TPB & Co. + ordre de lecture Valiant comics

Je découvre depuis peu l’univers Valiant, et puisque je ne l’ai pas suivi depuis le départ (2012) j’ai cherché s’il y avait un “ordre de lecture” étant donné qu’il m’ait apparu que plusieurs events parsemaient (déjà) la chronologie (timeline) des publications de cet éditeur.
J’en profite également, bien que cet éditeur ne semble pas très lu sur le forum, pour ouvrir un fil de discussion (celui-ci en l’occurrence) dédié aux recueils des différentes séries.

Extrait de l’introduction de X-O Manowar (Editions Panini)

La chronologie/ordre de lecture :

Acte 1

X-O Manowar Vol. 1: “By the Sword” : Omega Rising
X-O Manowar Vol. 2: “Enter Ninjak”
X-O Manowar Vol. 3: “Planet Death”
Harbinger Vol. 1: “Omega Rising”
Bloodshot Vol. 1: “Setting the World on Fire”
Harbinger Vol. 2: “Renegades”
Bloodshot Vol. 2: “Rise and Fall”

[quote]HARBINGER WARS est un *crossover * entre les séries **Harbinger **& Bloodshot.
L’histoire se déroule dans les deux séries citées et dans la mini-série intitulée Harbinger Wars.

Harbinger Wars 1 - 4
Harbinger 11 - 14
Bloodshot 10 - 13

Ordre de lecture : HW#1 - Harbinger#11 - Bloodshot#10 - HW#2 - Harbinger#12 - Bloodshot#11 - HW#3 - Harbinger#13 - Bloodshot#12 - HW#4 - Harbinger#14 - Bloodshot#13[/quote]

TPB :

Harbinger Wars Vol. 1
Harbinger Vol. 3: “Harbinger Wars”
Bloodshot Vol. 3: “Harbinger Wars”

Une autre proposition de lecture d’Harbinger Wars :

[quote]Harbinger Wars *crossover *. Un ordre de lecture proposé par un lecteur, différent de celui proposé par l’éditeur valiant, mais meilleur selon lui :

• Bloodshot #10
• Harbinger Wars #1
• Harbinger #11
• Bloodshot #11
• Harbinger Wars #2
• Harbinger #12
• Bloodshot #12
• Harbinger Wars #3
• Harbinger #13
• Bloodshot #13
• Harbinger #14
• Harbinger Wars#4[/quote]

*La série Bloodshot devient Bloodshot and H.A.R.D. Corpsà partir du numéro 14 juste après “l’événement” désigné sous le titre de Harbinger Wars.

Archer & Armstrong Vol. 1: “The Michelangelo Code”*
Archer & Armstrong Vol. 2: “Eternal Warrior”*
Archer & Armstrong Vol. 3: “Far Faraway”*
Eternal Warrior Vol. 1: “Sword of the Wild”*
Shadowman Vol. 1: “Birth Rites”*
Shadowman Vol. 2: “Darque Reckoning”*
Shadowman Vol. 3: “Deadside Blues” : Collecting Shadowman #0 and Shadowman #10-12

Je compléterai au fur et à mesure, et je mettrai ce commentaire à jour (en ajoutant quelques images), et j’y ajouterai également mes avis, critiques, etc. au fil de mes lectures.

Vous êtes les bienvenus pour y partager vos idées, goûts & critiques sur cet éditeurs bien entendu. :wink:

Merci de votre attention. :slight_smile:

Bonne idée…et le sujet pourrait même être utilisé par ceux qui veulent parler des vieux titres Valiant…

En ce qui me concerne, je ne suis pas très attiré par cet univers…mais je ferai peut-être une exception pour Archer & Armstrong à l’occasion, le pitch me plait bien…

Absolument, j’envisage d’ailleurs d’ajouter un petit récapitulatif du *rebaunch * de Valiant.

Ce que je trouve d’intéressant, hormis de lire des histoires divertissantes de qualité (ou pas), c’est d’être à la “naissance” d’un univers (partagé), qui propose déjà de belles choses et un univers cohérent construit petit à petit.
Même si je ne suis pas un adepte forcené de la continuité. :wink:

Il est de toi, ce néologisme ? :wink:

[quote=“Le Doc”]

de Valiant.

Il est de toi, ce néologisme ? :wink:[/quote]

Oui et non, parce que je me suis aperçu que d’autres, des anglophones l’utilisaient, et je doute qu’ils m’aient lu, alors que je l’ai utilisé avant de l’avoir vu ailleurs.

Je m’étais rendu compte qu’on confondait souvent, ou qu’on était tout aussi souvent peu d’accord sur l’utilisation du *relaunch * ou du *reboot *, alors tel **Alexandre ** (ou plutôt ici Aric Dacia) j’ai tranché le nœud gordien du moins en ce qui me concerne, et fabriqué un néologisme made in Normandie comme l’auraient dit Stone & Chardenne. :wink:

Même si dans les deux cas ça reste une histoire de rebouteux. :smiley:

En 1989 Jim Shooter l’ex-editor-in-chief de Marvel, il a succédé à Archie Goodwin en 1978 à l’âge de 27 ans, tente d’acheter l’éditeur new-yorkais son ex-employeur donc avec l’aide d’un groupe d’investisseurs.

C’est à **Shooter ** pour situer la pointure du bonhomme, que l’on doit Les Guerres Secrètes, le costume noir de **Spidey ** ou l’idée du New Universe.
C’est un homme qui aime participer au processus créatif des séries publiées (voir par exemple la mort de **Phénix ** si mes souvenirs sont bons), c’est aussi lui qui je crois imposera des *deadlines * strictes aux auteurs.
S’il a un palmarès impressionnant en terme de choix éditorial, de *marketing * et en tant que «découvreur» de talents, c’est aussi quelqu’un de très décrié à la fois par ses collègues et ses subordonnées, que par une frange des lecteurs.

Si on ne peut pas exclure qu’un esprit de revanche anime l’ex-ponte de **Marvel ** il semble, c’est en tout cas ce qu’affirme **Xavier Fournier **dans le Comic Box n° 84, que **Shooter ** était à l’époque sur une liste noire chez les principaux éditeurs du milieu.

« Blacklisté » et/ou revanchard **Shooter ** n’avait que peu de possibilités s’il voulait rester dans le milieu de la bande dessinée dans lequel il était entré dès l’âge de 14 ans. Un beau record !

Le rachat de **Marvel ** ayant échoué de peu paraît-il, Jim Shooter ne se laisse pas abattre et fonde une nouvelle société avec les fonds prévus pour le rachat de la Maison des Idées, et embauche quelques auteurs dont Bob Layton (connu pour son travail sur Iron Man et Hercules) et Barry Windsor-Smith ( entre autres**Conan **).

Voyager Communications, la société en question publie dans un premiers temps des comic books dérivés de jeux vidéo et de l’univers du catch. **Shooter ** qui n’approuve pas la politique éditoriale menée alors, fini par convaincre les autres actionnaires d’investir un créneau qu’il connaît bien et qui est le genre majoritaire sur la scène étasunienne de la bande dessinée : celui des super-héros ; sous la bannière Valiant.
Toutefois afin d’amorcer la pompe il rachète les droits de personnages déjà existants afin de capitaliser sur une partie des lecteurs qui les connaissent et apprécient de les voir revenir, et y ajoute quelques créations originales.
Turok, Magnus l’anti-robot et Docteur Solar, personnages qui ont fait les beaux jours de l’éditeur Gold Key sont recrutés, **Shooter ** y ajoute **Habinger **(un projet de film non concrétisé) ou encore X-O Manowar.

Les années 1990 sont des années charnières, en ce sens qu’un autre éditeur commencera, en 1992, à malmener l’hégémonie du duopole étasunien en matière de super-héros.
Une première !
En effet Image Comics, fondé par des stars de **Marvel ** qui désapprouvaient la politique de l’éditeur vis-à-vis des auteurs, fera un démarrage tonitruant (on parle d’exemplaires vendus à 1 000 000 unités). **Image ** deviendra le porte-drapeau de ce qu’on appelle parfois l’Âge du chrome en référence aux multiples couvertures qui seront proposées pour un même numéro, dont justement des couvertures chromées.
Du reste le début des années 1990 verra une bulle spéculative s’emparer du marché de la bande dessinée.
Et les magasins spécialisés (comic shops) proliféreront en ce début de décennie.

Ceci étant, **Valiant ** lance ses premières séries en mai 1991.
D’abord des titres de l’écurie Gold Key racheté pour l’occasion : Magnus, Robot Fighter, Solar, Man of the Atom, puis des créations original : **Harbinger ** (pouvoirs psy), X-O Manowar un **Wisigoth ** qui devient détenteur d’une armure high-tech extraterrestre, Archer & Armstrong un duo qui met en vedette un gros protagoniste (chose assez rare) entre **Falstaff ** et Hercules, etc.
Et l’éditeur connait un bon départ, d’après les sources, surtout pour un nouveau venu.

Mais contre toute attente **Shooter ** est rapidement mis sur la touche, et remplacé par Bob Layton.
En 1994 **Valiant ** est revendu à Acclaim, qui périclite à son tour.

Plusieurs tentatives de relance seront envisagées mais c’est avec l’arrivée de Peter Cuneo, transfuge de Marvel, en 2011 que le projet se concrétise.
Membre important du *staff * de **Marvel **, **Cuneo ** a un carnet d’adresses et il sait s’en servir. Outre des gens expérimentés embauchés à la tête de l’entreprise il recrute aussi des scénaristes et des artistes ayant déjà fait leurs preuves : Fred van Lente, Duane Swierczynski, ou Cary Nord, et d’autres qui débutent mais semble talentueux : **Venditti **pour n’en citer qu’un.

En 2012 **Valiant ** reçoit le Diamond Gem récompensant l’éditeur de l’année.

Le reste, c’est à nous de l’écrire. :wink:

L’idée de base d’X-O Manowar m’a d’entrée de jeu séduit, du moins ce que j’en ai compris.
Voyez plutôt : un **Wisigoth ** se retrouve détenteur d’une armure à la point de la technologie …… mais d’une technologie extraterrestre !!!
Et il expérimente à son corps défendant le paradoxe dit des jumeaux.
Plutôt excitant, non ?

Le premier recueil (trade paperback) propose donc les quatre premiers épisodes du *rebaunch * de l’éditeur **Valiant ** démarré en 2012.
Le *rebaunch * est un néologisme de mon crû pour départager les utilisateurs du *reboot * qui dans le jargon des lecteurs de comic books est l’action d’effacer la continuité de la série et/ou de l’univers fictionnel dans lequel elle évolue et de la faire redémarrer, et du *relaunch * où le background des personnages est conservé lors d’un nouveau départ.
Ou peut-être est-ce l’inverse dans l’esprit de certains. -_ô]
(Pour en savoir plus sur le “principe de continuité” vous pouvez vous rendre ici)

Or donc, le *rebaunch * d’X-O Manowar sous l’égide de Robert Venditti (**Clones ** chez Delcourt, Homeland Directive chez Urban) ne tient pas les promesses de son pitch.
On sait tous que lorsqu’on « reproche » à un auteur la qualité de son travail c’est parce qu’on aurait en fait voulu lire une autre histoire ; et c’est un fait que j’aurais voulu lire l’histoire d’un homme confronté à un équipement qu’il ne comprend pas, projeté dans une époque qui n’est pas la sienne.
Ce qui n’est pas le cas ici, du moins dans ces quatre premiers numéros.

Toutefois on peut interpréter l’attitude d’Aric de Dacia le **Wisigoth ** en question, comme le résultat d’une aptitude à la résilience assez peu commune.
Ou alors le propos du scénariste ne se situe pas dans mon horizon d’attente.
Est-ce à dire qu’X-O Manowar est raté ?

Certes non, à aucun moment je ne me suis ennuyé à la lecture de ces quelques 100 pages d’aventure, même si l’utilisation un peu trop systématique à mon goût de cases panoramiques donne un rythme de lecture assez rapide.
Et ce n’est pas la densité des cases qui vont ralentir la lecture ; d’où un sentiment de superficialité général qui se dégage de ce premier tome.
Néanmoins & contre toute attente, cette atmosphère de complot à la X-Files, le biais plutôt original par lequel Venditti aborde les tenants et les aboutissants de la prémisse, la personnalité du protagoniste principal, la situation dans laquelle il se retrouve, tout cela concoure, de mon point de vue en tout cas, à attiser la curiosité et l’envie d’en savoir plus.
Comme souvent, ce n’est pas tant la situation en elle-même qui est intéressante que la manière dont le personnage va s’en dépêtrer qui peut captiver ou pas le lecteur.

En définitive ce premier tome est une aventure menée à un train d’enfer, avec des personnages potentiellement aptes à permettre quelques retournements de situation, même si peux nombreux, et à l’épaisseur psychologique suffisante pour l’instant.
Rien de révolutionnaire assurément, mais quelle histoire peut s’en targuer réellement en si peu de pages ?
Reste que cette entrée en matière aura été suffisamment captivante & intéressante pour que je continue la lecture de la série.
Ce premier tome est disponible en V.O bien entendu (ainsi qu’en quatre floppy autrement dit la version mensuelle d’une vingtaine de pages) et en français chez l’éditeur **Panini ** au prix de 5 € dans le cadre d’une opération découverte je cois.

Merci de votre attention, et n’hésitez pas à donner votre propre avis. :slight_smile:

Il est possible que certains éléments contenus dans cette chronique gâchent peu ou prou le plaisir d’un lecteur désireux de garder totalement intacte son approche de la série.

[size=85]Extrait de l’édition française/Panini[/size]

**[size=150]P[/size]**our ce nouveau tome (numéros 5 à 8 de la série mensuelle) Cary Nord laisse sa place de dessinateur à Lee Garbett mais Stephano Gaudiano à l’encrage et Moose Baumann à la couleur, déjà présents sur l’opus précédent maintiennent la cohérence graphique avec ce dernier.

Intitulé en version originale Enter Ninjak, le titre fait bien évidemment référence au film de la **Cannon **: Enter the Ninja (1981) ; avec Franco Nero & Sho Kosugi sorti dans l’Hexagone sous le titre de L’Implacable Ninja.

Le cinquième numéro d’X-O Manowar introduit donc un nouveau personnage : **Ninjak ** créé à l’origine par Joe Quesada & **Mark Moretti **dans les années 90 (voir l’historique de l’éditeur Valiant supra), les lecteurs avertis remarqueront d’entrée de jeu une private joke dans le deuxième cartouche de la première case (voir ci-dessous).

Si Enter the Ninja le film, n’est le premier à mettre en scène un tel personnage au cinéma ou dans la culture populaire en général, il est surement celui qui aura fait beaucoup pour la renommée des espions du **Japon ** féodal en Occident.
Néanmoins, l’année précédente, un autre film intitulé ***The Octagon ***(La Fureur du juste) (Pour en savoir +) bien que certainement moins connu aujourd’hui est certainement, de par son succès à l’époque, celui qui a inspiré les deux derniers *mogul * (?) du cinéma américain : **Golan **& Globus.

Si la vague des chopsocky movies (films d’arts martiaux) semblait appartenir aux années 1970, on verra pourtant refleurir tel le cerisier, nombre de ninja ici et là, et un engouement certain pour les arts martiaux ; engouement qui perdure à bas bruit encore aujourd’hui.

Ce n’est pas **Frank Miller ** qui me démentira, lui qui invente **Elektra **(En savoir +) dans les pages de ***Daredevil *** au début des années 1980 et qui y introduit moult référence à l’Orient, et qui créé la mini-série ***Ronin *** pour DC Comics. Ou participe à la mini-série sur Wolverine/Serval qui se déroule au Japon avec Chris Claremont.
Il dessinera par ailleurs vers la fin des années 1980 pour l’éditeur étasunien First, certaines des couverture de l’éditions U.S de l’excellente série de *manga * Lone Wolf and Cube (Kazuo Koike & Goseki Kojima) où un *ronin * (*samouraï * sans maître pour le dire vite) accompagné de son très jeune fils vit de nombreuses aventures, **Miller ** démontrant un intérêt certain & durable (et un goût sûr) en la matière.

[size=85]Design de Patrick Zircher[/size]

Mais revenons à ce deuxième tome des aventures d’X-O Manowar.
Robert Vendetti précise la personnalité d’Aric Dacia entre rencontres intimistes, *flashback * et confrontations lourdes.
Son antagoniste, le dénommé Ninjak sorte d’opérateur (entendu ici dans le sens que l’on donne aux membres des Forces Spéciales) *freelance * à la sauce ninja.
Ce dernier a conservé la même philosophie que ses énigmatiques prédécesseurs du XVIIIème siècle mais ses moyens ont été multipliés par la révolution technologique.
Autrement dit, **Ninjak ** est un ninja façonné par son époque, voire un peu en avance tant le matériel à sa disposition semble avoir été inventé par Tony Stark lui-même.
Comme dans les meilleurs team-up, les deux lascars se confrontent avant de trouver un terrain d’entente (provisoire ?) dont je vous laisse découvrir la nature.
La cascade d’événements concoctée par **Robert Venditti ** fonctionne très bien, et les stratégies des uns et des autres sont tout à fait crédibles compte tenu du contexte.
Vendetti a une approche disons behavioriste, en ce sens où c’est l’action qui détermine ses personnages, même si l’introspection n’est pas totalement absente.
Un point extrêmement positif à mes yeux en tout cas, c’est que le scénariste n’oublie pas de présenter, de manière plutôt fluide, la civilisation extraterrestre dont il est question dans cette aventure, un aspect qui va probablement tenir un rôle important dans les épisodes à venir.

Quatre épisodes qui se lisent avec beaucoup de plaisir, et qui se termine par un cliffhanger (Pour en savoir +) efficace que l’on dirait imaginé par Adrian Veidt (Watchmen).

Si le personnage principal est une création antérieure à la relance de l’éditeur Valiant de 2011-2012 ; il a été inventé au début des années 1990 par Jim Shooter, Bob Layton & John Hartz, son essence, si je puis dire est encore antérieure.
X-O Manowar est le résultat d’une suite d’opérations permettant de transformer des données multiples en un résultat précis, ce qu’on appelle un algorithme, que je qualifierai ici de mémétique.

[quote]Le mème est à la civilisation ce que le gène est à l’évolution. C’est un élément de code culturel, cognitif, symbolique ou pratique, soumis à la sélection naturelle.
Disons pour simplifier que le mème est une idée qui à l’instar de l’œuf de Samuel Butler utilise la poule pour se dupliquer ; le mème lui se sert de nous pour le faire.[/quote]

[size=85](Pour en savoir +)[/size]

Cette algorithme mémétique est fort bien connu de tout amateur d’art modeste, voir du «grand public» comme l’on dit.

Créé entre 1911 & 1912 par Edgar Rice Burroughs cet algorithme mémétique se présente sous la forme d’un individu arraché à son monde natal, projeté dans un environnement hostile et/ou inconnu, et qui se retrouve doté de facultés bien supérieures à tout ce qui est connu.
Héros herculéen, mais pas seulement, suscitant l’admiration, il met sa supériorité au service des plus faibles.

Vous avez bien entendu reconnu John Carter le héros de Barsoom, **Tarzan ** ou encore **Superman ** pour n’en citer que quelques uns.
Et bien évidemment Aric de Dacia alias **X-O Manowar ** :wink:

(***À suivre ……***)

**[size=150]C[/size]**omme je le disais en préambule de ma lecture de la série X-O Manowar : il n’est pas très pertinent de juger un ouvrage sur ce qu’il ne contient pas, plutôt que sur ce qu’il contient.

J’avançais dans un commentaire précédent qu’Edgar Rice Burroughs (ERB) avait au début du siècle dernier créé un algorithme mémétique qui avait donner naissance à ce qu’il est convenu d’appeler un stéréotype.
Le terme « stéréotype » est à entendre ici dans son acception typographique qui évoque la répétition, mais aussi la stabilité.
Il doit également être entendu en part positive à l’instar de l’utilisation qu’en avait fait Walter Lippman dés 1922.
Le stéréotype dans l’usage que j’en fais, fonctionne comme un hypotexte (c’est-à-dire un texte antérieur).
Si depuis Walter Benjamin nous savons que nous sommes à l’époque de la reproductibilité technique, nous sommes indéniablement aussi à l’ère de l’hypertextualité où, l’hypertexte est dérivé d’un texte antérieur (l’hypotexte).
Ainsi le stéréotype est-il, de mon point de vue, une représentation “toute faite” si je puis dire, porteur de la mémoire d’une représentation sociale simplifiée ; d’un modèle (ou d’un contre-modèle) inscrit durablement dans la mémoire collective.
Néanmoins le stéréotype a également la faculté en sa qualité d’hypotexte, d’ouvrir au hors texte : vers des matrices méta-linguistiques .
http://i818.photobucket.com/albums/zz104/Werber/mudman/mano03_zpsfoazsvgc.jpg
Le stéréotype résultant de l’algorithme mémétique d’ERB est un héros, définit ici comme suit : est un héros celui qui met une valeur au-dessus des sa propre vie, celui qui prend le risque de la perdre.
C’est un individu, ici un personnage qui n’a pas trop le « sens de la conservation de soi-même » (Dorothy Parker). Il a du courage pour affronter le danger et mettre sa vie en question, mais aussi de la colère car il refuse de s’adapter à la situation, d’être le complice du mal.
Pourtant il doit aussi être doté de tempérance et de générosité.

La logique du héros s’inscrit dans un récit, le héros est toujours médiatisé « sans récit qui le glorifie, le héros n’est plus un héros » (T. Todorov), un récit qui est celui du conflit, de la confrontation à l’altérité : de la polémique (polemos/guerre).
Le Bien et le Mal servent de matrice au récit.
Mais cela ne suffit pas.

Il faut que la lutte soit initiatique, qu’elle mène le héros à une transformation ; ce type de récit a une valeur heuristique et ludique indéniable capable de captiver à nul autre pareil.

Le récit héroïque est fondamentalement un parcours où même la mort est un obstacle parmi d’autres. *Idem * pour le temps qui n’a pas la réalité effective de la durée.
Sa seule fonction est d’exprimer de façon frappante, la grandeur de l’entreprise et une tension.
Le temps est aussi nécessaire que le grand nombre de guerriers « mais les héros ne vivent pas le temps à l’intérieur du poème » (Georges Lukacs).
Temps, nombre & grands espaces sont synonymes, ils nous disent l’ampleur de l’entreprise et l’étendue de l’itinéraire.
Toutefois, la mort n’est pas forcément absente ; présente elle atteste de l’humanité du héros.
Grâce à la mort, le héros accède, paradoxalement, à l’immortalité en entrant majestueusement dans le monde de la mémoire collective.
On le voit ici avec cet exemple, le stéréotype est aussi affaire de variations.

D’autant plus que qu’à partir du XIXème siècle le héros éblouissant devient porteur d’une intériorité fragile. Un peu plus tard, à « l’ère du soupçon » (1956 - N. Sarraute), « toute idée de perfection est devenu suspecte » (2003 - Carlo Ossola).
Néanmoins la culture de masse et la culture populaire (mais cette dernière tend à se confondre avec la première) se permettent encore de *« peindre des personnages qui incarnent des qualités morales faciles à détecter » *(2003 - Th. Pavel).

De héros, de posture polémique, de parcours initiatique il en est bien sûr question dans ce troisième tome d’X-O Manowar, il en est question depuis le début.
Clairement, à mes yeux en tout cas, l’histoire de Robert Vendetti emprunte à la fois à l’Iliade, poème de la guerre, à l’Odyssée (qui est celui de la mer pour le dire vite) notamment le passage où Ulysse renonce à la promotion divine que lui propose Calypso.
Mais Auric de Dacia emprunte également le chemin d’Enée, le héros fondateur virgilien, lorsqu’à l’instar de Superman il découvre sa Kandor.
Où cela le conduira-t-il ?

Nous le saurons sans aucun doute au prochain numéro.
Car vous le savez déjà l’univers des comic books n’est rien de moins qu’un éloge de la suite qui débouche souvent sur un univers partagé où le principe de continuité (Pour en savoir +) règne en moteur immobile.

J’entamais mon commentaire en précisant qu’il n’est jamais pertinent de juger un ouvrage sur ce qu’il ne contient pas plutôt que sur ce qu’il contient, surtout lorsque ce que l’on aurait voulu lire se retrouve finalement plus tard, sous une modalité différente de celle que l’on attendait, et bien meilleur.
En 14 épisodes, Robert Venditti et les artistes qui ont collaboré à la geste du Wisigoth réussissent une histoire qui fait feu de tout bois, émouvante et diablement astucieuse.
Il n’est qu’à voir notamment comment le thème d’Excalibur et son corollaire sont traités.
Prenant à rebrousse-poil les stéréotypes du domaine de l’inventio, autrement dit du champ des idées, mais aussi ceux de l’aire du dispositio (structures thématico-narratives) Robert Vendetti ne s’affranchit assurément pas du rite, sur le mode enchanteur, de la réitération, mais son récit héroïque résiste à toute monotonie.

(***À suivre …***)

Passionnant ! Tu vas peut-être me faire changer d’avis sur certains titres…mais j’attends d’abord de lire ton avis sur “Archer & Armstrong” qui est, comme je l’ai déjà écrit, celui qui m’intéresse le plus… :wink:

C’est aussi ma série préférée. Néanmoins, X-O est ma seconde pour les raisons évoquées à la fin par Artie. Effectivement on part du constat que le héros est un bon gros bourrin et au final on est surpris par plusieurs directions nous prenant à contre pieds. Alors que c’est très bien amené. J’attends ton avis sur le 4ème de X-O car ce fut mon préféré grâce à une direction folle.

Mais Archer and armstrong… c’est du petit lait.

Merci beaucoup. :slight_smile:

Sans faute !

Mais ce n’est pas pour tout de suite, en effet j’ai décidé de suivre l’ordre de lecture préconisé au début de ce fil de discussion. :wink:
Je viens donc de débuter le premier tome d’**Harbinger ** (et c’est plutôt épatant pour l’instant).

Ceci dit en attendant, pour ceux que cela intéresse j’ai fait un article il y a peu sur mon blog au sujet de la série ***Rai ***: vous pouvez le lire ici.

Bonne lecture. :wink:

Super article!
Je ne me suis penché que très récemment sur ce titre mais j’ai été conquis de suite, le postulat de départ étant très prometteur.
Le rythme ne s’essouffle pas et les rebondissements sont bien sentis.
Par contre comme Blackiruah ce n’est que ma seconde série préférée, Archer et Armstrong étant trop jubilatoire pour ne pas rester
premiers.

[quote=“artemus dada”]
Je viens donc de débuter le premier tome d’**Harbinger ** (et c’est plutôt épatant pour l’instant).[/quote]

C’est ma série favorite, pour le coup.

Poursuivant mes investigations sur l’éditeur Valiant, j’apprends que lors de sa première incarnation au début des années 1990 le titre X-O Manowar a bénéficié d’une publicité gratuite et surtout inattendue.

En effet l’éditeur Marvel (Pour en savoir +) a à l’poque, intenté un procès à Valiant, tenez-vous bien … pour usage de la lettre “X” dans le titre X-O Manowar, sous prétexte qu’elle rappelait les X-Men ?!! :open_mouth:

Le procès a été perdu par la Maison des Idées qui devait en manquer cruellement à l’époque. :slight_smile:

[quote=“Belisarius”]Super article!
…][/quote]

Merci. :wink:

Oups !!! Me voilà attendu au tournant. :slight_smile:

Quel sujet passionnant et bien documenté ! Mais comme souvent avec Artemus, dont je découvre (avec plaisir) le travail sur son (passionnant) blog (qui fait mieux passer le temps au bureau :laughing: ).
J’ai hâte de lire la suite, et je vais me plonger dans Valiant après avoir lu (et globalement apprécié) les cinq premiers épisodes de X-O MANOWAR.

L’éditeur Valiant à l’aube des années 1990.

[size=150]L[/size]’idée principale de ce nouvel univers, en tant qu’il propose plusieurs séries mettant en scène différents personnages le tout interconnecté, est de proposer un monde où le lecteur pourrait bien entendu s’évader, nous sommes dans le divertissement, mais également un monde aussi proche de la réalité connue que faire se peut.
Au début Jim Shooter (Pour en savoir +) écrit la plupart des scénarios qui sont d’une manière générale très détaillés, un peu à la manière de ce que fait Alan Moore.
Cependant, dans certains cas, les dialogues et les récitatifs sont écrits après que le dessinateur ait fait son travail à partir d’un synopsis (plot) voir à cet effet X-O Manowar #01 (Pour en savoir +). Dans ce cas, explique Shooter, il s’est servi de ce que racontaient déjà les images pour écrire les textes dans les bulles et les récitatifs.

À ce propos **Shooter ** toujours, précise que la Méthode Marvel® -_ô] est somme toute assez variable en terme de contenu ; du plus sommaire, quelques paragraphes de descriptions courts, à des descriptions case par case remplies de détails.
Avec Kirby, **Ayers ** ou **Ditko ** dit-il, pas la peine de détailler.
Les scénarios de Claremont ressemblent quant à eux, à l’annuaire de Manhattan. Ceux de Wein ne sont pas épais, Mantlo idem.
Si ceux de Wolfman sont laconiques mais il cadence page par page, et à chaque phrase correspond peu ou prou une case.
Toutefois indique Shooter, si les scénarios peuvent être minces, le scénariste et le dessinateur passent souvent beaucoup de temps à en discuter.
Néanmoins conclut-il, ça dépend beaucoup de la personne avec qui l’on travaille, et a fortiori si on ne sait pas avec qui on va travailler.
Par exemple, dit-il je ne savais pas qui allait dessiner Magnus versus Predatot alors j’ai écris un scénario très détaillé.
Olivier Thierry dans **SCARCE **n°56 s’avise que Shooter écrit des histoires « totalement non intellectuelles mais ô combien divertissantes ».

Donc Valiant choisit dés le départ d’inscrire ses personnages dans une attitude rationnelle, pas de masque, des individus montrés dans leur quotidien, la ligne créative de Valiant imite le parti pris de Watchmen et celui des Fantastic Four.
Du moins l’idée des premiers numéros où les Fantastiques démarrent leurs aventures sans costumes, “c’était pour les faire évoluer dans un monde plus réel et scientifique que les autres”. (Pour en savoir +)

Homogénéité du style puisque Jim Shooter écrit tout ou de toute manière relit et corrige ce qu’il n’écrit pas. Homogénéité du dessin également.
On invite les dessinateurs à garder le style de leur prédécesseur lorsqu’il y a un changement dans une série.
Cette identité artistique homogène est par ailleurs renforcée par la colorisation qui est réalisée au pinceau et à l’aquarelle, à une époque où la couleur par ordinateur est une technique encore balbutiante et où les concurrents utilisent des plages de couleurs unies.
La couleur est un domaine dira Jean-paul Gabilliet, qui des années 30 aux années 80 a été longtemps aux U.S.A le parent pauvre de l’industrie de la bande dessinée.
Chacun des deux grands éditeur du secteur DC & Marvel, avait développé un style chromatique qui lui était propre.
mais la mise en couleurs, pas plus que sa qualité, n’ont jamais été pour eux des arguments commerciaux : « palette délavée pour DC et surabondance de couleurs primaires pour Marvel ».
À partir des années 1990 la mise en couleur par laser changera petit à petit la donne et de nos jours, les coloristes disposent de plusieurs millions de teintes.
mais à l’époque ce n’est pas encore le cas, et **Shooter ** fait même des esquisses pour les couvertures afin qu’elles acquièrent un visuel qui se distingue de la masse.
Il faut dire que dès ses débuts il envoyé à DC Comics des scénarios mêlant texte et dessins. À cette époque là, il suivait des cours de dessin, une activité qu’il pratiquait par ailleurs depuis sa toute jeune enfance. Je rappelle néanmoins que l’on parle d’un temps où **Shooter ** n’a que 13 ans. ce qui ne l’empêche pas d’écrire pour DC.
On peut d’ailleurs raisonnablement se poser la question de la qualité des histoires de l’époque, ou sur la précocité du talent de Shooter.

Mais revenons au début des années 1990.

(Pour en savoir +)

Pour marquer son identité rien n’est laissé au hasard, ainsi le logo de l’éditeur est-il étudié pour se démarquer de ce qui se fait ailleurs.
Shooter travaille en étroite collaboration avec Jayjay Jackson qui réalisera les logos Solar, Magnus, Harbinger, X-O Manowar, etc.
Les parutions Valiant tranchent sur ce qui se fait.

Shooter est un editor-in-chief dans la droite ligne du poste qu’il occupait jadis à la Marvel, c’est-à-dire qu’il est en charge de tout ce qui a trait au créatif, écrire les scripts ou les relire, superviser les relectures, les corrections et la production. S’occuper des couvertures donc, écrire un éditorial, garder en mémoire le dessein générale, la continuité. Mais aussi l’aspect marketing.
Shooter comme on le voit, du moins d’après lui en tout cas, avait une idée précise de ce qu’il voulait : « J’aimais le rythme des américains et le découpage des européens. »
Il voulait des comics « clair, facile à lire …]. (Où le lecteur) se concentre sur ce qui se passe à l’intérieur des cases plutôt que sur la forme des cases ».

[quote=“Jim Shooter”]Le Valiant universe était un peu tiré du New Universe de Marvel. J’ai essayé d’introduire autant de rationalité scientifique que possible …].
Toutes les histoires avaient une date et des heures précises. Si un évement survenait dans Harbinger, Solar pouvait le lire dans le journal avec la date et l’heure. Tout était exacte.
Je mettais de l’emphase sur les histoires, la manière de les raconter et leur clarté.
En d’autres termes, j’ai fait ce que Stan Lee m’avait appris à faire, ce que Stan et Jack ont fait dans les années 60.
Quand on a commencé personne ne faisait cela. …]

(Entretien accordé à **Olivier Thierry ** Scarce n° 46 & 47) [/quote]

(***À suivre …***)

Passionnant, en somme toute Shooter est revenu avec l’idée de refaire des comics comme d’antan dans la synergie mais avec une perception plus moderne des faits. J’espère pouvoir mettre la main sur du valiant VF des années 90 un jour…

Oui, c’est l’idée.