THIS IS LONDON CALLING (Caryl Ferey / Alex Mach)

This is London Calling

Vivre libre ou mourir. En 1940, la trajectoire incandescente d’une acrobate devenue pilote dans la RAF pour assouvir son rêve et venger sa famille.

France, 1936. Garçon manqué, acrobate et mécanicienne hors pair, Louise n’a qu’un rêve : devenir aviatrice. Mais voler est un privilège d’hommes et au Cirque Kavinsky où elle grandit, son père tempère ses ardeurs. Suivant les conseils de son héros, Mermoz, Louise parvient à ses fins quand la guerre éclate. Dans le chaos de la débâcle, Louise perd tout, sauf l’envie d’en découdre avec ceux qui ont volé son pays et massacré sa famille. C’est sous les traits d’un jeune homme que Louise traverse clandestinement la Manche et, grâce au concours d’une femme d’exception, Amelia, à se faire enrôler dans la Royal Air Force. En devenant Louis, la jeune femme désormais pilote va découvrir la camaraderie fulgurante d’un trio d’Anglais irrévérencieux, les cockpits gelés, la passion d’un amour aussi intense que secret mais aussi la mort, omniprésente, qui fauche ces jeunes héros du ciel. Car la liberté a un prix, et bientôt, sous les bombardements, Louis forgera sa légende au cœur d’un conflit où chaque vol peut être fatal…
Entre combats aériens, drames intimes et quête d’identité, This Is London Calling embrasse l’histoire vraie d’une génération sacrifiée et d’une aviation en pleine mutation, où les femmes n’ont pas leur place. Avec un dessin énergique et d’un esthétisme de haut vol, Alex Mach insuffle une rare intensité à cette fiction vertigineuse, pleine de suspense et d’émotions.

Éditeur ‏ : ‎ Glénat BD
Date de publication ‏ : ‎ 9 septembre 2026
Langue ‏ : ‎ Français
Nombre de pages de l’édition imprimée ‏ : ‎ 168 pages
ISBN-10 ‏ : ‎ 2344052046
ISBN-13 ‏ : ‎ 978-2344052044
Poids de l’article ‏ : ‎ 788 g

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Caryl Férey est un écrivain et un scénariste français. Grand voyageur, il fait un tour du monde à 21 ans, notamment en Nouvelle-Zélande, dont il tirera le remarqué Haka (1998), puis Utu (2004). Il écrit aussi pour la jeunesse, la musique, le théâtre et la radio. Il a obtenu le Prix SNCF du polar 2005 pour Utu et dix prix littéraires pour Zulu (2008). En 2013, Zulu est adapté au cinéma par Jérôme Salle avec Orlando Bloom et Forest Whitaker. La même année, chez Ankama, il publie sa première bande dessinée Maori, en collaboration avec Giuseppe Camuncoli, le deuxième tome paraît l’année suivante et clôture le diptyque. Mapuche (Gallimard, 2012) obtient le Prix Landerneau Polar 2012, le prix du Magazine Lire ainsi que le Prix Tenebris en 2013. Suivront Condor (2016), Plus jamais seul (2018), Paz en 2019, tous dans la collection « Série Noire » Gallimard, puis Lëd en janvier 2021 aux éditions Les Arènes. En 2021, il entre au catalogue Glénat avec Sangoma, les damnés de Cape Town dessiné par Corentin Rouge. En 2023 il est de retour chez Gallimard avec le polar Okavango avant de publier Le Steve McQueen (éd. Points) avec Tim Willocks. En 2024 il revient sur un fait divers avec son récit Magali (éd. Robert Laffont). En 2025, après Grindadrap à la Série Noire, il retrouve son complice Corentin Rouge et entame la trilogie d’anticipation Islander.

Alex Macho est un graphiste et illustrateur espagnol qui a principalement travaillé pour des studios d’animation (Dibulitoon et Lotura Films en Espagne). Il collabore en parallèle avec différentes maisons d’édition espagnoles pour lesquelles il publie de vastes collections de contes classiques, livres pédagogiques et divertissement. Après des travaux de commande, il entame une collaboration avec le scénariste basque Gregorio Muro Harriet avec qui il publie en 2019, chez Glénat, La Honte et l’oubli, un diptyque sur un épisode peu connu de l’histoire Américaine : l’insurrection philippine.

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Jim

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Extrait :

Jim

Ma libraire m’a donné un tirage preview (un tiers de planches colorisées, un tiers de planches encrées, un tiers de planches crayonnées, l’ensemble lettré), qui permet de se faire une idée.
Et c’est plutôt pas mal. On suit Louise, une jeune acrobate de cirque très garçonne qui rêve de voler, et Jeff, un élève d’Oxford homosexuel et rebelle. L’action commence dans les années 1930 et les séquences sont rythmées par des pauses historiques, des planches racontant la situation de l’Europe (les milices d’extrême-droite en France, Guernica en Espagne…). Pour l’instant, j’en ai lu une cinquantaine de planches, et c’est plutôt sympa, assez rythmé et rapide, peut-être un peu sec et elliptique, mais ça rend bien le fait que des événements géopolitiques encore lointain vont impacter sur la vie des protagonistes.
Je soupçonne que tout n’est pas calé, notamment en matière de lettrage / bullage (des bulles sans fin, des répétitions…), mais pour l’instant, c’est assez agréable à suivre, même si quelques dialogues sonnent un peu cliché (« personne ne veut mourir pour les Sudètes », ça sent la leçon bien apprise ou la volonté de faire pédagogique) et quelques bulles pourraient être mieux placées. Mais les personnages sont attachants, notamment la jeune Louise.

Jim

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Bon, franchement, c’est pas mal. Plein d’action, avec des séquences de combat aérien dynamiques et impressionnantes, des personnages sexy et charismatiques, un trait vivant et expressif. Ça va peut-être un peu vite (mais après tout, quand on pilote des machines qui vont à six cents kilomètres heure…), il manque sans doute quelques moments de silence, de solitude…
Cela dit, j’ai un peu l’impression que Caryl Ferey passe à côté de son sujet, ou bien en privilégie d’autres.
En effet, dans la partie anglaise, ce ne sont pas Matt et Jeff qui comptent, mais Amelia. C’est elle le personnage essentiel, et l’album raconte les trajectoires convergentes de la Française androgyne et de l’Anglaise lesbienne, afin de parler en creux de la place de la femme dans une société en pleine transformation, mais encore très conservatrice : pas de femme pilote dans la RAF, par exemple. Sauf que ses deux héroïnes vivent toutes deux dans le secret, devant tricher avec les mœurs. En faisant ce choix, Ferey oppose les personnages qui savent et qui acceptent à ceux qui découvrent et qui refusent, et ne fait finalement qu’entériner et reproduire la situation qu’il dénonce (il y a quelques exceptions, dont le commandant, mais cela n’intervient que tard, dans les dernières pages).
Vu l’amorce du récit, il aurait été plus intéressant de faire se rencontrer deux personnages aux préférences divergentes afin, peut-être, de les amener à les reconsidérer (par exemple, en faisant que Louise croise non pas Amélia mais le pilote homosexuel), créant un couple mal apparié qui aurait dû trouver des ressources nouvelles pour gérer la rencontre.
De même, tout le discours sur la haine, le ressentiment et la vengeance traverse le récit pour ne finalement accoucher que d’une révélation tardive, à l’orée de la mort, sur le vide lié à la revanche. À ce titre, le jeune pilote allemand n’apparaît que pour ce qu’il est : un vernis narratif destiné à fournir des pauses qui rythment le récit. Et peut-être, là encore, une occasion ratée.
Donc oui, c’est bien, le dessin est spectaculaire, la narration est trépidante (peut-être un peu trop), mais l’intrigue loupe peut-être l’occasion de pousser les personnages encore plus haut.
Reste que j’y jetterai un œil quand même, une fois l’album publié, afin de voir dans quelle mesure ils ont pu améliorer ce premier jet, en retouchant ici et là des dialogues ou des positionnements de bulles.

Jim