TUMATXA : L'ÉMISSION !

Absolument, et il est assez hallucinant ce chapitre. C’est futé de faire le lien entre le surnom de la première bombe (« Little Boy ») et le Surhomme enfant… Et je suis assez d’accord avec la conclusion que tu en tires, sur la montée en puissance dans tous les sens du termes de la science : c’est exactement ce que montre ce chapitre en effet.
Pour Sherlock, peut-être que l’arrivée de Superman le rend « caduque », dans le sens où son esprit de déduction se heurte à l’impossible avec l’avènement du surhomme…

Certes, il y a le caduque mais aussi la paternité. Moore dans ses abc comics, n appelait il pas ses héros du nom de héros de la science. Les pulps trouveraient leur origine dans le premier héros scientifique que serait sherlock et superman en serait l aboutissement comme la bombe l aboutissement de la modernité scientifique.

Super nouvelle!!!
Le livre va te plaire, c’est sûr! C’est extrêmement complet et référencé pour le moment (j’en suis à la moitié). Mon seul bémol est le côté trop académique à mon goût (surtout peu de temps après avoir lu « L’enquête infinie », ça fait un choc :sweat_smile:) mais ça reste fluide et sans longueur.
Par contre, ça m’a donné envie de découvrir pas mal d’autres romans qui vont être galère à trouver (plus édités pour la plupart voire pas traduits du tout en français). Je n’ai pas encore pris le temps de tous les noter dans mon petit carnet de recherche.

La narration ne m’y a pas faitrop penser mais pourquoi pas.

Pour la bombe, comme le dit Photonik, c’est très ingénieux. C’est comme si Veitch avait poussé le curseur encore plus loin que Moore sur cet aspect (si je me souviens bien des détails de Watchmen)

Le défaut habituel des universitaires, puisque c’est le cas de Clémentine Hougue. En général, avec le temps, ce défaut se gomme, même chez eux…

Oui, je dois dire que j’adhère assez à cette vision, même si Sherlock ne se résume pas à ça bien sûr. Avant la science il est surtout l’incarnation de la rationalité au sens large, à mes yeux…

Sherlock, c’est un vrai cartésien. Toute sa « science de la déduction » est dérivée de la philosophie de Descartes et en est l’application.

Tori.

Oui, voilà. Ceci dit, quitte à pinailler, je dirais que la méthode de Sherlock est moins basée sur la déduction que sur l’induction : c’est un probabiliste, il penche pour les options les plus probables. Et pour l’improbable à l’occasion, mais en dernière analyse.
Il est quand même un cartésien pur jus, c’est indéniable.

Oui j associerais volontier science et rationnaliste dans le propos de la bd.

Sherlock comme premier heros de ce type qui identifie dors et déjà à quoi le chemin rationnaliste va aboutir via la rencontre avec maximal

C’est un Sudoku Master en fait.

Très bonne émission.

Je ne connaissais pas

Beau portrait.

Par contre, je ne sais pas si tu connais la place de genet dans les courants réactionnaires, son anti modernisme forcené, son orientalisme et son virilisme, qui lui ont encore valu dernièrement une éloge vibrante par houria bouteldja, l egerie du pire.

Prendre en compte cette filiation pourrait t amener à voir autrement ces fameux mouvements qui existent depuis cinquante ans et qui n effraient pas que les droitards, et qui en fait ne sont pas si vieux.

Pas dans le détail, mais en gros, oui.
Son positionnement est d’ailleurs discuté car complexe ; tous les « spécialistes » ne semblent pas d’accord. Mais ce que je sais de Genet ne me le rend pas particulièrement sympathique. Je connais l’admiration sans bornes de Burroughs à son égard, ça m’avait intéressé à l’époque.

Par contre, je crois pas l’avoir évoqué dans le sens que tu sembles préciser ici : Genet et la « déconstruction » à la Acker, je ne les mélange pas, si…?

Je fais aussi une différence entre le travail d’Acker et par exemple la mouvance « woke », également, pour la simple et bonne raison que son travail fait oeuvre d’émancipation ; elle est aussi très loin du positionnement victimaire (malgré les thématiques qu’elle aborde) qui m’insupporte tant dans les « nouvelles gauches ». Elle est beaucoup plus offensive que ça, et ça me parle.

Merci !!!

Ah, peut-être est ce moi qui ai fait le lien pour toi.

Sourire

Même si a priori ce n est pas ma tasse de thé littéraire, ton portrait convainc de l ampleur de l oeuvre de la dame, au delà de ce qu on peut en tirer comme analyse politique ou autre.

Comme genet d ailleurs dont le talent est indéniable, et en plus sympathique que genet. Singulier personnage cette acker qui semble avoir traversé le siecle et l avoir marqué.

A chaque fois je la fais mais : non non merci à toi.

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Marrant, hier soir en lisant l’essai de Clémentine Hougue, celle-ci évoque les travaux de Samuel Delany.
C’est essentiellement pour parler de son roman « Babel 17 » mais elle évoque aussi en quelques lignes « Hogg »… Ça a effectivement l’air hardcore… :sweat_smile:

Sinon super chro de « Sang et stupre au lycée ».
J’ai appris pas mal de choses sur l’éditrice Laurence Viallet. C’est cool que tu ais fait un focus sur son travail.
Pour info, le roman a été publié en France pour la première fois en 2005 puis réédité 2 fois.

Ah ben, voilà : là c’est mon dilettantisme qui est à blâmer, je n’ai pas pensé à regarder ça.

Ah, « Hogg » : cette lecture remonte à une bonne quinzaine d’années. Un des bouquins qui m’a le plus remué ; c’est presqu’incroyable d’imaginer que c’est le même Delany que le brillant mais plus sage maître de la SF qu’il est. Très autobiographique paraît-il, et c’est là qu’on se dit que Delany doit avoir un sacré tempérament pour avancer après une adolescence pareille…

EPISODE 8 : Henry, portrait de l’angoisse américaine

« Wakka-Ding-Hoy !!! »

Tel est le cri de ralliement des Plexus Rangers, qui vous invitent ce soir au huitième épisode de cette nouvelle saison de « Tumatxa! ». BD, cinoche, littérature, zique, tout ça pas dans le même ordre que d’habitude, mais on s’en fout !!

Pour la BD, donc, comment l’auront compris les plus au jus d’entre vous, on aborde ce monument du comic-book anglo-saxon des années 80, l’incroyable « American Flagg! » d’Howard Chaykin, sortie VF longtemps fantasmée, puis repoussée à maintes reprises, mais là c’est la bonne. Et c’est largement à la hauteur de sa flatteuse réputation. A la fois western décalé mais roboratif et récit d’anticipation dystopique sombre comme pas deux, ce titre est un immanquable.

Pour le cinéma, suite à son exhumation à la rentrée dernière en Blu-Ray farci de suppléments, on se penche sur le premier film de John McNaughton, le fameux « Henry, portrait d’un serial-killer », qui évoque la vie d’un prof de ski… non, d’un serial-killer, évidemment, comme le titre l’indique. Pas spécialement jouasse, pour être franc, mais très intéressant, ce film.

Pour la littérature, place à un peu de théorie littéraire de haut-vol, puisqu’on évoque « L’angoisse de l’influence » du regretté Harold Bloom, un des plus grands critiques (toutes disciplines confondues d’ailleurs) du siècle dernier. Dans cet essai séminal, il se penche sur ce drôle de phénomène : le poids insupportable des aînés quand on se lance dans une entreprise artistique, en l’occurrence ici le poème en langue anglaise des trois derniers siècles. Ardu, mais passionnant.

Le tout est saupoudré de musique, est-il besoin de le préciser : le californien Dylan Neal sort le troisième album de son projet electro/rock Thief, « The 16 Deaths Of My Master », et c’est une pure bombe, comme en atteste le single « Apple Eaters » ; Full Of Hell, projet grindcore/black/death/punk, vient de sortir un album mais c’est de son excellent prédécesseur, « Weeping Choir », qu’est issu le sludgy « Armory Of Obsidian Glass », qu’on écoute ce soir les oreilles en sang ; Fantômas revisite le thème de « Henry », le film de McNaughton, et c’est tiré de leur chef-d’oeuvre terminal, « The Director’s Cut » ; enfin, les toulousains de Slift nous gratifient de « Lions, Tigers And Bears », le plus épique des morceaux épiques de leur fabuleux et très remarqué « Ummon »…!!

« It’s either you or them (you or them)
It’s either you or them (you or them)
Them or you, you or them
Them or you, you or them »

EPISODE 8 !!

On peut jouer à trouver d’autres titres :

  • Episode 8 : l’influence d’un serial-killer américain
  • Episode 8 : Flag : l’angoisse du serial-killer

Heureusement que je n’étais pas en train de manger ou de boire : j’en aurais mis partout, tellement j’ai ri !

Tori.

Ha ! ça claque, ça.