TUMATXA : L'ÉMISSION !

Eh bien merci beaucoup !! Qu’est-ce que j’aime ce film. Nonobstant sa difficulté d’accès, car il est vrai qu’il laisse nombre de spectateurs sur le carreau, je suis surpris que ce film ne bénéficie pas d’une aura supérieure, quand Oshii est tout de même célébré pour des travaux postérieurs, certes géniaux… Ceclui-là est sublime et me serre le coeur à chaque fois.

Tu l’avais vu en salles ?? En France ?

Dans le cadre d’un festival peut-être ? J’étais persuadé que cette reprise était la première exploitation du film en salles pour la France.

Pour ma part, je l’ai vu il y a trente ans sur grand écran à l’occasion de la biennale du cinéma japonais d’Orléans, en 1995… Il y avait même une séance de dédicaces de Yoshitaka Amano dans une boutique… Mais j’avais cours le mercredi après-midi, alors je n’y étais pas allé. J’ai regretté pendant des années de ne pas avoir séché les cours ce jour-là, mais j’ai réussi à croiser le maître à plusieurs reprises depuis.

Tori.

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Ah, nos messages se sont croisés…

Oui, la biennale du cinéma japonais de 1995 avait une programmation sympa pour les fans d’anime :

Il y avait aussi une expo Amano et une expo Tezuka.

Tori.

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En effet, quel programme !!!

Et pour l’épisode de cette semaine:

2025.12.10 - (2:37) Blut Aus Nord, (30:48) Mamoru Oshii, Yoshitaka Amano, « L’Oeuf de l’Ange », (1:27:08) Midwife, Matt Jencik, (1:36:16) « Simon Spurrier présente Hellblazer: Dead in America », (2:15:31) Oneohtrix Point Never, (2:26:17) Ambrose Bierce, « Les Délices du Démon », (2:54:52) Tony Conrad, Faust

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En tout cas, très chouette programme encore une fois. Le Hellblazer, je l’ai lu il y a une quinzaine de jours et j’ai beaucoup aimé. Ça va être intéressant d’avoir ton ressenti sur ce 2nd volume.
Et pour Blut Aus Nord, je suis du même avis que toi. Vraiment un excellent cru. J’ai eu un peu peur à l’écoute du morceau d’ouverture car je le trouvais trop proche de la veine d’Hallucinogen mais la suite est bien plus variée. Pour revenir sur la veine Lovecraftienne, il me semblait qu’Hallucinogen était déjà basé sur « Les contrées du Rêve ». Il faudrait que je vérifie ça.

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Ah, nos messages se sont croisés.

Mais pas de problèmes. Tu sais, on ne peut pas décider de devenir archiviste, comme je l’ai fait, sans avoir, au minimum, des petites tendances OCD, ha ha. Du coup, si je me rends compte que j’ai loupé des trucs, ça va m’agacer jusqu’à ce que j’y remédie.

Mais, de toute façon, j’allais écouter l’épisode, comme chaque semaine. Donc, noter les timecodes à côté, c’est une formalité, même pour un entretien aussi touffu que celui-là. Ca demande pas particulièrement d’efforts, juste du temps.

Et oui, épisode classique cette semaine mais sacré beau sommaire, effectivement. Toujours content de voir Ambrose Bierce évoqué, notamment

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On sous-estime beaucoup tout ce qui a pu être diffusé de profondément mortel sur les écrans dans le cadre de rétro ou festival dans les année 90. Marrant ce matin FB me rappel à mon bon souvenir un texte que j’avais écrit pour le film Macross - Do your remember love ? et dans la conversation, il y a Yvan West Laurence (l’ancien taulier d’Animeland) qui me listait un paquet de film, dont Macross, diffusé au cinéma en France au début des années 90/95 dans le cadre de deux trois rétros. Et, puisqu’on parle d’Oshii, il y avait aussi les grandioses Patlabor

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EPISODE 11 : Filmer la chute des Langues

Dernière émission de cette année (civile) pour « Tumatxa! », et tel un Père Noël un peu à l’avance (mon dieu que cette formule craint), on vous a concocté un joli programme ma foi. Classique ? Certes, mais un classicisme qui envoie du bois (de chauffage).

Cinéma (du patrimonial très haut de gamme), BD (avec une surprise, pour ma part, époustouflante), et littérature (avec un roman signé par un des cadors actuels de la fiction télévisée) : tel est le menu, copieux, que vous allez devoir digérer ce soir.

Pour le cinéma : on en avait parlé il y a quelques semaines, il est bon parfois de décrocher de l’actualité pour évoquer des classiques. Nous profitons quand même en l’occurrence de l’expo « My Name is Orson Welles », à la Cinémathèque française jusqu’à début janvier, pour évoquer le corpus du roi des cinéastes, du prince du Septième Art (oui j’ai le sens de l’emphase aujourd’hui), qui donc, je vous le donne en mille, Orson Welles. On va pour l’occasion se pencher sur un film méconnu de Welles, le dernier qui ait été achevé de son vivant, « Filming Othello » (1978), sorte d’essai auto-réflexif passionnant où le cinéaste prodige revient sur l’un des sommets de sa filmographie, l’adaptation du « Othello » de Shakespeare, 25 ans après sa conception pour le moins mouvementée. Avec une économie de moyens radicale (en gros nous avons Welles qui parle face caméra, une Moviola et Gary Graver son chef-op’ qui filme le tout), Welles « analyse » avec le sens du cabotinage qu’on lui connaît son propre travail, et c’est en fait absolument passionnant, qu’il s’agisse pour le cinéaste d’expliquer en quoi « Othello » a été impacté dans sa forme même par ses conditions de production cataclysmiques, ou de livrer des pistes d’analyse passionnantes, ou encore de disserter sur la figure du traître ultime, Iago, le « salaud » de l’histoire… Passionnant quand on s’intéresse à la filmo et à la figure de ce sacré Orson.

Pour la BD, grosse surprise et grosse claque à la fois ; rendez-vous compte, je ne connaissais pas le travail d’Anders Nilsen… quellle lacune !! Et derrière de se prendre telle une mandale dans la calebasse « Tongues Vol. 1 », son dernier et colossal travail en date. Avec ce tour de force graphique époustouflant (quelle splendeur visuelle, mes aïeux), Nilsen nous narre une histoire d’apocalypse imminente mâtiné de mythes antiques (en gros, une relecture du mythe de Prométhée) et d’eschatologie musulmane, avec pour théâtre des opérations l’Asie mineure (ce qui est, en soi, extrêmement rafraîchissant dans le cadre d’une BD anglo-saxonne). Un peu difficile d’accès (Nilsen se passe de toute exposition et table sur l’intelligence et l’attention de son lecteur), « Tongues » est une merveille d’innovation narrative, doublée d’une passionnante réflexion sur les mythes et la façon dont ils perdurent et se renouvellent, triplée de considérations vertigineuses sur la notion même de langage. Ouf !!! Tout ça ? Ouaip. On reviendra sur le corpus d’Anders Nilsen, c’est une certitude.

Pour la littérature, évoquons pour la première fois le corpus romanesque de Noah Hawley, que l’on connaît bien par ici pour son travail à la télévision, avec des séries aussi magistrales que « Fargo » ou « Legion », ou plus récemment « Alien ; Earth » (à la réception plus mitigée dirons-nous). Hawley est par ailleurs l’auteur de six romans, dont deux ont été traduits par Antoine Chainas. C’est le cas de « Avant la chute », sorte de faux thriller centré sur une catastrophe aérienne (un jet privé qui s’abîme en mer avec ses 11 passagers) dont la nature est incertaine : avanie technique ? erreur humaine ? attentat ? Si vous attendez du récit tricoté par Hawley une enquête minutieuse au dénouement scotchant, détrompez-vous ; ce n’est pas le coeur de son projet. Ce qui l’intéresse ici, ce sont les personnages, et force est de constater que le bougre fait des merveilles en la matière, dotant sa galerie de personnages secondaires d’une substance bluffante, comme il le fait par ailleurs superbement à la télévision.

Le tout est mis en musique comme si c’était Noël avant l’heure : Thou reprend le « Suck » de Nine Inch Nails dans le cadre du tribute album « The Best of Nine Inch Nails Redux », et ça déchire ; Marillion signait en 1994 l’un de ses plus grands albums, « Brave », et la suite « Goodbye To All That » en est isuue ; les death-métalleux de Sanguisugabogg sortent un fabuleux troisième album, « Hideous Aftermath », et le titre « Felony Abuse Of A Corpse » (tout un programme) en atteste ; enfin, on fête les 50 ans de « Rubycon », l’un des albums les plus emblématiques de Tangerine Dream, et on s’envoie pour la peine le morceau-fleuve (jeu de morts) « Rubycon part I »…!!!

“There is no god up in the sky tonight

No sign of heaven anywhere in sight

All that was true is left behind

Once I could see, now I am blind”

EPISODE 11 !!!

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Ah oui ? tiens, je n’avais pas du tout cet élément en tête. Ceci dit, cette veine particulière de Lovecraft collerait bien au feeling particulier de l’album. Et d’autre part, si je dis dans ma chronique que je trouve cette thématique complètement essorée dans le cadre du métal extrême, la veine onirique du reclus de Providence en est quand même un peu exclue, de cette surutilisation.

C’est peut-être moi qui “reconstruit” les choses a posteriori mais j’ai l’impression en effet qu’il y a eu un petit âge d’or de la diffusion en salles des grands films d’animation, à une époque, qui doit culminer en 1995-97, à la louche. Un âge d’or qui serait borné par, disons, la diffusion du “Akira” d’Otomo (en 1990, peut-être ?) et celle du “Metropolis” de Rintaro, qui avait fait sensation à l’époque même si on l’a un peu oublié (mais qui ressort en cette fin d’année, je crois ?). Et au beau milieu de tout ça, on a “Ghost In The Shell”, “Perfect Blue” et les grands Miyazaki de la période. La plupart de ces films (pas les Miyazaki, certes) sortiraient aujourd’hui directement en vidéo, j’ai l’impression. Comme ça a été le cas de films comme “Skycrawlers”, qui pour moi est un pur chef-d’oeuvre, mais qui est complètement passé inaperçu au moment de sa sortie (en DVD).

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On y reviendra très vite !! Via le recueil “Coup de grâce”, pour être tout à fait complet.

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Et après une petite correction, voilà à nouveau le sommaire de cette semaine:

2025.12.17 - (2:18) Thou, Nine Inch Nails, (28:48) Orson Welles, “Filming Othello", (1:23:17) Marillion, (1:46:44) Anders Nilsen, « Tongues Vol. 1 », (2:19:31) Sanguisugabogg, (2:30:21) Noah Hawley, « Avant La Chute », (2:56:51) Tangerine Dream

Je pense aussi. Pour avoir relu un paquet d’Animeland de cette époque on peut le constater. Mais aussi tout un tas de sortie plus confidentielle et surtout l’insuccès de beaucoup de ces films. Miyazaki inclus puisqu’il a fallu attendre Chihiro pour le succès.

Non je ne crois pas. C’est au contre une très grande période pour le film d’animation japonaise en salle. Non seulement il y a les films de Myazaki et consort (Hosoda ou Shinkai) qui fonctionne dans le réseau A&E et au delà mais les adaptations de shonen cartonne aussi dans les multiplexes.

Alors oui des films comme Jin-Roh ou Innocence ca serait pas le même délire. En même temps j’ai pas l’impression que c’est aussi cela qui est produit au Japon

J’aurais dit Princesse Mononoké, moi.

Tori.

Le film a mieux marché que Porco Rosso (220 000 entrés) mais c’est clairement pas cela encore. Princesse Mononoke, c’est 730 000 entrés en tout.

Deux ans plus tard, Le voyage de Chihiro est la vrai bascule avec un succès critique clair (je situe à ce moment là le moment où Télérama retourne sa veste) et un public présent. C’est plus de 1.5 millions d’entrés.

(Je garde en souvenir la première fois que j’ai vu Princesse Mononoke dans la grande salle de l’UGC des Halles le jour de sa sortie, on était 10 dans la salle)

edit : mise en forme et corrections

Je pense aussi, le marché est beaucoup plus propice aujourd’hui dans sa diversité. Au-delà des synergies cross-media vertueuses qui favorisent les sorties salles pour les adaptations à succès, un distributeur comme Eurozoom s’est demené pour imposer des nouveaux noms de l’animation japonaise comme Shinkai et des films plus confidentiels (On gaku, Les enfants de la mer) quand d’autres se contentent de rafler les noms une fois tout le boulot de défrichage fait (genre Gaumont qui pique Hosoda à KMBO après ces 3 premiers longs une fois le boulot bien entamé).

D’ailleurs, L’œuf de l’ange et Memories ont eu droit à une sortie salle, Metropolis ressort la semaine prochaine.

Le cas d’Oshii est particulier parce que sa première sortie salle nationale était avec Ghost in the shell et que l’échec commercial d’Innocence a été un marqueur: son producteur historique attend de voir si la ressortie mondiale du film dans sa restauration 4k va permettre de rentabiliser ses coûts initiaux pour décider de la production d’un troisième volet.

Ca serait magique. Elle est prévu pour quand la ressortie ? Parce qu’on doit le programmer pour le festival du film asiatique en mars et du coup je me dis que ca sera surement cette copie

En France, je ne sais pas si un distributeur est sur les rangs.

Le film est déjà ressorti l’année dernière en Australie, cette année en Espagne (et peut-être aux USA).

Ce serait marrant qu’Oshii et Miyazaki se retrouvent à sortir un nouveau film ensemble comme c’était le cas en 2004, mais ça paraît compliqué pour la production d’un troisième Ghost in the shell s’il faut 10 millions de dollars recette pour rentabiliser le précédent. On verra bien.