TUMATXA : L'ÉMISSION !

Et vice et versa

Ha ha ha ha !

Musiciens engagés

Herman Hesse

j’ai peur de le savoir

De savoir par qui ?

C’est dans les paroles de la chanson des Inconnus… :wink:

Ah c’est lui ? Intéressant. Merci beaucoup !

Aahh.

C est aussi un jeu de mot sur le terme engagé ! Oui, par qui ?

EPISODE 30 : L’aviateur, le marin et le cow-boy

On ne sait plus très bien où l’on en est de cette dernière ligne droite de la saison, mais voilà probablement l’avant-dernière émission de la saison, les amis !!
Le programme cette semaine :

  • Pour le cinéma, on évoque un classique absolu du grand Howard Hawks, « Seuls les anges ont des ailes » (1939), très bientôt exhumé pour une sortie Blu-Ray tout à fait bienvenue.

  • Pour la littérature, on se penche sur un classique aussi parmi les classiques, avec le texte le plus fameux de Joseph Conrad, le tétanisant « Au coeur des Ténèbres » (1899).

  • Pour la BD, retour vers l’actualité avec « Pulp », dernier travail en date des excellents Ed Brubaker et Sean Phillips, qui parviennent à rendre hommage d’un coup d’un seul au western et au polar, fallait le faire…

Et pour la musique, ce sera :
« Deceiver, I Am », extrait du premier album des power-métalleux énervés de Silver Talon, « Rope Drop », friandise électro signé Caleb Halter alias Feral, « Straight To YOur Heart », classique du répertoire de Loop, et on termine dans l’horreur auditive absolue (dans le bon sens du terme) avec les australiens de Portal, et leur « Hexodeus », issu de « Hagbulbia »…!!!

« At the speed
Broken the dark
To give to you
I can’t go on »

EPISODE 30 !!!

Les trois éléments que sont l’air, l’eau et la terre, en somme.

Tori.

Trés content que tu fasses une chronique d’ « Au Coeur des Ténèbres » de Conrad.
Ca fait partie de ce que j’appelle mes rendez-vous littéraires manqués.
Ce sont des bouquins que je devrais « normalement » aimer (thématiquement, stylistiquement, …) mais desquels je passe totalement à côté.
Ca peut être pour des raisons persos comme une grosse période de fatigue (d’où une concentration de lecture bien moindre ) ou un lien qui ne se crée pas entre l’auteur et moi (j’ai ce problème avec Cormac Mc Carthy par exemple, avec « Méridien de sang » c’est son 3ème livre que je trouve soporifique).
Bref je vais peut-être le relire après l’écoute de ta chronique (je viens de commencer ce passage) car tu seras certainement convaincant. Ca me donnera peut-être des grilles de lecture intéressantes pour favoriser l’accroche.

Sinon, je ne suis pas sûr d’avoir bien compris. C’est bien ta première lecture de ce roman? Effectivement étonnant vu le nombre de fois où je t’ai entendu l’évoquer.

Oui, absolument. Le genre de roman que j’avais l’impression de connaître sans le lire, principalement du fait de « Apocalypse Now », qui est un de mes films de chevet (je revois peu les films mais celui-là je l’ai vraiment beaucoup vu et revu) et sur lequel je me suis beaucoup documenté…

??? Ah oui, là c’est moi qui suis étonné…
J’ai été saisi à la gorge dès les premières pages.

Je pense que ça vient de la prose de Mc Carthy de manière générale même s’il y a pleins de passages que j’ai adoré. Le moment où le gamin s’enfuit et tombe sur l’arbre en feu m’a réellement scotché. Curieusement, ce sont les passages les plus sauvages qui m’ont endormi…
Par contre, c’est vrai que le personnage du juge est fabuleux. Une grande réussite. C’est marrant mais dans mon imagination, il avait les traits physiques du Caïd. Ce que j’ai aimé également, c’est le contour flou qu’il a. Difficile de savoir qui il est vraiment. Il semble plus conceptuel qu’humain. Un peu comme Kurtz d’ailleurs…
Le rapport à Moby Dick est aussi évident (tu en as parlé dans ta chronique mais c’est vrai que c’est complètement évident à la lecture).

Eh bien tu ne dois pas être le seul à te le figurer ainsi : dans l’un des projets d’adaptation ciné avortés du livre, il y avait une idée de casting qui allait dans ce sens (Vincent D’Onofrio en Juge Holden, lui qui a joué le Caïd à la télé récemment)…

L’un des plus beaux moments du roman, et le plus important peut-être « symboliquement », du propre aveu de McCarthy.

C’est marrant, dans ta chronique tu parles également d’analogies entre les caractérisations des personnages du Juge et de Kurtz. J’ai fini de l’écouter ce matin.

Ah oui, il y a un autre point qui m’a agacé (je suis un peu tendu en ce moment :grin:), ce sont les intitulés de chapitres. Je ne suis pas contre un peu de changement mais là ça annonce carrément toutes les sous-parties… Curieuse idée…

Hop, j’étais à la bourre sur mes écoutes pour cause de vacances chez mon père. Ca sera deux épisodes à la suite, du coup.

Je n’ai pas vraiment retenu les paroles du morceau mais le titre est aussi celui d’un essai de George Orwell à propos de la représentation des meurtres dans les médias et l’attrait que nous ressentons pour les « faits divers ». C’est aussi le texte où Orwell, avec une certaine dose de sarcasme, fait le constat d’un « âge d’or » de l’assassinat anglais, entre 1850 et 1925. Je subodore une référence à Thomas de Quincey, là. Nul doute qu’Alan Moore est très familier avec tout ça. Et c’est assez cohérent avec tout le truc des Anonymous et du mouvement Occupy.

Tu te demandais qui étaient les géniteurs des muses et donc, indirectement, d’Orphée. Il y a quelque chose d’intéressant à noter, là. Elles sont les enfantes de Zeus et Mnémosyne, la déesse de la mémoire et l’inventrice de l’écriture. Mais cette dernière est une titanide et donc une des perdantes de la Titanomachie. Hors, dans cette mythologie, tous les Titans et leur descendance sont maudits et destinés à avoir une vie tragique. C’est ce qui explique pourquoi Orphée s’en prend à ce point plein la gueule.

Ben, avec le point de vue de quelqu’un qui découvre le groupe, si je vois la comparaison possible avec Spacemen 3, j’avoue que j’ai beaucoup plus pensé à Jesus & Mary Chain dans le morceau que tu as passé.

Ca me fait penser que j’ai beaucoup aimé ce morceau. Ne connaissant pas du tout le groupe, je vais regarder ça de plus près! :wink:

En fait, lire vos réactions me fait me dire que mon intuition concernant Loop était assez fondée : ça n’est pas une formation si connue que ça, même pour des mordus de musique comme vous. Sur scène c’est super, le côté krautrock hypnotique imbibé de réverbs dans tous les sens est irrésistible.

Je crois que c’est un procédé qu’on retrouve assez fréquemment en fait, mais plutôt sur des oeuvres plus anciennes. J’ai parlé récemment de « L’autre côté » de Kubin, et c’est pareil. Sur le papier je ne suis pas fou du procédé (qui « déflore ») mais à l’usage je ne trouve pas ça si gênant en fait. J’imagine que chez McCarthy, le procédé relève un peu du « tout est écrit à l’avance », ce qui renforce le tragique immuable des événements…