Top cine 2012

Pour le côté sur-côté de l’intrigue et ses retournements “imprévisibles”, je ne te reprends pas même si je suis pas vraiment d’accord (notamment parce que je ne suis pas sûr que Wheatley cherche vraiment à “surprendre” le spectateur à tout prix, mais plutôt à utiliser des mêmes éléments dans différents contextes, qui correspondent aux différents genres explorés : par exemple, il y a la très bonne idée de faire résonner la petite bagarre père / mère / enfant un peu joviale du début “ken loachien” du film avec le final, et il y aurait d’autres exemples similaires à relever je crois…).

Pour le reste, je te trouve un peu sévère de reprocher au film son côté fauché pour la simple et bonne raison que c’est un authentique film fauché : 21 jours de tournage pour un long-métrage, ça sent le budget ric-rac.
De plus, je ne suis pas du tout d’accord avec ton appréciation du travail sur la lumière : il y a en la matière des choses très intéressantes, notamment la séquence dans le tunnel, et plus généralement toutes les séquences “dans le noir”. La lumière peut paraître crue, mais c’est un peu dans l’air du temps, ces étalonnges aux couleurs désaturées alliés à des contrastes marqués (la lumière de beaucoup de films même dotés de budgets bien plus importants doit te gêner aussi, alors).

D’autre part, tu ne dis rien sur le jeu des acteurs (excellent), ni sur la mise en scène / direction d’acteurs / découpage (excellente gestion de l’impro des acteurs à certains moments, et ellipses merveilleuses).

Pour le reste la référence appuyée au “Wicker Man” de Hardy ne me gêne pas vraiment, on ne peut pas vraiment dire que ce soit là un film qui est généré un sous-genre à lui tout seul (un film un peu “orphelin”, donc)…
Et les ponts entre les thématiques explorées par Hardy d’une part et Wheatley d’autre part justifient à mon sens le recours à cette citation.

Hormis une teinte bleutée convenue, je n’ai pas gardé un grand souvenir de la séquence dans le tunnel en ce qui concerne le travail sur la lumière.

Ce qui me dérange au sujet de la lumière dans Kill List, c’est l’alternance entre scènes “joliment” éclairées et d’autres qui donnent l’impression d’un film amateur/privé, comme si elles n’étaient pas étalonnées avec le même soin. Je pense entre autres à une scène dans la voiture avec les deux tueurs ou à plusieurs scènes chez le protagoniste (quoique là, on pourrait encore expliquer cela par une volonté de coller au style “drame social”). On en revient au problème du changement abrupt de style : si tout le film était éclairé façon “réalisme social”, OK, mais le “zig-zag” stylistique, non.

Par ailleurs, il est vrai que je n’ai généralement pas aimé la déferlante de films verdâtres/grisâtres/marronnasses post-Matrix.

Le jeu des acteurs est correct, sans plus. Il faudra m’expliquer en quoi la réalisation tue tout.

[quote=“Photonik”]Pour le reste la référence appuyée au “Wicker Man” de Hardy ne me gêne pas vraiment, on ne peut pas vraiment dire que ce soit là un film qui est généré un sous-genre à lui tout seul (un film un peu “orphelin”, donc)…
Et les ponts entre les thématiques explorées par Hardy d’une part et Wheatley d’autre part justifient à mon sens le recours à cette citation.[/quote]

Je n’ai strictement rien contre la référence à The Wicker Man. Le seul problème, c’est que le maître enterre l’élève. :mrgreen: