TUMATXA : L'ÉMISSION !


(Photonik) #1861

Absolument, c’est tout à fait ça. Et moi aussi j’aime bien quand il y a un peu “à boire et à manger” dans un film, comme ça a été le cas cette saison pour “The Predator” de Shane Black, “Apostle” de Gareth Evans dans une moindre mesure et ce “Polar”, parce que les défauts permettent justement souvent de mettre en valeur tel ou tel point de la conception d’un film, qui a pu pêcher sur ces films mi-figue mi-raisin…

Et justement, la prochaine chronique ciné portera à nouveau sur une semi-réussite à mes yeux, mais fort intéressante jusque dans ses défauts précisément.
Mais pour cela, il faudra attendre la semaine prochaine : pour cause d’emploi du temps encore une fois bousculé (c’est un peu la folie ces jours-ci), je vais devoir surseoir au rendez-vous de cette semaine…
Mais on se retrouve la semaine suivante pour la dernière émission avant la pause rituelle pour les vacances de février.
Stay tuned !!!


(Photonik) #1862

Ah, je suis bien content que ce morceau ait tant plu, car ça a été une grosse claque pour moi aussi…


(Vinch64) #1863

Oui d’après ce qu’on m’a dit, il a eu une belle chro dans New Noise.
Le concert était top, en configuration “classique”. Une dizaine de morceaux en solo, uniquement instrumentaux, sur un superbe piano à queue (et le gars a une putain de main gauche :scream:) et les 3 derniers sur un violoncelle avec un sampler pour enregistrer des loops en direct. C’est ce qui m’a fait le plus tripé. Mon fiston a adoré aussi (sauf le violoncelle :grin:).


(Ektah) #1864

Bon, j’étais un peu à la bourre donc je me suis enchaîné les deux derniers épisodes, du coup.

Hey. Comme toujours, merci pour la salutation. Ca fait toujours plaisir. Je dois bien avouer que je n’avais aucune idée de cette lecture possible pour le livre de Stevenson. Ceci dit, j’avais quelque chose comme 10 ans lorsque je l’ai lu pour la dernière fois. C’est certainement intéressant. Je m’y replongerai à l’occasion.

En fait, je pense de plus en plus à faire le GR70 dont tu parlais, le “chemin de Stevenson” à travers les Cévennes, en guise de préparation à des marches plus difficiles (il ne fait que 250 kms, ce n’est pas grand chose, et est très aménagé).

Ca sera l’occasion de relire Stevenson, je pense. Par exemple, je suis assez curieux au sujet du “Voleur de Cadavre”, au sujet de l’affaire de Burke et Hare, dont j’aime beaucoup l’héritage cinématographique: “Le Récupérateur de cadavres”, “L’Impasse aux violences”, “Le Docteur et les Assassins”, “I Sell The Dead” (encore un film mi-figue mi-raisin, justement, mais que je trouve assez attachant), et, surtout, le “Burke & Hare” de John Landis qui se paye le luxe de référencer simultanément le “Loup-garou de Londres” et “Spaced”.

Ah ben, tu vois, j’étais familier avec le film (enfin, surtout avec ses BO, en fait: Ravi Shankar comme Ornette Coleman avaient fait du très bon boulot avec leurs enregistrements respectifs) mais, justement, le coté self-indulgent me refroidissait. Ta chronique me rassure. Je vais probablement regarder ça sous peu, du coup.

Bon, là, c’est un classique de chez classique mais, tu vois, c’est un peu le principe “Tetsuo” ou “Eraserhead”, pour moi. On a affaire à l’oeuvre la plus radicale et jusque-boutiste de son auteur et c’est certainement passionnant mais, au final, ca fait (à mon sens) quelque chose d’un tout petit peu moins riche que ce qu’il fera par la suite lorsqu’il aura mis de l’eau dans son vin et incorporé des influences externes. Par exemple, de Ballard, je préfère sa “Trilogie du Béton” (“IGH”, “Crash” et “L’île de béton”). Au final, “La Foire aux atrocités" est, il me semble, plus un manifeste de qui Ballard sera que l’oeuvre totale qui est parfois évoquée. Je le mets un peu dans le même panier que “Stereo” et “Crimes of the Future” de Cronenberg, aussi. Sinon, l’adaptation cinématographique par Jonathan Weiss n’est pas inintéressante, non plus. Curieux (mais pas surprenant) de voir que, lorsqu’il s’agit de faire des comparaisons avec ce livre, la plupart de mes références sont cinématographiques (on pourrait rajouter FJ Ossang à la liste, d’ailleurs).

Surpris que tu ne parles pas de sa descendance musicale, aussi: Joy Division et Exodus, c’est pas mal.

Et “Empire du Soleil” reste le meilleur film de Spielberg à ce jour, il me semble.

Bon, comme tu le sais, je suis un peu obsédé par cette forme de folk psychédélique récente. Si je te tends quand même plus vers ses avatars britanniques, il y a des projets américains dignes d’éloges (on parle souvent de Freefolk ou Freakfolk ou New Weird America pour évoquer cette tendance), et Tiny Vipers en fait clairement partie. Ceci dit, si cela te parle, je pense que tu ferais bien de te pencher sur d’autres artistes de cette mouvance: Angels of Light, bien sûr (le side-project des Swans qui est plus ou moins à l’origine du mouvement recent), Sunburned Hand of the Man, Six Organs of Admittance, Larkin Grimm, Espers, The Valerie Project (un hommage au film incroyable qu’est “Valérie ou la semaine des merveilles”), Big Blood, Harvestman et surtout les disques solo de Steve Von Till (évidemment que lorsqu’un membre de Neurosis va faire de la musique de son côté, ça donne du folk)…

Ben, bon courage, alors, et à la semaine prochaine.


(Photonik) #1865

C’est ce qui ressort le plus fréquemment dans les critiques du film, mais très franchement, si ce film est accusé de ça, on peut en dire autant de toutes les entreprises autobiographiques, à ce compte-là. Je trouve la démarche de Rooks, qui n’hésite ni à se ridiculiser, ni à mettre sur la table les aspects les plus crapoteux et les moins glamours de sa dérive, franchement honnête et même courageuse.

Je vois ce que tu veux dire. Et je ne suis pas loin de penser la même chose. Le Ballard immédiatement consécutif à la rédaction de ce livre (celui de la “Trilogie de béton”) est plus intéressant encore que celui de la “Foire…”. Il reste dans le cadre d’une narration relativement conventionnelle, mais fort des thématiques extrêmement originales qu’il a dégagées à l’occasion de ses travaux les plus “expérimentaux”. Ce qui constitue une combinaison extrêmement porteuse…
Je ferais un parallèle avec le Burroughs du début des années 80, celui de la “Red Night Trilogy” (sur laquelle on reviendra dans pas très longtemps dans le cadre de l’émission) : thématiquement, c’est toujours axé sur les mêmes notions, en gros, que celles explorées dans les œuvres les plus extrêmes des 20 années précédentes, mais narrativement c’est bien plus abordable. Le résultat me semble époustouflant.

Je n’ai as évoqué la “descendance musicale” de “La Foire aux atrocités”, en effet : pour Exodus, je ne savais tout simplement pas, et pour Joy Division, c’est un peu un truisme, non ? Sans compter que si Ian Curtis a lu le livre, c’est semble-t-il après avoir écrit le texte du morceau “Atrocity Exhibition”, qui semble ne pas avoir grand rapport avec le texte de Ballard…
J’aurais quand même pu le signaler par complétisme, ceci dit.

Ah, voilà un bon paquet de références à creuser !! Dans le lot, je connais un peu Angels Of Light, mais je n’ai pas insisté plus que ça, “occupé” par l’assimilation des derniers albums des Swans (que j’aime beaucoup, et quelle baffe en livre !!), et aussi Harvestman et certains albums solo de Von Till. Le reste c’est un peu un continent inexploré pour moi.
Je connais Six Organs Of Admittance de réputation (flatteuse), et j’ai bien envie d’aller écouter ce que donne The Valerie Project, car il se trouve que je suis très fan de “Valerie and her week of Wonder”, moi aussi. Et juste parce que je trouve que le nom claque bien, Sunburned Hand Of The Man m’intéresse aussi…
Merci pour tous les bons tuyaux !


(Ektah) #1866

Oui, c’est certainement le contraire de ce que j’avais entendu dire. Bah, je ne serais pas surpris que ce soit juste des critiques provenant d’un rejet de la contre-culture de son époque, “Chappaqua” servant de bouc émissaire au sujet de Burroughs et ses potes. On a tendance à l’oublier aujourd’hui mais il y avait clairement une levée de boucliers contre ce mouvement, à l’époque. Et puis bon, tu as dit les mots magiques en comparant ça à “Hollywood Babylon”. Non, vraiment, il faut que je regarde ça.

Oui, c’est une comparaison très valide. En fait, le Burroughs de la “Red Night Trilogy” est celui que je préfère, pour sensiblement les mêmes raisons, effectivement. Curieux de voir ce qui tu auras à en dire.

En fait, the Valerie Project est un super-groupe, une collaboration, le temps d’un album, entre des membres de Espers, Fern Knight et Fursaxa, tous des groupes estimables de cette scène.

Ouais, le nom rend bien. Possible que sa musique te parle aussi. Disons que, bien qu’il soit partie prenante de ce mouvement, l’aspect folk n’est qu’une partie de son son. Les drones (qu’on retrouve dans bon nombre d’artistes de cette scène) sont probablement plus proéminents. Il a sorti beaucoup de disques, certains franchement noisy. Il a aussi collaboré avec des gens comme Sonic Youth et SunnO))). On dira que, en comparant avec la scène dark folk/indus anglaise autour de laquelle nous ne cessons de tourner, visiblement, et qui est certainement une des influences du New Weird America, Sunburned serait le Nurse With Wound du lot. Bon, il est moins abrasif que son aïeul, quand même (mais juste un peu). J’ai pensé aux Legendary Pink Dots par moments, aussi.


(Photonik) #1867

EPISODE 15 : Tombé dans l’étoile de velours

Menu classique pour le dernier épisode avant les vacances, classique mais copieux !!
Le programme cette semaine :

  • Pour le cinéma, on se penche sur le dernier film de Dan Gilroy, la réjouissante satire horrifique “Velvet Buzzsaw”, avec l’excellent Jake Gyllenhaal au générique.

  • Pour la BD, on se déconnecte de l’actualité mais c’est quand même un habitué qui s’invite dans l’émission, en l’occurrence Warren Ellis, qui signe avec Ben Templesmith aux dessins l’excellent “Fell”, un de ses meilleurs travaux.

  • Pour la littérature, on se tourne vers les glorieuses sixties avec ce petit classique de la SF de l’époque qu’est le jubilatoire “Nova”, signé par le génial Samuel R. Delany.

Et pour la musique, ce sera :
“Algid Troy” des parisiens de Dirge, issu de leur dernier album “Lost Empyrean”, “Almost Sleeping”, retour vers le trip-hop des années 90 par les britanniques de Laika, “Lower Halls”, extrait de “The Nest” par Kammarheit, fameux projet suédois de dark-ambient, et on termine en beauté avec l’énormissime “Crawl”, des amerloques de Meatjack…!!

“I’m not trying anymore
All my good intentions
Fell out of my hands
If I told you and showed you,
You’d laugh.”

EPISODE 15


(Le Doc) #1868

Tiens, tu as oublié de mettre un titre pour une fois. Je m’en suis rendu compte en postant l’émission sur le site…^^


(Photonik) #1869

Aaaaaargh !! J’avais pas capté !! :sweat_smile:
Bien vu, je rectifie ça…


(Le Doc) #1870

Et c’est fait aussi sur le site ! :wink:


(Photonik) #1871

Cool, merci beaucoup… comme d’hab’ !!!


(Le Doc) #1872

Ah, c’était donc pour ce film que tu parlais de “semi-réussite”. J’ai survolé pas mal de critiques et j’ai vraiment tout lu, pour certains, c’est une réussite, d’autres sont plus partagés et enfin il y en a pour qui c’est un des plus mauvais films de ce début d’année. Il y a de tout et ça me semble normal finalement pour un film qui parle d’art de diviser de cette façon…^^

Pour la BD, on se déconnecte de l’actualité mais c’est quand même un habitué qui s’invite dans l’émission, en l’occurrence Warren Ellis, qui signe avec Ben Templesmith aux dessins l’excellent “Fell”, un de ses meilleurs travaux.

Cool, ça m’a rappelé des souvenirs. Je ne l’ai pas relu depuis au moins 10 ans mais il y a des images qui me sont resté en mémoire comme la nonne au masque de Nixon. J’aurais également bien aimé que Ellis finisse la série…mais j’avoue aussi que ce qu’il fait ces derniers temps ne m’intéresse plus vraiment…

on termine en beauté avec l’énormissime “Crawl”, des amerloques de Meatjack…!!

Ah ouais, puissant !


(Photonik) #1873

C’est tout à fait juste.
Je pense également que l’aspect fortement satirique du film a pu décontenancer certains spectateurs : le côté clinquant et vulgos assumé, le côté grotesque de certaines péripéties, etc… Tout ça a de quoi désarçonner. Perso, j’ai trouvé le film très drôle et en même temps parfois émouvant, Gilroy réussissant l’exploit de rendre touchants des personnages tête-à-claques comme c’est pas permis.
Un film imparfait (l’aspect horrifique est un peu traité par-dessus la jambe quand même, malgré deux ou trois excellentes idées en la matière) mais très attachant.

Je décroche lentement mais sûrement moi aussi, je m’en rends compte, même s’il y a des choses qu’il fait en ce moment que je trouve très correctes, comme “Trees” ou son roman “Normal”. Le reste de ce que j’ai pu lire de sa production récente est beaucoup plus anecdotique. La comparaison avec un travail aussi abouti (quoiqu’inachevé) que “Fell” fait mal…

Oh oui… J’aime tout l’album (très étonnant, à la fois brutal et méchant, mais aussi éclectique, avec des intermèdes presque country par moments), mais ce morceau-là en est le pinacle incontesté.

On se retrouve en début/milieu de semaine pour la prochaine fournée !!!


(Photonik) #1874

EPISODE 16 : The Climax of Dead Shields

Retour de l’émission après les vacances, et gros sommaire !!!
Le programme cette semaine :

  • On continue à creuser l’actualité cinématographique, en évoquant le dernier-né de la filmo de Gaspar Noé, le bien-nommé “Climax”.

  • Au rayon littérature, c’est l’un des auteurs fétiches de votre serviteur qui s’invite à nouveau, j’ai nommé l’immense William Burroughs, qui verse dans le western/SF/porno-gay avec son formidable “Parages des voies mortes”.

  • Pour la BD, là aussi on se penche sur le cas d’un habitué, le scénariste Jonathan Hickman, avec “S.H.I.E.L.D. : Les Architectes de l’Eternité”, illustré par Dustin Weaver.

Et pour la musique, ce sera :
“Song To The Siren” en live, légendaire morceau de Tim Buckley transcendé en son temps par This Mortal Coil, mais ici repris par Brendan Perry, “Seven Souls”, fruit de la collaboration entre Material (groupe du bassiste Bill Laswell) et William Burroughs en personne, “Denboratik Kanpo Bizi Garenok” extrait du dernier album des basques de Lisabö, et on termine avec le froid et néanmoins sublime “Silver Rain Fell”, signé par Mick Harris et son projet Scorn…!!!

“Well I’m as puzzled as the newborn child
I’m as riddled as the tide
Should I stand amid the breakers ?
Or should I lie with Death, my bride ?”

EPISODE 16


(Vinch64) #1875

Chouette programme encore une fois!
Le “Climax” j’avais prévu de le regarder très prochainement (il vient arriver sur le service de VOD de ma bibliothèque), surtout pour le premier plan séquence du film qui est, paraît-il, démentiel.

Mon cher petit Bill Burroughs est doublement mis à l’honneur. Avec le 2eme volet de sa trilogie finale qui est loin d’être l’ouvrage que je préfère (un peu trop long à mon goût) mais ça m’intéresse d’avoir ton avis. Pour le morceau avec Bill Laswell, je ne le connais pas. Mais ça devrait me plaire puisque j’adore la voix de Burroughs (que j’ai découvert il y a très très longtemps sans le savoir avec les Revolting Cocks).

Je vais me télécharger tout ça pour la voiture. Début de l’écoute demain matin!


(Photonik) #1876

Ah oui ? Moi j’en aurais pris pour 50 ou 100 pages de plus… même si je pense avoir préféré la première moitié du livre à la seconde. Je crois avoir préféré ce volet à son pourtant excellent prédécesseur.

Concernant “Climax”, je dirais que c’est tous les plans-séquence du film qui sont démentiels. Le premier est très spectaculaire et jouissif, c’est vrai, mais dans la deuxième moitié du film (qui est clairement scindé en deux) il y en a d’autres qui déboîtent, et pas qu’un peu.


(Vinch64) #1877

Cool! J’avais lu un article disant que le premier plan séquence était tellement terrible que la suite paraissait fade à côté.

Concernant “Parages des voies mortes”, ce sont les impressions que j’ai eu il y a une quinzaine d’années lors de ma seule lecture. D’ailleurs, c’est un des seuls Burroughs en ma possession que je n’ai pas relu (contrairement aux Cités de la nuit écarlate que je lui préfère en ce qui me concerne). Tu me donneras peut-être envie de m’y replonger. Ça serait l’occasion.


(Photonik) #1878

Je ne dirais pas ça du tout, perso. Mais il est vrai que la plupart des critiques ont surtout relevé que la principal réussite du film, ce sont les 30 premières minutes ; je relativiserais ce jugement pour ma part, il y a des choses plastiquement stupéfiantes dans la deuxième moitié.


(calvinball) #1879

Ah tiens c’est marrant j’ai vu le film hier, c’est pas souvent que je précède tes critiques. En ce qui me concerne j’ai été un peu déçu par ce Climax, j’attends d’écouter ta critique pour y revenir plus en profondeur.
Et coïncidence encore j’ai fini le mois dernier Les cités de la nuit écarlate que tu avais chaudement recommandé il y a quelques années. Si c’est du même acabit il va falloir que je m’y penche aussi !


(Photonik) #1880

C’est du même acabit !! Vinch a préféré le premier tome, “Les Cités…”, donc ; moi je me tâte mais je me demande si celui-là n’a pas ma préférence… Dans tous les cas, si tu as aimé le premier volet, tu vas adorer celui-là aussi, c’est clair.