TROLL (Roar Uthaug)

Une gigantesque créature se réveille dans les montagnes norvégiennes, où elle a été piégée durant 1000 ans. Enragé, l’énorme troll se met en route pour la capitale, Oslo, détruisant tout sur son passage…

Aventures/fantastique
Long métrage norvégien/américain
Réalisé par Roar Utaugh
Scénarisé par Esper Aukan et Roar Uthaug
Avec Ine Marie Wilmann, Mads Sjogard Pettersen, Gard B. Eidsvold…
Année de production : 2022
Prochainement sur Netflix

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Après la brève expérience hollywoodienne de Tomb Raider, le réalisateur Roar Uthaug est revenu dans sa Norvège natale pour y tourner son film de kaiju ancré dans le folklore de son pays. Et je l’ai trouvé divertissant, ce Troll. Inégal, mais divertissant. Inégal parce que le long métrage a hérité de quelques défauts de la franchise du Monsterverse (les Godzilla, King Kong et autres Kong vs Godzilla), à savoir que les personnages humains sont des clichés ambulants déjà vus dans d’innombrables autres productions de ce genre. Ca manque de caractérisation, on reste à la surface et les quelques touches humoristiques tombent à plat. Uthaug aurait mieux fait de développer un peu plus tout ce qui tourne autour du Troll, qui est un beau monstre incompris possédant un côté triste et mélancolique. Mais malgré les défauts, Troll reste une chouette série B de monstres. les décors naturels sont bien mis en valeur, j’aime bien le design de la créature et le réalisateur a concocté quelques visuels assez spectaculaires, aussi bien dans les scènes se déroulant dans les montagnes que lors de l’arrivée du Troll à Oslo. Le rythme est bon et le fait que l’histoire soit résolue en 95 minutes rappelle un peu les bisseries « à l’ancienne ». J’aurais apprécié une écriture mieux maîtrisée (il y a quelques passages qui soulignent le potentiel du récit, comme celui dans les souterrains du palais royal) mais j’ai passé un bon petit moment (pas le genre de film qui peut supporter une seconde vision par contre)…

2 « J'aime »

Tu donnes envie de le voir.
Dommage que ce soit un truc Netflix.

Tori.

C’est très sympa.
À plein de niveaux : les personnages, les clins d’œil (l’arrivée d’un hélicoptère sur un site de recherche, petit clin d’œil à Jurassic Park voire au Godzilla d’Emmerich), les dialogues décalés… Le scénario passe par des figures convenues (le savant tête en l’air qui oublie son pantalon, comme quoi Walter Bishop a bien infusé dans la culture pop ; ou encore les geeks, par exemple : les références, dans les dialogues d’Andreas et Sigrid, à Star Trek ou au Seigneur des Anneaux fonctionnent très bien), et en même temps parvient à contourner les clichés, par exemple le bidasse n’est pas bas du front et l’équipe tourne bien sans passer par les chicaneries d’usage…
Les gars sont bien conscients d’avoir leur King kong à eux. Donc ils jouent sur les codes attendus (les traces, les hélicoptères…), tout en détournant les poncifs patriotiques (le discours de la présidente à ce titre est aussi drôle qu’astucieux) de ce genre de films quand c’est traité par les américains.
Et puis, il y a tout le discours sur l’opposition folklore / christianisation, qui fait un joli pendant au discours de préservation de la nature. Ça occasionne des scènes amusantes et décalées mais ça parle aussi de civilisation, de société, de rapport entre l’homme et le monde qu’il habite.
Franchement, c’est bien : ça mélange l’humour, l’action et l’émotion, avec des personnages juste décalés comme il faut par rapport à leur fonction : le Doc dit que ce sont des clichés, certes, mais ils nous évitent les dialogues éculés, ils sont survolés mais sympathiques et attachants. Le film se pose en parodie gentille de film américain et parvient à raconter son truc sans prétention. Et ouais, une grosse heure et demie : pas trop long, ni trop court en définitive, avec une vraie qualité d’effets spéciaux.