TUMATXA : L'ÉMISSION !

En attendant que Photonik passe dans le coin, voilà le chapitrage de l’épisode de cette semaine:

2026.09.30 - (4:07) Sleep, (45:52) Festival Play It Again, Akira Kurosawa, “Entre Le Ciel et L’Enfer”, (1:26:48) Miracle, (1:36:04) Alan Moore, “Long London: J’Entends Un Nouveau Monde”, (2:14:34) Immolation, (2:21:56) Steve Gerber, Mary Skrenes, Jim Mooney, “Oméga L’Inconnu”, (2:55:43) Russian Circles, (3:06:55) Pendleton Ward, Duncan Trussell, “The Midnight Gospel”, (3:28:16) The Cosmic Dead

Le lien de l’émission: Xiberoko Botza

L’archive: Tumatxa – Google Drive

La présentation: https://www.facebook.com/sweven.sweven.3/posts/pfbid05uFEtFjgimReoWxy7gpTjZesFvTRsLUB2VRVAXmNzsLejrT8Afbr25p7ApZqfqTml

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Merci ektah, ça fait plaisir de savoir qu’une nouvelle saison est lancée.

La… 23e?

Je t’en prie. Pour le coup, je sais pas, pour la saison. Les épisodes les plus anciens que j’ai pu trouver datent de 2008 mais c’était avant que j’arrive pour archiver. Peut-être qu’il y en a eu d’autres avant ça. Donc, au moins la 18ème saison, mais probablement plus.

Dans le premier message du présent sujet, Photonik disait (en octobre 2013) :

Donc, ça ferait environ 23 ans.

Tori.

Vu son planning musical chargé avec Titan, je pense que @Photonik ne m’en voudra pas de publier le descriptif de la première émission de la saison (d’ailleurs en raison de son week-end en déplacement, il n’y aura probablement pas d’émission la semaine prochaine) :

Retour triomphal de « Tumatxa! » en cette rentrée fort bousculée pour moi ; je prie les nombreux aficionados de l’émission (deux personnes se sont manifestées) pour ce léger retard à l’allumage. On va compenser par un programme proprement faramineux, l’expression même de la générosité radiophonique faite ondes, comme le veut la tradition. Gros sommaire ce soir, pour entamer la saison !!
Cinéma (du patrimonial), littérature (avec un des grands habitués de notre émission), BD (là aussi du patrimonial, mais plutôt du genre obscur), et série télé (avec un bijou animé fort original) : tel est la fête à laquelle vous êtes tous conviés.

Pour le cinéma, en une sorte de « coda » à l’excellent festival Play It Again qui s’est déroulé entre autres au cinéma Maule Baitha de Mauléon, nous revenons sur un classique signé par le grand Akira Kurosawa, à savoir le mirifique « Entre le Ciel et l’Enfer » (1963). Pas de chambara opératique au menu, mais un polar très américain (dans tous les sens du terme, y compris dans le commentaire produit par Kurosawa sur l’influence exercée par l’oncle Sam sur l’archipel nippon en ces années d’après-guerre), adapté d’un roman d’Ed McBain au pitch imparable : le fils d’un riche industriel (incarné par le grand Toshiro Mifune) est kidnappé contre une demande de rançon gigantesque ; sauf que le criminel s’est trompé de cible, et c’est le fils du chauffeur de Mifune qui est en fait la victime. La police enquête… Sorte de condensé de ce que le récit criminel peut produire en termes de multiplicité de points de vue, exercice de mise en scène stupéfiant de virtuosité, « Entre le Ciel et l’Enfer » est aussi une charge politique (« politique mais pas engagé », comme dit Nicolas Saada au sujet de ce film) et un manifeste de l’humanisme du maître nippon. Un peu du Bong Joon-Ho avant l’heure, comme n’a pas manqué de le faire remarquer Bong Joon-Ho.

Pour la littérature, on réinvite avec plaisir dans l’émission ce diable d’Alan Moore, décidément incontournable, qui revient avec le deuxième volume de son cycle « Long London ». Après « Le Grand Quand », voici « J’entends un nouveau monde », toujours chez Bragelonne, et toujours traduit par Claro. On va être franc : le roman est un peu moins abouti que son prédécesseur, et de manière générale le cycle actuel de Moore n’est probablement pas ce qui restera de plus crucial au sein de son mirifique corpus. Mais on suit avec toujours autant de plaisir sous sa plume truculente de britishitude affirmée les aventures de son héros, le maladroit Dennis Knucleyard, aux prises avec les brèches du Grand Quand qui se manifeste bruyamment dans le Londres de 1959.

Pour la BD, on recause déjà du trop méconnu Steve Gerber, scénariste majeur du Marvel des années 70, avec une perle certes imparfaite mais passionnante co-écrite avec sa comparse Mary Skrenes, à savoir l’intégrale de « Oméga l’Inconnu », dessinée par le vétéran Jim Mooney. Oméga est un pastiche mutique de Superman, débarqué du cosmos pour combattre d’étranges robots extra-terrestres. Quel est donc son lien mystérieux avec le tout aussi étrange James-Michael Starling, pré-ado de 12 ans aux prises avec les mêmes machines ? La réponse ne vous sera pas donnée à l’issue des dix épisodes de ce titre avorté, pas le meilleur travail de Steve Gerber de la période, certes, mais fascinant par sa bizarrerie intrinsèque. Le titre aura d’ailleurs les honneurs d’une sorte de remake en 2007, sous la plume inspirée de Jonathan Lethem…

Pour les séries télé, on cause du très étonnant et brillant « The Midnight Gospel », sorti en 2020 sur Netflix pour une saison unique (hélas). La série est l’œuvre de Pendleton Ward (« Adventure Time ») qui unit ici ses forces avec Duncan Trussell, dont il adapte le podcast « The Family Hour » avec brio. Une adaptation animée de podcast ? Vous avez bien lu, le résultat est pour le moins surprenant : féérie visuelle totalement surréaliste, la série met aussi à l’honneur les échanges passionnants de Trussell avec ses invités, et conclue sa saison sur un épisode proprement bouleversant. Très, très, très original.

Le tout est solidement mis en musique : le dernier Sleep provoque bien des remous, mais n’est peut-être pas aussi nul qu’il n’y paraît, comme en atteste le morceau-tire de ce « Hempispheres » ; le duo Miracle (Steve Moore/Daniel O’Sullivan) revient avec un excellent troisième album, « The Living Likeness Of My Electric Daemon », dont on écoute l’excellent morceau-titre « Ambrosia » ; les vétérans du detah-metal américain Immolation reviennent avec « Descent », dont est issu le fabuleux « Bend Towards The Dark » ; Russian Circles revient avec « Nine », un album à la hauteur de l’impeccable discographie du groupe dont est extrait « Eluvial » ; enfin, on termine avec les space-rockers écossais de The Cosmic Dead, dont le dernier album en date « Beyond The Beyond » s’ouvre sur le jouissif « Furthur »… !!

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