion de l’interdit).

Je pense que ça remonte à plus loin, justement, à une période où les fluides et les humeurs n’étaient pas bien identifiés, ni dans leur nature ni dans leur fonction. Dans certains cas, on identifiait la possession aux humeurs corporelles qui exsudaient des corps des possédé(e)s, ce qui était souvent considéré comme un signe d’inconvenance parce que le corps physique débordé dans le corps social (et de là, exclusion de la société, de la communauté, de la paroisse)…
Faudrait que je me replonge dans des bouquins, mais il me semble que la filiation est naturelle, en droite ligne.

Il semblerait (là, ce sont des souvenirs de lectures, de documentaires…) que toutes les traditions ancestrales aient des vampires. Souvent liés à l’après-vie, absorbant parfois l’énergie ou copiant l’apparence de leurs victimes. C’est un peu comme les zombies, en fait, la forme que l’on connaît, que l’on qualifiera de “moderne”, est assez récente dans la longue chaîne des avatars que cette figure a pu recouvrir au fil des siècles. Le vampire suceur de sang, qui dort dans un cercueil de la terre de son pays et s’avère sensible à la croix et à l’ail, c’est une accumulation de couches de signification entassées l’une sur l’autre. L’aspect “chrétien” (les croix, tout ça…), Stoker l’exploite très bien, ça vient de la christianisation de vieilles légendes païennes, avec un contexte de “glorification”, afin d’édifier, de surdimensionnel le bien et le mal, tout ça.
De plus, si le bouquin de Stoker a eu une telle répercussion et un tel succès aussi vite, c’est sans doute, à mon sens, qu’il tapait sur de l’inconscient collectif, en synthétisant une sauce à base d’idées récentes et de vieilles phobies bien ancrées, parce faisant écho à un bagage culturel déjà ancrées dans les esprits.
Là encore, faudrait que je regarde un peu ma doc, quand même… Le seul bouquin que j’ai directement sous la main, c’est , d’Élisabeth Campos et Richard NolaneVampires! Une histoire sanglante, que je trouve pas mal, mais qui se concentre sur le vampire occidental (le “moderne” dont au sujet duquel que je cause), et ce faisant, remonte essentiellement au Moyen-Âge européen. J’ai d’autres bouquins, mais eux sont rangés pour l’instant dans les couches inférieures…
:wink:

Jim


(n.nemo) #122

la figure du zombie comme mort vivant je vois bien le pourquoi du comment de son ancestralité.

Le vampire comme suceur, de sang ou d’énergie un peu moins. Mais sur ce dont tu parlais je n’ai pas tout compris : tu dis bien que que le rattachement du vampirisme et de la sensualité date d’avant que le lien entre fluide et procréation soit etablit par la science, c’est ça ?

Mais du coup, est ce qu’il existe un temps où les deux, succion et sensualité, aient été séparés ?


(Photonik) #123

[quote=“Jim Lainé”]

Oui, parce que le mythe du vampire (qu’on qualifiera de “moderne”, pour faire rapide et facile) se construit autour du thème de la séduction (c’est pour cela que des grandes figures de séducteur, [/quote]

Je ne dirais pas ça du “Nosferatu” de Murnau. Certes, il y a une dimension sensuelle, mais la thématique de la séduction n’est pas du tout mise en avant, plutôt celle de la contagion ou de l’épidémie. C’est d’ailleurs aussi le cas du remake de Herzog, qui traite de la contamination par le Mal un peu à la façon d’un Friedkin (celui-là est un peu plus sensuel, notamment du fait de l’apport du son, bruits de succion, etc…mais le vampire incarné par Kinski est indéniablement malade, et pas séduisant pour deux sous).
Moi je crois au Vampire débarrassé au moins en bonne partie de la dimension sexuelle, romantique en tout cas c’est certain : le “Vampires” de Carpenter présente des monstres (à l’exclusion du perso jouée par la sexy Sheryl Lee) bestiaux et inhumains. “30 jours de nuit” tire aussi un peu dans cette direction, il me semble.


(Jim Lainé) #124

[quote=“n.nemo”]
Le vampire comme suceur, de sang ou d’énergie un peu moins. Mais sur ce dont tu parlais je n’ai pas tout compris : tu dis bien que que le rattachement du vampirisme et de la sensualité date d’avant que le lien entre fluide et procréation soit etablit par la science, c’est ça ?

Mais du coup, est ce qu’il existe un temps où les deux, succion et sensualité, aient été séparés ?[/quote]

En fait, je crois que ça dépend de ce qu’on appelle “'sensualité”. Je le comprends comme positif, ce terme, comme… euh… “séduisant”, quoi. Et je crois que c’est un glissement de sens lié sans doute aux reliquats laissés par l’amour courtois, voire par la Renaissance. Sais pas trop, ça serait à creuser.
Cela dit, je me trompe peut-être, tu n’emploies peut-être pas “sensualité” dans un sens positif, mais peut-être dans un sens plus général (le “corps qui exulte”, à la Brel…). Dans ce sens, alors on peut généraliser, on peut renvoyer à plus loin. Les légendes des succubes et des incubes, c’est sensuel, aussi, sauf que c’est une affaire de possession, donc de perte de soi. Et là, ce n’est pas de “sensualité” que l’on parle, mais de “lubricité”, et le corps “exulté / exalté” devient soit quelque chose de subversif, soit carrément une menace ou une négation de l’ordre social (car en définitive, et au-delà de toute forme de fanatisme et de manipulation des crédules, les chasses aux sorcières, qu’est-ce d’autre sinon de l’ordre social qui impose sa loi par la violence).
Si l’on emploie “sensualité” dans un sens (!) neutre, alors, ouais, effectivement, c’est de tout temps, je crois, lié au vampire et à ses ancêtres et prédécesseurs.
Mais je crois qu’il faudrait un autre mot, ne serait-ce que parce que depuis trente ans (au moins) les vampires sont glamorisés, faisant écho à une connotation positive de “sensualité”.
Mais bon, il faut dire que les mots du corps sont constamment connotés, en positif ou en négatif. Trouver des appellations neutres, c’est un vaste effort.

Jim


(Jim Lainé) #125

[quote=“Photonik”]
Moi je crois au Vampire débarrassé au moins en bonne partie de la dimension sexuelle, romantique en tout cas c’est certain : le “Vampires” de Carpenter présente des monstres (à l’exclusion du perso jouée par la sexy Sheryl Lee) bestiaux et inhumains. “30 jours de nuit” tire aussi un peu dans cette direction, il me semble.[/quote]

Deux excellents exemples qui parlent bien mieux que ceux que j’ai choisis.

Jim


(n.nemo) #126

Dans les exemples cités plus haut, seul peut être 30 jours de nuits me parait se couper de sensualité.

La mélancolie chez les grecs était renvoyée à un déséquilibre des humeurs que l’on comptait aux nombres de quatre (la jaune, la noir et ?) rattachées aux quartes éléments.

Perte d’énergie s’il en est, comme on le dirait aujourd’hui, la mélancolie comme déséquilibre n’est ni renvoyée alors à une cause extérieur, ni à une contagion. Pas de vampire qui suce.

C’est ce à quoi je pensais hier lorsque je me demandais à la différence du mort vivant, si le vampirisme était une figure ancestrale ou non.

J’entendais en effet sensualité dans une conation, si ce n’est positive du moins excitante disons donc érotique. La succube ne me semble pas érotique comme figure au départ. Alors est ce que qu’il faudrait aller chercher l’origine du vampirisme du coté du ravissement lorsqu’il rencontre le thème des humeurs, en passant éventuellement par la succube ? Pourquoi pas en effet.

Du coup plutôt que la science , ce serait l’amour courtois que tu poses comme tournant au niveau de l’érotisme. Avec l’amour courtois, le ravissement deviendrait en partie désirable et par là érotique ce qu’il n’était absolument pas à la base durant la plus grande partie du moyen age, ravissement dont la question du désirable ne se posait pas dans un sens ou l’autre dans l’antiquité.

Du coup on aurait comme étape : le ravissement, son lien avec le désir dans le catholicisme, son érotisation avec l’amour courtois, et son lien avec les humeurs lors du tournant scientifique, aboutissent à la figure moderne du vampirisme dont la tension entre érotisme et contagion témoignerait de son double héritage de désirable et d’horreur.

C’est des très gros traits bien trop linéaires, mais ca me semble une pas trop mauvaise base pour le repérage de la question.

On pourrait synthétiser : le vampirisme c’est la version pulsion orale du ravissement


(n.nemo) #127

Je pense à un autre angle :

si la figure du suceur ne me semble pas forcément tres archaique par contre celle du parasite c’est autre chose.

Parasite comme ce qui parasite l’organisme, le rien qui parasite et ne cesse pas, comme l’aphte dans la bouche qu’on ne peut pas ne pas lecher et qui de ce fait nous parasite, comme les taches de sang sur les mains de macbeth qui ne se lavent pas.

Le parasitage plutot que l’etre parasite donc, le parasitage comme ce qui n’est pas négativable, qui resiste à toute négation ou tentative d’effacement.

Du coup, au niveau de la thématique du parasite, il ne s’agirait pas tant de se focaliser sur la figure du vampire mais plutôt sur la trace sur le corps qu’il laisse. Marque qui ne peut s’effacer, trace indélébile. Voilà un angle, le vampirisme comme thématique de la marque sur le corps, qui pourrait ne pas etre tributaire d’une construction par trop linéaire du temps.

Les traces rituelles, tatouages de tribus etc ne serait pas dès lors etrangeres à la thématique du vampirisme.


(Jim Lainé) #128

[quote=“n.nemo”]
J’entendais en effet sensualité dans une conation,[/quote]

Je t’en ficherais, moi, des gros mots !
(Purée, il a fallu que je cherche, là…)

Oui, je crois, même si succube et incube trouvent des origines super lointaines, jusqu’à Sumer, Babylone, tout ça (mais le mot est plus récent).

Je songe à l’amour courtois parce que je pense à Muchembled et à ce qu’il dit sur les processus sociaux répressifs ou permissifs qui canalisent les pulsions (notamment de violence) chez les jeunes générations. L’amour courtois, soyons clairs, c’est un ensemble de codes, déguisés sous les atours de fictions, afin de régir le comportement de la jeunesse d’une certaine élite sociale. Dans ce sens, l’amour courtois récupère des codes exogènes à qui il donne une nouvelle interprétation (un peu à la manière de la christianisation avec les rituels et les folklores païens, quoi). Tout ce qui est ravissement, extase, séduction, tout ça, en fait partie (je ne sais pas si le ravissement devient “désirable” à proprement parler, dans ce cadre, plutôt “désirable sous certaines conditions”, quoi…).

Je pense que l’amour courtois n’érotise pas les choses (ou pas directement), il les sociabilise. Mais ça demande réflexion, tiens.
(Mais je suis d’accord sur les tensions désir / horreur, en tout cas…)

Je crois surtout que ça ne se passe pas dans cet ordre, il y a des tournants, des moments de changement, mais je crois que les tendances que tu dégages sont étalées dans le temps, quoi, comme des constantes, toujours là, mais qui prennent des formes différentes…

Sans doute, ouais, mais c’est une conclusion trop “psychologique seulement” pour moi. C’est un peu un instantané dans l’analyse.

Une chose me frappe dans le vampire, c’est que, en passant par l’idée de possession (un autre esprit dans l’esprit, un autre corps dans le corps) et par celle de la contagion, on est obligé de parler du thème de “l’autre”. Le vampire, c’est autrui, c’est l’autre soi-même. C’est celui que nous sommes appelés à devenir puisque le vampirisme, c’est la transformation à l’identique. Le vampire, c’est le nous de demain* (ce qui renforce la fascination, qui est hésitation entre attirance et répulsion : on voudrait lui ressembler mais on voudrait ne pas être (comme) lui…).
De là, le thème du miroir, qui est un élément clé du vampire moderne (post stokerien) prend tout son sens, puisqu’il nous renvoie (héhé) à un rapport social impossible, nous-mêmes et le vampire ne pouvant pas figurer sur le même reflet.

Jim

  • C’est sans doute là un point commun avec le zombie : le zombie, c’est nous, plus tard. Nous sommes appelés nous aussi à mourir et à ressembler à une masse de viande en putréfaction. Qui marche ou pas, c’est une autre débat, mais le zombie nous renvoie aussi un reflet. La différence entre le reflet du vampire et le reflet du zombie, c’est que ce dernier nous renvoie l’image d’une foule. Je plaisante souvent sur le fait que le métro aux heures de pointe est une image effrayante d’un monde zombifié, mais depuis qu’un pote m’a fait remarquer que si j’ai peur des films de zombies c’est parce que j’aime pas les gens, je suis de plus en plus persuadé que l’image est pertinente : métro, boulot, zombo !

(n.nemo) #129

l’amour courtois disait lacan est une invention sublime qui vise à faire code de l’impossible de la relation sexuelle.

Les codes de l’amour courtois à respecter rendant la rencontre impossible, cela revient à inventer une cause à ce qui ne se fait de toute façon pas. En ce sens là, en effet ça sociabilise l’impossible.

Le social fournit toujours des causes imaginaires à un état de fait, c’est de la mascarade (remember l’arlequinade des invisibles) :

la répression des pulsions, c’est ça précisément une pulsion. Il n’existe pas de pulsion qui ne soit refoulée du moins chez Freud. D’où Foucault qui en tirait comme conclusion que le puritanisme à se focaliser sur la répression du sexuel n’avait fait que produire et intensifier de nouvelle jouissance sexuelle. (je dis “d’ou foucault qui”, mais en fait chez foucault il n’y a pas d’inconscient donc bon…)

Tout ça pour dire que les jeunes n’ont pas besoin qu’on régisse leur comportement, et il suffit d’entendre parler les 20 ans d’aujourd’hui qui ne jurent en majorité que par le couple, l’amour et la fidélité pour se convaincre qui si personne n’est là pour les brimer, ils se brimeront tout seul puisque c’est cela la pulsion. Et en ça, les jeunes c’est juste tout le monde.


(Le Doc) #130

Les showrunners passent, ce qui n’empêche pas la série de perpétuer le concept de base de Frank Darabont : développer une histoire dérivée de la bande-dessinée sans en être une copie conforme, partir dans des directions différentes tout en gardant l’esprit du comic…bref, une vision alternative qui permet de ménager de nombreuses surprises mais aussi de multiplier les clins d’oeil. Tout n’est pas parfait mais la série a une véritable identité, ce qui m’a toujours plus intéressé qu’un simple copier-coller des événements du comic-book de Kirkman et Adlard.

J’ai fini récemment la 3ème saison, la meilleure à ce jour en ce qui me concerne. Fini les hésitations de la première (ce dernier épisode pas très convaincant) ou le rythme un peu lénifiant de la seconde. C’était intense (et ce dès l’arrivée à la prison), surprenant, émouvant, bourré d’action et de rebondissements et ce jusqu’à un final éprouvant.
Comme dans le comic, l’injection de nouveaux personnages a fait du bien à la série télé, avec en tête le Gouverneur, superbement interprété par un excellent David Morrisey, qui se rapproche plus du Phillip Blake tel qu’il nous est présenté dans les romans, un homme qui se laisse gagner peu à peu par la folie.

Quasiment aucun personnage n’est épargné dans cette saison qui a tenu pour moi toutes ses promesses. Pourvu que ça dure !


(Le Doc) #131

Série renouvelée pour une 5ème saison.


(Jim Lainé) #132

Fichtre, déjà ?
Alors que la Saison 04 vient à peine de commencer ?
Ça doit vraiment être un sacré carton !

Jim


(Le Doc) #133

Gros succès à plus de 16 millions de spectateurs pour le premier épisode de la saison 4 et une moyenne de 14 millions pour les suivants. La série cartonne de plus en plus…


(Jim Lainé) #134

Fichtre. Bis.

En tout cas, cette quatrième saison, dont je viens de voir les épisodes 2 et 3, c’est la saison du désespoir. Les cours dispensés par Carol, le rapport au lendemain, le sort de la ferme, purée, tout cela respire un nihilisme incroyable. Malgré la présence de personnages comme Hershel, encore debout dans la tempête.
Chose intéressante, Rick a l’air d’être moins l’abruti de service qui prend des décisions connes (comme dans la BD et comme dans les saisons précédentes). Non pas parce qu’il devient plus pondéré et meilleur stratège, mais surtout parce que l’ensemble de la communauté semble oublier les précautions d’usage. Relâchement sans doute dû à la situation “idyllique” du début de saison, qui n’aura pas duré.
Autre chose intéressante (surtout pour un lecteur de la série BD), ce début de saison, qui aligne rapidement les plots et les situations, semble bâti sur un mode panique, où les personnages ne font que réagir. De là, même les lecteurs de la BD ne sauraient dire dans quelle direction va la série télé, pour l’instant. Malgré le gros subplot de la fin de l’épisode 3 (qui promet sans doute des retournements intéressants), il y a un côté fuite desespérée assez frappant. À tous les sens du terme “frappant”.

Cela étant dit, qu’un show aussi noir et sans espoir recueille une telle audience me semble en dire long sur l’état de la société actuelle : la confiance en l’avenir semble mise à mal, en voici encore une démonstration…

Jim


(system) #135

Ca sent un peu le raccourci ça, non? :wink:
Ou peut-être que tu viens juste te rendre compte que notre société est comme cela depuis 5 ans. :wink:

Je ne crois pas vraiment que TWD soit une démonstration dans une société américaine où l’on peut tout perdre du jour ou lendemain et que dans cette même société, celui qui a tout perdu peut rebondir instantanément (je prends le cas de Kodak qui revient en bourse après quelques années très noires).

Là, ce qui est intéressant c’est que le rebond n’existe pas, la “croissance” ne prend pas. C’est en ça que c’est “américanement” intéressant. Là dans TWD, Kodak ne reprendrait pas, mais alors vraiment, pas son activité.


(Jim Lainé) #136

[quote=“Hush”]

aussi noir et sans espoir recueille une telle audience me semble en dire long sur l’état de la société actuelle : la confiance en l’avenir semble mise à mal, en voici encore une démonstration…

Ca sent un peu le raccourci ça, non? :wink:
Ou peut-être que tu viens juste te rendre compte que notre société est comme cela depuis 5 ans. :wink:[/quote]

En même temps, le succès de la série télé ne dure pas depuis cinq ans !
:wink:
Et c’est précisément ce succès qui m’interpelle. Surtout cette saison, qui est d’une grande noirceur, en tout cas pour l’instant.

Tu en connais, des séries aussi noires qui soient aussi populaires ? Depuis ces fameux cinq ans que tu dis ?

[quote=“Hush”]Je ne crois pas vraiment que TWD soit une démonstration dans une société américaine où l’on peut tout perdre du jour ou lendemain et que dans cette même société, celui qui a tout perdu peut rebondir instantanément

Là, ce qui est intéressant c’est que le rebond n’existe pas, la “croissance” ne prend pas. C’est en ça que c’est “américanement” intéressant. [/quote]

C’est certain.
Pour un Français (pour un Européen, sans doute, même), c’est pas la même chanson. Et là encore, vu de ce côté de l’océan, le gros succès de la série est une chose un peu mystérieuse…

Jim


(Jim Lainé) #137

Pas mal du tout, cette saison.
Le truc que je trouve intelligent, c’est qu’ils aient séparé deux fils narratifs (les cinq premiers épisodes sont consacrés à la prison et à l’épidémie, et à partir du sixième, on renoue avec une tête connue dont on suit le parcours depuis la dernière fois qu’on l’a vu), ce qui leur permet de donner une tonalité différente à ces segments. La première partie de la saison replonge dans une structure de pur récit de zombie (un fort assiégé, des vivants contre des morts, fusillades et décapitations, alliances, sacrifice et courage…). La seconde partie s’inscrit dans la logique “drame humain” qui plaît tant à tout le monde (y compris et surtout à ceux qui n’aiment pas les histoires de zombies), et propose une nouvelle galerie de personnages, intéressants, pour l’instant un peu taillés à la serpe, mais qui, on n’en doute pas, gagneront en complexité.
C’est aussi l’occasion d’humaniser un personnage de méchant, qui demeure machiavélique, mais qui gagne en empathie. Plutôt bien joué.
Enfin, c’est tout de même porté par de bons acteurs (on retrouve un interprête déjà vu dans Oz et dans Fringe, dont la présence ravira plein de monde, j’imagine : il était temps, la série s’étant débarrassé de quelques acteurs de grande qualité sans égratigner les plus mauvais…), et par une qualité de mise en scène assez chouette, avec un découpage très calme, des cadrages formidables (les plans sur le lac…) et un soin des lumières assez poussé (les lampes-torches sur les visages des morts-vivants, amenant des fondus au noir très travaillés…).
Tout cela concourt à faire monter la pression pour la fin de demi-saison.
Très très quali.

Jim


(system) #138

Je te rejoins sur le sentiment de cette demi-saison. La construction de celle-ci en deux axes narratifs qui se rejoignent (bien sûr) est une entreprise réussie.

Toutefois, encore comme tu le soulignes, l’arc avec le Gouverneur est de belle qualité. Une mise en scène bien chiadée, avec des personnages complets… Mais surtout avec Morrisey que j’adore!

Retour au mois de Février. :wink:


(Jim Lainé) #139

Parallèlement, je revois en VF la Saison 02, qui passe à la téloche en ce moment. Et sérieux, si y a des choses intéressantes, y a quand même plein d’épisodes pas bien filmés. L’épisode sur le “conseil de guerre” qui statue sur le sort de Randall, sérieux, il est filmé avec les pieds, on sait jamais qui parle…
Donc ouais, gros mieux d’un point de vue formel, tout récemment.

Mais bon, bref.

Cette Saison 02, d’ailleurs, purée, le meilleur personnage, c’est Shane. C’est un gros salaud, mais il a quasiment tout le temps raison. Parfait contrepoint de Rick. Quelle excellente idée de l’avoir gardé plus longtemps que dans la BD.

Et en revoyant la mort de Dale, je me dis qu’elle s’apparente à un suicide, à un renoncement. Je ne l’avais pas vue comme ça la première fois, me focalisant sur l’occasion manquée de Carl. Mais je trouve que ce décès est sérieusement polysémique.

Jim


(Benoît) #140

Le plus gros raté de l’épisode, c’est le filmage de l’attaque de Dale par le zombie, qui est une scène clé et dont le cadre est bien trop près des deux personnages. Au début, je croyais que c’était les entrailles du zombie qui se déversaient sur Dale, parce que corps en putréfaction, tout ça, et c’est les cris de Dale qui m’ont fait douté sur la fin, jusqu’à ce que la caméra s’éloigne et qu’on distingue ce qui s’est passé. ça m’a surpris en plus, l’acteur était un des plus convaincants de la série et son personnage semblait avoir une présence positive dans le groupe. C’est un peu con de le sacrifier comme ça, surtout pour visiblement amener un motif de culpabilité au marmot avec des sabots. Gros manque à tous les niveaux pour la conclusion, donc.

Voilà, et ça permet en plus d’avoir cette scène d’explication intense avec Rick, dont j’ai toujours vu l’absence dans le comic book comme un aveu de faiblesse de la part de Kirkman, qui me semble souvent faire passer des personnages à la trappe plutôt que de les confronter par le dialogue, comme c’est le cas ici.