TRIO GRANDE - ADIOS PALOMITA (Alain Clément, Olivier Vatine / Fabrice Lamy)

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La blonde, la brune et le truand !

Telle est l’accroche que l’on trouve en quatrième de couverture de ce western qui lorgne plus Tonino Valerii que vers John Ford. Le scénario en est rédigé par Alain Clément et Olivier Vatine (qui signe sans doute les storyboards, et quand on sait que les storyboards de Vatine pourraient être publiés tels quels, on comprend la parenté entre les deux style) et le dessin réalisé par Fabrice Lamy, qui rajoute de l’exagération dans les grimaces et les gesticulations de ses personnages. Enfin, les couleurs sont signées Isabelle Rabarot, qui s’était déjà occupé du magnifique Aquablue 4, toujours dans les mémoires.

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Le prétexte est tout simple : Joseph Carpenter est capturé par Mary, qui veut empocher la prime, et accessoirement obtenir le divorce… puisqu’elle est son épouse. Mais Dolorès, avec qui il passait des jours paisibles sur la côte, ne l’entend pas de cette oreille. Tous trois sont suivis par les frères difformes et demeurés de la brune incendiaire, et par Stubborn, un shérif bien décidé à tirer ses marrons du feu. Ils croiseront un vieux prospecteur, un guichetier reconverti en patron de banque, un adjoint reconverti en guichetier, un loup alcoolique et deux Gatlings.

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L’ensemble se lit en dix minutes, accumule scènes d’action musclés, dialogues qui fusent et mauvais esprit généralisé, et annonce déjà la tonalité de la collection Série B, peut-être déjà en gestation dans les esprits. En tout cas, il est clair qu’Adios Palomita et 500 Fusils (l’autre western vatino-lamyen de l’époque) constituent deux sortes de galop d’essai pour le label qui accueillera par la suite Carmen McCallum, Hauteville House ou L’Histoire Secrète. Pour l’heure, les récits sont encore dans la collection Conquistador, mais Vatine et sa troupe testent une formule qui fera ses preuves.

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La couverture emprunte une astuce à Drew Struzan, le peintre auteur des affiches de Star Wars ou d’Indiana Jones : le soleil de plomb qui écrase les personnages recourt à la “modeling paste”, une sorte de pâte à modeler transparente qu’on étale sur le papier ou la toile et à laquelle on peut donner des reliefs avant qu’elle sèche. Une fois séchée, on peut peindre dessus, ce qui donne des nuances en fonction de l’éclairage, mais également de l’épaisseur du pigment qui s’incruste dans les creux.

Jim